<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"><channel><title>Carnet de Bal — Famille</title><link>https://carnetdebal.fr/famille/</link><description>Éducation, maternité, générations, vie quotidienne.</description><language>fr-FR</language><copyright>© Denis Florent Media Group SRL</copyright><lastBuildDate>Fri, 30 Oct 2026 18:02:34 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://carnetdebal.fr/famille/rss.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><image><url>https://carnetdebal.fr/icon-512.png</url><title>Carnet de Bal — Famille</title><link>https://carnetdebal.fr/famille/</link></image><item><title>Le goûter, cette institution française qu’il faut continuer à défendre</title><link>https://carnetdebal.fr/famille/le-gouter-cette-institution-francaise/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/famille/le-gouter-cette-institution-francaise/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 10:56:00 GMT</pubDate><dc:creator>Clotilde de Portzamparc</dc:creator><category>Famille</category><description>À 16 h 30, devant toutes les écoles de France, se joue le même petit rituel. Le goûter a son histoire, ses tableaux et sa madeleine, mais c’est aussi un vrai repas pour les enfants. Ce qu’il doit contenir, ce qu’il vaut mieux éviter, et trois goûters maison.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/le-gouter-cette-institution-francaise/1200.jpg" alt="Une assiette de madeleines dorées, légèrement sucrées, sur une nappe rose, avec une tasse de thé blanche à liseré vert en arrière-plan."></p><p>Devant l’école, à 16 h 30, il y a deux catégories de parents&nbsp;: ceux qui ont pensé au goûter et ceux qui vont devoir négocier jusqu’à la boulangerie. J’ai appartenu aux deux, souvent dans la même semaine. Avec quatre enfants, on apprend vite que la sortie de classe sans rien dans le sac est une épreuve pour toute la famille.</p>
<p>Dans mon enfance finistérienne, le goûter était une tartine de pain de campagne, du beurre salé et un carré de chocolat noir posé dessus, qu’on mangeait en marchant. Au manoir, les adultes prenaient le thé à cinq heures, avec des tasses qui tintaient. Les enfants avaient droit aux mêmes gâteaux, à condition de ne pas courir avec. C’était déjà, sans que personne ne le dise, une leçon de savoir-vivre.</p>
<h2 id="une-heure-qui-a-son-histoire">Une heure qui a son histoire</h2>
<p>On disait autrefois «&nbsp;le quatre-heures&nbsp;», et le mot dit bien ce qu’il veut dire&nbsp;: une pause au milieu de l’après-midi, entre un déjeuner pris tôt et un dîner servi tard. Pendant des générations, le goûter des enfants français a eu une forme presque immuable&nbsp;: du pain et du chocolat, parfois une pomme, un verre de lait.</p>
<p>Il a aussi ses lettres de noblesse. En 1913, dans <em>Du côté de chez Swann</em>, Marcel Proust fait naître toute la <em>Recherche</em> d’une madeleine trempée dans une tasse de thé, offerte par sa mère un jour d’hiver où il rentrait transi. Le goût réveille le souvenir des dimanches matin à Combray, quand sa tante Léonie lui donnait un morceau de madeleine trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La plus célèbre page de la littérature française sur la mémoire est donc une affaire de goûter.</p>
<p>La peinture n’est pas en reste. En 1911, Jean Metzinger expose au Salon d’automne <em>Le Goûter</em>, une jeune femme nue qui tient une tasse de thé, découpée en facettes. Le critique André Salmon la surnomma «&nbsp;la Joconde du cubisme&nbsp;». On peut aller la voir au musée d’art de Philadelphie, et se demander ce qu’il y a dans la tasse.</p>
<h2 id="pour-les-enfants-un-vrai-repas">Pour les enfants, un vrai repas</h2>
<p>Pour un adulte, le goûter est un plaisir facultatif. Pour un enfant, c’est un repas. Le Programme national nutrition santé, à travers le site Manger Bouger, recommande quatre repas par jour pour les enfants et les adolescents&nbsp;: petit-déjeuner, déjeuner, goûter et dîner. Entre la cantine de midi et le dîner de 19 h 30, il s’écoule plus de sept heures. Un estomac de sept ans ne tient pas ce délai sans fringale, ni sans grignotage.</p>
<blockquote>
<p>Le goûter est le seul repas que les enfants attendent sans qu’on ait besoin de les appeler.</p>
</blockquote>
<p>C’est d’ailleurs la différence à retenir&nbsp;: le goûter n’est pas un grignotage. Il a lieu à heure à peu près fixe, assis si possible, et il s’arrête. Il ne remplace pas le dîner et ne s’étire pas jusqu’à lui.</p>
<p>Les recommandations de Manger Bouger en donnent la composition idéale&nbsp;: un produit céréalier (du pain, de préférence), un produit laitier, un fruit, et de l’eau pour boire. Un morceau de baguette, un yaourt et une clémentine font un goûter parfait. Un carré de chocolat sur le pain ne gâche rien&#8239;; c’est la répétition quotidienne des biscuits industriels, des barres chocolatées et des boissons sucrées qui pose problème, pas le plaisir.</p>
<p>Le goûter du matin, lui, a perdu la partie. Depuis le milieu des années 2000, les autorités sanitaires déconseillent la collation de 10 heures à l’école, qui coupait l’appétit pour le déjeuner sans compenser un petit-déjeuner absent. Mieux vaut un vrai petit-déjeuner à la maison et un vrai goûter l’après-midi.</p>
<h2 id="les-adolescents-et-les-grandes-personnes">Les adolescents, et les grandes personnes</h2>
<p>On l’oublie&nbsp;: c’est à l’adolescence, quand ils grandissent de plusieurs centimètres par an, que les enfants ont le plus faim l’après-midi. Le goûter d’un garçon de quinze ans qui rentre du sport peut ressembler à un second déjeuner, et c’est normal. Laisser dans la cuisine du pain, du fromage, des fruits et des œufs à cuire évite qu’il se rabatte sur ce qui croustille dans les placards.</p>
<p>Quant aux adultes, nul besoin de s’interdire le thé de cinq heures. Ceux qui dînent tard y trouvent un équilibre&#8239;; les personnes âgées, dont l’appétit diminue souvent, y gagnent un repas de plus, plus léger que les autres. Mes amies de chorale ne conçoivent pas une répétition sans une boîte de sablés au fond du sac. Je ne les ai jamais contredites.</p>
<h2 id="trois-gouters-maison-sans-chichis">Trois goûters maison, sans chichis</h2>
<p>Le goûter fait maison n’a pas besoin d’être spectaculaire. Ce qui compte, c’est qu’il tienne au corps et qu’on puisse le préparer un dimanche pour la semaine.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">La tartine qui a nourri des générations</p><ul>
<li>Préparation&nbsp;: 5 minutes, sans cuisson.</li>
<li>1 belle tranche de pain de campagne ou un quart de baguette</li>
<li>10 g de beurre, demi-sel si l’on est breton</li>
<li>1 ou 2 carrés de chocolat noir</li>
<li>Variante&nbsp;: du fromage blanc et un filet de miel, ou des lamelles de pomme sur une fine couche de beurre de cacahuète</li>
</ul>
</blockquote>
<p>La tartine est le goûter le plus économique qui soit, et l’un des plus équilibrés&nbsp;: du pain pour tenir, un peu de gras et de sucre pour le plaisir. Ajoutez un verre de lait ou un yaourt, et un fruit, et le compte y est.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Le gâteau au yaourt (8 parts)</p><ul>
<li>Préparation&nbsp;: 10 minutes. Cuisson&nbsp;: 35 minutes à 180 °C.</li>
<li>1 pot de yaourt nature (125 g), qui sert ensuite de mesure</li>
<li>3 œufs</li>
<li>2 pots de sucre (un et demi suffit très bien)</li>
<li>3 pots de farine</li>
<li>½ pot d’huile neutre (tournesol ou colza)</li>
<li>1 sachet de levure chimique (11 g)</li>
<li>1 pincée de sel, éventuellement le zeste d’un citron</li>
</ul>
</blockquote>
<p>C’est le premier gâteau que réussissent les enfants, parce qu’on mesure tout avec le pot vide. Mélangez le yaourt et les œufs, ajoutez le sucre, puis la farine, la levure et le sel, enfin l’huile. Versez dans un moule beurré de 22 à 24 cm et enfournez. La lame d’un couteau doit ressortir sèche. Il se garde trois jours sous un torchon, et se tranche pour le goûter de l’école.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">La compote pommes-poires (6 portions)</p><ul>
<li>Préparation&nbsp;: 15 minutes. Cuisson&nbsp;: 20 minutes.</li>
<li>4 pommes (de préférence des reinettes, des boskoops ou des golden)</li>
<li>2 poires bien mûres</li>
<li>5 cl d’eau</li>
<li>1 cuillerée à soupe de jus de citron</li>
<li>1 bâton de cannelle ou une gousse de vanille fendue, au choix</li>
</ul>
</blockquote>
<p>Épluchez les fruits, coupez-les en morceaux, mettez-les dans une casserole avec l’eau, le citron et l’épice. Couvrez et laissez cuire à feu doux en remuant de temps en temps. Écrasez à la fourchette pour une compote rustique, ou mixez. Les poires apportent assez de douceur pour se passer de sucre. Elle se garde quatre jours au réfrigérateur, en bocal bien fermé.</p>
<h2 id="le-gouter-une-affaire-de-temps">Le goûter, une affaire de temps</h2>
<p>Au fond, ce que les enfants retiennent du goûter, c’est moins ce qu’ils ont mangé que le moment&nbsp;: le sac qu’on ouvre sur un banc, ou la cuisine où l’on raconte sa journée pendant que la grand-mère sort les madeleines. C’est souvent la seule demi-heure de la journée où un enfant parle de lui sans qu’on lui pose de questions.</p>
<p>Ma petite-fille, qui a quatre ans, réclame le jeudi «&nbsp;le goûter de Mamie&nbsp;», c’est-à-dire la tartine au beurre salé et au chocolat. J’en conclus que la tradition se porte bien. Et si l’envie vous prend d’un goûter salé par un soir de novembre, nos <a href="https://carnetdebal.fr/art-de-vivre/soupes-d-automne-cinq-recettes-de-grand-mere/">soupes d’automne</a> font aussi très bien l’affaire.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/le-gouter-cette-institution-francaise/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Grands-mères d’aujourd’hui : ni gâteaux ni nounous, mais une juste place</title><link>https://carnetdebal.fr/famille/grands-meres-d-aujourd-hui-ni-gateaux-ni-nounous/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/famille/grands-meres-d-aujourd-hui-ni-gateaux-ni-nounous/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 07:58:00 GMT</pubDate><dc:creator>Clotilde de Portzamparc</dc:creator><category>Famille</category><description>Elles travaillent encore, voyagent, ont une vie amoureuse et piscine le mercredi. Les grands-mères d’aujourd’hui ne ressemblent plus aux images d’Épinal, mais on leur demande souvent davantage. Comment être grand-mère sans devenir la nounou de service ni la belle-mère redoutée.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/grands-meres-d-aujourd-hui-ni-gateaux-ni-nounous/1200.jpg" alt="Au premier plan, une femme en pull rayé tient une tasse à deux mains ; derrière elle, floue, une petite fille roule dans une voiture électrique miniature à la tombée du jour."></p><p>Quand ma belle-fille m’a demandé, avec beaucoup de délicatesse, si je pourrais garder le bébé tous les mercredis, j’ai répondu oui. Un mercredi sur deux. L’autre, j’ai chorale, et je tiens à ma chorale autant qu’à mes petits-enfants, ce que je ne dis pas devant eux. Nous en avons ri, nous avons trouvé une voisine pour les mercredis impairs, et personne n’a été fâché.</p>
<p>Cette petite négociation résume assez bien le métier de grand-mère aujourd’hui. On nous aime, on compte sur nous, et l’on oublie parfois que nous avons, nous aussi, un agenda.</p>
<h2 id="la-grand-mere-au-chignon-a-pris-sa-retraite">La grand-mère au chignon a pris sa retraite</h2>
<p>L’image a la vie dure&nbsp;: un tablier noué sur une robe à fleurs, une cuisine qui sent la confiture. Elle ne correspond plus à grand-chose. On devient souvent grand-mère avant la retraite, parfois en pleine carrière. On peut être divorcée, remariée, amoureuse, sportive, en train d’apprendre l’italien ou de soigner ses propres parents très âgés. Les grands-mères de cinquante-cinq ans et celles de quatre-vingt-cinq ans n’ont en commun que le titre.</p>
<p>Même la fête qui leur est consacrée a l’âge d’une génération&nbsp;: elle a été lancée en France en 1987 par une marque de café, et se célèbre le premier dimanche de mars. On a connu des traditions plus anciennes.</p>
<p>Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est le besoin. Quand la crèche ferme à 18 h 30, quand l’enfant a de la fièvre un matin de réunion, beaucoup de familles appellent d’abord les grands-parents. Cette aide informelle tient debout une bonne part de la vie des jeunes parents, et elle repose souvent sur les femmes.</p>
<h2 id="garder-les-petits-un-cadeau-pas-un-du">Garder les petits&nbsp;: un cadeau, pas un dû</h2>
<p>Garder ses petits-enfants est un bonheur. C’est aussi une fatigue que l’on mesure mal à trente ans&nbsp;: porter un enfant de douze kilos, le suivre au square, le relever dix fois, le faire dîner, tout cela pèse autrement à soixante-dix ans.</p>
<p>Le mieux est de parler clairement dès le début, avant que l’habitude ne devienne une obligation. Quels jours, quelles heures, quelles exceptions&#8239;? Qui paie les couches, les goûters, l’essence&#8239;? Que se passe-t-il si la grand-mère est malade, ou part trois semaines en voyage&#8239;? Ces questions semblent prosaïques. Elles évitent les rancœurs, qui naissent toujours de ce qu’on n’a pas osé dire.</p>
<p>Et l’on a le droit de refuser, ou de dire «&nbsp;pas cette fois&nbsp;». Une grand-mère épuisée n’est utile à personne. Si le mot vous reste en travers de la gorge, notre consœur de la rubrique psycho explique très bien comment <a href="https://carnetdebal.fr/psycho/savoir-dire-non-sans-se-justifier/">dire non sans se justifier</a>.</p>
<blockquote>
<p>Une grand-mère n’est pas un mode de garde&nbsp;: c’est une personne, qui a parfois piscine le mercredi.</p>
</blockquote>
<h2 id="chez-grand-mere-d-autres-regles">Chez grand-mère, d’autres règles</h2>
<p>Les enfants le savent d’instinct&nbsp;: chez les grands-parents, on peut manger sa tartine devant la cheminée, se coucher un peu plus tard, écouter les mêmes histoires vingt fois. Cette différence est saine. Elle apprend à l’enfant que les règles dépendent des lieux et des personnes, et qu’il existe plusieurs façons d’être aimé.</p>
<p>Encore faut-il distinguer l’accessoire de l’essentiel. Sur tout ce qui touche la santé et la sécurité, ce sont les parents qui décident&nbsp;: le siège auto, les allergies, les médicaments, le sommeil du nourrisson couché sur le dos, et désormais <a href="https://carnetdebal.fr/famille/les-ecrans-avant-trois-ans-ce-que-disent-les-recommandations/">les écrans avant trois ans</a>. On peut être la maison où l’on a le droit de goûter deux fois&#8239;; pas celle où l’on a le droit de voyager sans ceinture.</p>
<p>Le principe est simple, l’application moins&nbsp;: chez moi, mes règles&#8239;; pour l’éducation de l’enfant, celles de ses parents. Et quand une règle des parents vous semble absurde, ce n’est pas à l’enfant qu’il faut le dire.</p>
<h2 id="belle-mere-la-place-la-plus-delicate">Belle-mère&nbsp;: la place la plus délicate</h2>
<p>Il y a les grands-mères du côté de la mère et celles du côté du père, et chacune sait laquelle elle est. La belle-mère occupe une position inconfortable&nbsp;: elle aime son fils, elle aime ses petits-enfants, et elle doit composer avec une femme qui ne l’a pas choisie et qui élève ces enfants à sa manière.</p>
<p>Quelques règles évitent la plupart des orages. Ne donnez un conseil que s’il est demandé, et une seule fois. Si quelque chose vous préoccupe vraiment, parlez-en à votre enfant, pas à son conjoint, et jamais devant les petits. Ne comparez pas&nbsp;: ni avec la façon dont vous faisiez, ni avec l’autre grand-mère. Et souvenez-vous de votre propre belle-mère, du moins des jours où elle vous agaçait.</p>
<p>L’inverse est vrai aussi. Les jeunes parents gagnent beaucoup à expliquer leurs choix plutôt qu’à les imposer, et à laisser la grand-mère faire les choses à sa façon tant qu’il n’y a pas de danger. Personne n’a jamais été traumatisé par une purée trop beurrée.</p>
<h2 id="ce-que-dit-la-loi">Ce que dit la loi</h2>
<p>Quand les relations se brouillent pour de bon, il est utile de savoir que le droit français protège le lien. L’article 371-4 du Code civil pose que l’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants, et que seul son intérêt peut y faire obstacle. C’est un droit de l’enfant, non des grands-parents, et le juge aux affaires familiales tranche en fonction de cet intérêt. Avant d’en arriver là, la médiation familiale permet souvent de renouer le fil.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Ce qu’il vaut mieux se dire dès le début</p><ul>
<li>Les jours et horaires de garde, et ce qui se passe pendant les vacances.</li>
<li>Qui prend en charge les frais&nbsp;: repas, couches, transports, sorties.</li>
<li>Les règles non négociables des parents&nbsp;: sommeil, alimentation, écrans, sécurité.</li>
<li>Le droit de la grand-mère de dire non, sans avoir à se justifier.</li>
<li>Un point d’étape tous les quelques mois, pour ajuster sans attendre la crise.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="ce-qu-une-grand-mere-transmet">Ce qu’une grand-mère transmet</h2>
<p>Une grand-mère n’est pas une seconde mère. Elle est autre chose&nbsp;: un adulte qui n’a pas la charge de l’éducation, qui a du temps à perdre et des histoires à raconter. Elle connaît la jeunesse des parents, ce qui fascine toujours les enfants. Elle sait la recette des crêpes du dimanche et le nom de l’arrière-grand-oncle sur la photo jaunie.</p>
<p>Elle transmet aussi, sans le vouloir, une image de la vieillesse. Une grand-mère qui part marcher, qui lit, qui a des amies et des projets, montre aux enfants que la vie ne s’arrête pas à soixante ans. Pour celles qui en douteraient, notre rubrique people raconte <a href="https://carnetdebal.fr/people/ces-femmes-qui-ont-tout-commence-apres-soixante-ans/">ces femmes qui ont tout commencé après soixante ans</a>.</p>
<p>Mes petits-enfants savent qu’un mercredi sur deux, je chante. Le plus grand m’a demandé l’autre jour s’il pourrait venir écouter. J’y vois une forme de transmission.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/grands-meres-d-aujourd-hui-ni-gateaux-ni-nounous/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Les écrans avant trois ans : ce que disent vraiment les recommandations</title><link>https://carnetdebal.fr/famille/les-ecrans-avant-trois-ans-ce-que-disent-les-recommandations/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/famille/les-ecrans-avant-trois-ans-ce-que-disent-les-recommandations/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 07:04:00 GMT</pubDate><dc:creator>Clotilde de Portzamparc</dc:creator><category>Famille</category><description>En avril 2024, une commission d’experts a remis au président de la République un rapport sans ambiguïté : pas d’écran avant trois ans. Ce que dit exactement ce texte, ce qu’il ne dit pas, et comment l’appliquer dans une vraie maison, avec de vrais parents fatigués.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/les-ecrans-avant-trois-ans-ce-que-disent-les-recommandations/1200.jpg" alt="Un petit garçon en pull rayé bleu, vu de profil et de dos, tapote l’écran d’une tablette posée sur une table sombre."></p><p>Dimanche dernier, dans une brasserie, une petite fille de deux ans regardait des dessins animés sur un téléphone calé contre la carafe. Ses parents, en face, mangeaient enfin un plat chaud. Je n’ai rien dit, et je n’avais rien à dire. Mes quatre enfants ont grandi devant le <em>Club Dorothée</em>, et j’ai moi-même bénéficié de bien des mercredis de paix grâce à lui.</p>
<p>Mais la question a changé de taille. La télévision du salon s’éteignait&#8239;; le téléphone, lui, tient dans une poche et ne s’arrête jamais. C’est pour cela que les recommandations se sont durcies, et qu’il vaut la peine de savoir exactement ce qu’elles disent.</p>
<h2 id="le-rapport-de-2024-pas-d-ecran-avant-trois-ans">Le rapport de 2024&nbsp;: pas d’écran avant trois ans</h2>
<p>En janvier 2024, Emmanuel Macron a installé une commission d’experts sur l’exposition des enfants aux écrans, coprésidée par la neurologue Servane Mouton et le psychiatre addictologue Amine Benyamina. Son rapport, intitulé <em>Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu</em>, a été remis le 30 avril 2024.</p>
<p>Pour les plus petits, la recommandation est nette&nbsp;: aucun écran avant trois ans. Entre trois et six ans, un usage déconseillé ou, à défaut, limité, occasionnel, avec des contenus de qualité éducative, et toujours en présence d’un adulte. Pour la suite, la commission proposait d’attendre onze ans pour un téléphone, treize ans pour un smartphone connecté à internet, et quinze ans pour les réseaux sociaux.</p>
<p>Ce texte n’est pas une loi. Personne ne viendra vérifier ce que votre enfant regarde. C’est une recommandation de santé publique, qui dit ce qu’il serait souhaitable de faire, et qui a l’avantage d’être claire.</p>
<h2 id="pourquoi-trois-ans-et-pourquoi-si-strict">Pourquoi trois ans, et pourquoi si strict</h2>
<p>Avant trois ans, un enfant apprend presque tout par l’échange&nbsp;: on lui parle, il babille, on lui répond de nouveau. Il apprend aussi avec ses mains, et en observant un visage qui réagit au sien. Le langage, en particulier, se construit dans ces allers-retours. Un écran, même rempli de couleurs et de chansons, ne répond pas.</p>
<p>Le problème tient donc moins au contenu qu’à ce que l’écran remplace&nbsp;: la conversation, le jeu libre, l’ennui fécond, le sommeil quand on regarde tard. De nombreux travaux associent une exposition précoce et prolongée à des difficultés de langage et de sommeil. Les chercheurs discutent encore de l’ampleur exacte de ces effets&#8239;; la commission a choisi la prudence, et c’est un choix qu’on peut comprendre quand il s’agit de cerveaux en construction.</p>
<blockquote>
<p>Un tout-petit n’a pas besoin d’un programme&nbsp;: il a besoin d’un visage qui lui répond.</p>
</blockquote>
<h2 id="la-television-allumee-pour-le-bruit">La télévision allumée «&nbsp;pour le bruit&nbsp;»</h2>
<p>On pense souvent aux écrans qu’on donne à l’enfant. On pense moins à ceux qui tournent autour de lui. La télévision allumée toute la journée dans le salon, même quand personne ne la regarde, capte l’attention des adultes et occupe le silence où, d’ordinaire, on parlerait au bébé. Beaucoup de spécialistes insistent sur ce point&nbsp;: l’éteindre quand on ne la regarde pas est déjà un grand progrès.</p>
<p>Même chose pour nos propres téléphones. Un biberon donné les yeux sur un fil d’actualité est un biberon sans regard. Il ne s’agit pas de se flageller pour chaque coup d’œil, seulement de garder des moments, les repas, le bain, la promenade ou le coucher, où le téléphone reste dans une autre pièce.</p>
<h2 id="et-la-visio-avec-grand-mere">Et la visio avec grand-mère&#8239;?</h2>
<p>La question revient dans toutes les familles dispersées. L’Académie américaine de pédiatrie, dans ses recommandations de 2016, mettait à part les appels vidéo, parce qu’ils sont une vraie conversation, avec une personne qui répond. Un appel avec un grand-parent, l’adulte à côté de l’enfant, n’a pas grand-chose à voir avec un dessin animé regardé seul. Les grands-mères éloignées peuvent respirer, à condition de ne pas transformer l’appel en spectacle d’une heure.</p>
<h2 id="au-quotidien-sans-culpabiliser">Au quotidien, sans culpabiliser</h2>
<p>Les règles strictes ont un mérite&nbsp;: elles évitent de négocier. Encore faut-il les rendre praticables.</p>
<p><strong>Prévoir l’alternative avant d’en avoir besoin.</strong> Au restaurant, dans le train, chez le médecin, l’écran surgit parce qu’on n’a rien d’autre sous la main. Un petit sac toujours prêt change tout&nbsp;: un livre cartonné, deux crayons et un carnet, une petite voiture, une pâte à modeler, une boîte qu’on ouvre et qu’on ferme. Ce n’est pas plus compliqué, c’est juste prévu.</p>
<p><strong>Ne pas craindre l’ennui.</strong> Un enfant de deux ans qui ne sait pas quoi faire finit par trouver&nbsp;: une cuillère, un carton, ses pieds. C’est là qu’il invente.</p>
<p><strong>Accepter les exceptions sans en faire une habitude.</strong> Une gastro un dimanche, une mère seule et fiévreuse&nbsp;: il y aura des jours où l’écran sera la seule solution raisonnable. Choisissez alors un programme lent, regardez-le avec l’enfant si vous le pouvez, et éteignez sans drame. Une exception reste une exception tant qu’on ne la reconduit pas tous les soirs.</p>
<p><strong>S’appuyer sur des repères connus.</strong> Le psychiatre Serge Tisseron a proposé à la fin des années 2000 la règle «&nbsp;3-6-9-12&nbsp;», qui fixe des étapes selon l’âge et commence elle aussi par pas d’écran avant trois ans. La psychologue Sabine Duflo a popularisé ses «&nbsp;quatre pas&nbsp;»&nbsp;: pas d’écran le matin, pas pendant les repas, pas avant de dormir, pas dans la chambre de l’enfant. Ces formules sont faciles à retenir et à transmettre à la nounou ou aux grands-parents.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">À retenir</p><ul>
<li>Avant 3 ans&nbsp;: aucun écran, selon le rapport de la commission «&nbsp;Enfants et écrans&nbsp;» (avril 2024).</li>
<li>De 3 à 6 ans&nbsp;: un usage limité, occasionnel, avec un contenu de qualité et un adulte présent.</li>
<li>La télévision allumée en fond compte aussi&nbsp;: on l’éteint quand personne ne la regarde.</li>
<li>Les appels vidéo avec la famille, l’adulte à côté de l’enfant, sont une conversation, pas un programme.</li>
<li>Un sac d’objets prêt à l’emploi évite la plupart des écrans «&nbsp;de dépannage&nbsp;».</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="ce-n-est-pas-un-concours-de-vertu">Ce n’est pas un concours de vertu</h2>
<p>La recommandation est stricte&#8239;; la vie l’est davantage. Un parent qui tend un téléphone à son enfant n’est pas un mauvais parent, c’est souvent un parent épuisé. La vraie réponse à l’écran de dépannage, ce sont des adultes moins seuls&nbsp;: un conjoint qui prend le relais, une amie qui garde une heure, des <a href="https://carnetdebal.fr/famille/grands-meres-d-aujourd-hui-ni-gateaux-ni-nounous/">grands-parents</a> qui passent le mercredi.</p>
<p>La petite fille de la brasserie, je l’ai revue au moment du dessert. Son père avait rangé le téléphone et lui faisait goûter la chantilly du bout de sa cuillère. Elle riait. Je ne sais pas ce que dirait la commission&#8239;; moi, j’ai trouvé que c’était une très bonne fin de repas.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/les-ecrans-avant-trois-ans-ce-que-disent-les-recommandations/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Parler de la mort aux enfants : trouver les mots justes à la Toussaint</title><link>https://carnetdebal.fr/famille/parler-de-la-mort-aux-enfants-a-la-toussaint/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/famille/parler-de-la-mort-aux-enfants-a-la-toussaint/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 05:44:00 GMT</pubDate><dc:creator>Clotilde de Portzamparc</dc:creator><category>Famille</category><description>La Toussaint emmène les familles au cimetière, et les enfants y posent les questions que les adultes contournent toute l’année. Ce qu’ils comprennent selon leur âge, les mots qui rassurent, ceux qui égarent, et quelques livres pour ouvrir la conversation.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/parler-de-la-mort-aux-enfants-a-la-toussaint/1200.jpg" alt="À la tombée du jour, des dizaines de lumignons allumés dans des verres colorés brillent sur les tombes d’un cimetière, sous un ciel bleu et orangé."></p><p>C’était un 1<sup>er</sup> novembre, dans un petit cimetière du Finistère. Mon petit-fils, quatre ans, l’arrosoir à la main, m’a demandé si son arrière-grand-père avait froid, là-dessous. J’ai répondu que non, qu’il ne sentait plus rien, ni le froid ni la pluie. Il a hoché la tête, puis il a demandé s’il pouvait remplir l’arrosoir encore une fois. La conversation avait duré dix secondes. Elle était terminée pour lui, et c’était très bien ainsi.</p>
<p>Les enfants parlent de la mort plus simplement que nous. Ils n’attendent pas un cours de métaphysique&nbsp;: ils veulent savoir ce qui se passe, si cela peut leur arriver, et si les adultes autour d’eux vont tenir debout. La Toussaint, avec ses chrysanthèmes et ses allées de gravier, offre une occasion rare d’en parler sans drame, à froid, avant qu’un deuil ne vienne imposer le sujet.</p>
<h2 id="la-toussaint-une-occasion-plutot-qu-une-epreuve">La Toussaint, une occasion plutôt qu’une épreuve</h2>
<p>Le calendrier mêle deux fêtes. La Toussaint, le 1<sup>er</sup> novembre, célèbre dans la tradition catholique tous les saints&#8239;; c’est le lendemain, le 2 novembre, que l’Église commémore les défunts. Mais le 1<sup>er</sup> étant férié en France, c’est ce jour-là que les familles se rendent sur les tombes, avec un pot de chrysanthèmes dans le coffre.</p>
<p>Pour un enfant, c’est une visite ordinaire dans un lieu extraordinaire. Il y a des noms gravés, des dates à déchiffrer, des photos sur des plaques, des fleurs à choisir. Tout cela se regarde, se touche, se commente. Mieux vaut une première rencontre avec la mort dans ce cadre paisible, entourée, qu’au moment brutal d’un enterrement.</p>
<h2 id="ce-qu-un-enfant-comprend-et-a-quel-age">Ce qu’un enfant comprend, et à quel âge</h2>
<p>Dans les années 1980, deux chercheurs américains, Mark Speece et Sandor Brent, ont passé en revue les travaux consacrés à la façon dont les enfants se représentent la mort. Ils en ont dégagé quelques notions qui s’acquièrent peu à peu&nbsp;: la mort est irréversible, elle est universelle, et le corps mort ne fonctionne plus du tout. La plupart des enfants les maîtrisent entre cinq et sept ans, avec de grandes différences de l’un à l’autre.</p>
<p>Concrètement, cela donne à peu près ceci&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Avant trois ans</strong>, l’enfant ne comprend pas la mort, mais il perçoit l’absence et surtout l’émotion des adultes. Il a besoin de ses repères habituels plus que d’explications.</li>
<li><strong>Entre trois et cinq ans</strong>, la mort ressemble souvent à un sommeil ou à un voyage dont on revient. Les questions sont concrètes et reviennent dix fois&nbsp;: il faut répondre dix fois, patiemment, avec les mêmes mots.</li>
<li><strong>Vers six ou sept ans</strong>, l’enfant saisit que c’est pour toujours et que cela arrive à tout le monde. Viennent alors la peur de perdre ses parents et une curiosité parfois crue pour le corps, le cercueil, la terre.</li>
<li><strong>À l’adolescence</strong>, les questions deviennent existentielles et se posent volontiers ailleurs qu’à la maison. Un adolescent peut se taire en famille et en parler longuement avec un ami.</li>
</ul>
<h2 id="les-mots-qui-aident-ceux-qui-egarent">Les mots qui aident, ceux qui égarent</h2>
<p>Le vocabulaire de la pudeur, si utile entre adultes, devient un piège avec les petits. «&nbsp;Il s’est endormi&nbsp;» peut rendre le coucher inquiétant. «&nbsp;Il est parti&nbsp;» laisse attendre un retour, ou fait croire à un abandon. «&nbsp;On l’a perdu&nbsp;» suggère qu’on pourrait le retrouver en cherchant bien.</p>
<p>Le mot juste, c’est «&nbsp;mort&nbsp;». Il paraît dur&#8239;; il est surtout clair. On peut l’accompagner de ce que l’enfant de cet âge a besoin d’entendre&nbsp;: son corps ne marche plus, il ne respire plus, il n’a plus faim, il n’a ni froid ni mal. Cette dernière précision soulage beaucoup d’enfants, qui imaginent volontiers un grand-père grelottant sous sa dalle.</p>
<blockquote>
<p>Un enfant à qui l’on ment par tendresse finit par croire que la mort est si terrible qu’on ne peut même pas dire son nom.</p>
</blockquote>
<p>Si la famille a une foi, on la transmet comme telle&nbsp;: «&nbsp;Nous, nous croyons que…&nbsp;», en laissant à l’enfant la possibilité d’entendre que d’autres pensent autrement. Et quand on ne sait pas, on a le droit de le dire. «&nbsp;Je ne sais pas&nbsp;» est une réponse honnête, qui vaut mieux qu’une invention qu’il faudra défaire à huit ans.</p>
<p>Dernier conseil, le plus difficile&nbsp;: répondre à la question posée, et seulement à elle. L’enfant qui demande où va le corps ne réclame pas un exposé sur l’âme. S’il veut en savoir plus, il reviendra.</p>
<h2 id="au-cimetiere-une-visite-qui-se-prepare">Au cimetière, une visite qui se prépare</h2>
<p>Avant de partir, quelques phrases suffisent&nbsp;: où l’on va, qui est enterré là, ce que l’on va y faire. Sur place, donnez-lui un rôle. Porter le pot de fleurs, remplir l’arrosoir, enlever les feuilles mortes, choisir l’emplacement du chrysanthème&nbsp;: les mains occupées rendent le lieu familier.</p>
<p>C’est aussi le moment de raconter. Qui était cette arrière-grand-mère, ce qu’elle cuisinait, la façon dont elle riait. Les dates gravées sur la pierre se prêtent à de petits calculs («&nbsp;elle avait 82 ans&nbsp;»), qui fascinent les enfants de sept ans. Une photo ou une recette retrouvée font souvent plus pour la mémoire qu’un long recueillement.</p>
<p>Ne vous alarmez pas s’il court entre les tombes ou rit trop fort&nbsp;: un enfant vit son émotion par bouffées, et le jeu en fait partie. On lui rappelle simplement qu’ici on parle doucement, par égard pour les autres familles. On ne force jamais un enfant à venir, ni à regarder une tombe s’il n’en a pas envie.</p>
<p>La veille, il aura peut-être défilé en squelette pour Halloween. Le télescopage amuse les adultes&#8239;; il n’inquiète guère les enfants, qui distinguent fort bien le déguisement de la grand-mère qu’on fleurit.</p>
<h2 id="les-rituels-qu-on-peut-inventer-a-la-maison">Les rituels qu’on peut inventer à la maison</h2>
<p>Tout le monde ne va pas au cimetière, et ce n’est pas une obligation. On peut allumer une bougie près d’une photo, ressortir l’album de famille, cuisiner le gâteau de la grand-tante disparue pour <a href="https://carnetdebal.fr/famille/le-gouter-cette-institution-francaise/">le goûter</a>, écrire ou dessiner une lettre au mort. Un enfant qui a perdu quelqu’un apprécie souvent une boîte à souvenirs&nbsp;: un objet, un ticket de cinéma, une écharpe qui garde une odeur.</p>
<p>Ces petits gestes disent à l’enfant que l’on peut être triste et continuer à vivre, que l’on a le droit de parler des morts, et même d’en rire. Les <a href="https://carnetdebal.fr/famille/grands-meres-d-aujourd-hui-ni-gateaux-ni-nounous/">grands-parents</a>, qui ont souvent enterré plus de monde que les parents, sont précieux pour cela.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Des livres pour ouvrir la conversation</p><ul>
<li><em>Si on parlait de la mort</em>, Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée (Gallimard Jeunesse)&nbsp;: pour les plus petits, des mots simples et exacts.</li>
<li><em>Au revoir Blaireau</em>, Susan Varley (Gallimard Jeunesse)&nbsp;: les animaux de la forêt se souviennent de ce que le vieux blaireau leur a appris. Dès 4 ans.</li>
<li><em>L’Arbre sans fin</em>, Claude Ponti (L’École des loisirs)&nbsp;: Hipollène perd sa grand-mère et part en voyage. Dès 5 ans.</li>
<li><em>Moi et Rien</em>, Kitty Crowther (Pastel)&nbsp;: une petite fille, son père silencieux et un ami imaginaire. Dès 5 ans.</li>
<li><em>Le Canard, la Mort et la Tulipe</em>, Wolf Erlbruch (La Joie de lire)&nbsp;: un chef-d’œuvre de douceur, à lire à partir de 7 ans, et bien après.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="quand-s-inquieter-et-a-qui-en-parler">Quand s’inquiéter, et à qui en parler</h2>
<p>Après un deuil, un enfant peut mal dormir, faire pipi au lit de nouveau, se plaindre du ventre, devenir collant ou au contraire agressif, décrocher à l’école. Ces réactions sont fréquentes dans les semaines qui suivent. Si elles s’installent pendant des mois, si l’enfant s’isole ou ne parle plus du tout de la personne disparue, parlez-en au pédiatre ou au médecin traitant, qui pourra orienter vers un psychologue. Des associations d’accompagnement du deuil reçoivent aussi les enfants et les adolescents.</p>
<p>Un adolescent qui évoque l’envie de mourir doit toujours être pris au sérieux. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond jour et nuit, aux jeunes comme à leurs parents. En cas d’urgence, le 15 ou le 112.</p>
<p>Mon petit-fils a six ans cette année. Il voudra peut-être savoir, entre deux allées, si moi aussi je mourrai un jour. Je lui dirai que oui, dans très longtemps je l’espère, et que d’ici là il me reste beaucoup d’arrosoirs à porter.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/parler-de-la-mort-aux-enfants-a-la-toussaint/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>La règle des soixante secondes, ou l’art de ne plus traîner les petites tâches</title><link>https://carnetdebal.fr/la-regle-dor-des-60-secondes-tu-connais/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/la-regle-dor-des-60-secondes-tu-connais/</guid><pubDate>Fri, 13 Jan 2023 02:42:24 GMT</pubDate><dc:creator>Clotilde de Portzamparc</dc:creator><category>Famille</category><description>Raccrocher le manteau, répondre au courriel, rincer la tasse : ces petites tâches ne prennent qu’une minute, mais elles s’accumulent et encombrent la tête. La règle d’or des 60 secondes propose de les faire tout de suite. D’où elle vient, pourquoi elle marche, et ses limites.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/la-regle-dor-des-60-secondes-tu-connais/1200.jpg" alt="Vue de dessus d’une table en bois : une main tient un stylo au-dessus d’un carnet ouvert, à côté d’une tasse de café noir et d’un croissant entamé."></p><p>Dans l’entrée de notre maison, il y avait une chaise. Une chaise parfaitement inutile, puisque personne ne s’y asseyait jamais. Elle servait à poser&nbsp;: le manteau qu’on rangerait plus tard, le courrier qu’on ouvrirait plus tard, le sac de sport, le parapluie, la lettre à poster. Avec quatre enfants, elle disparaissait sous les objets en deux jours. Le jour où mon mari l’a descendue à la cave, nous avons compris que tout ce qui s’y entassait prenait moins d’une minute à ranger.</p>
<p>C’est tout le principe de la règle dite des soixante secondes. Elle tient en une phrase&nbsp;: ce qui peut se faire en moins d’une minute se fait tout de suite.</p>
<h2 id="d-ou-vient-cette-regle">D’où vient cette règle</h2>
<p>Elle n’a pas d’inventeur unique, mais deux parrains connus. Au début des années 2000, le consultant américain David Allen publie <em>Getting Things Done</em>, traduit en français sous le titre <em>S’organiser pour réussir</em>. Parmi ses principes, la «&nbsp;règle des deux minutes&nbsp;»&nbsp;: si une action prend moins de deux minutes, la noter et la planifier coûte plus cher que la faire.</p>
<p>Quelques années plus tard, l’essayiste américaine Gretchen Rubin raconte dans <em>Opération bonheur</em> l’année qu’elle a passée à tester des résolutions. L’une d’elles est la «&nbsp;règle de la minute&nbsp;»&nbsp;: ne jamais différer une tâche qui prend moins d’une minute. Raccrocher son manteau, jeter le prospectus, remettre le lait au réfrigérateur. Elle note qu’à force, la maison est plus rangée et la tête plus légère.</p>
<h2 id="pourquoi-les-petites-taches-pesent-si-lourd">Pourquoi les petites tâches pèsent si lourd</h2>
<p>Une tâche d’une minute ne fatigue pas. C’est son report qui fatigue. Chaque «&nbsp;je le ferai plus tard&nbsp;» laisse une petite note dans un coin de l’esprit, et ces notes finissent par former un bruit de fond.</p>
<p>Dans les années 1920, la psychologue Bluma Zeigarnik avait observé que l’on se souvient mieux des tâches interrompues que des tâches terminées. L’effet qui porte son nom a été reproduit de façon inégale depuis, et il faut le citer avec prudence. Mais une étude plus récente, publiée en 2011 par E. J. Masicampo et Roy Baumeister, va dans le même sens&nbsp;: les objectifs inachevés ont tendance à s’imposer à l’esprit, et le simple fait de faire un plan pour les traiter suffit à les apaiser.</p>
<p>La règle de la minute fait encore plus simple&nbsp;: au lieu de planifier, on règle. La tâche quitte la tête en même temps que le comptoir.</p>
<blockquote>
<p>Une tâche d’une minute ne fatigue personne. C’est son report qui finit par peser.</p>
</blockquote>
<h2 id="comment-l-appliquer-au-quotidien">Comment l’appliquer au quotidien</h2>
<p>On conseille souvent de commencer la journée par la liste de ces petites choses. C’est une bonne idée, à condition de ne pas y passer la matinée. Voici une manière de faire qui marche à la maison.</p>
<p><strong>Le matin, une liste en deux colonnes.</strong> D’un côté, ce qui prend moins d’une minute. De l’autre, le reste. La première colonne se vide pendant que le café passe&#8239;; la seconde se planifie.</p>
<p><strong>Dans la journée, la minute sur-le-champ.</strong> Le courriel qui appelle un simple «&nbsp;bien reçu, merci&nbsp;», l’appel pour confirmer un rendez-vous, le rinçage de la casserole tant qu’elle est chaude. Ce qui est fait n’a plus besoin d’être retenu.</p>
<p><strong>Le soir, la minute de l’entrée.</strong> Les clés au crochet, le manteau sur le cintre, les chaussures rangées, le cartable prêt. C’est la plus rentable de toutes&nbsp;: elle épargne la course du lendemain matin.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Exemples de tâches d’une minute</p><ul>
<li>Raccrocher son manteau et ranger ses chaussures.</li>
<li>Mettre sa tasse dans le lave-vaisselle plutôt que dans l’évier.</li>
<li>Jeter les prospectus avant de monter l’escalier.</li>
<li>Répondre «&nbsp;oui, avec plaisir&nbsp;» à une invitation.</li>
<li>Noter un rendez-vous dans l’agenda au moment où on le prend.</li>
<li>Remettre le bouchon sur le tube de dentifrice, et le tube à sa place.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="les-limites-de-la-regle">Les limites de la règle</h2>
<p>Bien appliquée, elle allège. Mal appliquée, elle peut devenir un piège. Le premier risque est celui des journées passées à cocher des petites cases pendant que la tâche importante, longue et désagréable, attend. C’est la procrastination déguisée en efficacité. L’Américain Brian Tracy conseille à l’inverse, dans un livre de 2001, d’«&nbsp;avaler le crapaud&nbsp;» dès le matin, c’est-à-dire de commencer par la tâche que l’on redoute le plus. Les deux conseils se complètent&nbsp;: la minute pour le petit, le crapaud pour le gros.</p>
<p>Le second risque est familial. Dans beaucoup de maisons, ce sont toujours les mêmes qui voient la tasse oubliée, le manteau par terre, le papier à signer. La règle de la minute appliquée par une seule personne, c’est encore un peu plus de travail invisible pour elle. Les sociologues ont un nom pour cela, et nous lui avons consacré un article&nbsp;: <a href="https://carnetdebal.fr/societe/charge-mentale-quarante-ans-apres-qui-porte-encore-la-maison/">la charge mentale</a>.</p>
<h2 id="une-regle-a-partager-en-famille">Une règle à partager en famille</h2>
<p>La règle a l’avantage de s’expliquer à un enfant de cinq ans. «&nbsp;Si ça prend moins d’une minute, tu le fais tout de suite.&nbsp;» Le manteau, les chaussures, l’assiette débarrassée, le pyjama sous l’oreiller. Les enfants aiment les règles claires, surtout quand les adultes les appliquent aussi. Et un adolescent à qui l’on démontre, montre en main, que ranger sa chambre au fil de l’eau lui fait gagner un samedi entier finit parfois par se laisser convaincre.</p>
<p>Si vous aimez commencer la journée sur de bonnes bases, d’autres idées vous attendent dans nos <a href="https://carnetdebal.fr/10-rituels-du-matin-pour-une-journee-productive-et-positive/">rituels du matin</a>. Quant à la chaise de notre entrée, elle n’est jamais remontée de la cave. Personne ne l’a regrettée, sauf peut-être le parapluie.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/la-regle-dor-des-60-secondes-tu-connais/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Accro au téléphone ? Comment faire une pause sans jeter l’appareil</title><link>https://carnetdebal.fr/droguee-du-telephone-et-si-on-faisait-une-pause/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/droguee-du-telephone-et-si-on-faisait-une-pause/</guid><pubDate>Sun, 08 Jan 2023 00:04:45 GMT</pubDate><dc:creator>Clotilde de Portzamparc</dc:creator><category>Famille</category><description>Le soir, sur le canapé, chacun son écran, et parfois l’on se commente sur les réseaux sociaux à cinquante centimètres l’un de l’autre. Addict au téléphone, vraiment ? Ce que l’on sait de ses effets sur le couple et les enfants, et comment faire une vraie pause sans renoncer à l’appareil.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/droguee-du-telephone-et-si-on-faisait-une-pause/1200.jpg" alt="Une tablette et un téléphone, écrans éteints, posés côte à côte sur l’accoudoir d’un canapé gris, devant un parquet clair."></p><p>Un dimanche soir, j’ai compté. Nous étions six dans le salon, trois générations, un feu dans la cheminée, une tarte aux pommes sur la table basse. Cinq personnes regardaient un téléphone. La sixième, c’était le chien. Personne ne faisait rien de mal&nbsp;: on montrait une photo, on vérifiait un horaire de train, on répondait à une amie. Mais la soirée s’est passée ainsi, chacun dans sa lucarne, et le lendemain personne ne se souvenait de ce qu’on s’était dit.</p>
<p>La scène se répète dans beaucoup de salons. Le couple sur le canapé, la télévision allumée, chacun penché sur son écran, et parfois l’un qui commente la publication de l’autre, assis à côté de lui. On en rit. On le fait quand même.</p>
<h2 id="addiction-le-mot-juste">Addiction, le mot juste&#8239;?</h2>
<p>On parle volontiers d’addiction au téléphone. Le mot frappe, mais il n’est pas tout à fait exact. L’Organisation mondiale de la santé reconnaît, dans sa classification internationale des maladies, le trouble du jeu vidéo&#8239;; elle n’y fait pas figurer d’addiction au smartphone. Les chercheurs préfèrent parler d’usage problématique, et ils débattent encore de l’endroit où commence le problème.</p>
<p>Ce débat n’enlève rien à l’expérience de chacun. Si vous prenez votre téléphone sans savoir pourquoi, si vous le consultez au feu rouge, au réveil avant même d’avoir ouvert les yeux, et si vous vous sentez vaguement anxieuse quand il n’est pas à portée de main, vous n’êtes pas malade. Vous avez pris une habitude, et une habitude se change.</p>
<h2 id="ce-que-le-telephone-fait-au-couple">Ce que le téléphone fait au couple</h2>
<p>Le phénomène a même un nom. En 2012, une campagne publicitaire pour un dictionnaire australien, le Macquarie, a forgé le mot <em>phubbing</em>, contraction de <em>phone</em> et de <em>snubbing</em>&nbsp;: snober quelqu’un pour son téléphone.</p>
<p>En 2016, deux chercheurs de l’université Baylor, au Texas, James Roberts et Meredith David, ont interrogé des adultes en couple sur ce comportement chez leur partenaire. Ceux qui se sentaient souvent délaissés au profit d’un écran faisaient état de plus de conflits autour du téléphone et d’une satisfaction moindre dans leur couple. Ce sont des déclarations et des corrélations, pas la preuve d’une cause. Mais elles rejoignent ce que chacun a vécu&nbsp;: il est blessant de parler à quelqu’un qui regarde ailleurs.</p>
<p>Une autre étude, publiée en 2013 par Andrew Przybylski et Netta Weinstein, suggérait que la simple présence d’un téléphone posé sur la table, même inutilisé, rendait une conversation entre inconnus moins chaleureuse. D’autres équipes n’ont pas toujours retrouvé cet effet, et il faut rester prudente. La règle de savoir-vivre, elle, n’a pas attendu les chercheurs&nbsp;: un téléphone ne se pose pas sur la table, et nous l’avons rappelé parmi <a href="https://carnetdebal.fr/art-de-vivre/dix-regles-de-savoir-vivre-qui-tiennent-encore/">les dix règles qui tiennent encore</a>.</p>
<blockquote>
<p>Il est blessant de parler à quelqu’un qui regarde ailleurs, même quand ce quelqu’un nous aime.</p>
</blockquote>
<h2 id="les-enfants-regardent">Les enfants regardent</h2>
<p>Les enfants, eux, voient surtout nos têtes baissées. Le chercheur américain Brandon McDaniel a étudié ce qu’il appelle la «&nbsp;technoférence&nbsp;»&nbsp;: les interruptions des moments familiaux par les écrans. Ses travaux associent ces interruptions répétées, chez les parents, à davantage de comportements difficiles chez les jeunes enfants, sans qu’on puisse dire qui influence qui. Un enfant agité pousse aussi son parent épuisé vers son téléphone.</p>
<p>Personne ne demande aux parents d’être des saints. Mais un enfant qui doit répéter trois fois «&nbsp;Maman, regarde&nbsp;» finit par crier, ou par cesser de demander. Pour les tout-petits, nous avons détaillé ce que disent les spécialistes sur <a href="https://carnetdebal.fr/famille/les-ecrans-avant-trois-ans-ce-que-disent-les-recommandations/">les écrans avant trois ans</a>.</p>
<h2 id="faire-une-pause-qui-tient">Faire une pause qui tient</h2>
<p>Les grandes résolutions échouent souvent. On efface toutes les applications un lundi et on les réinstalle le jeudi. Ce qui marche, ce sont des changements discrets qui rendent le téléphone un peu moins tentant.</p>
<p><strong>Couper les notifications, sauf celles des humains.</strong> Les messages de vos proches, oui. Les alertes des applications, des réseaux sociaux, des boutiques et des jeux, non. La plupart des sollicitations disparaissent d’un coup.</p>
<p><strong>Sortir le téléphone de la chambre.</strong> Un vrai réveil, de ceux qui font tic-tac ou non, coûte quelques euros. Le téléphone dort dans l’entrée, et votre première vision du jour n’est plus celle des mauvaises nouvelles du monde.</p>
<p><strong>Créer des zones sans écran.</strong> La table des repas, la chambre, la voiture quand on conduit, bien sûr, et pourquoi pas la première heure après le retour à la maison. Une corbeille dans l’entrée, où chacun dépose son appareil en arrivant, fonctionne étonnamment bien, y compris avec des adolescents, à condition que les parents donnent l’exemple.</p>
<p><strong>Regarder ce que l’on fait vraiment.</strong> Les téléphones indiquent le temps passé sur chaque application. Le chiffre surprend souvent, et c’est une bonne raison de le regarder une fois.</p>
<p><strong>Remettre de la friction.</strong> Déplacer les applications les plus prenantes loin de l’écran d’accueil, se déconnecter après chaque usage, passer l’écran en noir et blanc&nbsp;: certains trouvent que ces petits obstacles suffisent à casser le geste automatique.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Une semaine pour essayer</p><ul>
<li>Jour 1&nbsp;: couper toutes les notifications sauf les appels et les messages de vos proches.</li>
<li>Jour 2&nbsp;: acheter un réveil et laisser le téléphone hors de la chambre.</li>
<li>Jour 3&nbsp;: un repas entier, téléphones dans une autre pièce, pour tout le monde.</li>
<li>Jour 4&nbsp;: une promenade sans téléphone, ou avec, mais au fond du sac.</li>
<li>Jour 5&nbsp;: regarder le temps d’écran de la semaine, sans se juger.</li>
<li>Jours 6 et 7&nbsp;: garder ce qui vous a plu, oublier le reste.</li>
</ul>
</blockquote>
<p>Au travail aussi, la pause est un droit. Depuis la loi du 8 août 2016, entrée en vigueur au 1<sup>er</sup> janvier 2017, les entreprises françaises d’au moins cinquante salariés doivent négocier les modalités du droit à la déconnexion. Vous n’êtes pas tenue de lire vos courriels professionnels à 23 heures.</p>
<h2 id="ce-que-l-on-regagne">Ce que l’on regagne</h2>
<p>On regagne du temps, bien sûr, mais ce n’est pas le plus précieux. On regagne surtout de l’attention&nbsp;: celle qu’on porte à un livre, à une conversation, à un enfant qui raconte sa journée dans le désordre. Si vous voulez savoir quoi faire de cette attention retrouvée, nous avons quelques idées pour <a href="https://carnetdebal.fr/comment-lire-plus-et-plus-souvent/">lire plus, et plus souvent</a>.</p>
<p>Le dimanche suivant, chez nous, nous avons posé une corbeille sur le buffet. Les téléphones y ont dormi deux heures. Mon petit-fils a sorti un jeu de cartes, ma fille a raconté un voyage, et le chien, pour une fois, a eu de la concurrence.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/droguee-du-telephone-et-si-on-faisait-une-pause/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item></channel></rss>