vendredi 30 octobre 2026 Lune gibbeuse décroissante en Cancer · L’horoscope du jour
Santé · Hormones

Ménopause : les symptômes qu’on ne vous annonce pas

On vous avait parlé des bouffées de chaleur. Pas des genoux qui grincent, du cœur qui s’emballe ni des mots qui s’échappent. Tour d’horizon des symptômes méconnus de la ménopause, de ce que l’on sait du traitement hormonal, et des signes qui imposent de consulter.

Une femme en manteau clair s’est arrêtée au milieu d’un chemin creux, sous une voûte d’arbres aux feuilles vertes et dorées.
Un passage, que l’on traverse mieux quand on sait ce qui s’y trouve. Photo : sagesolar, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

On vous avait parlé des bouffées de chaleur. Peut-être aussi de la fin des règles, présentée comme une bonne nouvelle pour l’agenda. Personne, en revanche, ne vous avait prévenue que vos genoux grinceraient au réveil, que votre cœur s’emballerait sans raison un mardi après-midi, ou que vous chercheriez le mot « passoire » pendant dix secondes devant l’évier.

La ménopause est un événement banal : toutes les femmes qui vivent assez longtemps la traversent, le plus souvent autour de 50 ans. On la résume pourtant à quelques clichés, alors que les œstrogènes agissent presque partout dans le corps, sur les vaisseaux comme sur les os, sur la peau, les muqueuses et le cerveau. Leur baisse se fait donc sentir à des endroits inattendus.

Ménopause, périménopause : de quoi parle-t-on ?

Sur le plan médical, la ménopause est un instant que l’on constate après coup : on la retient lorsque les règles se sont arrêtées depuis douze mois consécutifs, sans autre explication. Ce qui précède s’appelle la périménopause. Elle peut durer plusieurs années, et c’est souvent la période la plus chahutée. Les ovaires ne s’arrêtent pas net, ils fonctionnent par à-coups. Les taux d’hormones montent et descendent de façon imprévisible, les cycles s’allongent ou se raccourcissent, les règles deviennent parfois plus abondantes.

C’est pendant ces années-là que beaucoup de femmes ressentent des troubles sans faire le lien. Elles ont encore leurs règles, donc « ça ne peut pas être la ménopause ». Si, justement. Tant que la ménopause n’est pas confirmée, une grossesse reste possible. La question de la contraception mérite d’être reposée avec votre médecin ou votre sage-femme.

Les articulations, grandes oubliées de la ménopause

Des doigts douloureux, des épaules raides, des genoux qui protestent dans l’escalier, une raideur matinale qui met un moment à se dissiper : les douleurs articulaires figurent parmi les plaintes fréquentes de cette période. On les attribue pourtant volontiers à l’âge ou au jardinage de la veille. Les œstrogènes participent à l’entretien du cartilage et à la régulation de l’inflammation, et leur baisse peut se faire sentir dans les articulations.

Toute douleur ne vient pas des hormones pour autant. Une articulation gonflée, rouge ou chaude, une douleur qui réveille la nuit ou s’accompagne de fièvre doivent être examinées. Mais si vos mains vous font souffrir depuis que vos cycles se dérèglent, dites-le à votre médecin : c’est une information utile, pas une plainte de plus.

Plus silencieuse, la perte osseuse s’accélère dans les années qui suivent la ménopause. Elle ne fait pas mal, et c’est bien le problème, car l’ostéoporose se révèle souvent par une fracture. L’activité physique régulière, des apports suffisants en calcium et en protéines, une vitamine D correcte (nous y consacrons un article à part) et l’arrêt du tabac valent pour toutes. En cas de facteurs de risque, comme une ménopause précoce, une fracture après une chute banale, un traitement prolongé par corticoïdes ou une mère ayant eu une fracture du col du fémur, votre médecin peut prescrire une ostéodensitométrie.

Nuits hachées, cœur qui s’emballe

Les sueurs nocturnes réveillent, c’est connu. Le sommeil se dégrade aussi chez des femmes qui n’en ont pas : réveils vers trois ou quatre heures du matin, difficulté à se rendormir, sommeil plus léger. Nous détaillons causes et solutions dans notre article sur le sommeil des femmes. Retenez dès maintenant qu’après la ménopause, le risque d’apnées du sommeil augmente chez les femmes. Il est souvent méconnu, parce qu’il se manifeste moins par des ronflements spectaculaires que par une fatigue au réveil ou des maux de tête matinaux.

Les palpitations surprennent beaucoup. Le cœur bat vite ou fort, parfois pendant une bouffée de chaleur, parfois sans prévenir. Souvent bénignes à cette période, elles méritent tout de même un avis médical. Un électrocardiogramme, examen simple et indolore, permet de vérifier qu’il n’existe pas de trouble du rythme. Si les palpitations s’accompagnent d’une douleur dans la poitrine, d’un essoufflement ou d’un malaise, on n’attend pas : on appelle le 15.

Après la ménopause, la protection relative dont bénéficiaient les femmes face aux maladies cardiovasculaires s’estompe. Mesurer sa tension, contrôler son cholestérol et sa glycémie prend ici tout son sens.

Humeur, mémoire, concentration : vous ne perdez pas la tête

Irritabilité, larmes faciles, anxiété nouvelle, impression de brouillard, mots qui se dérobent au milieu d’une phrase : ces troubles sont fréquemment rapportés pendant la périménopause. Ils sont réels, et ils ne signent pas une maladie de la mémoire. Les difficultés de concentration ont tendance à s’atténuer une fois la transition passée.

La périménopause est aussi une période où le risque de dépression augmente, en particulier chez les femmes qui ont des antécédents, y compris une dépression du post-partum ou un syndrome prémenstruel sévère. Une tristesse qui dure plus de deux semaines, la perte d’intérêt pour ce qui vous plaisait, un sentiment d’inutilité : ces signes appellent une consultation, pas de la patience. Si des idées suicidaires apparaissent, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond jour et nuit, gratuitement.

Les œstrogènes agissent presque partout dans le corps : leur baisse se fait sentir bien au-delà des règles.

La peau, les muqueuses, la vessie

La peau s’amincit et se dessèche, elle cicatrise plus lentement. Des démangeaisons peuvent apparaître, les cheveux s’affiner. Pour les soins du quotidien, notre article sur la peau en hiver donne des repères valables à tout âge.

Les muqueuses génitales et urinaires sont elles aussi sensibles à la baisse des œstrogènes. Sécheresse vaginale, brûlures, douleurs pendant les rapports, envies pressantes d’uriner, infections urinaires plus fréquentes : les médecins regroupent ces troubles sous le nom de syndrome génito-urinaire de la ménopause. Contrairement aux bouffées de chaleur, qui finissent généralement par s’espacer, il a tendance à s’installer. Il se soigne pourtant bien, avec des hydratants et des lubrifiants vaginaux, et si besoin des traitements locaux à discuter avec votre médecin. Notre rubrique Amour en parle sans détour dans Ménopause et sexualité : ce que personne ne vous a dit.

Le traitement hormonal de la ménopause, une décision partagée

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) a connu une histoire mouvementée. Au début des années 2000, une grande étude américaine, la Women’s Health Initiative, a mis en évidence chez les femmes traitées une augmentation du risque de cancer du sein et d’accidents cardiovasculaires. Les prescriptions ont chuté. Les analyses qui ont suivi ont nuancé ces résultats, notamment selon l’âge auquel le traitement commence et selon les hormones employées. Le débat scientifique n’est pas clos, et les recommandations continuent d’évoluer.

Quelques principes font aujourd’hui consensus en France. Le THM s’envisage lorsque les symptômes altèrent la qualité de vie. Il se prescrit après un examen et un bilan des risques personnels (antécédents de cancer du sein, de thrombose, de maladie cardiovasculaire), à la dose minimale efficace, et il se réévalue au moins une fois par an. En France, on privilégie souvent l’œstradiol par voie cutanée, en gel ou en patch, associé à un progestatif pour protéger l’utérus. Les données disponibles suggèrent en effet un risque de thrombose moindre qu’avec la voie orale.

Pour les femmes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas prendre d’hormones, il existe des traitements non hormonaux des bouffées de chaleur, à discuter avec le médecin. Prudence, en revanche, avec les compléments « spécial ménopause » vendus sans ordonnance : leur efficacité est souvent mal démontrée, et ceux qui contiennent des phyto-œstrogènes ne conviennent pas à toutes, notamment en cas d’antécédent de cancer du sein. Demandez l’avis de votre pharmacien avant d’en acheter.

Préparer sa consultation

Une phrase comme « je suis fatiguée, j’ai mal partout » se perd facilement dans une consultation de quinze minutes. Quelques semaines de notes changent la donne. Inscrivez les dates de vos règles, les nuits où vous vous réveillez et à quelle heure, les bouffées de chaleur, les épisodes de palpitations, les douleurs et leur localisation, les jours où l’humeur flanche. Ajoutez vos antécédents familiaux, en particulier de cancer du sein, de phlébite ou d’ostéoporose. Votre médecin pourra ainsi faire le tri, et vérifier par exemple la thyroïde, dont certains troubles imitent ceux de la périménopause.

Vous avez le droit de demander à être soulagée. La ménopause est une étape normale ; souffrir en silence pendant des années ne l’est pas.

La lettre du matin

Chaque matin, le meilleur du jour.

Tous les jours à 7 heures : les articles du jour choisis par la rédaction, votre horoscope par Salomé de Visconti, et une idée pour la journée.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir chaque matin la lettre de Carnet de Bal. Un courriel de confirmation vous est d’abord envoyé : rien ne part sans votre clic. Désinscription en un clic dans chaque lettre. Voir notre politique de confidentialité.