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<rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"><channel><title>Carnet de Bal — Voyages</title><link>https://carnetdebal.fr/voyages/</link><description>Partir loin, partir lentement, partir en soi.</description><language>fr-FR</language><copyright>© Denis Florent Media Group SRL</copyright><lastBuildDate>Fri, 30 Oct 2026 18:02:34 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://carnetdebal.fr/voyages/rss.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><image><url>https://carnetdebal.fr/icon-512.png</url><title>Carnet de Bal — Voyages</title><link>https://carnetdebal.fr/voyages/</link></image><item><title>Compostelle au féminin, premiers pas sur le chemin</title><link>https://carnetdebal.fr/voyages/compostelle-au-feminin-premiers-pas-sur-le-chemin/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/voyages/compostelle-au-feminin-premiers-pas-sur-le-chemin/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 11:49:00 GMT</pubDate><dc:creator>Camille Sauviat</dc:creator><category>Voyages</category><description>Chaque année, des femmes de tous âges prennent le chemin de Compostelle, souvent seules. Quatre grandes voies partent de France, chacune avec son paysage et sa fréquentation. Ce qu’il faut savoir avant le premier pas : la crédenciale, la préparation, le sac, et la solitude.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/compostelle-au-feminin-premiers-pas-sur-le-chemin/1200.jpg" alt="De profil, une marcheuse en casquette noire porte un grand sac à dos rouge, devant des collines boisées et un champ ensoleillé."></p><p>Le premier matin, au Puy-en-Velay, on descend les marches de la cathédrale dans le froid, le sac encore trop lourd, les chaussures trop neuves malgré tout. Au bas de la ville, les premières balises rouge et blanc du GR 65 indiquent la direction. Les premiers kilomètres montent. On double une marcheuse de soixante-dix ans au pas régulier, qui vous retrouvera le soir au gîte, parfaitement reposée, quand vous soignerez votre première ampoule.</p>
<p>Le chemin de Compostelle a cette particularité de réunir des gens qui ne se seraient jamais rencontrés ailleurs&nbsp;: des croyantes et des incroyantes, des étudiantes en année de césure et des retraitées, des femmes qui marchent pour faire le point et d’autres simplement parce que la marche leur fait du bien. Beaucoup partent seules. On l’est rarement longtemps.</p>
<h2 id="quatre-voies-francaises-quatre-caracteres">Quatre voies françaises, quatre caractères</h2>
<p>Le <em>Guide du pèlerin</em>, inclus au XII<sup>e</sup> siècle dans le <em>Codex Calixtinus</em>, décrit déjà quatre routes traversant la France vers Saint-Jacques. Elles portent toujours leurs noms latins, et les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998.</p>
<p>La <strong>voie du Puy</strong>, ou <em>via Podiensis</em>, est la plus fréquentée, balisée en GR 65. Elle traverse le plateau de l’Aubrac, ses burons et ses grands espaces, puis la vallée du Lot jusqu’à Conques et son abbatiale Sainte-Foy, le Quercy, Cahors et son pont Valentré, Moissac et son cloître, la Gascogne. Il faut compter environ 750 kilomètres jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port, au pied des Pyrénées. C’est la voie idéale pour une première fois&nbsp;: hébergements nombreux, balisage parfait, et jamais très loin d’une autre marcheuse. L’évêque du Puy, Godescalc, partit lui-même pour Compostelle vers 950&#8239;; c’est le premier pèlerin étranger à l’Espagne dont l’histoire ait gardé le nom.</p>
<p>La <strong>voie de Vézelay</strong>, ou <em>via Lemovicensis</em>, part de la basilique Sainte-Marie-Madeleine, sur sa colline bourguignonne, et traverse le Berry, le Limousin et le Périgord. Elle est plus solitaire, plus verte, avec des hébergements plus espacés. La <strong>voie de Tours</strong>, ou <em>via Turonensis</em>, longue et plate, passe par Poitiers, Saintes et Bordeaux, puis traverse la forêt des Landes. La <strong>voie d’Arles</strong>, ou <em>via Tolosana</em>, part de Provence, passe par Saint-Guilhem-le-Désert et Toulouse, et franchit les Pyrénées au col du Somport. Elle convient à celles qui aiment la lumière du Midi et ne craignent pas les dénivelés.</p>
<h2 id="la-credenciale-le-passeport-du-pelerin">La crédenciale, le passeport du pèlerin</h2>
<p>Avant de partir, procurez-vous une crédenciale, ce carnet que l’on fait tamponner à chaque étape&nbsp;: dans les gîtes, les églises, les mairies, parfois dans un café. Elle donne accès aux hébergements réservés aux pèlerins et témoigne de votre parcours. Les associations jacquaires la délivrent, ainsi que l’accueil de la cathédrale du Puy et certaines paroisses.</p>
<p>Si vous allez jusqu’à Saint-Jacques, l’office des pèlerins y remet la <em>compostela</em>, le certificat de pèlerinage, à condition d’avoir parcouru au moins les cent derniers kilomètres à pied, ou deux cents à vélo. Rien n’oblige à aller si loin. Beaucoup avancent par tronçons, une ou deux semaines par an, et reprennent l’année suivante là où ils s’étaient arrêtés.</p>
<blockquote>
<p>On part seule. On l’est rarement longtemps.</p>
</blockquote>
<h2 id="preparer-le-corps-et-le-sac">Préparer le corps et le sac</h2>
<p>Le corps se prépare quelques semaines à l’avance, par des marches de plus en plus longues, sac chargé. Les chaussures doivent être déjà faites à votre pied&nbsp;: c’est le premier conseil de tous ceux qui ont marché, et le plus souvent négligé. Si vous suivez un traitement ou avez des problèmes de dos, d’articulations ou de cœur, parlez-en à votre médecin avant de partir.</p>
<p>Le sac est l’affaire de toute une vie de pèlerin. La règle souvent donnée veut qu’il ne dépasse pas un dixième de votre poids. Deux tenues de marche qui sèchent vite, une polaire, une veste de pluie, une trousse de soins pour les pieds, une lampe frontale, une gourde, et rien de plus. Les livres pèsent&#8239;; prenez-en un seul, ou une liseuse. Si votre dos ne suit pas, des services de transport de bagages existent sur la voie du Puy, d’étape en étape, et personne n’a à en rougir.</p>
<p>Prévoyez des étapes courtes les premiers jours, quinze à vingt kilomètres, quitte à allonger ensuite. Les ampoules arrivent souvent dans les premiers jours, au moment où l’on se croit aguerrie. Soignez-les dès la première rougeur.</p>
<h2 id="quand-partir">Quand partir</h2>
<p>Le printemps et le début de l’automne sont les saisons les plus douces. En mai et juin, l’Aubrac se couvre de fleurs, mais les nuits peuvent rester froides sur le plateau, et la neige n’y est pas rare jusqu’au printemps. En juillet et août, la chaleur pèse dans le Quercy et le Gers, et les gîtes de la voie du Puy affichent souvent complet&nbsp;: réservez la veille, ou quelques jours avant. Septembre et octobre offrent une lumière superbe, des chemins plus calmes, et les vendanges dans les vignes gasconnes.</p>
<h2 id="marcher-seule-en-confiance">Marcher seule, en confiance</h2>
<p>Sur la voie du Puy, une femme qui marche seule ne surprend personne. Le soir, au gîte, on partage la table d’hôtes, et l’on retrouve d’une étape à l’autre les mêmes visages, au point qu’une petite famille de passage se forme souvent en quelques jours. Sur les voies moins fréquentées, la solitude est plus réelle, et c’est aussi ce qu’on y cherche.</p>
<p>Quelques habitudes suffisent. Indiquez à une proche votre étape du jour, gardez votre téléphone chargé, et notez que le 112 joint les secours partout en Europe. Ne marchez pas de nuit. Si une rencontre vous met mal à l’aise, rien ne vous oblige à continuer avec quelqu’un&nbsp;: ralentissez, laissez passer, attendez d’autres marcheurs, ou changez de gîte. L’hospitalier ou l’hospitalière qui tient votre gîte est un bon interlocuteur en cas de souci.</p>
<p>Le chemin passe par des lieux de prière où l’on peut s’arrêter une nuit. À Conques, une communauté religieuse accueille les pèlerins à l’abbaye, et Moissac vous fera passer par l’un des plus beaux cloîtres romans de France. Si cette alternance de marche et de silence vous attire, notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/retraite-silencieuse-dans-une-abbaye-mode-d-emploi/">les retraites en abbaye</a> vous dira comment prolonger l’expérience. Et pour d’autres conseils de voyage en solitaire, voyez <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/voyager-seule-le-guide-de-celles-qui-osent-partir/">notre guide pour partir seule</a>.</p>
<p>Le dernier soir, quelle que soit l’étape, on regarde ses pieds, ses mains brunies, le sac posé contre le lit, et l’on s’étonne d’avoir fait tout ce chemin. On ne repart pas tout à fait la même. On repart surtout avec l’envie de revenir.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Compostelle, côté pratique</p><ul>
<li><strong>Voies françaises</strong>&nbsp;: Le Puy (GR 65, la plus fréquentée), Vézelay, Tours, Arles.</li>
<li><strong>Crédenciale</strong>&nbsp;: auprès des associations jacquaires, de l’accueil de la cathédrale du Puy ou de certaines paroisses. À faire tamponner à chaque étape.</li>
<li><strong>Hébergement</strong>&nbsp;: gîtes communaux ou privés, chambres d’hôtes, accueils chez l’habitant&#8239;; réservation conseillée en été sur la voie du Puy.</li>
<li><strong>Budget arrondi</strong>&nbsp;: une nuit en gîte de 15 à 25&nbsp;€, autour de 40 à 50&nbsp;€ en demi-pension.</li>
<li><strong>Saisons</strong>&nbsp;: printemps et début d’automne&#8239;; prudence sur l’Aubrac hors saison.</li>
<li><strong>Sac</strong>&nbsp;: un dixième de son poids environ&#8239;; chaussures déjà portées.</li>
<li><strong>Urgences</strong>&nbsp;: 112.</li>
</ul>
</blockquote>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/compostelle-au-feminin-premiers-pas-sur-le-chemin/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Marchés de Noël d’Europe, les plus beaux et les moins courus</title><link>https://carnetdebal.fr/voyages/marches-de-noel-d-europe-les-plus-beaux-et-les-moins-courus/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/voyages/marches-de-noel-d-europe-les-plus-beaux-et-les-moins-courus/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 10:20:00 GMT</pubDate><dc:creator>Camille Sauviat</dc:creator><category>Voyages</category><description>Vin chaud, pain d’épices, chalets de bois sous les guirlandes : les marchés de Noël se ressemblent tous de loin. De près, chacun a son caractère. Nos préférés, des plus célèbres aux plus discrets, avec de quoi les visiter sans être portée par la foule.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/marches-de-noel-d-europe-les-plus-beaux-et-les-moins-courus/1200.jpg" alt="À la tombée du jour, une place pavée de Colmar bordée de maisons à colombages illuminées de guirlandes dorées, où une foule floue de promeneurs circule entre les chalets du marché de Noël."></p><p>À quatre heures et demie, le ciel d’Alsace vire au bleu d’encre et les guirlandes s’allument d’un coup, rue après rue. Il flotte dans l’air une odeur de cannelle, de clou de girofle et de vin chaud, mêlée à celle, plus grasse, des saucisses grillées. On tient son gobelet à deux mains pour se réchauffer les doigts. C’est le moment exact pour lequel on a fait le voyage.</p>
<p>Les marchés de Noël sont une tradition d’Europe centrale et rhénane, née à la fin du Moyen Âge, quand les villes autorisaient avant les fêtes une foire où l’on achetait de quoi garnir la table et la maison. Beaucoup sont devenus des destinations très fréquentées. On peut pourtant les aimer encore&nbsp;: il suffit de savoir quand y aller, et où s’échapper quand la foule devient trop dense.</p>
<h2 id="quand-partir-et-ce-qu-il-faut-savoir-des-dates">Quand partir, et ce qu’il faut savoir des dates</h2>
<p>La plupart des marchés ouvrent à la fin de novembre, autour du premier dimanche de l’Avent, et ferment le 24 décembre&#8239;; quelques-uns prolongent jusqu’à la fin de l’année. Les dates exactes de chaque édition sont publiées à l’automne par les offices de tourisme&nbsp;: vérifiez-les avant de réserver quoi que ce soit.</p>
<p>Pour éviter la cohue, une règle vaut partout. Visitez en semaine plutôt que le samedi, et le matin plutôt que le soir. Les deux premières semaines sont généralement plus calmes que celles qui précèdent Noël. Gardez la soirée pour une seule promenade sous les lumières, une fois les cars repartis.</p>
<h2 id="strasbourg-le-plus-ancien-et-le-plus-couru">Strasbourg, le plus ancien, et le plus couru</h2>
<p>Le Christkindelsmärik de Strasbourg, le «&nbsp;marché de l’Enfant Jésus&nbsp;», remonte à 1570, ce qui en fait l’un des plus anciens d’Europe. Il s’étend aujourd’hui sur plusieurs places du centre, de la place Broglie aux abords de la cathédrale, et le grand sapin de la place Kléber en est le point de ralliement. Soyons honnêtes&nbsp;: le week-end, on y avance à petits pas.</p>
<p>Allez-y un mardi matin, quand les chalets ouvrent et que la lumière d’hiver éclaire la façade de grès rose de la cathédrale. Goûtez le vin chaud blanc, spécialité alsacienne moins connue que le rouge, et les <em>bredele</em>, ces petits biscuits de Noël que chaque famille fait à sa façon, à l’anis, à la cannelle ou aux amandes. Autour du 6 décembre, pour la Saint-Nicolas, les boulangeries vendent des <em>manala</em>, petits bonshommes de brioche. Puis échappez-vous vers la Petite France et ses ponts, où les marchés laissent place aux maisons de bois et aux canaux.</p>
<h2 id="colmar-et-les-villages-de-la-route-des-vins">Colmar et les villages de la route des Vins</h2>
<p>À une demi-heure de train, Colmar offre la même architecture en plus resserré, et plusieurs petits marchés répartis entre les places de la vieille ville, autour de l’ancienne douane, le Koïfhus, et jusqu’au quartier de la Petite Venise, au bord de la Lauch. La ville se parcourt entièrement à pied, et la nuit, quand les façades à colombages sont éclairées, elle tient de la maison de poupée.</p>
<p>Les villages voisins de la route des Vins, Kaysersberg, Riquewihr ou Eguisheim, ont aussi leurs marchés, plus petits, parfois ouverts seulement en fin de semaine. Kaysersberg, où naquit Albert Schweitzer en 1875, est le plus charmant au matin, quand la brume monte des vignes. Plus au nord, Sélestat revendique la plus ancienne mention écrite d’un sapin de Noël, dans un registre de comptes de 1521 conservé à la Bibliothèque humaniste. C’est une étape plus calme, et une bonne base pour dormir à prix raisonnable quand Strasbourg est complet.</p>
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<p>Visitez en semaine plutôt que le samedi, et le matin plutôt que le soir.</p>
</blockquote>
<h2 id="nuremberg-le-pain-d-epices-et-l-enfant-jesus">Nuremberg, le pain d’épices et l’Enfant Jésus</h2>
<p>En Bavière, le Christkindlesmarkt de Nuremberg occupe la grande place du marché, au pied de l’église Notre-Dame. Il s’ouvre traditionnellement par un prologue lu depuis le balcon de l’église par le <em>Christkind</em>, l’Enfant Jésus, incarné par une jeune femme de la ville, en robe dorée et couronne. On y vient pour les <em>Lebkuchen</em>, le pain d’épices local, pour les petites saucisses grillées servies par trois dans un petit pain, et pour les <em>Zwetschgenmännle</em>, figurines fabriquées avec des pruneaux.</p>
<p>Comme dans la plupart des marchés allemands, le vin chaud, le <em>Glühwein</em>, est servi dans une tasse en céramique décorée, contre une consigne&nbsp;: rendez-la pour récupérer quelques euros, ou gardez-la en souvenir. Le marché des enfants, juste à côté, a ses manèges à l’ancienne.</p>
<h2 id="vienne-un-marche-par-quartier">Vienne, un marché par quartier</h2>
<p>Vienne n’a pas un marché de Noël, mais une bonne douzaine. Le plus grand, devant l’hôtel de ville, attire les foules sous ses arbres illuminés. Préférez-lui ceux qui ont gardé une échelle de quartier. À Spittelberg, dans un lacis de ruelles aux maisons Biedermeier, les artisans vendent céramique, bijoux et lainages. Sur la Karlsplatz, devant l’église Saint-Charles, le marché fait la part belle à l’artisanat d’art. Dans la cour du château de Schönbrunn, les chalets se dressent devant la façade jaune du palais impérial.</p>
<p>On y boit du <em>Punsch</em>, plus sucré et plus fort que le vin chaud, on y mange des marrons grillés et des pommes de terre rôties, et l’on rentre se réchauffer dans un café viennois, devant une part de gâteau et un verre d’eau qu’on vous apporte sans le demander.</p>
<h2 id="tallinn-la-neige-et-la-nuit-a-quinze-heures">Tallinn, la neige et la nuit à quinze heures</h2>
<p>Au bord de la Baltique, la capitale de l’Estonie installe son marché sur la place de l’Hôtel-de-Ville, au cœur d’une vieille ville médiévale restée remarquablement intacte. La ville revendique le premier sapin de Noël public, dressé au XV<sup>e</sup> siècle, titre que lui dispute sa voisine Riga. En décembre, le soleil se couche au milieu de l’après-midi, et la neige est fréquente&nbsp;: la lumière des chalets n’en paraît que plus chaude.</p>
<p>On y goûte le <em>verivorst</em>, boudin noir servi avec de la choucroute, les <em>piparkoogid</em>, biscuits aux épices, et le vin chaud local. Tallinn demande un peu plus d’organisation, souvent un vol avec escale, mais elle reste bien moins fréquentée que les grands marchés rhénans.</p>
<h2 id="trois-petits-marches-pour-fuir-la-foule">Trois petits marchés pour fuir la foule</h2>
<p>Si vous voulez la féerie sans la foule, regardez du côté des petites villes. À Gengenbach, en Forêt-Noire, l’hôtel de ville se transforme en calendrier de l’Avent géant&nbsp;: ses vingt-quatre fenêtres s’ouvrent une à une, chaque soir jusqu’à Noël. À Monschau, dans l’Eifel allemand, près de la frontière belge, les maisons à colombages se serrent au fond d’une vallée étroite. À Esslingen, près de Stuttgart, le marché médiéval, avec ses artisans en costume, côtoie un marché de Noël plus classique.</p>
<p>Si vous partez seule, rien de plus facile&nbsp;: on se promène seule dans un marché de Noël sans que personne s’en étonne. Nous avons rassemblé quelques conseils dans <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/voyager-seule-le-guide-de-celles-qui-osent-partir/">notre guide du voyage en solitaire</a>. Et si vous préférez la douceur au froid, <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/lisbonne-en-novembre-la-ville-sans-la-foule/">Lisbonne en novembre</a> offre une tout autre lumière.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Marchés de Noël, côté pratique</p><ul>
<li><strong>Dates</strong>&nbsp;: en général de la fin novembre au 24 décembre&#8239;; vérifiez chaque année auprès des offices de tourisme.</li>
<li><strong>Y aller</strong>&nbsp;: Paris-Strasbourg en TGV en moins de deux heures, puis une demi-heure de TER jusqu’à Colmar. Nuremberg en train avec une correspondance, cinq à six heures depuis Paris. Vienne et Tallinn en avion, Tallinn souvent avec escale.</li>
<li><strong>Dormir</strong>&nbsp;: réservez très tôt à Strasbourg&#8239;; Colmar, Sélestat ou les villages voisins sont de bonnes alternatives.</li>
<li><strong>Budget arrondi</strong>&nbsp;: un vin chaud de 3 à 5&nbsp;€, plus une consigne de quelques euros pour la tasse en Allemagne et en Autriche. Prévoyez un peu d’argent liquide pour les petits chalets.</li>
<li><strong>Équipement</strong>&nbsp;: chaussures chaudes et imperméables, gants, bonnet. On reste debout des heures dans le froid.</li>
</ul>
</blockquote>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/marches-de-noel-d-europe-les-plus-beaux-et-les-moins-courus/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Retraite silencieuse dans une abbaye, mode d’emploi</title><link>https://carnetdebal.fr/voyages/retraite-silencieuse-dans-une-abbaye-mode-d-emploi/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/voyages/retraite-silencieuse-dans-une-abbaye-mode-d-emploi/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 09:27:00 GMT</pubDate><dc:creator>Camille Sauviat</dc:creator><category>Voyages</category><description>Quelques jours dans une hôtellerie monastique, c’est une chambre simple, des cloches, des repas en silence et un temps qui s’étire. Comment choisir son abbaye, réserver, vivre au rythme des offices, et ce que l’on y trouve même quand on ne croit pas.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/retraite-silencieuse-dans-une-abbaye-mode-d-emploi/1200.jpg" alt="La galerie d’un cloître roman : une charpente de bois au-dessus d’une allée dallée, et une longue rangée d’arcs sur colonnettes ouverte sur un jardin baigné de soleil."></p><p>La cloche sonne à une heure où vous n’avez pas l’habitude d’être réveillée. Dans le couloir de l’hôtellerie, une porte s’ouvre, des pas glissent sur le carrelage, puis plus rien. Dehors il fait encore nuit. Vous pouvez vous rendormir, personne ne viendra frapper. Ou bien vous enfiler un pull, traverser la cour froide et vous glisser au fond de l’église, où une trentaine de voix d’hommes, ou de femmes, psalmodient à mi-voix sous une seule lampe. C’est l’office des vigiles. Il a lieu chaque nuit, depuis des siècles, que vous soyez là ou non.</p>
<p>Une retraite dans une abbaye ne demande ni de croire ni de savoir prier. Elle demande d’accepter un rythme qui n’est pas le vôtre, et de vous taire plus longtemps que d’habitude. C’est parfois exactement ce qui manquait.</p>
<h2 id="ce-qu-est-une-hotellerie-monastique">Ce qu’est une hôtellerie monastique</h2>
<p>La Règle de saint Benoît, écrite au VI<sup>e</sup> siècle et suivie aujourd’hui encore par les bénédictins et les cisterciens, consacre un chapitre entier, le cinquante-troisième, à l’accueil des hôtes&nbsp;: ils doivent être reçus comme le Christ lui-même. De là vient l’hôtellerie, ce bâtiment ou cette aile du monastère où l’on loge ceux qui frappent à la porte. Un moine ou une moniale en a la charge, le père hôtelier ou la sœur hôtelière, et c’est à lui ou à elle que vous aurez affaire.</p>
<p>Ce n’est pas un hôtel. Les chambres sont simples, souvent un lit, une table, un crucifix, un lavabo et une fenêtre sur le jardin. Les repas se prennent selon les maisons au réfectoire des moines, en silence, pendant qu’un frère lit à voix haute, ou dans une salle à part réservée aux hôtes. On fait parfois son lit en partant, on débarrasse sa place. Personne ne vous demande si vous êtes baptisée, ni ce que vous venez chercher.</p>
<p>Une précision utile pour les lectrices&nbsp;: certains monastères d’hommes accueillent les femmes dans leur hôtellerie, d’autres seulement dans une maison voisine, et les monastères de moniales reçoivent souvent en priorité les femmes. Posez la question en réservant.</p>
<h2 id="choisir-son-abbaye-et-comment-reserver">Choisir son abbaye, et comment réserver</h2>
<p>La France compte un grand nombre de monastères qui reçoivent des retraitants. Quelques-uns, parmi les plus connus, donnent une idée de la diversité. À Solesmes, dans la Sarthe, les deux abbayes bénédictines, Saint-Pierre pour les moines et Sainte-Cécile pour les moniales, sont attachées depuis le XIX<sup>e</sup> siècle à la restauration du chant grégorien&#8239;; on vient de loin pour l’entendre. Sur l’île Saint-Honorat, au large de Cannes, l’abbaye de Lérins abrite des moines cisterciens sur une terre de monastères depuis le V<sup>e</sup> siècle&#8239;; on y arrive en bateau, entre les vignes et les pins. Près de Poitiers, l’abbaye de Ligugé se réclame de la fondation de saint Martin, au IV<sup>e</sup> siècle, et passe pour l’un des plus anciens monastères d’Occident. Dans le Tarn, au pied de la Montagne noire, les abbayes d’En-Calcat et de Sainte-Scholastique se font face, l’une de moines, l’autre de moniales.</p>
<p>D’autres traditions accueillent aussi. Taizé, en Saône-et-Loire, communauté œcuménique fondée par frère Roger en 1940, reçoit chaque semaine des jeunes venus du monde entier, mais aussi des adultes et des familles. En Dordogne, le Village des Pruniers, fondé en 1982 par le moine bouddhiste Thich Nhat Hanh, propose des retraites de méditation.</p>
<p>Pour réserver, passez par le site, le téléphone ou une lettre, selon les maisons, et prévoyez plusieurs semaines d’avance, bien davantage pour Noël, Pâques et l’été. Un séjour dure le plus souvent de deux nuits à une semaine. On arrive l’après-midi, de préférence avant les vêpres, et l’on prévient si l’on a du retard.</p>
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<p>Le premier soir, le silence fait un bruit énorme.</p>
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<h2 id="participation-libre-ce-que-cela-veut-dire">Participation libre, ce que cela veut dire</h2>
<p>Beaucoup d’hôtelleries ne fixent pas de prix. Elles parlent de participation libre, ou indiquent une somme conseillée par jour en pension complète, en général quelques dizaines d’euros. Le principe est simple&nbsp;: celles qui peuvent donner davantage aident à loger celles qui ne le peuvent pas. Donnez selon vos moyens réels, sans rougir si c’est peu. Une enveloppe laissée à l’hôtelier le dernier jour, ou un chèque à l’ordre de l’abbaye, suffit. Renseignez-vous sur les modalités au moment de réserver&#8239;; chaque maison a les siennes.</p>
<h2 id="une-journee-rythmee-par-les-offices">Une journée rythmée par les offices</h2>
<p>Les horaires changent d’un monastère à l’autre, mais la trame est la même chez les bénédictins. Les vigiles avant l’aube, les laudes au lever du jour, la messe en matinée, de courts offices à midi et en début d’après-midi, les vêpres à la tombée du jour, et enfin les complies, le soir, après lesquelles commence le grand silence, qui dure jusqu’au lendemain matin. Dans certaines abbayes, on chante en latin et en grégorien&#8239;; dans d’autres, en français. Les horaires sont affichés à l’hôtellerie.</p>
<p>Rien ne vous oblige à assister aux offices. Choisissez ceux qui vous conviennent. S’il ne fallait en garder que deux, prenez les vêpres et les complies, les plus faciles à suivre, et les plus beaux quand la nuit tombe. Entre deux offices, le temps est à vous&nbsp;: la bibliothèque, le parc, une marche dans les environs. La devise qu’on prête aux bénédictins, <em>ora et labora</em>, prie et travaille, laisse dans l’après-midi une place qu’on apprend vite à aimer.</p>
<h2 id="apprivoiser-le-silence">Apprivoiser le silence</h2>
<p>Le premier soir, le silence fait un bruit énorme. On entend son propre souffle, les canalisations, une porte au loin. On a envie de regarder son téléphone toutes les dix minutes. Éteignez-le, rangez-le au fond du sac, prenez un réveil de voyage. Le deuxième jour est souvent le plus difficile&nbsp;: l’ennui arrive, avec une fatigue que l’on ne soupçonnait pas. Dormez. Il est courant de passer les premiers jours surtout à dormir, et c’est déjà beaucoup.</p>
<p>Si vous en ressentez le besoin, demandez un entretien. Dans bien des communautés, on peut demander à parler avec un moine ou une moniale, une demi-heure, pour se poser une question ou simplement être écoutée. On n’y vient pas pour être convertie, et personne ne cherchera à le faire.</p>
<h2 id="ce-qu-on-y-trouve-meme-sans-croire">Ce qu’on y trouve, même sans croire</h2>
<p>On y trouve d’abord un rythme. Après trois jours, le corps a compris&nbsp;: il se réveille avant la cloche, il a faim à l’heure du repas, il s’endort après les complies. On y trouve aussi le plaisir rare d’un lieu où personne ne vend rien, où la beauté des voûtes et des voix est offerte sans contrepartie. Les non-croyantes y respectent simplement les usages&nbsp;: une tenue discrète, se lever quand la communauté se lève, garder le silence dans l’église et les couloirs.</p>
<p>Et l’on rentre avec une petite chose qu’on n’attendait pas, qui ressemble à de l’attention. Celles qui aiment marcher prolongent souvent l’expérience sur <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/compostelle-au-feminin-premiers-pas-sur-le-chemin/">les chemins de Compostelle</a>, qui passent par plusieurs abbayes. Celles qui n’ont jamais voyagé seules trouveront aussi quelques conseils dans <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/voyager-seule-le-guide-de-celles-qui-osent-partir/">notre guide pour partir seule</a>.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Retraite en abbaye, côté pratique</p><ul>
<li><strong>Réserver</strong>&nbsp;: par le site, le téléphone ou par lettre, plusieurs semaines à l’avance&#8239;; beaucoup plus tôt pour Noël, Pâques et l’été. Demandez où logent les femmes.</li>
<li><strong>Durée</strong>&nbsp;: de deux nuits à une semaine. Arrivée l’après-midi, avant les vêpres.</li>
<li><strong>Prix</strong>&nbsp;: participation libre ou somme indicative, en général quelques dizaines d’euros par jour en pension complète. Modalités propres à chaque maison.</li>
<li><strong>Dans la valise</strong>&nbsp;: vêtements chauds (les églises sont fraîches, même en été), chaussons, réveil, carnet, une tenue sobre.</li>
<li><strong>Offices</strong>&nbsp;: horaires affichés à l’hôtellerie, aucune obligation d’y assister.</li>
</ul>
</blockquote>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/retraite-silencieuse-dans-une-abbaye-mode-d-emploi/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Voyager seule, le guide de celles qui osent partir</title><link>https://carnetdebal.fr/voyages/voyager-seule-le-guide-de-celles-qui-osent-partir/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/voyages/voyager-seule-le-guide-de-celles-qui-osent-partir/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 07:58:00 GMT</pubDate><dc:creator>Camille Sauviat</dc:creator><category>Voyages</category><description>Partir sans personne, c’est choisir chaque matin où aller et à quelle heure se lever. Il y faut un peu de méthode et beaucoup moins de courage qu’on ne le croit. Destinations, sécurité, repas en tête-à-tête avec soi-même : ce qu’il faut savoir avant le premier départ, à tout âge.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/voyager-seule-le-guide-de-celles-qui-osent-partir/1200.jpg" alt="Vue de dos, une femme aux longs cheveux défaits par le vent photographie le soleil couchant au-dessus de la mer, depuis un rivage rocheux."></p><p>«&nbsp;Vous attendez quelqu’un&#8239;?&nbsp;» Le serveur a deux couverts dans la main et l’air sincèrement désolé pour vous. Vous répondez non, il retire l’assiette de trop, et pendant une minute vous avez l’impression que toute la salle vous regarde. Personne ne vous regarde. Au deuxième verre, vous avez oublié la scène&#8239;; au troisième dîner, vous la trouvez drôle. Voyager seule commence souvent là, dans ce petit vertige devant une table pour une personne.</p>
<p>Il n’existe pas d’âge pour s’y mettre. On part seule à dix-neuf ans parce que les amies n’ont pas les mêmes dates, à quarante-cinq parce que les enfants sont grands, à soixante-dix parce qu’on est veuve et qu’on refuse d’attendre qu’un autre veuille bien. Les raisons diffèrent&#8239;; la méthode, elle, se ressemble beaucoup.</p>
<h2 id="choisir-une-premiere-destination-qui-pardonne-les-erreurs">Choisir une première destination qui pardonne les erreurs</h2>
<p>Pour un premier voyage, cherchez une ville qui se parcourt à pied, où les transports en commun sont simples, où l’on comprend au moins les panneaux. Une ville moyenne vaut mieux qu’une mégapole, un pays dont vous parlez un peu la langue mieux qu’un pays où vous ne pourrez rien demander. Lisbonne, Porto, Édimbourg, Vienne, Copenhague répondent bien à ces critères&#8239;; Montréal et Québec ont l’avantage du français. Nous avons raconté <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/lisbonne-en-novembre-la-ville-sans-la-foule/">Lisbonne en novembre</a>, quand la ville est calme et douce&nbsp;: c’est un bon baptême.</p>
<p>Rien n’oblige non plus à prendre l’avion. Un week-end seule à Nantes, à Strasbourg ou à Bordeaux, dans une ville où vous ne connaissez personne, apprend presque tout&nbsp;: se repérer, se nourrir, occuper une soirée. Le train a ses vertus pour celles qui débutent. On y arrive en plein centre, on peut lire, et les gares sont plus faciles à déchiffrer que les aéroports.</p>
<p>Les pèlerinages et les retraites sont une autre porte d’entrée, plus douce encore, car on y est seule sans être isolée. Les chemins de Compostelle sont pleins de femmes qui marchent sans compagnon&#8239;; nous y consacrons <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/compostelle-au-feminin-premiers-pas-sur-le-chemin/">un article à part</a>. Une <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/retraite-silencieuse-dans-une-abbaye-mode-d-emploi/">retraite dans une hôtellerie monastique</a> offre le même apprentissage, en silence.</p>
<h2 id="la-securite-sans-la-paranoia">La sécurité, sans la paranoïa</h2>
<p>La prudence d’une voyageuse seule tient en quelques habitudes, qu’on prend une fois pour toutes.</p>
<p>Avant de partir, lisez la fiche du pays dans la rubrique «&nbsp;Conseils aux voyageurs&nbsp;» du site France Diplomatie, et inscrivez-vous sur Ariane, le service gratuit du ministère qui permet d’être prévenue et jointe en cas de crise. Envoyez-vous par courriel une copie de votre passeport, de votre assurance et de vos réservations. Donnez votre itinéraire à une personne de confiance, avec le nom des hôtels.</p>
<p>Pour la première nuit, réservez toujours, et arrangez-vous pour arriver de jour&nbsp;: chercher son adresse à minuit dans une ville inconnue, valise à la main, est la situation la plus inconfortable qui soit. Préférez un hôtel avec réception ouverte la nuit. Dans l’Union européenne, le 112 joint les secours partout&#8239;; ailleurs, notez les numéros locaux avant le départ. Certains trains de nuit proposent des compartiments réservés aux femmes, qu’il faut demander à la réservation.</p>
<p>Pour le reste, faites comme chez vous. Vous ne suivriez pas un inconnu trop insistant à Paris&#8239;; ne le suivez pas à Séville. Vous savez reconnaître un malaise&nbsp;: écoutez-le, changez de trottoir, entrez dans une boutique, prenez un taxi. Partir d’un endroit qui ne vous plaît pas n’exige aucune justification. Dans les lieux de culte, enfin, couvrir ses épaules et parfois ses cheveux relève de la politesse plus que du danger&#8239;; un grand foulard dans le sac règle la question.</p>
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<p>Personne ne vous regarde. Au troisième dîner, vous trouvez la scène drôle.</p>
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<h2 id="manger-seule-au-restaurant-le-vrai-bapteme">Manger seule au restaurant, le vrai baptême</h2>
<p>C’est souvent ce qui fait renoncer, bien plus que la peur. Commencez par le déjeuner&nbsp;: les salles sont pleines de gens qui mangent seuls, entre deux rendez-vous, et le menu du jour coûte moins cher. Le soir, demandez à vous asseoir au comptoir. En Espagne, on mange les tapas debout au bar en parlant avec le patron&#8239;; au Japon, beaucoup de restaurants sont construits autour d’un comptoir où l’on s’attable seul sans que personne s’en étonne. Au comptoir, on voit la cuisine, on bavarde si l’on veut, et l’on n’a jamais l’air d’attendre.</p>
<p>Emportez un livre, ou mieux, un carnet. La femme qui écrit à sa table devient celle qui observe, et c’est un très bon rôle. Demandez conseil au serveur, goûtez le plat qu’il recommande, prenez le temps du dessert. Au bout de quelques jours, vous découvrirez le luxe particulier de choisir un restaurant sans négocier avec personne.</p>
<h2 id="a-vingt-ans-a-cinquante-a-quatre-vingts">À vingt ans, à cinquante, à quatre-vingts</h2>
<p>À vingt ans, l’argent compte plus que tout. Les auberges de jeunesse proposent presque toutes des dortoirs réservés aux femmes, et le passe Interrail permet de traverser l’Europe en train. L’Union européenne offre même, sur candidature, des passes de train gratuits à des jeunes de dix-huit ans, dans le cadre du programme DiscoverEU&nbsp;: renseignez-vous l’année de vos dix-huit ans.</p>
<p>À cinquante ou soixante ans, la question devient plutôt celle du «&nbsp;supplément single&nbsp;», cette majoration que facturent hôtels et voyagistes à qui occupe seule une chambre double. Comparez les offres, voyagez hors saison, et regardez du côté des voyages en petits groupes, qui permettent d’être seule sans l’être tout le temps.</p>
<p>À soixante-quinze ou quatre-vingts ans, rien n’interdit de partir, mais tout se prépare un peu mieux. Voyagez léger, une valise que vous pouvez soulever vous-même. Lisez attentivement votre contrat d’assurance&nbsp;: certains contrats fixent des limites d’âge ou excluent des maladies déjà connues. Parlez de votre voyage à votre médecin, gardez vos médicaments et leur ordonnance dans le bagage à main, et choisissez des itinéraires avec peu de correspondances. Le train de jour, encore lui, convient merveilleusement à cet âge-là.</p>
<h2 id="celles-qui-sont-parties-avant-nous">Celles qui sont parties avant nous</h2>
<p>Alexandra David-Néel avait cinquante-cinq ans quand elle entra à Lhassa, en 1924, déguisée en mendiante tibétaine, accompagnée du jeune lama Yongden, qu’elle adopterait plus tard. La ville était alors interdite aux étrangers. Elle a vécu jusqu’à cent ans passés à Digne, dans la maison qu’elle avait baptisée Samten Dzong, et l’on raconte qu’elle fit renouveler son passeport à cent ans. On n’est pas tenue de la prendre pour modèle. On peut en garder l’idée que le départ n’a pas d’âge limite.</p>
<p>Ce que l’on rapporte d’un voyage seule tient rarement dans les photos. C’est plutôt une forme de confiance, acquise sans y penser, à force de petites décisions prises sans demander l’avis de personne. On rentre avec la certitude tranquille qu’on saura se débrouiller la prochaine fois. Et la prochaine fois arrive vite.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Avant de partir seule</p><ul>
<li>Lire la fiche «&nbsp;Conseils aux voyageurs&nbsp;» du pays sur le site France Diplomatie et s’inscrire sur Ariane.</li>
<li>S’envoyer par courriel une copie du passeport, de l’assurance et des réservations.</li>
<li>Réserver la première nuit, arriver de jour, laisser son itinéraire à une proche.</li>
<li>Noter les numéros d’urgence&nbsp;: 112 dans l’Union européenne, numéros locaux ailleurs.</li>
<li>Vérifier son assurance&nbsp;: rapatriement, plafonds, éventuelles limites d’âge.</li>
<li>Emporter une batterie de secours, un grand foulard et un carnet.</li>
</ul>
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]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/voyager-seule-le-guide-de-celles-qui-osent-partir/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Lisbonne en novembre, la ville sans la foule</title><link>https://carnetdebal.fr/voyages/lisbonne-en-novembre-la-ville-sans-la-foule/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/voyages/lisbonne-en-novembre-la-ville-sans-la-foule/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 07:04:00 GMT</pubDate><dc:creator>Camille Sauviat</dc:creator><category>Voyages</category><description>Quand les foules de l’été sont reparties, Lisbonne retrouve ses trottoirs, ses belvédères et une lumière d’or pâle. Quatre jours en novembre, quartier par quartier, avec les maisons anciennes qui tiennent bon et un budget raisonnable.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/lisbonne-en-novembre-la-ville-sans-la-foule/1200.jpg" alt="Vue plongeante sur les toits de tuiles orange de l’Alfama, à Lisbonne, avec au loin le dôme blanc du Panthéon national et l’estuaire du Tage sous un ciel bleu."></p><p>Le premier signe, c’est l’odeur. Au bord de la Praça da Figueira, un marchand pousse un chariot qui fume comme une petite locomotive, et le vent qui remonte du fleuve rabat sur la place une fumée grise, sucrée, un peu âcre. Ce sont les <em>castanhas</em>, les châtaignes grillées, qu’on vous tend dans un cornet de papier journal et qui brûlent les doigts. En novembre, Lisbonne sent le marron chaud et la pierre mouillée.</p>
<p>Elle a aussi rendu ses trottoirs à ceux qui y vivent. L’été, les ruelles de l’Alfama se franchissent au pas, le tram 28 se prend d’assaut et les belvédères ressemblent à des quais de gare. Novembre défait tout cela. Il pleut parfois, franchement, puis le ciel se lave et la lumière revient, plus basse et plus dorée, rasante sur les façades jaunes et roses. Vous la reconnaîtrez dès le premier matin.</p>
<h2 id="une-lumiere-d-automne-qui-tombe-de-biais-sur-le-tage">Une lumière d’automne qui tombe de biais sur le Tage</h2>
<p>Lisbonne est posée sur des collines, face à un estuaire si large qu’on le prend pour la mer. C’est lui qui fait sa lumière&nbsp;: le fleuve renvoie le ciel sur les murs chaulés, sur les azulejos, sur le calcaire des trottoirs. En novembre, le soleil reste bas toute la journée et cette réverbération dure du matin au soir. Les après-midi sont souvent doux, les soirées fraîchissent vite, et la nuit tombe tôt, avant 17 h 30. Organisez vos journées à l’envers de l’été&nbsp;: dehors de bonne heure, musées et cafés quand le jour baisse.</p>
<p>Prévoyez des chaussures à semelle crantée. La <em>calçada portuguesa</em>, ce pavage de petits cubes de calcaire blanc et de basalte noir qui dessine des vagues sur les places, devient glissante comme du savon sous la pluie, surtout dans les descentes. Les Lisboètes la prennent de biais, une main sur la rampe quand il y en a une. Faites comme eux.</p>
<h2 id="le-tram-28-a-prendre-au-saut-du-lit">Le tram 28, à prendre au saut du lit</h2>
<p>Le 28 relie Martim Moniz à Campo de Ourique en serpentant par la Graça, l’Alfama, la Baixa, le Chiado et l’Estrela. Ses voitures jaunes, boiseries vernies et sièges de bois, grincent dans les virages et frôlent les façades d’assez près pour qu’on puisse compter les pots de géranium aux fenêtres. Elles roulent encore parce qu’aucun bus ne passerait dans ces rues-là.</p>
<p>Pour l’avoir presque à vous, montez au terminus de Martim Moniz avant 9 heures. Plus tard, la file s’allonge même en novembre, et la cohue fait le bonheur des pickpockets&nbsp;: sac fermé porté devant, téléphone dans une poche intérieure. Le billet acheté à bord coûte nettement plus cher que le trajet payé avec la carte rechargeable Viva Viagem, en vente dans les stations de métro, qui sert aussi pour les funiculaires et le bac.</p>
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<p>En novembre, Lisbonne sent le marron chaud et la pierre mouillée.</p>
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<h2 id="les-miradouros-du-premier-cafe-au-coucher-du-soleil">Les miradouros, du premier café au coucher du soleil</h2>
<p>Les belvédères, les <em>miradouros</em>, sont la vraie carte de la ville. Le matin, commencez par Santa Luzia, sa pergola couverte de bougainvillées et ses panneaux d’azulejos, puis le Largo das Portas do Sol, juste à côté&nbsp;: les toits de l’Alfama dégringolent vers le fleuve, et l’on voit au loin le dôme blanc de Santa Engrácia, devenue Panthéon national. Plus haut, dans la Graça, le belvédère qui porte aujourd’hui le nom de la poétesse Sophia de Mello Breyner Andresen a ses pins parasols et son kiosque à café. Celui de Senhora do Monte, encore au-dessus, offre la vue la plus large, avec le château Saint-Georges en face.</p>
<p>Gardez pour la fin de journée l’autre rive de la ville. À São Pedro de Alcântara, en haut du Bairro Alto, le soleil couchant allume le château et l’Alfama, de l’autre côté de la vallée. À Santa Catarina, sous la statue d’Adamastor, le géant des <em>Lusiades</em> de Camões, la vue file vers le pont du 25-Avril et l’estuaire. Les kiosques y servent une <em>bica</em>, l’express lisboète, pour presque rien.</p>
<h2 id="l-alfama-et-la-mouraria-a-l-heure-ou-l-on-rentre-le-linge">L’Alfama et la Mouraria, à l’heure où l’on rentre le linge</h2>
<p>L’Alfama est le plus vieux quartier de Lisbonne, un lacis d’escaliers, d’impasses et de placettes qui a largement survécu au tremblement de terre de 1755. Perdez-vous-y en matinée, quand le linge sèche aux fenêtres et que les voisines se parlent d’un balcon à l’autre. Le mardi et le samedi, poussez jusqu’au Campo de Santa Clara, où se tient la Feira da Ladra, la «&nbsp;foire de la voleuse&nbsp;», marché aux puces où l’on trouve des azulejos dépareillés, des cartes postales et des vinyles de fado.</p>
<p>Le fado, justement, est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2011. Le soir, dans l’Alfama et la Mouraria voisine, préférez les petites salles aux grandes tablées pour touristes, et respectez la règle&nbsp;: quand la chanteuse commence, on se tait, on pose ses couverts, on ne commande plus. Le Museu do Fado, au pied du quartier, aide à comprendre ce que l’on entend.</p>
<p>À l’est, un court trajet en bus mène au Museu Nacional do Azulejo, installé dans l’ancien couvent de Madre de Deus. On y voit, sur des mètres de carreaux bleus, un grand panorama de Lisbonne peint avant le séisme&nbsp;: la ville d’avant, intacte, au bord de son fleuve.</p>
<h2 id="les-vieilles-maisons-de-la-baixa-et-du-chiado">Les vieilles maisons de la Baixa et du Chiado</h2>
<p>En bas, la Baixa a été reconstruite au cordeau après 1755, en damier, avec des rues qui portaient le nom de leurs métiers. Fernando Pessoa y a logé son double, Bernardo Soares, aide-comptable rue des Douradores, dont les pensées forment le <em>Livre de l’intranquillité</em>, publié en 1982 seulement, bien après la mort du poète. Relisez-en quelques pages sur place.</p>
<p>Plusieurs maisons de ce temps-là ouvrent toujours. La Confeitaria Nacional, sur la Praça da Figueira, sert des gâteaux depuis 1829. Rue des Bacalhoeiros, la Conserveira de Lisboa emballe à la main, depuis 1930, ses boîtes de sardines et de thon dans du papier imprimé. Au Largo de São Domingos, A Ginjinha verse depuis 1840 sa liqueur de griotte, qu’on boit debout sur le trottoir, avec ou sans le fruit. En montant au Chiado, la Livraria Bertrand, ouverte en 1732, revendique le titre de plus ancienne librairie encore en activité, et le café A Brasileira, ouvert en 1905, garde sur sa terrasse une statue de bronze de Pessoa attablé.</p>
<p>Pour Belém, prenez le tram 15 le long du fleuve. Les Pastéis de Belém cuisent leurs flans à la crème depuis 1837, à deux pas du monastère des Hiéronymites. Il y a toujours une file&#8239;; elle avance vite, et les salles du fond, carrelées de bleu, sont vastes.</p>
<h2 id="passer-le-fleuve-pour-voir-la-ville-en-face">Passer le fleuve pour voir la ville en face</h2>
<p>Le dernier jour, descendez au Cais do Sodré et prenez le bac pour Cacilhas, sur la rive sud. La traversée dure une dizaine de minutes et coûte le prix d’un ticket de transport. Au retour, Lisbonne s’étage devant vous, de la Baixa au château, exactement comme sur le panorama du musée de l’Azulejo. On comprend alors pourquoi on l’a toujours dessinée depuis l’eau.</p>
<p>Si vous êtes là autour du 11 novembre, c’est la Saint-Martin&nbsp;: on mange des châtaignes, on goûte le vin nouveau, et l’on espère l’«&nbsp;été de la Saint-Martin&nbsp;», ces quelques jours de douceur qui reviennent souvent à cette période. Lisbonne se prête bien au voyage en solitaire, si l’idée vous tente&nbsp;: nous en parlons dans <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/voyager-seule-le-guide-de-celles-qui-osent-partir/">notre guide pour partir seule</a>. Et si décembre vous appelle plus au nord, voici <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/marches-de-noel-d-europe-les-plus-beaux-et-les-moins-courus/">les marchés de Noël que nous préférons</a>.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Lisbonne en novembre, côté pratique</p><ul>
<li><strong>Y aller</strong>&nbsp;: environ 2 h 30 de vol depuis Paris&#8239;; la ligne rouge du métro part de l’aéroport et dessert la ville. Il est une heure de moins à Lisbonne qu’à Paris.</li>
<li><strong>Se déplacer</strong>&nbsp;: carte rechargeable Viva Viagem pour le métro, les trams, les funiculaires et le bac de Cacilhas. Pour Sintra, train depuis la gare du Rossio, une quarantaine de minutes.</li>
<li><strong>Budget arrondi</strong>&nbsp;: vol aller-retour hors vacances de 100 à 250&nbsp;€&#8239;; chambre double correcte de 70 à 130&nbsp;€ la nuit&#8239;; déjeuner dans une <em>tasca</em> de 15 à 20&nbsp;€&#8239;; un pastel de nata autour de 1,50&nbsp;€.</li>
<li><strong>Maisons anciennes</strong>&nbsp;: Pastéis de Belém (1837), Confeitaria Nacional (1829), A Ginjinha (1840), Conserveira de Lisboa (1930), Livraria Bertrand (1732), A Brasileira (1905).</li>
<li><strong>À savoir</strong>&nbsp;: Feira da Ladra le mardi et le samedi, Campo de Santa Clara. Chaussures antidérapantes et petit parapluie dans le sac.</li>
</ul>
</blockquote>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/lisbonne-en-novembre-la-ville-sans-la-foule/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Méditation bouddhique et méditation chrétienne, deux silences très différents</title><link>https://carnetdebal.fr/les-traditions-de-meditation-bouddhique-et-chretienne-sont-tres-differentes/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/les-traditions-de-meditation-bouddhique-et-chretienne-sont-tres-differentes/</guid><pubDate>Mon, 19 Dec 2022 02:41:00 GMT</pubDate><dc:creator>Camille Sauviat</dc:creator><category>Voyages</category><description>D’un côté, on s’assoit pour voir l’esprit tel qu’il est. De l’autre, on se tait pour écouter quelqu’un. Méditation bouddhique et méditation chrétienne partagent des gestes, le silence, la posture, le souffle, mais pas le même horizon. Comment les distinguer, et où les découvrir.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/les-traditions-de-meditation-bouddhique-et-chretienne-sont-tres-differentes/1200.jpg" alt="Une rangée de coussins de méditation noirs, ronds et bombés, alignés sur une estrade de tatamis le long d’une fenêtre à croisillons dans un temple zen."></p><p>À cinq heures du matin, dans un temple zen, on entre dans la salle en silence, on salue son coussin, on s’assoit face au mur. Pendant quarante minutes, personne ne bouge. À la même heure, dans une abbaye bénédictine, des moines se lèvent pour l’office de vigiles, puis certains restent seuls à l’église, assis dans la pénombre, un livre ouvert sur les genoux. Vu de loin, les deux scènes se ressemblent&nbsp;: des corps immobiles, un grand silence. Vu de près, elles racontent deux rapports au monde très différents.</p>
<p>Voici ce qui les distingue, et ce qui les rapproche, sans prétendre trancher entre elles.</p>
<h2 id="ce-que-cherche-la-meditation-bouddhique">Ce que cherche la méditation bouddhique</h2>
<p>Le bouddhisme est né en Inde il y a environ deux mille cinq cents ans, avec l’enseignement de Siddhartha Gautama, appelé le Bouddha, l’Éveillé. Au cœur de son enseignement, un constat&nbsp;: l’existence est marquée par l’insatisfaction, et cette insatisfaction naît de l’attachement à ce qui passe. La méditation est l’un des moyens de s’en libérer.</p>
<p>Elle ne s’adresse à personne. Il n’y a pas de Dieu créateur à qui parler dans le bouddhisme&#8239;; il y a un esprit à observer. Les traditions distinguent souvent deux grands versants. L’un apaise et concentre l’esprit, en le posant sur un objet, le plus souvent le souffle. L’autre, appelé <em>vipassana</em>, la vision pénétrante, observe ce qui surgit, sensations, pensées, émotions, pour en voir le caractère passager et impersonnel.</p>
<p>Chaque école a ses formes. Le zen japonais, transmis notamment par le maître Dōgen au XIII<sup>e</sup> siècle, pratique le <em>zazen</em>&nbsp;: s’asseoir, simplement, le dos droit, les yeux mi-clos, sans chercher à obtenir quoi que ce soit. Le bouddhisme tibétain recourt aussi aux visualisations et à la récitation de mantras. Et presque toutes les traditions cultivent la bienveillance envers tous les êtres, par une méditation qui lui est consacrée.</p>
<h2 id="ce-que-cherche-la-meditation-chretienne">Ce que cherche la méditation chrétienne</h2>
<p>Le christianisme part d’un tout autre point. Dieu existe, il est une personne, et la prière est une relation. Méditer, pour un chrétien, c’est d’abord laisser une parole résonner en soi pour se rendre disponible à cette présence.</p>
<p>La forme la plus ancienne en Occident est la <em>lectio divina</em>, la lecture priante de la Bible, que les moines pratiquent depuis les premiers siècles. Au XII<sup>e</sup> siècle, le chartreux Guigues II la décrit comme une échelle à quatre degrés&nbsp;: la lecture, la méditation, la prière, puis la contemplation. On lit un passage lentement, on le rumine, on y répond, et l’on finit par se taire.</p>
<p>Les chrétiens d’Orient ont développé la prière du cœur, ou prière de Jésus&nbsp;: une courte invocation répétée au rythme du souffle, jusqu’à ce qu’elle devienne continue. Les <em>Récits d’un pèlerin russe</em>, au XIX<sup>e</sup> siècle, l’ont fait connaître bien au-delà des monastères orthodoxes. Au XVI<sup>e</sup> siècle, Ignace de Loyola propose dans ses <em>Exercices spirituels</em> de méditer en imaginant les scènes de l’Évangile, avec tous ses sens. Et les mystiques du Carmel, Thérèse d’Avila et Jean de la Croix, ont décrit l’oraison silencieuse comme une conversation d’amitié.</p>
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<p>D’un côté, on s’assoit pour voir l’esprit tel qu’il est. De l’autre, on se tait pour écouter quelqu’un.</p>
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<h2 id="les-differences-et-les-ressemblances">Les différences, et les ressemblances</h2>
<p>La différence essentielle tient en une question&nbsp;: à qui s’adresse-t-on&#8239;? Le méditant bouddhiste ne s’adresse à personne&#8239;; il observe, et vise un éveil qui dépend de sa pratique. Le chrétien s’adresse à Dieu&#8239;; et la contemplation, dans sa tradition, est un don, une grâce qu’on reçoit plus qu’on ne la produit.</p>
<p>Pourtant, les gestes se ressemblent. La posture assise, stable, le dos droit. Le souffle, qu’on laisse aller et venir. La répétition, celle d’un mantra ou d’une invocation. Le retour patient de l’attention quand elle s’égare. Et ce constat partagé par tous les pratiquants, quelle que soit leur foi&nbsp;: l’esprit est agité, et le calmer demande des années.</p>
<p>Des passeurs ont fait dialoguer ces mondes. Le moine trappiste américain Thomas Merton a rencontré des maîtres bouddhistes, dont le dalaï-lama&#8239;; il est mort en 1968 à Bangkok, où il participait à une rencontre entre moines d’Orient et d’Occident. Le moine zen vietnamien Thich Nhat Hanh a consacré un livre aux points de rencontre entre les deux traditions, <em>Bouddha vivant, Christ vivant</em>. Quant à la pleine conscience enseignée aujourd’hui dans les hôpitaux, elle vient de programmes laïques, conçus à partir de la fin des années 1970 par le médecin américain Jon Kabat-Zinn, qui s’est inspiré des pratiques bouddhistes en les détachant de leur cadre religieux.</p>
<h2 id="ou-s-initier-en-france">Où s’initier, en France</h2>
<p>Les deux traditions accueillent les débutantes, croyantes ou non. Le temple zen de la Gendronnière, dans le Loir-et-Cher, fondé par le maître japonais Taisen Deshimaru, propose des sessions de <em>zazen</em>. En Dordogne, le Village des Pruniers, fondé par Thich Nhat Hanh, organise des retraites de pleine conscience dans la tradition bouddhiste. En Savoie, l’institut Karma Ling, centre de bouddhisme tibétain, s’est installé dans une ancienne chartreuse, celle de Saint-Hugon, où l’on médite donc entre des murs bâtis par des moines chrétiens.</p>
<p>Côté chrétien, la plupart des hôtelleries monastiques reçoivent pour des retraites silencieuses, et certaines proposent une initiation à la <em>lectio divina</em> ou à l’oraison. Nous avons détaillé <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/retraite-silencieuse-dans-une-abbaye-mode-d-emploi/">comment organiser une retraite dans une abbaye</a>. La communauté œcuménique de Taizé, en Bourgogne, accueille quant à elle des jeunes du monde entier autour de chants méditatifs répétés.</p>
<h2 id="choisir-sans-se-perdre">Choisir sans se perdre</h2>
<p>Faut-il choisir&#8239;? Les maîtres des deux traditions mettent en garde contre le picorage&nbsp;: une pratique ne porte ses fruits qu’avec la durée, et dans le cadre qui lui donne sens. Commencez par celle qui vous attire, avec un enseignant, quelques jours. Vous saurez vite si ce silence-là vous convient. Et si la marche vous parle davantage que l’immobilité, le <a href="https://carnetdebal.fr/voyages/compostelle-au-feminin-premiers-pas-sur-le-chemin/">chemin de Compostelle</a> est une autre forme de méditation, à la vitesse des pas.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Pour une première fois</p><ul>
<li><strong>Durée</strong>&nbsp;: un week-end ou une session de trois à cinq jours suffit pour découvrir.</li>
<li><strong>Tenue</strong>&nbsp;: des vêtements amples et sombres, des chaussettes chaudes&#8239;; les salles sont souvent fraîches.</li>
<li><strong>Le corps</strong>&nbsp;: un coussin ou un petit banc pour les genoux&#8239;; une chaise est toujours acceptée, quel que soit votre âge.</li>
<li><strong>Prix</strong>&nbsp;: participation libre dans les abbayes, tarifs indiqués dans la plupart des centres bouddhistes&#8239;; renseignez-vous en réservant.</li>
<li><strong>Les règles</strong>&nbsp;: silence, ponctualité, respect des rites même si l’on ne les partage pas.</li>
</ul>
</blockquote>
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