vendredi 30 octobre 2026 Lune gibbeuse décroissante en Cancer · L’horoscope du jour
Éditorial · Édito

Un mois après l’ouverture du bal, ce que nous voulons construire

Un mois, c’est l’âge où l’on ne sait encore rien faire seule, mais où l’on regarde tout. Le journal est jeune, son sommaire encore mince, et nous le savons. Voici ce que nous voulons en faire, et ce que nous attendons de vous.

Un talus de sous-bois couvert de perce-neige en fleurs, petites clochettes blanches penchées sur leurs tiges vertes, éclairées par une lumière rasante d’hiver.
Les perce-neige de février, premiers signes que l’hiver ne durera pas. Photo : John Knight, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Nous voici le 2 février, jour de la Chandeleur. La fête des chandelles tombe quarante jours après Noël ; on y faisait autrefois bénir des cierges, on y fait aujourd’hui sauter des crêpes en tenant une pièce dans la main gauche, pour la prospérité de l’année. Il y a un peu plus d’un mois, la veille de Noël, nous ouvrions le bal. La coïncidence nous plaît : une fête de la lumière pour un premier anniversaire, si modeste soit-il.

Un mois, à l’échelle d’un journal, ce n’est rien. C’est l’âge où l’on ne sait encore rien faire seule, mais où l’on regarde tout avec des yeux immenses. Nous en sommes là.

Ce que nous savons déjà

Nous savons que notre sommaire est encore mince. Inutile de le cacher : vous l’avez vu. Quelques articles sur les droits des femmes, sur la beauté, sur la mode, des éditos, et beaucoup de cases encore vides. Un journal se construit page après page, et nous préférons une page juste à dix pages de remplissage.

Nous savons aussi ce que nous voulons. Écrire pour toutes les femmes, quel que soit leur âge, sans parler aux plus jeunes comme à des enfants ni aux plus âgées comme à des souvenirs. Dire vrai, quitte à dire moins. Parler de rouge à lèvres et de Code civil dans le même numéro, parce que les vies de femmes sont faites ainsi, de choses graves et de choses légères qui se côtoient sans se demander la permission.

Nous avons appris, aussi, que tenir un journal ressemble à tenir une maison. Il y a les grands chantiers, que l’on rêve, et les petits gestes quotidiens, que l’on oublie : vérifier une date, retrouver une source, couper une phrase trop belle pour être vraie. Ce sont les seconds qui font la solidité des premiers. Nous y passons plus de temps que vous ne l’imaginez, et nous ne le regrettons pas.

Nous préférons une page juste à dix pages de remplissage.

Ce que nous attendons de vous

Un journal qui ne parle qu’à lui-même finit par s’ennuyer. Le nôtre a besoin de vous, et pas seulement comme lectrices.

Dites-nous ce qui vous plaît, et plus encore ce qui vous manque. Une rubrique que vous chercheriez en vain, un sujet que personne ne traite comme il faudrait, une question qui vous tient éveillée la nuit : écrivez-nous. Nous lirons tout, nous discuterons de tout entre nous, et nous vous dirons ce que nous en faisons.

Et si vous écrivez vous-même, si vous avez un savoir, une colère, une expertise ou simplement un regard, proposez-nous vos textes. Nous ne cherchons pas des plumes parfaites. Nous cherchons des femmes qui ont quelque chose à dire et l’envie de le dire bien. Les timides surtout sont les bienvenues : elles écrivent souvent mieux que celles qui parlent fort.

En attendant le printemps

L’année a commencé vite, comme toutes les années. Février est le plus court des mois, et l’on a toujours l’impression qu’il passe à la dérobée. Profitons-en. Dans les sous-bois, les perce-neige sont déjà sortis ; dans quelques semaines viendront les jonquilles, puis le reste.

Il en va des journaux comme des jardins. On plante en hiver des choses qu’on ne verra fleurir qu’au printemps, et l’on vérifie chaque matin, un peu bêtement, si quelque chose a poussé. Merci d’être venues regarder avec nous.

Partager cet article

Rédactrice en chef

Inès d’Albret

Vingt-cinq ans de presse magazine, dont douze à diriger des rédactions. Elle a fondé Carnet de Bal sur une idée simple : une femme de dix-sept ans et une femme de quatre-vingts ans peuvent lire le même journal sans que l’une soit prise pour une enfant ni l’autre pour une relique.

Tous ses articles →

La lettre du matin

Chaque matin, le meilleur du jour.

Tous les jours à 7 heures : les articles du jour choisis par la rédaction, votre horoscope par Salomé de Visconti, et une idée pour la journée.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir chaque matin la lettre de Carnet de Bal. Un courriel de confirmation vous est d’abord envoyé : rien ne part sans votre clic. Désinscription en un clic dans chaque lettre. Voir notre politique de confidentialité.