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Mode · Vestiaire

Les dix pièces d’un vestiaire d’automne qui dure

Un vestiaire d’automne qui tient des années repose sur une dizaine de pièces bien choisies, pas sur la tendance du mois. Voici les dix nôtres, avec pour chacune ce qui la justifie, les critères pour la choisir et une idée honnête de son prix, en neuf comme en seconde main.

Derrière une vitrine, des portants de vêtements aux tons d’automne, crème, camel, ocre et kaki, éclairés par des ampoules chaudes.
Crème, camel, kaki : la palette d’automne se compose en peu de pièces. Photo : Hannah Morgan hannahmorgan7, Unsplash via Wikimedia Commons (CC0)

Un vêtement cher qu’on porte deux cents fois revient moins cher qu’un vêtement bon marché qu’on porte trois fois. Ce calcul, le « coût par port » (les Anglo-Saxons disent cost per wear), est le seul qui compte vraiment quand on construit un vestiaire. Il explique la liste qui suit : dix pièces qui se combinent entre elles et vont aussi bien à vingt-cinq qu’à soixante-quinze ans.

Les prix indiqués sont des ordres de grandeur, arrondis, pour du neuf de qualité correcte. La plupart de ces pièces se trouvent pour beaucoup moins cher en seconde main, et nous expliquons comment les dénicher.

1. Le manteau de laine

Pourquoi. C’est la pièce qui fait la silhouette de novembre à mars, celle qu’on voit en premier. Un bon manteau de laine dure dix ans, souvent davantage.

Comment le choisir. Lisez l’étiquette : au moins 70 % de laine, sans quoi il tient moins chaud et perd sa forme. Préférez une coupe droite, assez ample pour accueillir un pull épais, et une couleur qui va avec tout le reste : camel, marine, gris anthracite, noir. Vérifiez les épaules avec un pull dessous.

Prix. De 150 à 400 euros environ en neuf ; de 30 à 120 euros en seconde main.

2. Le trench

Pourquoi. Il couvre les mi-saisons, celles où le manteau est trop chaud et la veste trop légère. Il pare la pluie d’octobre et celle d’avril.

Comment le choisir. Une gabardine de coton dense et des épaules justes. Son histoire et les critères détaillés sont dans notre article consacré au trench.

Prix. De 100 à 500 euros selon la toile et les finitions.

3. Le pull fin en mérinos

Pourquoi. Il se glisse sous une veste comme sous un manteau. La laine mérinos régule la chaleur et retient peu les odeurs : on peut la porter plusieurs fois avant de la laver.

Comment le choisir. Une jauge fine, un col rond ou en V selon votre visage, des côtes bien serrées aux poignets et à la taille. Prenez-en deux, dans des couleurs neutres que vous aimez porter près du visage.

Prix. De 50 à 120 euros.

4. Le gros pull ou le cardigan épais

Pourquoi. C’est le vêtement du dimanche et des soirées où le chauffage n’est pas encore allumé. Il remplace une veste à la maison et sous un grand manteau dehors.

Comment le choisir. Une laine qui a du corps : shetland, lambswool (laine d’agneau) ou un mélange avec un peu d’alpaga. Un tricot torsadé ou côtelé bien serré se déforme moins. Le cardigan à boutons a un avantage pratique : il s’ouvre quand on a trop chaud.

Prix. De 60 à 150 euros.

5. La chemise en coton

Pourquoi. Blanche ou bleu ciel, elle se porte seule ou sous un pull dont le col dépasse. Elle habille un jean et détend un tailleur.

Comment le choisir. La popeline est lisse et nette ; l’oxford, plus épais, se froisse plus joliment et convient mieux à l’automne. Regardez le col (il doit tenir sans baleines en plastique qui se tordent au lavage) et les boutons, cousus serré.

Prix. De 40 à 100 euros.

Un vêtement cher qu’on porte deux cents fois revient moins cher qu’un vêtement bon marché qu’on porte trois fois.

6. Le pantalon droit en laine

Pourquoi. Le pantalon de flanelle grise est l’un des vêtements les plus polyvalents qui soient : avec des mocassins au bureau comme avec des baskets le week-end.

Comment le choisir. Choisissez une laine qui tombe bien et une jambe droite ou légèrement large ; la hauteur de taille dépend de votre corps. S’il n’est pas doublé et que la laine pique, une doublure peut être ajoutée par une retoucheuse. Faites faire l’ourlet à la hauteur des chaussures que vous porterez le plus.

Prix. De 80 à 200 euros.

7. Le jean brut droit

Pourquoi. Foncé et sans délavage, il se porte comme un pantalon habillé autant qu’un pantalon du dimanche.

Comment le choisir. Un denim épais, avec peu ou pas d’élasthanne : il se fera à votre corps au lieu de se détendre au fil de la journée. Une coupe droite, ni slim ni très évasée, traverse les modes sans dommage. Lavez-le rarement, à l’envers et à froid.

Prix. De 60 à 120 euros.

8. La jupe mi-longue

Pourquoi. Avec des bottines et des collants opaques, elle est aussi chaude qu’un pantalon et donne une autre allure à un pull tout simple.

Comment la choisir. En laine ou en velours côtelé, droite ou plissée, elle doit bouger quand vous marchez. Une longueur sous le genou ou à mi-mollet va à toutes les morphologies ; vérifiez qu’elle reste confortable une fois assise.

Prix. De 50 à 150 euros.

9. Les bottines en cuir

Pourquoi. Elles vont avec la jupe comme avec le jean, et elles tiennent les chevilles au chaud.

Comment les choisir. Un cuir pleine fleur, qui se patine au lieu de se craqueler, et une semelle cousue plutôt que collée : elle pourra être remplacée chez le cordonnier, ce qui double la vie de la chaussure. Un talon large, de trois à cinq centimètres, se porte toute la journée. Une fermeture éclair intérieure facilite la vie à tout âge.

Prix. De 120 à 300 euros ; comptez quelques dizaines d’euros pour un ressemelage.

10. La grande écharpe en laine

Pourquoi. Elle réchauffe plus qu’on ne croit, et elle met de la couleur près du visage quand tout le reste est neutre. C’est la pièce où l’on peut se permettre la fantaisie : un rouge franc ou un tartan.

Comment la choisir. Assez longue pour faire deux tours, en laine ou en cachemire. Un tissage serré bouloche moins.

Prix. De 30 à 100 euros.

Et le reste ?

Rien n’empêche d’ajouter chaque saison une pièce de fantaisie qui vous amuse. Simplement, elle viendra se poser sur ces dix-là, et non les remplacer. Si votre penderie contient déjà la moitié de cette liste, commencez par la pièce qui vous manque le plus en novembre, quand il fait froid pour de bon. C’est presque toujours le manteau.

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Beauté, cosmétique, mode

Laura Thomas

Passée par les ateliers d’une maison de couture avenue Montaigne puis par le laboratoire d’un parfumeur grassois, elle sait comment se coud un revers et ce que contient vraiment un sérum. Elle croit au vêtement qui dure et à la crème qui tient ses promesses — les deux sont rares.

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