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Mode · Style

Dix façons d’être à l’aise sans renoncer à l’allure

Le confort a longtemps eu mauvaise réputation en mode, comme s’il fallait choisir entre l’allure et le bien-être. C’est faux. Dix principes simples, de l’étiquette de composition au test de la cabine, pour s’habiller avec style sans avoir mal aux pieds à midi.

Gros plan sur les jambes d’une personne debout sur un trottoir devant un mur de briques : jean brut retroussé et tennis en toile bleu marine à semelle blanche.
Un jean retroussé, des tennis en toile : le confort peut avoir de la tenue. Photo : Manki Kim kimdonkey, Unsplash via Wikimedia Commons (CC0)

Le confort a longtemps eu mauvaise réputation dans la mode. On l’associait au survêtement du dimanche, au pull informe, à une forme de renoncement. Les grandes couturières pensaient pourtant l’inverse. Gabrielle Chanel a bâti une partie de sa réputation, dans les années 1910 et 1920, sur le jersey, une maille jusque-là réservée aux sous-vêtements masculins, précisément parce qu’on pouvait y bouger.

Une tenue confortable n’est pas une tenue négligée : c’est une tenue qui a été pensée.

Voici dix principes, valables à vingt ans comme à quatre-vingts, pour s’habiller avec allure du matin au soir.

1. Partir de la matière, pas du modèle

Le confort se joue d’abord sur l’étiquette de composition. Le coton respire et se lave facilement. Le lin évacue la chaleur, au prix de quelques plis qu’il faut accepter de bon cœur. La laine mérinos, aux fibres très fines, ne gratte pas et régule la température, si bien qu’elle se porte aussi en demi-saison. La viscose est douce et fluide, mais fragile au lavage.

À l’inverse, un chemisier entièrement en polyester retient la transpiration : charmant sur le cintre, beaucoup moins à seize heures dans un bureau surchauffé. Retournez le vêtement avant de l’essayer, et lisez.

2. Accepter un peu d’élasthanne, mais pas trop

Deux ou trois pour cent d’élasthanne dans un jean ou un pantalon de laine changent tout : le tissu suit le genou quand vous vous asseyez, puis reprend sa forme. Au-delà, le pantalon devient un collant déguisé, qui se détend au fil de la journée et poche aux genoux le soir. Le bon jean confortable reste un jean, avec une toile qui a du corps.

3. Choisir la bonne taille, pas la taille habituelle

Les tailles varient d’une enseigne à l’autre et d’une décennie à l’autre. S’obstiner dans un 38 parce qu’on a « toujours fait du 38 », c’est s’offrir une ceinture qui serre et des boutons qui bâillent. Essayez la taille au-dessus, et jugez-la assise autant que debout. Une retoucheuse reprendra ensuite la taille ou l’ourlet pour une somme modeste ; elle ne pourra rien pour un vêtement trop étroit.

4. Penser en couches

Une seule journée connaît souvent plusieurs climats : le matin frais, le métro étouffant, le bureau climatisé, la sortie d’école venteuse. Plutôt qu’un gros pull, superposez des épaisseurs fines : un tee-shirt en coton, une chemise ouverte ou un cardigan, une veste. Chaque couche s’enlève sans défaire la silhouette. Le cardigan en maille fine est ici le meilleur allié : noué sur les épaules, il garde de l’allure même quand il ne sert plus.

5. Des chaussures qu’on oublie

Ce sont elles qui décident de votre humeur à dix-huit heures. Essayez-les en fin de journée, quand le pied a un peu gonflé, et marchez sur le carrelage plutôt que sur la moquette du magasin. Une semelle trop fine fatigue autant qu’un talon trop haut. Un petit talon large de deux ou trois centimètres, une bottine plate à semelle épaisse, un mocassin souple ou une tennis en toile propre tiennent des journées entières. Le cuir finit par épouser le pied ; le synthétique, rarement. Si vous avez mal malgré tout, un podologue saura vous dire pourquoi.

6. Préférer la coupe à la contrainte

Un vêtement confortable n’a pas besoin d’être ample. Un pantalon droit à taille haute tient mieux qu’un modèle taille basse qu’on remonte toute la journée. Une robe portefeuille s’ajuste au corps sans le comprimer. Une veste non doublée, aux épaules souples, se porte presque comme un cardigan. Ce qui fatigue tient à ce qui serre, tire ou glisse, rarement à la coupe ajustée elle-même.

7. Commencer par les dessous

On l’oublie, mais le confort d’une tenue commence en dessous. Un soutien-gorge mal ajusté, une bretelle qui glisse, une culotte qui marque, et la journée est gâchée, quelle que soit la beauté de la robe. La taille de bonnet change au fil de la vie, avec une grossesse, une prise ou une perte de poids, la ménopause. Faites-vous mesurer de temps en temps par une vendeuse spécialisée : c’est gratuit, rapide, et souvent surprenant.

8. Des pièces qui changent de rôle

Une robe-pull en maille portée avec des tennis le matin passe au dîner avec des bottines et une veste. Un pantalon large en crêpe accompagne une chemise d’homme au bureau et un top en soie le soir. Ces pièces à double emploi évitent de se changer, donc de s’encombrer. Avant d’acheter, demandez-vous si la pièce peut servir dans deux moments différents de votre semaine. Si la réponse est non, elle risque de dormir dans l’armoire.

9. Une palette resserrée, des textures variées

Les tons neutres, du marine au camel en passant par le gris, l’écru et le noir, se marient entre eux sans réflexion, ce qui fait gagner un temps précieux le matin. Pour éviter l’uniforme, jouez sur les matières : une grosse maille avec un pantalon fluide, un velours côtelé avec une chemise en popeline, un jean brut avec un pull de cachemire. Une seule touche de couleur, un foulard, un sac ou un rouge à lèvres, suffit ensuite à réveiller l’ensemble. C’est le principe de notre vestiaire d’automne qui dure, dix pièces qui s’accordent toutes entre elles.

10. Rester soi

Le dernier conseil est le plus simple et le plus négligé. Un vêtement dans lequel on ne se reconnaît pas est inconfortable, même s’il est doux. Si vous avez toujours aimé les jupes, une semaine en pantalon de jogging, même chic, ne vous mettra pas plus à l’aise. Si vous détestez les talons, aucun « petit talon » ne vous réconciliera avec eux.

L’âge n’y change rien. À soixante-dix ans, on a le droit de porter des baskets ; à vingt ans, celui d’aimer les tailleurs. Nous l’avons écrit à propos de la manière de s’habiller après soixante ans : les interdits vestimentaires rassuraient surtout ceux qui les édictaient. Et si votre style se cherche encore, la seconde main permet d’essayer une coupe ou une couleur sans y laisser un mois de budget.

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Beauté, cosmétique, mode

Laura Thomas

Passée par les ateliers d’une maison de couture avenue Montaigne puis par le laboratoire d’un parfumeur grassois, elle sait comment se coud un revers et ce que contient vraiment un sérum. Elle croit au vêtement qui dure et à la crème qui tient ses promesses — les deux sont rares.

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