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<rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"><channel><title>Carnet de Bal — Mode</title><link>https://carnetdebal.fr/mode/</link><description>Le vêtement qui dure, la tendance qui sert, le style à tout âge.</description><language>fr-FR</language><copyright>© Denis Florent Media Group SRL</copyright><lastBuildDate>Fri, 30 Oct 2026 18:02:34 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://carnetdebal.fr/mode/rss.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><image><url>https://carnetdebal.fr/icon-512.png</url><title>Carnet de Bal — Mode</title><link>https://carnetdebal.fr/mode/</link></image><item><title>Les dix pièces d’un vestiaire d’automne qui dure</title><link>https://carnetdebal.fr/mode/les-dix-pieces-d-un-vestiaire-d-automne-qui-dure/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/mode/les-dix-pieces-d-un-vestiaire-d-automne-qui-dure/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 09:09:00 GMT</pubDate><dc:creator>Laura Thomas</dc:creator><category>Mode</category><description>Un vestiaire d’automne qui tient des années repose sur une dizaine de pièces bien choisies, pas sur la tendance du mois. Voici les dix nôtres, avec pour chacune ce qui la justifie, les critères pour la choisir et une idée honnête de son prix, en neuf comme en seconde main.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/les-dix-pieces-d-un-vestiaire-d-automne-qui-dure/1200.jpg" alt="Derrière une vitrine, des portants de vêtements aux tons d’automne, crème, camel, ocre et kaki, éclairés par des ampoules chaudes."></p><p>Un vêtement cher qu’on porte deux cents fois revient moins cher qu’un vêtement bon marché qu’on porte trois fois. Ce calcul, le «&nbsp;coût par port&nbsp;» (les Anglo-Saxons disent <em>cost per wear</em>), est le seul qui compte vraiment quand on construit un vestiaire. Il explique la liste qui suit&nbsp;: dix pièces qui se combinent entre elles et vont aussi bien à vingt-cinq qu’à soixante-quinze ans.</p>
<p>Les prix indiqués sont des ordres de grandeur, arrondis, pour du neuf de qualité correcte. La plupart de ces pièces se trouvent pour beaucoup moins cher en seconde main, et nous expliquons <a href="https://carnetdebal.fr/mode/seconde-main-l-art-de-chiner-sans-se-ruiner/">comment les dénicher</a>.</p>
<h2 id="1-le-manteau-de-laine">1. Le manteau de laine</h2>
<p><strong>Pourquoi.</strong> C’est la pièce qui fait la silhouette de novembre à mars, celle qu’on voit en premier. Un bon manteau de laine dure dix ans, souvent davantage.</p>
<p><strong>Comment le choisir.</strong> Lisez l’étiquette&nbsp;: au moins 70&nbsp;% de laine, sans quoi il tient moins chaud et perd sa forme. Préférez une coupe droite, assez ample pour accueillir un pull épais, et une couleur qui va avec tout le reste&nbsp;: camel, marine, gris anthracite, noir. Vérifiez les épaules avec un pull dessous.</p>
<p><strong>Prix.</strong> De 150 à 400 euros environ en neuf&#8239;; de 30 à 120 euros en seconde main.</p>
<h2 id="2-le-trench">2. Le trench</h2>
<p><strong>Pourquoi.</strong> Il couvre les mi-saisons, celles où le manteau est trop chaud et la veste trop légère. Il pare la pluie d’octobre et celle d’avril.</p>
<p><strong>Comment le choisir.</strong> Une gabardine de coton dense et des épaules justes. Son histoire et les critères détaillés sont dans <a href="https://carnetdebal.fr/mode/pourquoi-le-trench-a-survecu-a-cent-ans-de-modes/">notre article consacré au trench</a>.</p>
<p><strong>Prix.</strong> De 100 à 500 euros selon la toile et les finitions.</p>
<h2 id="3-le-pull-fin-en-merinos">3. Le pull fin en mérinos</h2>
<p><strong>Pourquoi.</strong> Il se glisse sous une veste comme sous un manteau. La laine mérinos régule la chaleur et retient peu les odeurs&nbsp;: on peut la porter plusieurs fois avant de la laver.</p>
<p><strong>Comment le choisir.</strong> Une jauge fine, un col rond ou en V selon votre visage, des côtes bien serrées aux poignets et à la taille. Prenez-en deux, dans des couleurs neutres que vous aimez porter près du visage.</p>
<p><strong>Prix.</strong> De 50 à 120 euros.</p>
<h2 id="4-le-gros-pull-ou-le-cardigan-epais">4. Le gros pull ou le cardigan épais</h2>
<p><strong>Pourquoi.</strong> C’est le vêtement du dimanche et des soirées où le chauffage n’est pas encore allumé. Il remplace une veste à la maison et sous un grand manteau dehors.</p>
<p><strong>Comment le choisir.</strong> Une laine qui a du corps&nbsp;: shetland, lambswool (laine d’agneau) ou un mélange avec un peu d’alpaga. Un tricot torsadé ou côtelé bien serré se déforme moins. Le cardigan à boutons a un avantage pratique&nbsp;: il s’ouvre quand on a trop chaud.</p>
<p><strong>Prix.</strong> De 60 à 150 euros.</p>
<h2 id="5-la-chemise-en-coton">5. La chemise en coton</h2>
<p><strong>Pourquoi.</strong> Blanche ou bleu ciel, elle se porte seule ou sous un pull dont le col dépasse. Elle habille un jean et détend un tailleur.</p>
<p><strong>Comment le choisir.</strong> La popeline est lisse et nette&#8239;; l’oxford, plus épais, se froisse plus joliment et convient mieux à l’automne. Regardez le col (il doit tenir sans baleines en plastique qui se tordent au lavage) et les boutons, cousus serré.</p>
<p><strong>Prix.</strong> De 40 à 100 euros.</p>
<blockquote>
<p>Un vêtement cher qu’on porte deux cents fois revient moins cher qu’un vêtement bon marché qu’on porte trois fois.</p>
</blockquote>
<h2 id="6-le-pantalon-droit-en-laine">6. Le pantalon droit en laine</h2>
<p><strong>Pourquoi.</strong> Le pantalon de flanelle grise est l’un des vêtements les plus polyvalents qui soient&nbsp;: avec des mocassins au bureau comme avec des baskets le week-end.</p>
<p><strong>Comment le choisir.</strong> Choisissez une laine qui tombe bien et une jambe droite ou légèrement large&#8239;; la hauteur de taille dépend de votre corps. S’il n’est pas doublé et que la laine pique, une doublure peut être ajoutée par une retoucheuse. Faites faire l’ourlet à la hauteur des chaussures que vous porterez le plus.</p>
<p><strong>Prix.</strong> De 80 à 200 euros.</p>
<h2 id="7-le-jean-brut-droit">7. Le jean brut droit</h2>
<p><strong>Pourquoi.</strong> Foncé et sans délavage, il se porte comme un pantalon habillé autant qu’un pantalon du dimanche.</p>
<p><strong>Comment le choisir.</strong> Un denim épais, avec peu ou pas d’élasthanne&nbsp;: il se fera à votre corps au lieu de se détendre au fil de la journée. Une coupe droite, ni slim ni très évasée, traverse les modes sans dommage. Lavez-le rarement, à l’envers et à froid.</p>
<p><strong>Prix.</strong> De 60 à 120 euros.</p>
<h2 id="8-la-jupe-mi-longue">8. La jupe mi-longue</h2>
<p><strong>Pourquoi.</strong> Avec des bottines et des collants opaques, elle est aussi chaude qu’un pantalon et donne une autre allure à un pull tout simple.</p>
<p><strong>Comment la choisir.</strong> En laine ou en velours côtelé, droite ou plissée, elle doit bouger quand vous marchez. Une longueur sous le genou ou à mi-mollet va à toutes les morphologies&#8239;; vérifiez qu’elle reste confortable une fois assise.</p>
<p><strong>Prix.</strong> De 50 à 150 euros.</p>
<h2 id="9-les-bottines-en-cuir">9. Les bottines en cuir</h2>
<p><strong>Pourquoi.</strong> Elles vont avec la jupe comme avec le jean, et elles tiennent les chevilles au chaud.</p>
<p><strong>Comment les choisir.</strong> Un cuir pleine fleur, qui se patine au lieu de se craqueler, et une semelle cousue plutôt que collée&nbsp;: elle pourra être remplacée chez le cordonnier, ce qui double la vie de la chaussure. Un talon large, de trois à cinq centimètres, se porte toute la journée. Une fermeture éclair intérieure facilite la vie à tout âge.</p>
<p><strong>Prix.</strong> De 120 à 300 euros&#8239;; comptez quelques dizaines d’euros pour un ressemelage.</p>
<h2 id="10-la-grande-echarpe-en-laine">10. La grande écharpe en laine</h2>
<p><strong>Pourquoi.</strong> Elle réchauffe plus qu’on ne croit, et elle met de la couleur près du visage quand tout le reste est neutre. C’est la pièce où l’on peut se permettre la fantaisie&nbsp;: un rouge franc ou un tartan.</p>
<p><strong>Comment la choisir.</strong> Assez longue pour faire deux tours, en laine ou en cachemire. Un tissage serré bouloche moins.</p>
<p><strong>Prix.</strong> De 30 à 100 euros.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Où mettre l’argent, où l’économiser</p><ul>
<li>À privilégier&nbsp;: le manteau, les bottines, le pantalon de laine. Ce sont les pièces qui s’usent le plus et se voient le plus.</li>
<li>À économiser&nbsp;: la chemise et le pull fin, faciles à trouver en bon état d’occasion.</li>
<li>À ne pas acheter neuf si possible&nbsp;: le trench et le gros pull, souvent mieux faits en seconde main.</li>
<li>À garder pour la fin&nbsp;: l’écharpe, la touche personnelle, qui change tout le reste.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="et-le-reste">Et le reste&#8239;?</h2>
<p>Rien n’empêche d’ajouter chaque saison une pièce de fantaisie qui vous amuse. Simplement, elle viendra se poser sur ces dix-là, et non les remplacer. Si votre penderie contient déjà la moitié de cette liste, commencez par la pièce qui vous manque le plus en novembre, quand il fait froid pour de bon. C’est presque toujours le manteau.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/les-dix-pieces-d-un-vestiaire-d-automne-qui-dure/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Seconde main : l’art de chiner sans se ruiner</title><link>https://carnetdebal.fr/mode/seconde-main-l-art-de-chiner-sans-se-ruiner/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/mode/seconde-main-l-art-de-chiner-sans-se-ruiner/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 07:58:00 GMT</pubDate><dc:creator>Laura Thomas</dc:creator><category>Mode</category><description>Acheter de seconde main, c’est payer moins cher des vêtements souvent mieux faits que ceux du neuf. Encore faut-il savoir où chercher, et reconnaître en quelques secondes une couture solide ou une laine qui durera. Les gestes d’une chineuse, de l’étiquette à la doublure.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/seconde-main-l-art-de-chiner-sans-se-ruiner/1200.jpg" alt="Gros plan sur une rangée de blousons de cuir d’occasion suspendus côte à côte, noirs, gris, blancs et bordeaux, aux coutures surpiquées."></p><p>Il y a deux manières d’entrer dans une friperie. La première consiste à fouiller au hasard, à se laisser tenter par une couleur, et à ressortir avec un chemisier qui gratte. La seconde demande un peu de méthode&nbsp;: savoir ce qu’on cherche, puis regarder l’étiquette avant le motif et l’intérieur avant l’extérieur. Elle prend à peine plus de temps, et elle change complètement ce qu’on rapporte à la maison.</p>
<p>Acheter de seconde main n’a plus rien d’honteux, si tant est que cela l’ait jamais été. C’est souvent le seul moyen d’accéder, pour le prix d’un tee-shirt neuf, à un manteau de laine épaisse ou à une chemise en vraie popeline. À condition de savoir trier.</p>
<h2 id="ou-chiner-de-la-friperie-a-l-application">Où chiner&nbsp;: de la friperie à l’application</h2>
<p><strong>Les friperies</strong> n’ont pas toutes le même modèle. Certaines vendent au kilo ou en vrac, à petits prix, et demandent de la patience. D’autres, dites «&nbsp;vintage&nbsp;», sélectionnent leurs pièces et les vendent plus cher&#8239;; on y paie le travail de tri.</p>
<p><strong>Les dépôts-ventes</strong> fonctionnent autrement&nbsp;: des particuliers y laissent leurs vêtements, la boutique les vend et garde une commission. Les pièces sont en général propres, en bon état, souvent de belle facture. C’est l’adresse des manteaux, des tailleurs, des sacs en cuir.</p>
<p><strong>Emmaüs</strong>, né en 1949 autour de l’abbé Pierre, revend dans ses communautés les dons qu’il reçoit, et fait vivre les compagnons qui y travaillent. Les prix sont parmi les plus bas, les rayons parfois chaotiques&#8239;; c’est là que l’on trouve, avec de la chance et de l’œil, le pull en shetland des années 1980 à quelques euros. Les vestiboutiques de la Croix-Rouge, les ressourceries et les recycleries de quartier jouent dans la même catégorie.</p>
<p><strong>Les vide-greniers et les braderies</strong>, de celle de Lille, début septembre, aux petites brocantes de village, réservent leurs meilleures pièces aux lèves-tôt.</p>
<p><strong>Les applications de revente entre particuliers</strong>, enfin, ont tout changé&nbsp;: on peut y chercher un modèle précis, à sa taille, sans bouger de chez soi. L’inconvénient est évident, puisqu’on ne touche pas le tissu. Demandez toujours une photo de l’étiquette de composition et des zones d’usure (aisselles, col, entrejambe) avant de payer.</p>
<h2 id="lire-une-etiquette-en-dix-secondes">Lire une étiquette en dix secondes</h2>
<p>L’étiquette de composition est obligatoire dans l’Union européenne, et c’est votre meilleure alliée. Cherchez-la d’abord, souvent cousue sur la couture de côté, à l’intérieur.</p>
<p>Une bonne laine est annoncée comme telle&nbsp;: «&nbsp;laine&nbsp;», «&nbsp;laine vierge&nbsp;» (une laine neuve, qui n’a pas été recyclée), «&nbsp;mérinos&nbsp;», «&nbsp;lambswool&nbsp;», «&nbsp;cachemire&nbsp;», «&nbsp;mohair&nbsp;». Méfiez-vous d’un pull qui ressemble à de la laine mais qui affiche une majorité d’acrylique&nbsp;: il boulochera vite et tiendra moins chaud. Pour un manteau, visez au moins 70&nbsp;% de laine, sans quoi il perdra sa tenue.</p>
<p>Les tailles, elles, ont bougé au fil des décennies, et d’une marque à l’autre. Un 40 de 1985 ne correspond pas à un 40 d’aujourd’hui. Notez vos mesures sur votre téléphone (tour de poitrine, de taille, de hanches, largeur d’épaules, longueur de jambe) et emportez un mètre ruban. Mesurer un vêtement à plat prend une minute et évite bien des déceptions.</p>
<h2 id="juger-une-couture-retournez-le-vetement">Juger une couture&nbsp;: retournez le vêtement</h2>
<p>C’est le geste qui distingue la chineuse avertie. Retournez la pièce et regardez l’intérieur.</p>
<p>Les <strong>points de couture</strong> doivent être réguliers, serrés et sans fil qui pend. Plus il y a de points par centimètre, plus l’assemblage est solide. Les <strong>surplus de couture</strong> (la marge de tissu entre la couture et le bord) généreux sont bon signe&nbsp;: ils permettent d’élargir un vêtement chez la retoucheuse. Sur une chemise, les coutures rabattues, propres des deux côtés, signent un travail soigné.</p>
<p>Regardez aussi les <strong>motifs</strong>&nbsp;: sur un tissu à carreaux ou à rayures bien coupé, les lignes se raccordent aux coutures, au milieu du dos, aux poches. C’est long à faire, donc c’est rare, donc c’est un signe de qualité.</p>
<blockquote>
<p>Retournez toujours le vêtement&nbsp;: l’intérieur dit la vérité que l’extérieur maquille.</p>
</blockquote>
<p>Vérifiez enfin les points de fatigue. Les aisselles, l’entrejambe d’un pantalon, les coins de poches, l’ourlet du bas, la fermeture éclair (faites-la glisser de bout en bout). Un bouton manquant se remplace&#8239;; une déchirure dans le tissu, beaucoup moins.</p>
<h2 id="sentir-une-laine-a-la-main-et-a-la-lumiere">Sentir une laine, à la main et à la lumière</h2>
<p>Prenez un pan de tricot entre le pouce et l’index et frottez doucement. Une bonne laine est souple, un peu élastique, elle reprend sa forme. Serrez ensuite le tissu dans votre poing quelques secondes, puis relâchez&nbsp;: la laine se défroisse presque seule, la viscose et le coton gardent le pli.</p>
<p>Cherchez les <strong>bouloches</strong> sous les bras et sur les flancs, là où le bras frotte le corps. Quelques-unes s’enlèvent au rasoir à pulls&#8239;; un tissu entièrement peluché trahit une fibre courte, qui continuera de s’user.</p>
<p>Tenez ensuite le vêtement face à une fenêtre. Les trous de mites, invisibles à l’œil sur un tricot sombre, apparaissent comme des têtes d’épingle lumineuses. Un pull rigide, un peu cartonné, et plus court qu’il ne devrait l’être a été lavé trop chaud&nbsp;: il a feutré, et c’est irréversible.</p>
<p>Reste l’odeur. Le renfermé et le tabac partent le plus souvent avec un lavage et une journée à l’air. L’odeur de moisi, beaucoup moins.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Le kit de la chineuse</p><ul>
<li>Un mètre ruban et la liste de vos mesures sur votre téléphone.</li>
<li>Une tenue facile à enlever, ou un haut près du corps pour essayer par-dessus.</li>
<li>Un grand sac en tissu et un peu de monnaie pour les brocantes.</li>
<li>La photo de ce qui vous manque vraiment, pour éviter l’achat de trop.</li>
<li>Au retour&nbsp;: lavage selon l’étiquette, puis quelques jours au congélateur, dans un sac fermé, pour toute laine suspecte de mites.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="combien-payer-et-quand-renoncer">Combien payer, et quand renoncer</h2>
<p>Les écarts de prix sont considérables. Un pull en laine peut coûter quelques euros dans une communauté Emmaüs, une vingtaine d’euros en friperie, davantage dans une boutique vintage. Un bon manteau de laine se trouve souvent entre 30 et 150 euros selon l’adresse, quand il en coûterait plusieurs centaines neuf.</p>
<p>Avant de payer, comptez les retouches. Un ourlet de pantalon coûte en général une quinzaine d’euros chez la retoucheuse, le remplacement d’une fermeture éclair davantage. Une règle simple&nbsp;: n’achetez pas une pièce qui demande plus d’une retouche, sauf si elle est exceptionnelle. Et ne l’achetez jamais parce qu’elle n’est pas chère. Un vêtement que vous ne porterez pas reste trop cher, même à deux euros.</p>
<p>Certaines pièces se prêtent particulièrement bien à la chine, parce qu’elles vieillissent bien et que les anciennes étaient souvent mieux faites&nbsp;: le trench, dont nous racontons <a href="https://carnetdebal.fr/mode/pourquoi-le-trench-a-survecu-a-cent-ans-de-modes/">l’histoire et les critères de choix</a>, le manteau de laine, le blazer, les bottines en cuir, la jupe plissée. Elles composent l’essentiel de <a href="https://carnetdebal.fr/mode/les-dix-pieces-d-un-vestiaire-d-automne-qui-dure/">notre vestiaire d’automne qui dure</a>.</p>
<p>Chiner, au fond, c’est glaner. Agnès Varda l’avait filmé en 2000 dans <em>Les Glaneurs et la Glaneuse</em>, et notre rubrique Culture revient sur <a href="https://carnetdebal.fr/culture/agnes-varda-la-glaneuse-qui-filmait-les-femmes/">son regard de glaneuse</a>. Ramasser ce que d’autres ont laissé, et y voir ce qu’ils n’ont pas vu&nbsp;: c’est exactement ce que vous ferez samedi matin, devant un portant de laine mélangée, en retournant un manteau pour regarder ses coutures.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/seconde-main-l-art-de-chiner-sans-se-ruiner/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>S’habiller après soixante ans : la fin des interdits</title><link>https://carnetdebal.fr/mode/s-habiller-apres-soixante-ans-la-fin-des-interdits/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/mode/s-habiller-apres-soixante-ans-la-fin-des-interdits/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 06:47:00 GMT</pubDate><dc:creator>Laura Thomas</dc:creator><category>Mode</category><description>On a longtemps dicté aux femmes de soixante ans ce qu’elles n’avaient plus le droit de porter. Ces règles ne résistent pas à l’examen. S’habiller après soixante ans pose pourtant de vraies questions, de coupe, de matière et de chaussures, auxquelles on répond rarement.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/s-habiller-apres-soixante-ans-la-fin-des-interdits/1200.jpg" alt="Une femme aux cheveux châtains et lunettes de soleil, en chemise turquoise et pantalon noir, roule à vélo sur une rue pavée, un panier en osier au guidon."></p><p>Elles circulent encore, ces listes. Après cinquante ans, plus de cheveux longs. Après soixante, plus de jupe au-dessus du genou, plus de rouge vif, plus de jean, plus de bras nus. Elles se transmettent de magazine en magazine et de mère en fille, avec l’autorité tranquille des choses que personne n’a jamais vérifiées.</p>
<p>Nous les avons vérifiées. Aucune ne tient.</p>
<h2 id="d-ou-viennent-ces-regles">D’où viennent ces règles</h2>
<p>Les interdits d’âge datent d’une époque où la vie d’une femme se découpait en saisons bien rangées&nbsp;: jeune fille, épouse, mère, puis «&nbsp;dame&nbsp;». À chaque étape son uniforme. La dame portait du gris ou du beige, une jupe sous le genou et un chignon. On attendait d’elle de la discrétion.</p>
<p>Cette femme-là existe toujours, si elle le souhaite. Seulement, les femmes de soixante-cinq ans d’aujourd’hui travaillent encore pour beaucoup, voyagent, font du vélo, gardent leurs petits-enfants le mercredi et vont au concert le samedi. Leur imposer le vestiaire de leurs grands-mères revient à les habiller pour une vie qu’elles ne mènent pas.</p>
<h2 id="cheveux-longs-minijupe-couleurs-vives-ce-qui-tient-vraiment">Cheveux longs, minijupe, couleurs vives&nbsp;: ce qui tient vraiment</h2>
<p><strong>Les cheveux longs.</strong> Ce qui compte ici, c’est la matière du cheveu. Avec les années, le cheveu s’affine souvent et perd de la densité&#8239;; une longueur qui tombait en masse peut alors pendre en mèches clairsemées. Si vos cheveux restent épais, gardez-les longs aussi longtemps que vous les aimez. Le blanc, lui, se porte à toutes les longueurs, et nous lui consacrons <a href="https://carnetdebal.fr/beaute/cheveux-blancs-les-laisser-pousser-sans-renoncer-au-style/">un article entier</a>.</p>
<p><strong>La jupe courte.</strong> Personne n’a de comptes à rendre sur ses genoux. La vraie question est pratique&nbsp;: pouvez-vous vous asseoir ou monter dans un bus sans y penser&#8239;? Avec des collants opaques et des bottes plates, une jupe au-dessus du genou reste parfaitement confortable en hiver.</p>
<p><strong>Les couleurs vives.</strong> Ici, la règle dit exactement l’inverse de ce qu’il faudrait. Avec l’âge, le contraste naturel du visage diminue&nbsp;: les cheveux et les sourcils s’éclaircissent, la carnation s’uniformise. Une couleur franche près du visage (un rouge, un bleu roi) redonne justement le relief que le beige efface.</p>
<blockquote>
<p>Une couleur franche près du visage redonne le relief que le beige efface.</p>
</blockquote>
<h2 id="les-vraies-questions-la-taille-les-epaules-la-poitrine">Les vraies questions&nbsp;: la taille, les épaules, la poitrine</h2>
<p>Ce qui change après soixante ans, ce sont les proportions. Avec la ménopause et la baisse des œstrogènes, la graisse tend à se redistribuer vers le ventre, et la taille se marque moins (notre rubrique Santé détaille <a href="https://carnetdebal.fr/sante/menopause-les-symptomes-qu-on-ne-vous-annonce-pas/">ces changements qu’on ne vous annonce pas</a>). Rien d’alarmant, mais les vêtements coupés pour une taille fine tirent soudain au mauvais endroit.</p>
<p>Quelques pistes, à essayer plutôt qu’à appliquer&nbsp;:</p>
<p>Les <strong>vestes droites</strong>, qui descendent jusqu’aux hanches, tombent mieux que les vestes cintrées. Les <strong>pantalons taille haute</strong> avec une ceinture élastique au dos, et une façade plate devant, offrent le confort sans l’allure du pantalon de jogging. Les <strong>robes chemises</strong> et les robes portefeuille, qui se règlent à la main, suivent le corps tel qu’il est ce jour-là.</p>
<p>Les épaules, elles, s’arrondissent souvent un peu vers l’avant. Une veste aux épaules trop larges l’accentue&#8239;; une couture qui tombe juste au bord de l’épaule la corrige. Pour la poitrine, faites-vous mesurer à nouveau&nbsp;: la taille de soutien-gorge change avec les années, et un sous-vêtement qui ne soutient plus modifie tout ce qu’on porte par-dessus.</p>
<p>Quant aux bras, ils vous appartiennent. Si vous aimez les manches courtes, portez-les. Si vous préférez les couvrir, la manche trois-quarts dégage le poignet et reste la plus flatteuse.</p>
<h2 id="matieres-le-confort-d-abord-et-sans-s-excuser">Matières&nbsp;: le confort d’abord, et sans s’excuser</h2>
<p>La peau s’affine avec l’âge et devient plus sensible aux frottements. Les laines qui grattent et les étiquettes rigides deviennent vite insupportables. Préférez la laine mérinos fine, le coton, le lin, la soie, la viscose de bonne qualité&#8239;; découpez les étiquettes au ras de la couture.</p>
<p>Les bouffées de chaleur de la ménopause, puis la sensibilité accrue au froid qui vient souvent plus tard, plaident pour les couches fines superposées plutôt qu’un seul gros pull&nbsp;: on retire, on remet.</p>
<p>Pensez aussi aux mains. L’arthrose des doigts rend les petits boutons pénibles et certaines fermetures impossibles. Il n’y a aucune honte à choisir de gros boutons ou des vêtements qui s’enfilent. Une couturière peut remplacer de petits boutons par des fermetures aimantées&#8239;; un ergothérapeute peut conseiller des aides à l’habillage si le geste devient difficile.</p>
<h2 id="les-chaussures-la-ou-tout-se-joue">Les chaussures, là où tout se joue</h2>
<p>C’est le chapitre le plus négligé, et pourtant le plus important. Avec l’âge, le coussinet graisseux sous la plante du pied s’amincit, le pied s’élargit souvent, un hallux valgus (l’«&nbsp;oignon&nbsp;») peut apparaître. L’équilibre, lui, devient plus précieux.</p>
<p>La chaussure idéale tient le pied sans le serrer&nbsp;: un talon large, de trois ou quatre centimètres au plus, et une semelle qui accroche. Le bout doit laisser de la place aux orteils. Les derbies à lacets, les mocassins en cuir souple, les bottines à fermeture éclair et les baskets en cuir blanc répondent à tout cela, et vont avec à peu près tout. Si vos pieds vous font souffrir, un podologue peut proposer des semelles sur mesure, et vous éviter bien des chutes.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">En cabine d’essayage, cinq gestes avant d’acheter</p><ul>
<li>S’asseoir&nbsp;: la taille ne doit ni rouler ni comprimer le ventre.</li>
<li>Lever les deux bras&nbsp;: la veste ne doit pas remonter jusqu’aux côtes.</li>
<li>Monter une marche ou un tabouret&nbsp;: la jupe doit suivre.</li>
<li>Se pencher en avant&nbsp;: le décolleté et le dos doivent rester en place.</li>
<li>Boutonner et déboutonner seule, sans miroir.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="avoir-un-style-a-n-importe-quel-age">Avoir un style, à n’importe quel âge</h2>
<p>Il existe des femmes de quatre-vingts ans qui portent des lunettes rouges et des colliers énormes, et d’autres qui ne quittent pas le pantalon gris et la chemise blanche. Les deux ont un style, parce que les deux savent ce qu’elles aiment. La regrettée Iris Apfel, morte en 2024 à cent deux ans, en était l’exemple le plus spectaculaire, et elle n’est pas la seule à avoir connu la reconnaissance sur le tard&nbsp;: nos pages People racontent l’histoire de <a href="https://carnetdebal.fr/people/ces-femmes-qui-ont-tout-commence-apres-soixante-ans/">ces femmes qui ont tout commencé après soixante ans</a>.</p>
<p>Si vous ne savez plus très bien ce qui vous va, faites un essai simple. Sortez de votre armoire les trois vêtements dans lesquels on vous a fait des compliments ces dernières années. Regardez ce qu’ils ont en commun&nbsp;: une couleur, une longueur, une matière, une encolure. Voilà votre point de départ. Il ne dépend pas de votre date de naissance.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/s-habiller-apres-soixante-ans-la-fin-des-interdits/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Pourquoi le trench a survécu à cent ans de modes</title><link>https://carnetdebal.fr/mode/pourquoi-le-trench-a-survecu-a-cent-ans-de-modes/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/mode/pourquoi-le-trench-a-survecu-a-cent-ans-de-modes/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 05:36:00 GMT</pubDate><dc:creator>Laura Thomas</dc:creator><category>Mode</category><description>Conçu pour la boue des tranchées, adopté par Bogart, Hepburn et Delon, le trench a traversé le siècle sans jamais vraiment se démoder. Histoire d’un manteau où chaque détail avait une fonction, et conseils précis pour choisir le vôtre, quel que soit votre âge ou votre budget.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/pourquoi-le-trench-a-survecu-a-cent-ans-de-modes/1200.jpg" alt="De dos, une femme en imperméable couleur camel et chapeau de feutre longe une rue de Londres mouillée, entre les feux arrière des voitures."></p><p>Il pleut, et c’est toujours la même silhouette qui traverse la rue&nbsp;: ceinture nouée à la va-vite et col relevé contre l’averse. Le trench a plus de cent ans. Il a habillé des officiers dans la boue des Flandres, des détectives de cinéma, des étudiantes en retard, des avocates et des grands-mères qui le portaient déjà à vingt ans. Peu de vêtements peuvent en dire autant.</p>
<p>Pour comprendre une telle longévité, il faut remonter à un tissu, puis à une guerre.</p>
<h2 id="la-gabardine-une-invention-avant-d-etre-une-mode">La gabardine, une invention avant d’être une mode</h2>
<p>Tout commence par un problème de pluie. Au XIX<sup>e</sup> siècle, l’imperméable existe déjà, mais il est lourd. La toile caoutchoutée brevetée par l’Écossais Charles Macintosh en 1823 arrête l’eau, et elle étouffe celui qui la porte&nbsp;: rien ne respire là-dessous.</p>
<p>Dans le Hampshire, à Basingstoke, un jeune drapier nommé Thomas Burberry cherche autre chose. Il met au point la gabardine, une toile de coton au tissage très serré dont les fils sont imperméabilisés avant d’être tissés, et la fait breveter en 1888. Le tissu laisse passer l’air et arrête le vent&#8239;; l’eau perle à sa surface au lieu de la traverser.</p>
<p>À Londres, une autre maison revendique la paternité du manteau&nbsp;: Aquascutum, installée sur Regent Street au milieu du XIX<sup>e</sup> siècle, dont le nom latin signifie à peu près «&nbsp;bouclier contre l’eau&nbsp;». Les deux se disputent l’invention depuis plus d’un siècle. Nous ne trancherons pas. L’histoire du vêtement a rarement un seul père, et celui-ci en a au moins deux.</p>
<h2 id="ne-dans-les-tranchees-coupe-pour-les-officiers">Né dans les tranchées, coupé pour les officiers</h2>
<p>Pendant la Première Guerre mondiale, les officiers britanniques, qui achètent alors une partie de leur équipement eux-mêmes, adoptent ce manteau de toile, plus léger que la capote de laine qui pèse des kilos une fois trempée. Il gagne son nom dans les tranchées&nbsp;: <em>trench coat</em>, le manteau de tranchée.</p>
<p>Regardez un trench classique de près. Presque tout ce qui ressemble aujourd’hui à un ornement a d’abord servi à quelque chose.</p>
<ul>
<li><strong>Les pattes d’épaule</strong> portaient les insignes de grade.</li>
<li><strong>Le rabat sur l’épaule droite</strong>, côté fusil, renforçait la toile là où frottait la crosse et empêchait la pluie de s’infiltrer.</li>
<li><strong>L’empiècement du dos</strong>, cette petite cape cousue entre les omoplates, fait ruisseler l’eau loin des coutures.</li>
<li><strong>Les brides aux poignets</strong> se serrent contre le vent.</li>
<li><strong>Les anneaux en D de la ceinture</strong> servaient à accrocher du matériel. La légende veut qu’on y suspendait des grenades&#8239;; elle est tenace, et probablement fausse.</li>
</ul>
<blockquote>
<p>Chaque détail du trench a d’abord servi à quelque chose, et c’est peut-être pour cela qu’aucun ne paraît décoratif.</p>
</blockquote>
<h2 id="de-casablanca-au-samourai-le-cinema-s-en-empare">De <em>Casablanca</em> au <em>Samouraï</em>, le cinéma s’en empare</h2>
<p>La paix revenue, les officiers gardent leur manteau dans la vie civile, et le trench quitte l’uniforme. Le cinéma fait le reste. En 1942, dans <em>Casablanca</em>, Humphrey Bogart dit adieu à Ingrid Bergman sur une piste d’aéroport noyée de brume, ceinture serrée et feutre sur les yeux. En 1961, à la fin de <em>Diamants sur canapé</em>, Audrey Hepburn cherche un chat sous une pluie battante, en trench. En 1967, Jean-Pierre Melville fait d’Alain Delon, dans <em>Le Samouraï</em>, un tueur silencieux en trench clair et chapeau, et la silhouette entre dans la mémoire du cinéma français.</p>
<p>À la télévision, l’imperméable fatigué de l’inspecteur Columbo prouve l’inverse&nbsp;: un trench froissé peut aussi rassurer. Entre le héros tragique et le flic débraillé, il y a de la place pour tout le monde. Les femmes l’ont compris très tôt. Sur une robe comme sur un jean, ouvert ou fermé, il va partout.</p>
<h2 id="pourquoi-il-ne-se-demode-pas">Pourquoi il ne se démode pas</h2>
<p>Il y a d’abord la couleur. Le beige du trench, ce ton entre le miel et le mastic, ne crie rien et s’accorde avec tout ce qu’on porte dessous.</p>
<p>Il y a ensuite la ceinture, qui fait du même manteau trois vêtements. Serrée, elle marque la taille. Nouée lâchement, elle laisse tomber le tissu. Absente, ou nouée dans le dos, elle transforme le trench en manteau droit. Peu de pièces s’adaptent aussi bien à des silhouettes différentes.</p>
<p>Enfin, le trench bouge sans se trahir. Chaque décennie le rallonge, l’élargit, gonfle ses manches ou resserre ses épaules, mais la structure reste. Une coupe de 1975 et une coupe de 2025 se reconnaissent comme de la même famille.</p>
<h2 id="bien-le-choisir-longueur-toile-epaules">Bien le choisir&nbsp;: longueur, toile, épaules</h2>
<p><strong>La longueur.</strong> Au genou, c’est la version la plus polyvalente, celle qui passe sur une jupe comme sur un pantalon. Mi-mollet, le trench prend une allure plus moderne et protège mieux de la pluie&#8239;; si vous êtes petite, vérifiez simplement que l’ourlet ne tombe pas à l’endroit le plus large du mollet, ce qui tasse la silhouette. Sur une robe, le manteau doit dépasser l’ourlet de quelques centimètres, ou s’arrêter nettement au-dessus.</p>
<p><strong>La toile.</strong> Un bon trench est en gabardine de coton dense, au toucher sec et légèrement brillant. Faites ce test simple en boutique&nbsp;: tenez un pan de toile face à une fenêtre. Si la lumière passe, l’averse passera aussi. Les mélanges avec du polyester coûtent moins cher et se froissent moins, mais respirent moins bien. Quelle que soit la matière, un spray imperméabilisant passé chaque automne prolonge sa résistance à l’eau.</p>
<p><strong>Les épaules.</strong> C’est le point qui ne se retouche pas, ou alors à prix d’or. Avec une manche montée classique, la couture doit tomber exactement au bord de l’épaule. La manche raglan, qui part en biais jusqu’au col, pardonne davantage&nbsp;: elle convient aux épaules tombantes comme aux poitrines généreuses, et accepte un gros pull dessous. Essayez toujours le manteau avec l’épaisseur que vous mettrez en novembre. Levez les bras, croisez-les devant vous&nbsp;: si le dos tire, prenez la taille au-dessus.</p>
<p><strong>La couleur.</strong> Le beige classique ne flatte pas toutes les carnations. Sur une peau très claire et rosée, ou sur des cheveux devenus blancs, un beige trop jaune peut éteindre le visage. Le marine, le noir, le kaki ou un gris pierre font alors le même travail.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Le bon trench en cinq vérifications</p><ul>
<li>Une toile dense, qui ne laisse pas passer la lumière.</li>
<li>Des coutures d’épaule à leur place, testées avec un pull dessous.</li>
<li>Des boutons cousus solidement, avec une petite tige de fil.</li>
<li>Une ceinture assez longue pour être nouée sans peine.</li>
<li>Une doublure (ou des coutures propres) aux emmanchures, là où le manteau s’use en premier.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="a-tout-age-a-tous-les-prix">À tout âge, à tous les prix</h2>
<p>Les chaînes de prêt-à-porter proposent des trenchs entre 80 et 150 euros environ&#8239;; regardez alors la composition et les finitions avec une attention particulière. Le milieu de gamme se situe plutôt entre 250 et 500 euros. Les maisons historiques dépassent largement les 1 500 euros, et leurs modèles durent souvent plusieurs décennies.</p>
<p>La seconde main est le meilleur terrain de chasse. Un trench bien coupé résiste au temps, et l’on en trouve de très beaux dans les dépôts-ventes et les friperies, à condition de savoir juger une toile et une couture, ce que nous détaillons dans notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/mode/seconde-main-l-art-de-chiner-sans-se-ruiner/">l’art de chiner sans se ruiner</a>. Vérifiez que la ceinture est présente&nbsp;: c’est la pièce qui se perd.</p>
<p>Le trench figure d’ailleurs en bonne place dans <a href="https://carnetdebal.fr/mode/les-dix-pieces-d-un-vestiaire-d-automne-qui-dure/">les dix pièces d’un vestiaire d’automne qui dure</a>, et pour cause&nbsp;: il se porte d’octobre à novembre, puis de mars à mai, à dix-huit ans comme à quatre-vingt-dix.</p>
<p>Un dernier geste, tout simple&nbsp;: quand vous le portez ouvert, nouez la ceinture dans votre dos. Elle ne traînera plus par terre, et le manteau tombera droit.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/pourquoi-le-trench-a-survecu-a-cent-ans-de-modes/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Dix façons d’être à l’aise sans renoncer à l’allure</title><link>https://carnetdebal.fr/10-astuces-pour-allier-style-et-confort-au-quotidien/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/10-astuces-pour-allier-style-et-confort-au-quotidien/</guid><pubDate>Thu, 23 Jan 2025 16:42:37 GMT</pubDate><dc:creator>Laura Thomas</dc:creator><category>Mode</category><description>Le confort a longtemps eu mauvaise réputation en mode, comme s’il fallait choisir entre l’allure et le bien-être. C’est faux. Dix principes simples, de l’étiquette de composition au test de la cabine, pour s’habiller avec style sans avoir mal aux pieds à midi.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/10-astuces-pour-allier-style-et-confort-au-quotidien/1200.jpg" alt="Gros plan sur les jambes d’une personne debout sur un trottoir devant un mur de briques : jean brut retroussé et tennis en toile bleu marine à semelle blanche."></p><p>Le confort a longtemps eu mauvaise réputation dans la mode. On l’associait au survêtement du dimanche, au pull informe, à une forme de renoncement. Les grandes couturières pensaient pourtant l’inverse. Gabrielle Chanel a bâti une partie de sa réputation, dans les années 1910 et 1920, sur le jersey, une maille jusque-là réservée aux sous-vêtements masculins, précisément parce qu’on pouvait y bouger.</p>
<blockquote>
<p>Une tenue confortable n’est pas une tenue négligée&nbsp;: c’est une tenue qui a été pensée.</p>
</blockquote>
<p>Voici dix principes, valables à vingt ans comme à quatre-vingts, pour s’habiller avec allure du matin au soir.</p>
<h2 id="1-partir-de-la-matiere-pas-du-modele">1. Partir de la matière, pas du modèle</h2>
<p>Le confort se joue d’abord sur l’étiquette de composition. Le coton respire et se lave facilement. Le lin évacue la chaleur, au prix de quelques plis qu’il faut accepter de bon cœur. La laine mérinos, aux fibres très fines, ne gratte pas et régule la température, si bien qu’elle se porte aussi en demi-saison. La viscose est douce et fluide, mais fragile au lavage.</p>
<p>À l’inverse, un chemisier entièrement en polyester retient la transpiration&nbsp;: charmant sur le cintre, beaucoup moins à seize heures dans un bureau surchauffé. Retournez le vêtement avant de l’essayer, et lisez.</p>
<h2 id="2-accepter-un-peu-d-elasthanne-mais-pas-trop">2. Accepter un peu d’élasthanne, mais pas trop</h2>
<p>Deux ou trois pour cent d’élasthanne dans un jean ou un pantalon de laine changent tout&nbsp;: le tissu suit le genou quand vous vous asseyez, puis reprend sa forme. Au-delà, le pantalon devient un collant déguisé, qui se détend au fil de la journée et poche aux genoux le soir. Le bon jean confortable reste un jean, avec une toile qui a du corps.</p>
<h2 id="3-choisir-la-bonne-taille-pas-la-taille-habituelle">3. Choisir la bonne taille, pas la taille habituelle</h2>
<p>Les tailles varient d’une enseigne à l’autre et d’une décennie à l’autre. S’obstiner dans un 38 parce qu’on a «&nbsp;toujours fait du 38&nbsp;», c’est s’offrir une ceinture qui serre et des boutons qui bâillent. Essayez la taille au-dessus, et jugez-la assise autant que debout. Une retoucheuse reprendra ensuite la taille ou l’ourlet pour une somme modeste&#8239;; elle ne pourra rien pour un vêtement trop étroit.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Le test de la cabine</p><ul>
<li>Asseyez-vous&nbsp;: la ceinture ne doit ni scier ni bâiller.</li>
<li>Levez les deux bras&nbsp;: la veste ne doit pas remonter jusqu’au menton.</li>
<li>Penchez-vous comme pour ramasser un sac&nbsp;: rien ne doit tirer dans le dos.</li>
<li>Marchez dix pas, sur un sol dur si possible.</li>
<li>Un vêtement qui ne survit pas à ces gestes ne survivra pas à une journée.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="4-penser-en-couches">4. Penser en couches</h2>
<p>Une seule journée connaît souvent plusieurs climats&nbsp;: le matin frais, le métro étouffant, le bureau climatisé, la sortie d’école venteuse. Plutôt qu’un gros pull, superposez des épaisseurs fines&nbsp;: un tee-shirt en coton, une chemise ouverte ou un cardigan, une veste. Chaque couche s’enlève sans défaire la silhouette. Le cardigan en maille fine est ici le meilleur allié&nbsp;: noué sur les épaules, il garde de l’allure même quand il ne sert plus.</p>
<h2 id="5-des-chaussures-qu-on-oublie">5. Des chaussures qu’on oublie</h2>
<p>Ce sont elles qui décident de votre humeur à dix-huit heures. Essayez-les en fin de journée, quand le pied a un peu gonflé, et marchez sur le carrelage plutôt que sur la moquette du magasin. Une semelle trop fine fatigue autant qu’un talon trop haut. Un petit talon large de deux ou trois centimètres, une bottine plate à semelle épaisse, un mocassin souple ou une tennis en toile propre tiennent des journées entières. Le cuir finit par épouser le pied&#8239;; le synthétique, rarement. Si vous avez mal malgré tout, un podologue saura vous dire pourquoi.</p>
<h2 id="6-preferer-la-coupe-a-la-contrainte">6. Préférer la coupe à la contrainte</h2>
<p>Un vêtement confortable n’a pas besoin d’être ample. Un pantalon droit à taille haute tient mieux qu’un modèle taille basse qu’on remonte toute la journée. Une robe portefeuille s’ajuste au corps sans le comprimer. Une veste non doublée, aux épaules souples, se porte presque comme un cardigan. Ce qui fatigue tient à ce qui serre, tire ou glisse, rarement à la coupe ajustée elle-même.</p>
<h2 id="7-commencer-par-les-dessous">7. Commencer par les dessous</h2>
<p>On l’oublie, mais le confort d’une tenue commence en dessous. Un soutien-gorge mal ajusté, une bretelle qui glisse, une culotte qui marque, et la journée est gâchée, quelle que soit la beauté de la robe. La taille de bonnet change au fil de la vie, avec une grossesse, une prise ou une perte de poids, la ménopause. Faites-vous mesurer de temps en temps par une vendeuse spécialisée&nbsp;: c’est gratuit, rapide, et souvent surprenant.</p>
<h2 id="8-des-pieces-qui-changent-de-role">8. Des pièces qui changent de rôle</h2>
<p>Une robe-pull en maille portée avec des tennis le matin passe au dîner avec des bottines et une veste. Un pantalon large en crêpe accompagne une chemise d’homme au bureau et un top en soie le soir. Ces pièces à double emploi évitent de se changer, donc de s’encombrer. Avant d’acheter, demandez-vous si la pièce peut servir dans deux moments différents de votre semaine. Si la réponse est non, elle risque de dormir dans l’armoire.</p>
<h2 id="9-une-palette-resserree-des-textures-variees">9. Une palette resserrée, des textures variées</h2>
<p>Les tons neutres, du marine au camel en passant par le gris, l’écru et le noir, se marient entre eux sans réflexion, ce qui fait gagner un temps précieux le matin. Pour éviter l’uniforme, jouez sur les matières&nbsp;: une grosse maille avec un pantalon fluide, un velours côtelé avec une chemise en popeline, un jean brut avec un pull de cachemire. Une seule touche de couleur, un foulard, un sac ou un rouge à lèvres, suffit ensuite à réveiller l’ensemble. C’est le principe de <a href="https://carnetdebal.fr/mode/les-dix-pieces-d-un-vestiaire-d-automne-qui-dure/">notre vestiaire d’automne qui dure</a>, dix pièces qui s’accordent toutes entre elles.</p>
<h2 id="10-rester-soi">10. Rester soi</h2>
<p>Le dernier conseil est le plus simple et le plus négligé. Un vêtement dans lequel on ne se reconnaît pas est inconfortable, même s’il est doux. Si vous avez toujours aimé les jupes, une semaine en pantalon de jogging, même chic, ne vous mettra pas plus à l’aise. Si vous détestez les talons, aucun «&nbsp;petit talon&nbsp;» ne vous réconciliera avec eux.</p>
<p>L’âge n’y change rien. À soixante-dix ans, on a le droit de porter des baskets&#8239;; à vingt ans, celui d’aimer les tailleurs. Nous l’avons écrit à propos de <a href="https://carnetdebal.fr/mode/s-habiller-apres-soixante-ans-la-fin-des-interdits/">la manière de s’habiller après soixante ans</a>&nbsp;: les interdits vestimentaires rassuraient surtout ceux qui les édictaient. Et si votre style se cherche encore, <a href="https://carnetdebal.fr/mode/seconde-main-l-art-de-chiner-sans-se-ruiner/">la seconde main</a> permet d’essayer une coupe ou une couleur sans y laisser un mois de budget.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/10-astuces-pour-allier-style-et-confort-au-quotidien/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Mode écoresponsable : comment reconnaître les marques sincères</title><link>https://carnetdebal.fr/guide-pour-reperer-des-marques-ecoresponsables/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/guide-pour-reperer-des-marques-ecoresponsables/</guid><pubDate>Tue, 03 Dec 2024 16:04:48 GMT</pubDate><dc:creator>Laura Thomas</dc:creator><category>Mode</category><description>« Durable », « responsable », « conscient » : ces mots fleurissent sur les étiquettes et ne prouvent rien. Pour repérer des marques écoresponsables, il faut lire autre chose : des labels vérifiés, une composition précise, des usines nommées. Le guide pour faire le tri.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/guide-pour-reperer-des-marques-ecoresponsables/1200.jpg" alt="Vue plongeante sur des écheveaux de fil teint, jaunes, rouges, verts, violets et bleus, suspendus en longues rangées à sécher ; une femme en chapeau conique de paille les étend à la main."></p><p>Le 24 avril 2013, à Savar, dans la banlieue de Dacca, au Bangladesh, l’immeuble du Rana Plaza s’effondre. Il abritait plusieurs ateliers de confection travaillant pour des marques occidentales. Plus de mille cent personnes, en majorité des ouvrières, y meurent. Depuis, le vocabulaire de la mode a changé. Les mots «&nbsp;durable&nbsp;», «&nbsp;responsable&nbsp;», «&nbsp;éthique&nbsp;» ou «&nbsp;conscient&nbsp;» se sont répandus sur les étiquettes, les vitrines et les sites marchands.</p>
<p>Certaines marques les méritent. D’autres se contentent de repeindre en vert une partie de leur collection. Voici comment faire la différence, avec des repères qui existent vraiment.</p>
<h2 id="se-mefier-des-mots-qui-ne-prouvent-rien">Se méfier des mots qui ne prouvent rien</h2>
<p>Aucun de ces adjectifs n’est protégé. N’importe qui peut écrire «&nbsp;écoresponsable&nbsp;» sur un tee-shirt. La loi commence à s’en mêler&nbsp;: depuis la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, dite AGEC, du 10 février 2020, il est interdit en France d’apposer sur un produit les mentions «&nbsp;biodégradable&nbsp;» ou «&nbsp;respectueux de l’environnement&nbsp;». Une directive européenne adoptée en 2024 doit aller plus loin et proscrire, à partir de 2026, les allégations environnementales générales que la marque ne peut pas démontrer, ainsi que les labels de durabilité qui ne reposent sur aucun système de certification.</p>
<p>En attendant, retenez une règle simple. Une affirmation vague ne vaut rien&#8239;; une affirmation précise et vérifiable vaut quelque chose. «&nbsp;Collection consciente&nbsp;» ne dit rien. «&nbsp;95&nbsp;% de coton biologique certifié GOTS, tissé au Portugal&nbsp;» dit beaucoup.</p>
<blockquote>
<p>Un adjectif vert ne prouve rien&#8239;; un label vérifié, une usine nommée, un pourcentage précis, si.</p>
</blockquote>
<h2 id="les-labels-qui-veulent-dire-quelque-chose">Les labels qui veulent dire quelque chose</h2>
<p>Un label sérieux repose sur un cahier des charges public et sur des contrôles réalisés par un organisme indépendant. Ils ne garantissent pas tous la même chose, et c’est là que les confusions commencent.</p>
<p><strong>GOTS</strong> (Global Organic Textile Standard) est le plus complet pour les fibres naturelles. Il exige au moins 70&nbsp;% de fibres biologiques certifiées, et 95&nbsp;% pour la mention «&nbsp;biologique&nbsp;», mais il contrôle aussi toute la chaîne de transformation&nbsp;: produits chimiques autorisés, traitement des eaux usées, critères sociaux dans les usines.</p>
<p><strong>OEKO-TEX Standard 100</strong> est le plus répandu, et le plus mal compris. Il certifie que le produit fini a été testé et ne contient pas de substances nocives au-delà de certains seuils. C’est une garantie pour votre peau, pas pour la planète&nbsp;: un polyester ordinaire peut l’obtenir. <strong>Made in Green by OEKO-TEX</strong>, en revanche, ajoute des exigences sur les sites de production et permet, grâce au code imprimé sur l’étiquette, de retrouver les étapes de fabrication.</p>
<p><strong>L’Écolabel européen</strong>, reconnaissable à sa fleur étoilée, est le label écologique officiel de l’Union européenne. Pour les textiles, il encadre les fibres, les substances chimiques et la durabilité du vêtement.</p>
<p><strong>Fairtrade / Max Havelaar</strong> garantit, pour le coton, un prix minimum et une prime de développement aux producteurs. Il porte sur la fibre, pas nécessairement sur la confection.</p>
<p>Pour les matières recyclées, cherchez le <strong>GRS</strong> (Global Recycled Standard), qui vérifie la part de matière recyclée et la traçabilité. Pour la laine, le <strong>RWS</strong> (Responsible Wool Standard) encadre le bien-être des moutons et interdit notamment le mulesing. Le label <strong>bluesign</strong> concerne la gestion des produits chimiques et des ressources dans les usines, surtout pour les textiles techniques.</p>
<p>Enfin, l’adhésion d’une marque à la <strong>Fair Wear Foundation</strong> n’est pas un label produit, mais un engagement&nbsp;: la fondation vérifie les conditions de travail dans les ateliers de confection de ses membres et publie des rapports.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Les labels en un coup d’œil</p><ul>
<li>GOTS&nbsp;: fibres biologiques et toute la chaîne de fabrication, critères sociaux compris.</li>
<li>OEKO-TEX Standard 100&nbsp;: absence de substances nocives dans le produit fini, rien de plus.</li>
<li>Made in Green by OEKO-TEX&nbsp;: production contrôlée et traçable.</li>
<li>Écolabel européen&nbsp;: label officiel de l’Union, de la fibre à la durabilité.</li>
<li>Fairtrade / Max Havelaar&nbsp;: prix juste pour les producteurs de coton.</li>
<li>GRS&nbsp;: matière recyclée vérifiée. RWS&nbsp;: laine et bien-être animal.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="lire-la-composition-et-la-tracabilite">Lire la composition et la traçabilité</h2>
<p>L’étiquette de composition est obligatoire, et elle en dit long. Le coton biologique est cultivé sans pesticides de synthèse ni semences OGM. Le lin, dont la France est le premier producteur mondial de fibre, notamment en Normandie, pousse avec peu d’intrants et sans irrigation dans nos régions. Le lyocell est fabriqué à partir de pulpe de bois dans un procédé où le solvant est récupéré et réutilisé&#8239;; préférez-le issu de forêts certifiées FSC ou PEFC.</p>
<p>Le polyester recyclé, lui, mérite un regard plus nuancé. Il provient le plus souvent de bouteilles en plastique, pas de vieux vêtements, et il libère toujours des microfibres au lavage. C’est mieux qu’un polyester neuf, ce n’est pas une solution miracle. Méfiez-vous aussi des mélanges complexes&nbsp;: un pull en laine, acrylique, polyamide et élasthanne est presque impossible à recycler.</p>
<p>Depuis la loi AGEC, les plus grandes entreprises doivent progressivement indiquer, pour chaque vêtement, les pays où ont eu lieu le tissage, la teinture et l’impression, et la confection. Cherchez ces informations sur la fiche produit en ligne. Une marque qui les donne volontiers, voire qui publie la liste de ses usines, n’a probablement rien à cacher.</p>
<h2 id="regarder-la-maniere-de-produire-pas-seulement-le-produit">Regarder la manière de produire, pas seulement le produit</h2>
<p>Une étiquette verte sur un tee-shirt ne dit rien du reste du catalogue. Posez-vous quelques questions sur la marque elle-même. Combien de collections par an&#8239;? Une enseigne qui renouvelle ses rayons toutes les deux semaines vit du renouvellement, quel que soit le coton employé. Publie-t-elle la liste de ses fournisseurs, ses audits, ses salaires&#8239;? Propose-t-elle des réparations, des boutons de rechange, une garantie&#8239;?</p>
<p>En France, la loi du 27 mars 2017 sur le devoir de vigilance impose aux très grandes entreprises d’identifier et de prévenir les atteintes aux droits humains et à l’environnement chez leurs sous-traitants. Le plan de vigilance est public&nbsp;: il se lit, et il dit souvent beaucoup par ce qu’il passe sous silence.</p>
<h2 id="le-prix-un-indice-parmi-d-autres">Le prix, un indice parmi d’autres</h2>
<p>Un vêtement en coton biologique, cousu par des ouvrières correctement payées, ne peut pas coûter le prix d’un sandwich. Un tee-shirt «&nbsp;responsable&nbsp;» vendu quelques euros doit donc éveiller vos soupçons. L’inverse n’est pas vrai pour autant&nbsp;: un prix élevé paie aussi le nom, la publicité et la boutique, et ne prouve rien sur les conditions de fabrication.</p>
<p>Raisonnez plutôt en coût par port&nbsp;: le prix divisé par le nombre de fois où vous porterez la pièce. Un manteau de laine à 300 euros porté cinq hivers revient moins cher qu’un manteau à 80 euros abandonné au bout d’un an.</p>
<h2 id="le-vetement-le-plus-responsable-est-celui-qui-existe-deja">Le vêtement le plus responsable est celui qui existe déjà</h2>
<p>Aucun label ne battra un vêtement que l’on garde longtemps. Avant d’acheter, trois questions suffisent&nbsp;: en ai-je besoin, ou en ai-je envie aujourd’hui&#8239;? S’accorde-t-il avec au moins trois pièces que je possède déjà&#8239;? Le porterai-je souvent, et pendant plusieurs années&#8239;?</p>
<p>Restent la réparation, la retouche, l’échange entre amies, la location pour une occasion exceptionnelle, et bien sûr la <a href="https://carnetdebal.fr/mode/seconde-main-l-art-de-chiner-sans-se-ruiner/">seconde main</a>, où l’on trouve souvent des pièces mieux faites que celles du neuf. Certaines pièces ont d’ailleurs prouvé leur longévité&nbsp;: le <a href="https://carnetdebal.fr/mode/pourquoi-le-trench-a-survecu-a-cent-ans-de-modes/">trench</a>, le manteau de laine, le blazer. Acheter moins, et mieux, reste la règle la plus écologique de toutes, et la seule qui fasse aussi des économies.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/guide-pour-reperer-des-marques-ecoresponsables/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Trois règles pour n’acheter que des vêtements qu’on portera longtemps</title><link>https://carnetdebal.fr/smart-shopping-3-regles-pour-nacheter-que-des-vetements-styles-quon-portera-de-nombreuses-annees/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/smart-shopping-3-regles-pour-nacheter-que-des-vetements-styles-quon-portera-de-nombreuses-annees/</guid><pubDate>Fri, 30 Dec 2022 16:49:07 GMT</pubDate><dc:creator>Clotilde de Portzamparc</dc:creator><category>Mode</category><description>Une armoire pleine et rien à se mettre : le paradoxe est bien connu. Il tient moins au nombre de vêtements qu’à la façon de les choisir. Trois règles de smart shopping, simples à appliquer en cabine, pour n’acheter que des vêtements qu’on portera de nombreuses années, à tout âge et à tout budget.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/smart-shopping-3-regles-pour-nacheter-que-des-vetements-styles-quon-portera-de-nombreuses-annees/1200.jpg" alt="Un gros pull en maille torsadée couleur crème, plié sans façon sur une table en bois sombre, dans une lumière douce."></p><p>Ma mère possédait un manteau de laine bleu marine qu’elle a porté pendant vingt-cinq ans. Elle l’avait acheté à crédit, ce qui à l’époque n’était pas une mince affaire, et elle en parlait comme d’un placement. Elle avait raison&nbsp;: rapporté au nombre d’hivers, ce manteau lui a coûté moins cher que tous les petits pulls que j’ai achetés en solde dans ma jeunesse et que je n’ai jamais mis plus de trois fois.</p>
<p>Nous avons toutes dans nos placards ces achats d’un jour&nbsp;: la blouse qui grattait, la jupe d’une couleur impossible, le pantalon qui n’allait avec rien. Trois règles simples évitent la plupart de ces erreurs. Elles ne demandent ni gros budget ni connaissances particulières, seulement un peu d’attention en cabine.</p>
<h2 id="regle-n-1-la-matiere-avant-la-marque">Règle n<sup>o</sup>&nbsp;1&nbsp;: la matière avant la marque</h2>
<p>Le premier geste, avant même d’essayer, consiste à retourner l’étiquette. Dans l’Union européenne, la composition des textiles doit obligatoirement y figurer, en pourcentage de chaque fibre. C’est l’information la plus utile du magasin, et la plus négligée.</p>
<p>Les fibres naturelles ont chacune leurs qualités. La laine tient chaud, respire et garde peu les odeurs, ce qui permet de l’aérer plutôt que de la laver à chaque fois. Le coton bien tissé s’adoucit avec les lavages. Le lin froisse, mais il dure des décennies et devient plus beau avec le temps. La soie est délicate, mais une blouse en soie bien entretenue traverse les années.</p>
<p>Méfiez-vous cependant des promesses de l’étiquette. Un cachemire bon marché peut boulocher dès le premier hiver, parce que ses fibres sont trop courtes. Un «&nbsp;coton&nbsp;» très fin et lâche se déformera vite. La matière ne fait pas tout&nbsp;: il faut aussi regarder comment elle est travaillée. Tenez la maille à la lumière, elle ne doit pas être trop ajourée. Tirez doucement sur une couture, elle ne doit pas bâiller. Nous avons détaillé ces gestes dans notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/mode/seconde-main-l-art-de-chiner-sans-se-ruiner/">la seconde main</a>, et ils valent aussi pour le neuf.</p>
<p>Un peu d’élasthanne dans un jean ou un pantalon apporte du confort, et ce n’est pas une faute. Un vêtement presque entièrement synthétique, en revanche, a souvent tendance à boulocher, à briller et à retenir les odeurs.</p>
<blockquote>
<p>Retournez l’étiquette avant de regarder le prix&nbsp;: c’est l’information la plus utile du magasin.</p>
</blockquote>
<h2 id="regle-n-2-vos-couleurs-pas-celles-de-la-saison">Règle n<sup>o</sup>&nbsp;2&nbsp;: vos couleurs, pas celles de la saison</h2>
<p>Une coupe parfaite dans une couleur qui vous éteint restera au placard. C’est l’erreur la plus fréquente, parce qu’on tombe amoureuse d’un vêtement sur le cintre, loin de son visage.</p>
<p>On dit volontiers que les couleurs neutres vont à tout le monde. C’est vrai de la famille, pas de chaque nuance. Le blanc optique durcit certains teints, quand l’ivoire les illumine. Le gris anthracite flatte une peau mate que le gris perle rend terne. Le noir, si chic, creuse parfois les traits passé un certain âge, alors qu’un bleu marine fait le même travail avec plus de douceur.</p>
<p>L’analyse des couleurs par «&nbsp;saisons&nbsp;», popularisée en 1980 par le livre de l’Américaine Carole Jackson, <em>Color Me Beautiful</em>, a fait le bonheur de nombreuses conseillères en image. Vous pouvez vous en passer. Le test le plus fiable est gratuit&nbsp;: à la lumière du jour, près d’une fenêtre, tenez le vêtement sous votre visage, sans maquillage si possible. Regardez votre peau, pas le tissu. Si les cernes se creusent et le teint grisonne, reposez-le. Si votre visage paraît reposé, vous tenez votre couleur.</p>
<p>Vos couleurs changent aussi avec le temps. Les cheveux qui blanchissent, notamment, appellent souvent des tons plus francs ou plus froids. Nous en avons parlé à propos des <a href="https://carnetdebal.fr/beaute/cheveux-blancs-les-laisser-pousser-sans-renoncer-au-style/">cheveux blancs</a> et de la façon de <a href="https://carnetdebal.fr/mode/s-habiller-apres-soixante-ans-la-fin-des-interdits/">s’habiller après soixante ans</a>.</p>
<h2 id="regle-n-3-trois-tenues-au-moins">Règle n<sup>o</sup>&nbsp;3&nbsp;: trois tenues au moins</h2>
<p>Avant de passer en caisse, posez-vous une question&nbsp;: avec quels vêtements que je possède déjà vais-je porter celui-ci&#8239;? Si vous ne trouvez pas trois tenues complètes, avec des pièces qui sont réellement dans votre armoire, le vêtement risque de rester orphelin. Ou pire, de vous pousser à acheter autre chose pour l’accompagner.</p>
<p>À l’inverse, une robe que l’on porte au bureau avec une veste, le dimanche avec des baskets et le soir avec des escarpins est une excellente affaire, même si elle coûte plus cher. C’est le raisonnement du coût par porter&nbsp;: divisez le prix par le nombre de fois où vous mettrez le vêtement. La campagne #30wears, lancée par Livia Firth et son agence Eco-Age, propose de ne rien acheter que l’on ne s’imagine porter au moins trente fois. Le chiffre est arbitraire, mais l’exercice est salutaire.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">La check-list de la cabine</p><ul>
<li>La composition&nbsp;: quelles fibres, dans quelles proportions&#8239;?</li>
<li>Les coutures&nbsp;: régulières, solides, sans fil qui dépasse&#8239;?</li>
<li>La couleur&nbsp;: à la lumière du jour, sous votre visage&#8239;?</li>
<li>Les tenues&nbsp;: trois au moins, avec ce que vous avez déjà&#8239;?</li>
<li>L’entretien&nbsp;: lavable en machine, ou pressing à chaque fois&#8239;?</li>
<li>Le prix plein&nbsp;: l’achèteriez-vous s’il n’était pas soldé&#8239;?</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="et-si-vous-hesitez-encore">Et si vous hésitez encore</h2>
<p>Accordez-vous quarante-huit heures. Un vêtement qui vous trotte encore dans la tête deux jours plus tard mérite sans doute d’être acheté. Celui que vous avez oublié ne vous aurait pas manqué. Pour les achats en ligne, vérifiez les conditions de retour avant de commander, et renvoyez sans état d’âme ce qui ne passe pas le test du miroir.</p>
<p>Ces trois règles mènent naturellement à une garde-robe plus petite et plus cohérente. Si vous voulez la bâtir pièce à pièce, nous avons sélectionné <a href="https://carnetdebal.fr/mode/les-dix-pieces-d-un-vestiaire-d-automne-qui-dure/">dix pièces d’un vestiaire qui dure</a>, dont <a href="https://carnetdebal.fr/mode/pourquoi-le-trench-a-survecu-a-cent-ans-de-modes/">le trench</a>, qui a prouvé sa longévité mieux que personne.</p>
<p>Le manteau bleu marine de ma mère, lui, a fini sa carrière chez ma fille aînée, qui le porte encore les jours de grand froid. Il a perdu un bouton en route. Nous l’avons remplacé, et personne n’a vu la différence.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/smart-shopping-3-regles-pour-nacheter-que-des-vetements-styles-quon-portera-de-nombreuses-annees/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item></channel></rss>