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<rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"><channel><title>Carnet de Bal — Éditorial</title><link>https://carnetdebal.fr/edito/</link><description>La lettre de la rédaction.</description><language>fr-FR</language><copyright>© Denis Florent Media Group SRL</copyright><lastBuildDate>Fri, 30 Oct 2026 18:02:34 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://carnetdebal.fr/edito/rss.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><image><url>https://carnetdebal.fr/icon-512.png</url><title>Carnet de Bal — Éditorial</title><link>https://carnetdebal.fr/edito/</link></image><item><title>Lettre à celles qui ont 17 ans et à celles qui en ont 117</title><link>https://carnetdebal.fr/edito/lettre-a-celles-qui-ont-17-ans-et-a-celles-qui-en-ont-117/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/edito/lettre-a-celles-qui-ont-17-ans-et-a-celles-qui-en-ont-117/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 05:00:00 GMT</pubDate><dc:creator>Inès d’Albret</dc:creator><category>Éditorial</category><description>Un journal pour les femmes de dix-sept à cent dix-sept ans, cela peut sembler une coquetterie. C’est une conviction : on peut écrire pour toutes les femmes sans en traiter aucune en enfant ni en relique. Voici pourquoi nous l’avons fondé, et ce que nous ne ferons jamais.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/lettre-a-celles-qui-ont-17-ans-et-a-celles-qui-en-ont-117/1200.jpg" alt="Gros plan sur la main d’une femme, ongles vernis de bleu nuit et grosse bague scintillante, qui écrit au stylo dans un carnet ouvert posé sur son genou."></p><p>Autrefois, avant un bal, on remettait aux jeunes filles un petit carnet où les cavaliers venaient inscrire leur nom, une valse après l’autre. Le carnet appartenait à la danseuse, mais c’étaient les hommes qui l’écrivaient. Julien Duvivier en a tiré un film en 1937, <em>Un carnet de bal</em>&nbsp;: une veuve retrouve celui de son premier bal et part à la recherche des hommes dont il garde les noms. Elle découvre que le temps les a tous changés, et elle avec.</p>
<p>Nous avons repris l’objet en changeant la main qui tient le crayon. Ce carnet-ci, nous l’écrirons nous-mêmes, et les noms qu’on y lira seront surtout ceux de femmes.</p>
<h2 id="pourquoi-ce-journal">Pourquoi ce journal</h2>
<p>La presse féminine a longtemps découpé ses lectrices en tranches. Aux plus jeunes, on explique comment plaire&#8239;; aux autres, comment le cacher. Entre les deux s’étend une zone grise où l’on vous parle de vos enfants, de votre couple et de votre ventre, mais rarement de vous. Passé un certain âge, on disparaît des pages, sauf pour figurer dans la rubrique «&nbsp;anti-âge&nbsp;», ce mot qui fait de la vie elle-même un problème cosmétique.</p>
<p>Nous pensons qu’une femme de dix-sept ans et une femme de quatre-vingts ans peuvent lire le même journal, et même la même page, sans que l’une soit prise pour une enfant ni l’autre pour une relique. Elles ont plus en commun qu’on ne le croit&nbsp;: le goût d’un beau vêtement, la colère devant une injustice, l’envie d’un voyage, une curiosité que rien n’épuise. Elles ont aussi beaucoup à s’apprendre. C’est le sujet de notre premier grand format, <a href="https://carnetdebal.fr/societe/ce-que-chaque-age-sait-que-les-autres-ignorent/">ce que chaque âge sait que les autres ignorent</a>.</p>
<p>Le chiffre de cent dix-sept ans n’est pas une plaisanterie. Quelques femmes l’ont atteint, et même dépassé. Nous aimons l’idée d’un journal dont la lectrice la plus âgée pourrait avoir cent ans de plus que la plus jeune, et que toutes deux y trouvent leur compte.</p>
<blockquote>
<p>Une femme de dix-sept ans et une femme de quatre-vingts ans peuvent lire la même page.</p>
</blockquote>
<h2 id="ce-que-nous-refuserons-d-etre">Ce que nous refuserons d’être</h2>
<p>Nous ne vous vendrons rien. Quand nous citerons une marque, ce sera parce qu’elle appartient à l’histoire du vêtement ou du parfum, jamais parce qu’elle nous l’a demandé.</p>
<p>Nous n’inventerons rien. Pas de citation prêtée à une célébrité qui ne l’a jamais dite, pas de témoignage fabriqué, pas de statistique sans source. Quand un chiffre paraîtra dans nos pages, nous vous dirons d’où il vient&#8239;; quand nous ne serons pas sûres, nous l’écrirons sans chiffre, ou nous ne l’écrirons pas. Cela nous privera de quelques titres spectaculaires. Nous nous en consolerons.</p>
<p>Nous ne vous ferons pas peur. Les pages santé expliqueront, sourceront, et vous renverront vers votre médecin, votre sage-femme ou votre pharmacien chaque fois que ce sera nécessaire, avec les numéros utiles. Aucun régime avant l’été, aucune injonction à rester jeune, aucun reproche de ne plus l’être.</p>
<p>Nous ne vous ferons pas la morale non plus. Vous êtes libres de vous maquiller ou non, de teindre vos cheveux blancs ou de les laisser pousser, de vous marier, de divorcer, de partir seule à Lisbonne ou de rester chez vous avec un bon livre. Nous vous donnerons de quoi choisir, et nous vous laisserons choisir.</p>
<p>Nous publions un horoscope, calculé sur le ciel réel. Nous ne vous demandons pas d’y croire&#8239;; nous vous demandons seulement de ne pas nous en vouloir s’il vous fait sourire.</p>
<p>Enfin, nous tâcherons de ne jamais être ennuyeuses. Un journal sérieux n’a pas à être austère. Il peut être drôle, et frivole quand il le faut, pourvu qu’il dise vrai.</p>
<p>Ce premier numéro paraît à l’avant-veille de la Toussaint, dans cette fin d’octobre où le changement d’heure nous a volé une heure de lumière en fin d’après-midi. Il parle de trench et de rouge à lèvres, de ménopause et de désir, de Joséphine Baker et d’Agnès Varda, d’abbayes et de marchés de Noël. C’est un sommaire désordonné, à l’image d’une vie de femme. Nous espérons que vous y trouverez une page qui n’avait pas été écrite pour votre âge, et que vous la lirez quand même.</p>
<p>Le carnet est ouvert. À vous d’y inscrire votre nom.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/lettre-a-celles-qui-ont-17-ans-et-a-celles-qui-en-ont-117/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>À propos du 8 mars, et des trois cent soixante-quatre autres jours</title><link>https://carnetdebal.fr/a-propos-du-8-mars/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/a-propos-du-8-mars/</guid><pubDate>Tue, 07 Mar 2023 22:31:35 GMT</pubDate><dc:creator>Inès d’Albret</dc:creator><category>Éditorial</category><description>Demain, on nous offrira des fleurs, des réductions sur les crèmes et quelques discours. Nous ne refusons rien, surtout pas les fleurs. Mais le 8 mars s’appelle la journée internationale des droits des femmes, et ce dernier mot n’est pas là pour la décoration.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/a-propos-du-8-mars/1200.jpg" alt="Branches de mimosa couvertes de petites boules jaune vif, au milieu d’un feuillage gris-vert, sous un ciel bleu traversé de branches sombres."></p><p>Demain, on nous souhaitera une bonne fête. Des fleuristes feront de bonnes affaires, des marques de cosmétiques nous accorderont des remises, et quelques messages bien intentionnés célébreront «&nbsp;la femme&nbsp;», au singulier, comme on célèbre une espèce menacée ou un fromage d’appellation. Nous ne refusons rien, et surtout pas les fleurs. Mais il faut bien rappeler, une fois l’an, comment s’appelle cette journée.</p>
<p>En France, son nom officiel est Journée internationale des droits des femmes. Des droits, et des femmes au pluriel. Les deux mots comptent. Le premier rappelle qu’il s’agit d’une affaire de lois et non de galanterie&#8239;; le second, qu’il n’existe pas de femme modèle à fêter, mais des millions de vies différentes.</p>
<h2 id="une-histoire-plus-ouvriere-que-florale">Une histoire plus ouvrière que florale</h2>
<p>L’idée naît en 1910, à Copenhague, lors d’une conférence internationale des femmes socialistes. L’Allemande Clara Zetkin y propose une journée annuelle de mobilisation pour les droits des femmes, et d’abord pour le droit de vote. La date n’est pas encore fixée. Elle le sera par l’histoire&nbsp;: le 8 mars 1917, le 23 février selon le calendrier alors en usage en Russie, des ouvrières de Petrograd descendent dans la rue pour réclamer du pain et la fin de la guerre. Leur grève ouvre la révolution de Février.</p>
<p>On raconte aussi qu’un 8 mars 1857, des couturières new-yorkaises auraient manifesté et que la date viendrait de là. C’est une jolie histoire, mais les historiennes qui l’ont cherchée n’en ont trouvé aucune trace. Il faut se méfier des légendes, même de celles qui nous flattent.</p>
<p>Les Nations unies célèbrent la journée à partir de 1975, et invitent les États à l’adopter en 1977. La France la reconnaît officiellement en 1982, à l’initiative d’Yvette Roudy, alors ministre des Droits de la femme. On lui doit aussi, la même année, le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale, et en 1983 la loi sur l’égalité professionnelle. Une ministre qui fait voter des lois plutôt que des vœux&nbsp;: c’était, déjà, le meilleur usage possible d’un 8 mars.</p>
<h2 id="le-mimosa-et-ce-qu-il-dit">Le mimosa, et ce qu’il dit</h2>
<p>En Italie, depuis 1946, on offre ce jour-là du mimosa. Des militantes de l’Union des femmes italiennes l’avaient choisi parce qu’il fleurit au début de mars et qu’il ne coûte presque rien&nbsp;: une fleur que toutes pouvaient s’offrir. Nous aimons cette origine. Elle rappelle que le symbole avait été choisi par les femmes elles-mêmes, et pour son prix modique, pas pour plaire à qui que ce soit.</p>
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<p>Une journée ne doit pas masquer les trois cent soixante-quatre autres.</p>
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<h2 id="ailleurs-ce-n-est-pas-une-fete">Ailleurs, ce n’est pas une fête</h2>
<p>Chacune vivra ce 8 mars à sa façon. Pour beaucoup d’entre nous, ce sera une journée ordinaire, avec peut-être un bouquet sur le bureau. Pour d’autres, il n’a rien d’une fête. En Iran, depuis la mort de Mahsa Amini en septembre, après son arrestation par la police des mœurs pour un voile jugé mal porté, des femmes et des hommes descendent dans la rue en scandant «&nbsp;Femme, vie, liberté&nbsp;». En Afghanistan, les filles ont été chassées des collèges, des lycées puis des universités. Le 8 mars a été inventé pour elles aussi, et peut-être d’abord pour elles.</p>
<h2 id="ce-que-nous-ferons-des-autres-jours">Ce que nous ferons des autres jours</h2>
<p>Une journée par an ne suffit pas, et personne ne le prétend. Ici, nous avons choisi de parler des droits des femmes toute l’année, sans attendre la date du calendrier. Nous avons commencé, en décembre, par celle qui avait tout écrit avant tout le monde, <a href="https://carnetdebal.fr/ce-quil-faut-savoir-sur-olympe-de-gouges/">Olympe de Gouges</a>, et par <a href="https://carnetdebal.fr/les-droits-de-la-femme-au-xixe-siecle/">ce que la loi faisait des femmes au XIX<sup>e</sup> siècle</a>. Nous continuerons, avec la même exigence&nbsp;: des faits, des dates, des sources, et le moins de slogans possible.</p>
<p>Cela ne nous empêchera pas de lever un verre. Demain, à la rédaction, il y aura des bulles au déjeuner, et nous trinquerons à votre santé, chères lectrices, et à celle de toutes les femmes qui, ailleurs, n’ont pas encore le loisir de trinquer. On peut défendre ses droits et aimer le champagne&#8239;; l’un n’a jamais empêché l’autre.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/a-propos-du-8-mars/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Un mois après l’ouverture du bal, ce que nous voulons construire</title><link>https://carnetdebal.fr/1-mois/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/1-mois/</guid><pubDate>Thu, 02 Feb 2023 21:05:45 GMT</pubDate><dc:creator>Inès d’Albret</dc:creator><category>Éditorial</category><description>Un mois, c’est l’âge où l’on ne sait encore rien faire seule, mais où l’on regarde tout. Le journal est jeune, son sommaire encore mince, et nous le savons. Voici ce que nous voulons en faire, et ce que nous attendons de vous.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/1-mois/1200.jpg" alt="Un talus de sous-bois couvert de perce-neige en fleurs, petites clochettes blanches penchées sur leurs tiges vertes, éclairées par une lumière rasante d’hiver."></p><p>Nous voici le 2 février, jour de la Chandeleur. La fête des chandelles tombe quarante jours après Noël&#8239;; on y faisait autrefois bénir des cierges, on y fait aujourd’hui sauter des crêpes en tenant une pièce dans la main gauche, pour la prospérité de l’année. Il y a un peu plus d’un mois, la veille de Noël, nous <a href="https://carnetdebal.fr/nous-ouvrons-le-bal/">ouvrions le bal</a>. La coïncidence nous plaît&nbsp;: une fête de la lumière pour un premier anniversaire, si modeste soit-il.</p>
<p>Un mois, à l’échelle d’un journal, ce n’est rien. C’est l’âge où l’on ne sait encore rien faire seule, mais où l’on regarde tout avec des yeux immenses. Nous en sommes là.</p>
<h2 id="ce-que-nous-savons-deja">Ce que nous savons déjà</h2>
<p>Nous savons que notre sommaire est encore mince. Inutile de le cacher&nbsp;: vous l’avez vu. Quelques articles sur les droits des femmes, sur la beauté, sur la mode, des éditos, et beaucoup de cases encore vides. Un journal se construit page après page, et nous préférons une page juste à dix pages de remplissage.</p>
<p>Nous savons aussi ce que nous voulons. Écrire pour toutes les femmes, quel que soit leur âge, sans parler aux plus jeunes comme à des enfants ni aux plus âgées comme à des souvenirs. Dire vrai, quitte à dire moins. Parler de rouge à lèvres et de Code civil dans le même numéro, parce que les vies de femmes sont faites ainsi, de choses graves et de choses légères qui se côtoient sans se demander la permission.</p>
<p>Nous avons appris, aussi, que tenir un journal ressemble à tenir une maison. Il y a les grands chantiers, que l’on rêve, et les petits gestes quotidiens, que l’on oublie&nbsp;: vérifier une date, retrouver une source, couper une phrase trop belle pour être vraie. Ce sont les seconds qui font la solidité des premiers. Nous y passons plus de temps que vous ne l’imaginez, et nous ne le regrettons pas.</p>
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<p>Nous préférons une page juste à dix pages de remplissage.</p>
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<h2 id="ce-que-nous-attendons-de-vous">Ce que nous attendons de vous</h2>
<p>Un journal qui ne parle qu’à lui-même finit par s’ennuyer. Le nôtre a besoin de vous, et pas seulement comme lectrices.</p>
<p>Dites-nous ce qui vous plaît, et plus encore ce qui vous manque. Une rubrique que vous chercheriez en vain, un sujet que personne ne traite comme il faudrait, une question qui vous tient éveillée la nuit&nbsp;: écrivez-nous. Nous lirons tout, nous discuterons de tout entre nous, et nous vous dirons ce que nous en faisons.</p>
<p>Et si vous écrivez vous-même, si vous avez un savoir, une colère, une expertise ou simplement un regard, proposez-nous vos textes. Nous ne cherchons pas des plumes parfaites. Nous cherchons des femmes qui ont quelque chose à dire et l’envie de le dire bien. Les timides surtout sont les bienvenues&nbsp;: elles écrivent souvent mieux que celles qui parlent fort.</p>
<h2 id="en-attendant-le-printemps">En attendant le printemps</h2>
<p>L’année a commencé vite, comme toutes les années. Février est le plus court des mois, et l’on a toujours l’impression qu’il passe à la dérobée. Profitons-en. Dans les sous-bois, les perce-neige sont déjà sortis&#8239;; dans quelques semaines viendront les jonquilles, puis le reste.</p>
<p>Il en va des journaux comme des jardins. On plante en hiver des choses qu’on ne verra fleurir qu’au printemps, et l’on vérifie chaque matin, un peu bêtement, si quelque chose a poussé. Merci d’être venues regarder avec nous.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/1-mois/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Nous ouvrons le bal : pourquoi un journal de plus, et pour qui</title><link>https://carnetdebal.fr/nous-ouvrons-le-bal/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/nous-ouvrons-le-bal/</guid><pubDate>Sat, 24 Dec 2022 13:17:45 GMT</pubDate><dc:creator>Inès d’Albret</dc:creator><category>Éditorial</category><description>Pendant que vous prépariez le réveillon, nous préparions ce journal. Encore un site ? Oui, parce que celui que nous voulions lire n’existait pas. Voici pourquoi nous ouvrons le bal, et pourquoi nous voulons y faire danser toutes les femmes, de dix-sept à cent dix-sept ans.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/nous-ouvrons-le-bal/1200.jpg" alt="Une grande salle de bal vénitienne, vide, au plafond peint de fresques et aux murs ornés de trompe-l’œil, éclairée par un immense lustre doré en bois sculpté et des fenêtres voilées de rideaux blancs."></p><p>Pendant que vous couriez les magasins, cherchiez des huîtres et des marrons, emballiez des cadeaux à minuit en vous jurant de vous y prendre plus tôt l’an prochain, nous étions penchées sur nos claviers. Nous finissions ce journal. Il ouvre aujourd’hui, la veille de Noël, ce qui n’est pas très raisonnable. Nous l’avons fait quand même&nbsp;: on n’ouvre jamais un bal au bon moment.</p>
<h2 id="encore-un-site">Encore un site</h2>
<p>J’entends déjà la question, posée avec ce mélange de lassitude et de malice qu’on réserve aux évidences&nbsp;: encore un site&#8239;? Oui, encore un. Nous ne prétendons pas réinventer la presse. Nous avons simplement cherché, longtemps, le journal que nous voulions lire, et nous ne l’avons pas trouvé. Plutôt que d’attendre que d’autres l’écrivent, nous nous y sommes mises.</p>
<p>Ce journal, nous le voulions pour toutes les femmes, sans tranches d’âge. La presse féminine nous a habituées à un curieux découpage&nbsp;: aux plus jeunes, on apprend à plaire&#8239;; aux autres, on apprend à le cacher, avant de cesser tout à fait de leur parler. Nous pensons qu’une femme de dix-sept ans et une femme de quatre-vingts ans peuvent lire la même page sans que l’une soit prise pour une enfant ni l’autre pour une relique. Le chiffre de cent dix-sept ans n’est pas une plaisanterie&#8239;; quelques femmes l’ont atteint, et nous aimerions qu’elles nous lisent aussi.</p>
<h2 id="le-bal-et-ce-qu-on-y-apprend">Le bal, et ce qu’on y apprend</h2>
<p>Le titre de ce journal a son histoire. Autrefois, avant un bal, on remettait aux jeunes filles un petit carnet où les cavaliers venaient inscrire leur nom, danse après danse. La littérature en est pleine. Emma Bovary n’est allée qu’à un seul bal, au château de la Vaubyessard, et elle ne s’en est jamais remise&nbsp;: elle en rapporte un étui à cigares, ramassé sur la route, qu’elle croit être celui du vicomte avec qui elle a valsé, et qu’elle contemple ensuite en secret comme un trésor. Natacha Rostov, dans <em>Guerre et Paix</em>, attend avec angoisse qu’on l’invite à son premier bal, jusqu’à ce que le prince André traverse la salle pour elle.</p>
<p>Ces héroïnes attendaient qu’on vienne les chercher. Nous avons gardé le carnet et changé la main qui tient le crayon. Ici, ce sont les femmes qui écrivent les noms, les leurs et ceux des autres.</p>
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<p>Nous avons gardé le carnet et changé la main qui tient le crayon.</p>
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<h2 id="ce-que-vous-trouverez-ici">Ce que vous trouverez ici</h2>
<p>Nous parlerons de tout ce qui fait une vie&nbsp;: de mode et de beauté, de droits et d’histoire, d’amour, de travail, de livres, de voyages. Avec le même sérieux pour le rouge à lèvres que pour le Code civil, et la même légèreté, quand elle s’impose, pour l’un comme pour l’autre. Nous tâcherons de dire vrai, de citer nos sources, de ne rien vous vendre, et de ne jamais vous ennuyer. C’est beaucoup promettre. Jugez-nous sur pièces.</p>
<p>Le début sera modeste. Un journal se construit page après page, et nous en ajouterons au fil des jours. Nos premières pages sont consacrées à <a href="https://carnetdebal.fr/ce-quil-faut-savoir-sur-olympe-de-gouges/">Olympe de Gouges</a>, qui réclamait dès 1791 que les femmes puissent monter à la tribune, et à <a href="https://carnetdebal.fr/les-droits-de-la-femme-au-xixe-siecle/">ce que le XIX<sup>e</sup> siècle faisait des droits des femmes</a>. Il nous a semblé juste de commencer par celles qui ont ouvert le bal avant nous.</p>
<h2 id="une-invitation">Une invitation</h2>
<p>Ce journal sera aussi le vôtre. Écrivez-nous&nbsp;: dites-nous ce qui vous plaît, ce qui vous manque, ce que vous aimeriez lire. Et si vous vous sentez l’âme d’une rédactrice, si vous avez une colère, un savoir ou une histoire à raconter, proposez-nous vos textes. Nous les lirons tous.</p>
<p>Il est temps de vous laisser à vos fourneaux, à votre famille, à votre solitude choisie ou à votre plateau-repas devant un vieux film, car Noël se vit de bien des manières. Au nom de toute l’équipe, je vous souhaite de belles fêtes, et la bienvenue dans notre Carnet de Bal. La piste est ouverte.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/nous-ouvrons-le-bal/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item></channel></rss>