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<rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"><channel><title>Carnet de Bal — Amour &amp; sexo</title><link>https://carnetdebal.fr/amour/</link><description>Couple, désir, rencontres : parlons-en franchement.</description><language>fr-FR</language><copyright>© Denis Florent Media Group SRL</copyright><lastBuildDate>Fri, 30 Oct 2026 18:02:34 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://carnetdebal.fr/amour/rss.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><image><url>https://carnetdebal.fr/icon-512.png</url><title>Carnet de Bal — Amour &amp; sexo</title><link>https://carnetdebal.fr/amour/</link></image><item><title>Fatigue des applications de rencontre : comment s’en sortir</title><link>https://carnetdebal.fr/amour/fatigue-des-applications-de-rencontre-comment-s-en-sortir/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/amour/fatigue-des-applications-de-rencontre-comment-s-en-sortir/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 12:24:00 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Le pouce qui fait défiler des visages, les conversations qui meurent au troisième message, les disparitions sans un mot : la fatigue des applications de rencontre a des causes précises. Ce qu’en disent les chercheurs, comment s’en servir sans s’y user, et où rencontrer quelqu’un loin de l’écran.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/fatigue-des-applications-de-rencontre-comment-s-en-sortir/1200.jpg" alt="Dans une chambre plongée dans la pénombre bleutée, une femme allongée sur son lit, vue de dos, regarde l’écran allumé de son téléphone devant une fenêtre ouverte sur les lumières floues de la ville."></p><p>Dimanche, 23 heures. Vous êtes au lit, le pouce fait défiler des visages. À gauche, à gauche, à droite, à gauche. Un homme pose avec un poisson. Un autre avec un tigre étrangement placide. Un troisième a mis trois photos de lunettes de soleil et aucune de ses yeux. Une correspondance enfin, un échange qui démarre bien, puis s’arrête net au quatrième message, sans explication. Vous éteignez l’écran avec une sensation précise&nbsp;: celle d’avoir travaillé deux heures sans être payée.</p>
<p>Ce découragement a un nom chez les Anglo-Saxons, le <em>dating app burnout</em>. Ce n’est pas un diagnostic, mais l’expression parle à beaucoup de célibataires, à vingt-cinq comme à soixante ans. Rassurez-vous, la lassitude n’a rien de personnel. Elle tient en grande partie à la façon dont ces outils sont conçus.</p>
<h2 id="pourquoi-le-swipe-epuise">Pourquoi le swipe épuise</h2>
<p>Le geste du balayage, popularisé par Tinder, lancé en 2012, a transformé la rencontre en jeu. Un jeu dont la récompense, la fameuse correspondance, tombe de façon imprévisible. Les psychologues connaissent ce mécanisme depuis les travaux de B. F. Skinner au milieu du XX<sup>e</sup> siècle&nbsp;: une récompense irrégulière entretient un comportement beaucoup plus solidement qu’une récompense prévisible. C’est le principe des machines à sous. On continue de tirer le levier parce que, peut-être, la prochaine fois…</p>
<p>S’ajoute l’abondance. En 2020, les psychologues néerlandais Tila Pronk et Jaap Denissen ont publié dans la revue <em>Social Psychological and Personality Science</em> une étude au titre éloquent sur un «&nbsp;état d’esprit de rejet&nbsp;». Les participants, qui parcouraient des profils de rencontre, devenaient de plus en plus enclins à les refuser à mesure qu’ils avançaient. Plus on fait défiler, plus on dit non. Et plus on dit non, plus on se persuade que la bonne personne se trouve forcément trois profils plus loin.</p>
<p>La sociologue Eva Illouz, dans <em>Pourquoi l’amour fait mal</em> (2012), décrivait déjà comment l’excès de choix rend l’engagement plus difficile&nbsp;: quand tout semble possible, choisir revient à renoncer à tout le reste. Les applications ont industrialisé ce dilemme.</p>
<p>Enfin, il y a l’usure de soi. Se présenter en cinq photos et trois lignes, guetter les réactions, encaisser les silences&nbsp;: on finit par se regarder comme un produit en vitrine. Le «&nbsp;ghosting&nbsp;», cette disparition sans un mot, ajoute une incertitude particulièrement pénible. On ne sait jamais si l’on a dit quelque chose de travers ou si l’autre a simplement rencontré quelqu’un, perdu son téléphone ou changé d’humeur.</p>
<blockquote>
<p>Une application de rencontre ne vous doit rien, et vous ne lui devez pas vos dimanches soir.</p>
</blockquote>
<h2 id="les-applis-n-ont-pas-tout-change">Les applis n’ont pas tout changé</h2>
<p>La sociologue Marie Bergström, chercheuse à l’Institut national d’études démographiques (INED), a consacré à ces outils un livre de référence, <em>Les Nouvelles Lois de l’amour</em> (La Découverte, 2019). Elle y montre notamment que la rencontre en ligne se déroule à l’écart de l’entourage&nbsp;: on y fait connaissance sans témoins, hors des amis, de la famille ou des collègues qui, autrefois, présentaient les gens les uns aux autres. Cette discrétion séduit. Elle a aussi un prix, puisque personne n’est là pour recommander, rassurer ou mettre en garde.</p>
<p>Ses travaux rappellent surtout une chose qu’on oublie facilement à force d’en entendre parler&nbsp;: les applications n’ont pas remplacé les autres lieux de rencontre. Les amis, le travail, les études, les loisirs continuent de faire naître une grande partie des couples. Si les applis vous épuisent, vous ne renoncez pas à l’amour en les fermant. Vous changez de chemin.</p>
<h2 id="utiliser-les-applis-sans-s-y-user">Utiliser les applis sans s’y user</h2>
<p>Rien n’oblige à tout supprimer. Mais quelques règles changent l’expérience du tout au tout.</p>
<p><strong>Limitez le temps.</strong> Vingt minutes par jour, à heure fixe, de préférence pas au lit. Désactivez les notifications&nbsp;: c’est vous qui ouvrez l’application, pas elle qui vous appelle.</p>
<p><strong>Ralentissez.</strong> Lisez les profils jusqu’au bout. Mieux vaut cinq profils examinés avec attention que cent balayés par réflexe. L’étude de Pronk et Denissen suggère que l’on devient plus sévère à mesure qu’on enchaîne.</p>
<p><strong>Écrivez de vrais premiers messages.</strong> Une question qui montre que vous avez lu&nbsp;: le livre en photo, la ville citée, la passion pour les champignons. Les «&nbsp;Salut ça va&nbsp;» appellent des «&nbsp;Ça va et toi&nbsp;», et la conversation meurt de politesse.</p>
<p><strong>Passez vite au réel.</strong> Un appel au bout de quelques jours, un café dans les deux semaines. Les correspondances qui s’éternisent fabriquent un personnage idéal que la rencontre réelle ne peut que décevoir.</p>
<p><strong>Dites ce que vous cherchez.</strong> Une relation durable, une aventure, une compagnie pour les sorties&nbsp;: l’écrire dans votre profil fait fuir ceux qui cherchent autre chose, et c’est tant mieux.</p>
<p><strong>Faites des pauses.</strong> Un mois sans application, sans culpabilité. Elles seront toujours là au retour, et vous les regarderez autrement.</p>
<p>Et quand quelqu’un ne vous intéresse pas, un message bref et courtois vaut mieux qu’un silence. Ce que vous n’aimez pas subir, ne l’infligez pas. Si le refus vous coûte, notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/psycho/savoir-dire-non-sans-se-justifier/">l’art de dire non sans se justifier</a> pourrait vous servir.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Premier rendez-vous&nbsp;: les règles de prudence</p><ul>
<li>Choisissez un lieu public et animé, et venez par vos propres moyens.</li>
<li>Prévenez une amie&nbsp;: où, avec qui, à quelle heure vous comptez rentrer.</li>
<li>Ne donnez pas votre adresse avant d’avoir confiance.</li>
<li>N’envoyez jamais d’argent à quelqu’un que vous n’avez pas rencontré, quelle que soit l’histoire racontée&nbsp;: c’est le schéma classique des arnaques sentimentales.</li>
<li>En cas de danger&nbsp;: 17 ou 112. Violences&nbsp;: 3919, gratuit et anonyme.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="rencontrer-quelqu-un-hors-de-l-ecran">Rencontrer quelqu’un hors de l’écran</h2>
<p>Les lieux de rencontre d’avant n’ont pas disparu&#8239;; on a seulement perdu l’habitude d’y aller avec cette idée en tête. Les activités régulières restent les plus fécondes, parce qu’elles permettent de se revoir sans avoir à le décider&nbsp;: une chorale, un club de randonnée, un cours de danse, du rock au tango en passant par le bal folk, un atelier de théâtre, du bénévolat. On y découvre les gens tels qu’ils sont, en action, et non tels qu’ils se décrivent. C’est aussi ainsi qu’on se fait des amies, comme nous l’expliquons dans <a href="https://carnetdebal.fr/psycho/l-amitie-entre-femmes-apres-quarante-ans/">notre article sur l’amitié entre femmes après quarante ans</a>, et les amies ont des amis.</p>
<p>Osez aussi l’entremise, cette vieille pratique tombée en désuétude. Dites autour de vous que vous aimeriez rencontrer quelqu’un. Beaucoup de proches n’attendent que cette permission pour organiser le dîner où ils vous placeront à côté d’un cousin, d’une collègue, d’un voisin. Le procédé a fait ses preuves pendant des siècles, et la recommandation d’une personne de confiance vaut bien un algorithme.</p>
<p>Les soirées de speed dating, enfin, ont l’avantage de réunir des gens qui sont tous venus pour la même raison, en chair et en os. Sept minutes face à quelqu’un en disent souvent plus long que trois semaines de messages.</p>
<p>Si vous avez dépassé la cinquantaine, certaines questions se posent autrement, des enfants adultes au patrimoine&nbsp;: nous y consacrons un article, <a href="https://carnetdebal.fr/amour/aimer-apres-cinquante-ans-ce-qui-change-et-ce-qui-ne-change-pas/">Aimer après cinquante ans</a>.</p>
<p>Un dernier mot, puisque la fatigue finit toujours par poser la question&nbsp;: et si vous restiez seule, au fond&#8239;? C’est une possibilité qui mérite d’être regardée sans effroi. Le célibat n’est pas une salle d’attente. Paradoxalement, c’est souvent en cessant de chercher à tout prix qu’on redevient disponible, curieuse, drôle, bref, quelqu’un qu’on a envie de rencontrer.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/fatigue-des-applications-de-rencontre-comment-s-en-sortir/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Ménopause et sexualité : ce que personne ne vous a dit</title><link>https://carnetdebal.fr/amour/menopause-et-sexualite-ce-que-personne-ne-vous-a-dit/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/amour/menopause-et-sexualite-ce-que-personne-ne-vous-a-dit/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 10:38:00 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>On vous a parlé des bouffées de chaleur, rarement de ce qui se passe sous la couette. Ménopause et sexualité font pourtant bon ménage, à condition de savoir ce qui change dans le corps, ce qui se soigne très bien, et ce que cette nouvelle étape peut avoir de libérateur.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/menopause-et-sexualite-ce-que-personne-ne-vous-a-dit/1200.jpg" alt="Sur une branche de figuier, une figue violette mûre, fendue, laisse voir sa chair rouge entre les grandes feuilles vertes."></p><p>Pour les règles, il y avait eu la brochure distribuée au collège. Pour la grossesse, les cours de préparation, les livres empilés sur la table de nuit, les conseils non sollicités des voisines. Pour la ménopause, on vous a parlé des bouffées de chaleur, éventuellement des os, et puis plus rien. Personne ne vous a expliqué qu’un soir, un geste qui vous faisait du bien depuis trente ans pourrait se mettre à brûler. Ni que cela se soigne, et plutôt bien.</p>
<p>Parlons-en donc franchement, entre adultes. Rien de ce qui suit ne remplace une consultation, mais tout cela vous aidera à la préparer, et à ne plus vous contenter d’un «&nbsp;c’est l’âge, madame&nbsp;».</p>
<h2 id="ce-qui-se-passe-vraiment-dans-le-corps">Ce qui se passe vraiment dans le corps</h2>
<p>La ménopause est officiellement atteinte après douze mois consécutifs sans règles, autour de cinquante et un ans en moyenne en France. Elle est précédée de plusieurs années de périménopause, où les cycles se dérèglent et où les premiers signes apparaissent. Au cœur de tout cela, la chute des œstrogènes.</p>
<p>Or ces hormones entretiennent les tissus de la vulve et du vagin&nbsp;: leur épaisseur, leur élasticité, leur irrigation, leur capacité à se lubrifier. Quand elles baissent, les muqueuses s’affinent, deviennent plus fragiles, moins souples. Il en résulte une sécheresse, des démangeaisons, des sensations de brûlure, et parfois des douleurs pendant les rapports, que les médecins appellent dyspareunie. La vessie et l’urètre, sensibles aux mêmes hormones, peuvent suivre&nbsp;: envies pressantes, infections urinaires plus fréquentes.</p>
<p>En 2014, deux sociétés savantes, la North American Menopause Society et l’International Society for the Study of Women’s Sexual Health, ont proposé de regrouper ces troubles sous un nom moins humiliant que l’ancienne «&nbsp;atrophie vulvo-vaginale&nbsp;»&nbsp;: le syndrome génito-urinaire de la ménopause. Ce changement de nom compte. Il rappelle qu’il s’agit d’un problème médical, sans rien de honteux. Et il comporte une information capitale&nbsp;: contrairement aux bouffées de chaleur, qui finissent souvent par s’apaiser, ces symptômes ont tendance à persister, voire à s’aggraver, si on ne les traite pas. Attendre que ça passe n’est donc pas une stratégie.</p>
<h2 id="la-libido-une-affaire-plus-compliquee-qu-une-hormone">La libido, une affaire plus compliquée qu’une hormone</h2>
<p>Faut-il s’attendre à perdre tout désir&#8239;? Non. Certaines femmes voient leur libido baisser, d’autres ne remarquent aucun changement, d’autres encore la sentent se réveiller. Le désir n’obéit pas à une seule hormone&nbsp;: il dépend du sommeil, que les sueurs nocturnes peuvent saccager, de l’humeur, de l’image que l’on a de son corps, de la qualité de la relation, de la santé du partenaire. Et de la douleur, bien sûr. Quand chaque rapport fait mal, le cerveau apprend vite à ne plus en avoir envie. Le corps se protège, voilà tout&#8239;; la «&nbsp;frigidité&nbsp;» n’a rien à y voir.</p>
<p>La sexologue Emily Nagoski, dans <em>Come as You Are</em> (2015), insiste sur une notion qui soulage beaucoup de femmes&nbsp;: la «&nbsp;non-concordance&nbsp;» de l’excitation. Ce que fait le corps et ce que ressent la tête ne coïncident pas toujours. Chez une femme ménopausée, cela signifie concrètement qu’on peut avoir très envie et rester sèche. La lubrification ne mesure pas le désir.</p>
<blockquote>
<p>Une muqueuse sèche ne dit rien de votre désir, et elle se soigne.</p>
</blockquote>
<p>Si vous vous reconnaissez dans cette mécanique de l’envie qui ne vient plus toute seule, notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/">le désir dans les couples qui durent</a> explique la différence entre désir spontané et désir réactif. Elle vaut à tout âge, et peut-être plus encore après cinquante ans.</p>
<h2 id="les-solutions-de-la-pharmacie-au-cabinet-medical">Les solutions, de la pharmacie au cabinet médical</h2>
<p><strong>Les lubrifiants</strong> s’utilisent au moment du rapport. Ceux à base d’eau sont compatibles avec tous les préservatifs et tous les jouets, mais sèchent assez vite. Ceux à base de silicone durent plus longtemps et conviennent aux préservatifs en latex, mais pas aux jouets en silicone, qu’ils peuvent abîmer. Les huiles, elles, fragilisent le latex&nbsp;: à proscrire avec un préservatif.</p>
<p><strong>Les hydratants vaginaux</strong> fonctionnent autrement. Ils s’appliquent régulièrement, plusieurs fois par semaine, indépendamment de toute activité sexuelle, comme une crème pour le visage. Beaucoup contiennent de l’acide hyaluronique. Ils améliorent le confort au quotidien.</p>
<p><strong>Les traitements hormonaux locaux</strong> se discutent avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme. Il s’agit d’œstrogènes à très faible dose, sous forme d’ovules, de crème ou d’anneau vaginal, qui agissent sur place et aident les tissus à retrouver épaisseur et souplesse. D’autres options existent selon les situations. Un antécédent de cancer du sein, en particulier, impose un avis spécialisé avant tout traitement. Pour le traitement hormonal de la ménopause par voie générale, prescrit quand d’autres symptômes le justifient, notre rubrique santé fait le point dans <a href="https://carnetdebal.fr/sante/menopause-les-symptomes-qu-on-ne-vous-annonce-pas/">Ménopause&nbsp;: les symptômes qu’on ne vous annonce pas</a>.</p>
<p><strong>La rééducation du périnée</strong>, avec une sage-femme ou un kinésithérapeute, aide quand les muscles se sont crispés à force d’anticiper la douleur, ou au contraire relâchés.</p>
<p>Quant au laser vaginal, proposé à grand renfort de promesses dans certains cabinets, les preuves de son efficacité à long terme restent insuffisantes. Avant de signer un devis, demandez un deuxième avis.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">À dire à votre médecin</p><ul>
<li>Les symptômes précis&nbsp;: sécheresse, brûlures, douleurs, saignements après un rapport, troubles urinaires.</li>
<li>Depuis quand, et ce que vous avez déjà essayé.</li>
<li>Vos antécédents, notamment de cancer du sein ou de thrombose.</li>
<li>La contraception&nbsp;: elle reste nécessaire jusqu’à un an sans règles après cinquante ans, deux ans avant cinquante ans. Faites-le confirmer.</li>
<li>Un saignement après la ménopause doit toujours être signalé, sans attendre.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="reinventer-le-sexe-ou-simplement-l-elargir">Réinventer le sexe, ou simplement l’élargir</h2>
<p>La ménopause oblige souvent à quitter le pilote automatique. Bonne occasion de vérifier une chose&nbsp;: la pénétration n’a jamais été l’alpha et l’oméga de la sexualité. Les caresses, la bouche, les mains, le temps passé, les jouets, qui compensent très bien une sensibilité qui s’émousse, ont autant droit de cité. Prendre plus de temps avant tout rapport aide aussi&nbsp;: l’excitation augmente l’afflux de sang vers la vulve et le vagin, et donc le confort.</p>
<p>Le partenaire, s’il y en a un, vit souvent ses propres changements. Chez les hommes de la même génération, les érections deviennent moins fiables, et la gêne se cache parfois derrière un silence que l’on prend pour du désintérêt. Une conversation honnête, hors de la chambre, évite bien des malentendus de part et d’autre.</p>
<p>Et une règle, une seule, sans exception&nbsp;: ne serrez jamais les dents. Un rapport douloureux n’est ni un devoir conjugal ni une fatalité de l’âge. Arrêtez-vous, et consultez.</p>
<h2 id="une-liberte-que-personne-ne-vous-avait-vantee">Une liberté que personne ne vous avait vantée</h2>
<p>Il y a, enfin, ce que personne ne vous a dit parce que cela ne se vend pas en pharmacie. Plus de règles. Plus de grossesse à craindre, une fois la contraception arrêtée sur avis médical. Des enfants souvent grands, une connaissance de son corps que l’on n’avait pas à vingt-cinq ans, et une certaine indifférence aux injonctions. En 1991, l’essayiste australienne Germaine Greer consacrait à ce passage un livre, <em>The Change</em>, qui invitait les femmes à le vivre comme une libération plutôt que comme une perte.</p>
<p>La sexualité d’après peut n’avoir pas grand-chose à voir avec celle d’avant. Plus lente, plus bavarde, plus inventive, débarrassée de la peur de tomber enceinte et du souci de la performance. C’est ce que nous vous souhaitons, sécheresse soignée comprise.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/menopause-et-sexualite-ce-que-personne-ne-vous-a-dit/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Aimer après cinquante ans : ce qui change, et ce qui ne change pas</title><link>https://carnetdebal.fr/amour/aimer-apres-cinquante-ans-ce-qui-change-et-ce-qui-ne-change-pas/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/amour/aimer-apres-cinquante-ans-ce-qui-change-et-ce-qui-ne-change-pas/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 08:39:00 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>On ne tombe pas amoureuse à cinquante-huit ans comme à vingt-cinq : il y a des enfants adultes, une maison, des habitudes et parfois un veuvage. Mais le trac du premier rendez-vous, lui, n’a pas pris une ride. Aimer après cinquante ans, mode d’emploi franc et tendre.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/aimer-apres-cinquante-ans-ce-qui-change-et-ce-qui-ne-change-pas/1200.jpg" alt="Vus de dos, un homme et une femme âgés, coiffés de chapeaux de paille, sont assis sur un banc face à une vaste étendue d’eau bordée de montagnes ; un chien roux est couché à côté du banc."></p><p>Elle a cinquante-sept ans, deux enfants qui ont quitté la maison, un divorce derrière elle, et elle vient d’accepter un deuxième dîner avec un homme rencontré au club de randonnée. Elle a changé trois fois de chemisier. Elle a pensé à annuler. Elle s’est trouvée ridicule d’avoir le cœur qui bat comme à dix-sept ans, puis elle s’est dit que c’était plutôt bon signe.</p>
<p>Ce personnage n’existe pas, mais vous la connaissez sans doute. Peut-être même lui ressemblez-vous. Les histoires d’amour après cinquante ans n’ont rien d’exceptionnel, et pourtant on en parle comme d’une curiosité, avec un petit sourire en coin. Parlons-en plutôt sérieusement, ce qui n’empêche pas d’en sourire.</p>
<h2 id="la-rencontre-a-change-de-decor">La rencontre a changé de décor</h2>
<p>Il y a d’abord une réalité démographique. Les séparations tardives sont devenues fréquentes. Aux États-Unis, les sociologues Susan Brown et I-Fen Lin ont montré en 2012 que le taux de divorce des plus de cinquante ans avait doublé entre 1990 et 2010. Elles parlent de «&nbsp;gray divorce&nbsp;», le divorce aux cheveux gris. À cela s’ajoutent les veuvages, et une espérance de vie qui laisse devant soi, à cinquante-cinq ans, de longues années à vivre. Assez pour une nouvelle histoire, voire deux.</p>
<p>Où se rencontre-t-on&#8239;? Un peu partout, et surtout là où l’on fait quelque chose ensemble&nbsp;: une association, une chorale, un cours de danse, un voyage en groupe, le cercle d’amis d’amis. Les sites et applications de rencontre attirent aussi beaucoup de quinquagénaires et de sexagénaires, avec leurs bonheurs et leurs lassitudes&#8239;; nous leur consacrons un article à part, sur <a href="https://carnetdebal.fr/amour/fatigue-des-applications-de-rencontre-comment-s-en-sortir/">la fatigue des applications de rencontre</a>.</p>
<p>Ce qui change le plus, c’est vous. À cinquante ans passés, on sait à peu près ce qu’on ne supporte plus. On n’a plus de projet de bébé à caser dans un calendrier, plus de carrière à construire en urgence. On peut se permettre de demander dès le troisième rendez-vous&nbsp;: que cherches-tu, au juste&#8239;? Une compagnie pour les dimanches, un amoureux du vendredi soir, quelqu’un avec qui vieillir&#8239;? Toutes ces réponses sont légitimes. Mieux vaut seulement qu’elles concordent.</p>
<h2 id="les-enfants-meme-adultes-restent-des-enfants">Les enfants, même adultes, restent des enfants</h2>
<p>On imagine que des enfants de trente ans accueilleront avec philosophie la nouvelle histoire de leur mère. C’est parfois le cas. C’est parfois aussi le moment où une fille de trente-deux ans se met à bouder comme à douze.</p>
<p>Les ressorts sont connus. La loyauté envers l’autre parent, surtout après un veuvage, quand le nouveau venu semble prendre une place sacrée. La peur, rarement avouée, pour l’héritage. Une gêne aussi, toute simple&nbsp;: il n’est jamais facile de voir ses parents comme des êtres qui désirent.</p>
<p>Quelques principes aident. Annoncer plutôt que demander la permission&nbsp;: vous n’avez pas à obtenir leur bénédiction, mais vous leur devez la franchise. Laisser du temps avant les grandes présentations, et choisir un terrain neutre, un déjeuner au restaurant plutôt qu’un Noël en famille. Ne pas exiger qu’ils aiment d’emblée la personne que vous aimez. Et rassurer, par des actes plutôt que par des promesses, sur la question du patrimoine.</p>
<h2 id="parler-d-argent-sans-tuer-l-amour">Parler d’argent sans tuer l’amour</h2>
<p>C’est le chapitre que personne n’aime ouvrir, et pourtant il protège tout le monde. Après cinquante ans, chacun arrive avec un logement, une épargne, une retraite à venir, des enfants à qui l’on veut transmettre. Le cadre juridique choisi change tout.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Mariage, pacs, union libre&nbsp;: ce qui change</p><ul>
<li><strong>Mariage</strong>&nbsp;: le conjoint survivant est héritier et exonéré de droits de succession. Il peut, sous conditions, toucher une pension de réversion. Le contrat de mariage, souvent la séparation de biens à cet âge, se signe chez le notaire.</li>
<li><strong>Pacs</strong>&nbsp;: le partenaire n’hérite pas sans testament. S’il est désigné par testament, il est exonéré de droits de succession. Pas de pension de réversion.</li>
<li><strong>Union libre</strong>&nbsp;: aucun droit à l’héritage. Ce que l’on lègue à son concubin par testament est taxé à 60&nbsp;%, après un faible abattement.</li>
<li><strong>Dans tous les cas</strong>, les enfants restent héritiers réservataires&nbsp;: on ne peut pas les déshériter entièrement.</li>
<li>Ces règles sont complexes et évoluent&nbsp;: un rendez-vous chez le notaire s’impose avant toute décision.</li>
</ul>
</blockquote>
<p>Ces règles ont des conséquences très concrètes. Une femme qui s’installe dans la maison de son compagnon, sans mariage ni testament, peut se retrouver à devoir la quitter s’il meurt, face à des enfants qui ne la connaissent qu’à peine. À l’inverse, un remariage sans précaution peut léser les enfants d’une première union. Le notaire a mauvaise réputation chez les romantiques. C’est pourtant lui qui permet souvent à une histoire d’amour de ne pas finir au tribunal.</p>
<h2 id="vivre-ensemble-ou-chacun-chez-soi">Vivre ensemble, ou chacun chez soi</h2>
<p>Voici peut-être la plus grande liberté de l’amour tardif&nbsp;: rien n’oblige à partager le même toit. Les sociologues parlent de couples «&nbsp;non cohabitants&nbsp;», les Anglo-Saxons de <em>living apart together</em>. Chacun garde son appartement, ses habitudes, son désordre ou son ordre maniaque, sa chambre pour accueillir les petits-enfants. On se retrouve le week-end, ou trois soirs par semaine, ou pour les vacances.</p>
<p>Ce choix n’a rien d’un amour au rabais. Il évite de mêler les patrimoines, ménage les susceptibilités familiales et préserve ce qui a pris des années à se construire. Il entretient aussi, Esther Perel ne dirait pas le contraire, ce petit espace dont le désir a besoin&nbsp;: nous en parlons dans <a href="https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/">notre article sur le désir dans les couples qui durent</a>.</p>
<p>Celles qui choisissent la vie commune ont tout à gagner à discuter des détails avant le déménagement, sans romantisme. Qui paie quoi, à qui appartient quoi, dans quelle ville, avec quels meubles. Et la chambre à part, si l’un ronfle et que l’autre lit jusqu’à 2 heures du matin&nbsp;: elle n’a jamais signé la fin d’une histoire, elle en a peut-être sauvé quelques-unes.</p>
<h2 id="le-desir-toujours-la">Le désir, toujours là</h2>
<p>On voudrait nous faire croire que la sexualité prend sa retraite à soixante ans. Elle change de rythme, voilà tout. Le corps a ses nouvelles exigences&nbsp;: les érections sont moins automatiques chez lui, la lubrification moins spontanée chez elle après la ménopause, et tout prend un peu plus de temps. Ce temps, justement, beaucoup de femmes le découvrent avec plaisir. On ne se presse plus, on se parle davantage, et l’on rit plus volontiers des maladresses.</p>
<p>Un mot moins glamour, mais nécessaire&nbsp;: le préservatif n’est pas réservé aux jeunes. L’absence de risque de grossesse ne protège d’aucune infection sexuellement transmissible. Un dépistage à deux en début de relation, chez son médecin ou dans un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), relève du soin mutuel plutôt que de la méfiance. Pour les questions liées aux bouleversements hormonaux, notre article <a href="https://carnetdebal.fr/amour/menopause-et-sexualite-ce-que-personne-ne-vous-a-dit/">Ménopause et sexualité&nbsp;: ce que personne ne vous a dit</a> entre dans le détail.</p>
<blockquote>
<p>À cinquante-cinq ans, rencontrer quelqu’un, c’est rencontrer une vie entière, avec ses enfants, ses morts et ses meubles.</p>
</blockquote>
<h2 id="ce-qui-ne-change-pas">Ce qui ne change pas</h2>
<p>En 1988, Benoîte Groult, alors âgée de soixante-huit ans, publiait <em>Les Vaisseaux du cœur</em>, l’histoire d’un amour charnel qui traverse les décennies entre une intellectuelle parisienne et un marin breton. Les scènes d’amour firent jaser&nbsp;: une femme de cet âge écrivait le désir sans détour. Le livre devint un succès. Il rappelait une évidence qu’on oublie volontiers&nbsp;: l’envie d’être choisie, regardée, touchée ne dépend pas de la date de naissance.</p>
<p>Le trac du premier rendez-vous non plus. Ni l’attente d’un message, ni le plaisir idiot de penser à quelqu’un en faisant ses courses. La femme au chemisier changé trois fois a eu raison d’y aller. La suite ne regarde qu’elle.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/aimer-apres-cinquante-ans-ce-qui-change-et-ce-qui-ne-change-pas/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Le désir dans les couples qui durent : ce qu’on ne vous a pas expliqué</title><link>https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2026 06:35:00 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Au bout de dix ou vingt ans, l’envie ne surgit plus au détour d’un couloir, et l’on se demande ce qui cloche. Rien, souvent. Le désir dans le couple qui dure fonctionne autrement, et les travaux d’Emily Nagoski et d’Esther Perel aident à le comprendre, puis à le réveiller.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/1200.jpg" alt="Gros plan sur deux mains entrelacées, celle d’un homme portant une montre à bracelet de cuir et celle d’une femme en veste de cuir noir, devant un mur bleu."></p><p>Au début, il suffisait d’un rien. Un regard au-dessus d’une assiette, une main sur une hanche dans la cuisine, et la soirée prenait un autre tour. Dix ans, deux enfants et un crédit immobilier plus tard, vous vous aimez toujours, vous riez encore ensemble, et pourtant l’envie ne vient plus toute seule. Vous vous couchez en pensant au rendez-vous chez l’orthodontiste. Lui, ou elle, aussi. Et chacun se demande en silence si le couple est en train de s’éteindre.</p>
<p>Commençons par une bonne nouvelle&nbsp;: vous n’êtes probablement pas en panne. Vous découvrez simplement que le désir des débuts et celui des couples qui durent ne suivent pas la même mécanique. Personne ne vous l’avait expliqué, voilà tout.</p>
<h2 id="desir-spontane-desir-reactif-deux-facons-normales-d-avoir-en">Désir spontané, désir réactif&nbsp;: deux façons normales d’avoir envie</h2>
<p>Pendant longtemps, la sexologie a décrit la sexualité comme une ligne droite. Les chercheurs américains William Masters et Virginia Johnson, dans les années 1960, l’avaient découpée en phases&nbsp;: excitation, plateau, orgasme, résolution. La psychiatre Helen Singer Kaplan a ensuite ajouté une étape en tête de cortège&nbsp;: le désir. D’abord on a envie, ensuite on fait l’amour. Simple.</p>
<p>Trop simple. En 2000, la médecin canadienne Rosemary Basson a proposé un modèle circulaire, tiré de son travail auprès de femmes en couple depuis longtemps. Pour beaucoup d’entre elles, le désir ne précède pas l’intimité&nbsp;: il naît pendant. On commence par accepter un câlin, par curiosité, par tendresse, par envie d’être proche, et l’envie arrive en chemin.</p>
<p>La sexologue américaine Emily Nagoski a popularisé cette idée dans <em>Come as You Are</em> (2015). Elle distingue le désir spontané, celui qui tombe du ciel un mardi matin, du désir réactif, qui apparaît en réponse au plaisir déjà commencé. Les deux sont normaux. Le premier domine souvent en début de relation, quand la nouveauté fait tout le travail. Le second devient fréquent avec le temps, chez les femmes surtout, mais aussi chez bien des hommes.</p>
<blockquote>
<p>Attendre d’avoir envie pour commencer, c’est parfois attendre un train qui ne passe qu’une fois qu’on est monté dedans.</p>
</blockquote>
<p>Conséquence pratique, et elle change tout&nbsp;: si votre désir est plutôt réactif, attendre l’envie revient à attendre longtemps. Cela ne veut pas dire se forcer. Cela veut dire se laisser une chance, dans un contexte agréable, sans obligation d’aller où que ce soit, et voir ce qui se passe. Le droit de s’arrêter en route fait partie du contrat.</p>
<h2 id="un-accelerateur-un-frein-et-beaucoup-de-vaisselle">Un accélérateur, un frein, et beaucoup de vaisselle</h2>
<p>Le deuxième outil, Nagoski l’emprunte aux chercheurs du Kinsey Institute, John Bancroft et Erick Janssen, qui ont formulé à la fin des années 1990 le «&nbsp;modèle du double contrôle&nbsp;». Notre réponse sexuelle dépendrait de deux systèmes distincts&nbsp;: un accélérateur, sensible à tout ce qui excite, et un frein, sensible à tout ce qui inquiète, distrait ou menace.</p>
<p>L’image est éclairante parce qu’elle déplace la question. Quand le désir s’éteint, on cherche à appuyer plus fort sur l’accélérateur&nbsp;: lingerie, week-end à Venise, film osé. Or le problème, très souvent, c’est le pied posé sur le frein. Le stress du travail. La fatigue. L’inventaire mental de tout ce qui reste à faire. Un corps qu’on n’aime plus regarder. Une rancune qui traîne depuis l’été dernier. Les enfants qui ne dorment pas encore, de l’autre côté de la cloison.</p>
<p>Il y a là une donnée que les couples hétérosexuels gagnent à regarder en face. Quand l’une des deux personnes porte l’essentiel de la logistique domestique, son frein reste enfoncé en permanence. Il est difficile de se sentir désirable en pensant au rendez-vous du pédiatre et au linge à étendre. Nos collègues de la rubrique société en parlent dans <a href="https://carnetdebal.fr/societe/charge-mentale-quarante-ans-apres-qui-porte-encore-la-maison/">leur enquête sur la charge mentale</a>. Le sujet a beau sembler loin de la chambre à coucher, il y mène tout droit.</p>
<h2 id="esther-perel-l-amour-cherche-la-proximite-le-desir-a-besoin-">Esther Perel&nbsp;: l’amour cherche la proximité, le désir a besoin d’air</h2>
<p>La psychothérapeute belge Esther Perel, installée à New York, a bâti sa réputation sur un paradoxe exposé dans <em>Mating in Captivity</em> (2006), publié en français sous le titre <em>L’Intelligence érotique</em>. L’amour aspire à la proximité, à la sécurité, à la fusion. Le désir, lui, se nourrit d’altérité, de mystère, d’un peu de distance. Plus un couple se confond, plus il devient difficile d’avoir envie de l’autre, puisque l’autre n’est plus tout à fait autre.</p>
<p>Perel raconte qu’elle pose souvent la même question à ses patients&nbsp;: dans quelles circonstances vous sentez-vous le plus attiré par votre partenaire&#8239;? Les réponses se ressemblent. Quand on le voit dans son élément, sur scène, au travail, entouré d’amis qui l’écoutent. Quand on se retrouve après une absence. Quand il nous surprend. Autrement dit, quand on le regarde de loin, avec des yeux neufs, et non plus comme le coparent qui a encore oublié de racheter du pain.</p>
<p>D’où cette piste concrète, moins coûteuse que Venise&nbsp;: préserver des territoires à soi. Une activité, des amis, des soirées où l’on n’est pas ensemble. Puis aller voir l’autre là où il brille. Le concert de sa chorale, la conférence qu’elle donne, la partie de tennis du dimanche. Rien de spectaculaire. Le regard, pourtant, change.</p>
<h2 id="routines-rendez-vous-et-conversations-les-outils-qui-marchen">Routines, rendez-vous et conversations&nbsp;: les outils qui marchent</h2>
<p>Le rendez-vous sexuel planifié a mauvaise presse. Il paraît triste, administratif, sans fantaisie. C’est oublier deux choses. D’abord, pour un désir réactif, savoir que le samedi après-midi est réservé laisse le temps à l’anticipation de faire son œuvre, ce qui ressemble beaucoup à la vieille impatience des débuts. Ensuite, vous planifiez déjà tout le reste&nbsp;: les vacances, les dîners, le contrôle technique. Il serait curieux que la seule activité laissée au hasard soit celle qui vous tient à cœur.</p>
<p>Autre outil éprouvé, le «&nbsp;focus sensoriel&nbsp;», mis au point par Masters et Johnson et décrit dans leur ouvrage de 1970 sur les troubles sexuels. Le principe&nbsp;: des séances de caresses à tour de rôle, sans but, et pendant les premières semaines, sans rapport sexuel. On réapprend à recevoir du plaisir sans la pression du résultat. Beaucoup de sexologues l’utilisent encore aujourd’hui.</p>
<p>Enfin, parlez-en. Pas au lit, où chaque phrase prend des airs de reproche, mais en marchant, en voiture, autour d’un verre. Qu’est-ce qui vous donne envie&#8239;? Qu’est-ce qui vous coupe tout&#8239;? Les écarts de désir sont la règle dans les couples&nbsp;: il y a presque toujours quelqu’un qui en voudrait davantage. L’enjeu consiste à négocier sans que l’un se sente rejeté et l’autre harcelé.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Quatre pistes à essayer ce mois-ci</p><ul>
<li>Dressez chacun la liste de vos freins et de vos accélérateurs, puis échangez-les.</li>
<li>Réservez un moment d’intimité par semaine, sans obligation d’aboutir à quoi que ce soit.</li>
<li>Essayez une séance de caresses à tour de rôle, sans rapport sexuel, pour le seul plaisir du toucher.</li>
<li>Allez voir l’autre dans son élément, là où vous ne le voyez jamais.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="quand-il-faut-demander-de-l-aide">Quand il faut demander de l’aide</h2>
<p>Si l’absence de désir vous fait souffrir, l’un ou l’autre, ou si elle s’accompagne de douleurs, consultez. Un médecin peut repérer une cause physique ou médicamenteuse&nbsp;: certains antidépresseurs, par exemple, freinent nettement la libido, et des solutions existent. Un sexologue ou un thérapeute de couple aidera à démêler le reste. Pour les femmes autour de la cinquantaine, les changements hormonaux jouent aussi leur partition&nbsp;: nous en parlons sans détour dans <a href="https://carnetdebal.fr/amour/menopause-et-sexualite-ce-que-personne-ne-vous-a-dit/">Ménopause et sexualité&nbsp;: ce que personne ne vous a dit</a>.</p>
<p>Le désir des couples qui durent ressemble moins à un feu de forêt qu’à un feu de cheminée. Il ne prend pas tout seul. Il demande qu’on rentre du bois, qu’on souffle un peu, qu’on surveille. En échange, il chauffe longtemps, et l’on sait exactement à qui l’on doit cette chaleur.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Parler de ses fantasmes à l’autre, sans rougir jusqu’aux oreilles</title><link>https://carnetdebal.fr/parler-de-ses-fantasmes-comment-briser-la-glace-en-douceur/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/parler-de-ses-fantasmes-comment-briser-la-glace-en-douceur/</guid><pubDate>Sun, 26 Jan 2025 23:53:28 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Cette idée vous trotte dans la tête depuis des mois, et vous n’avez jamais trouvé la première phrase. Parler de ses fantasmes à la personne qu’on aime intimide à tout âge. Voici comment briser la glace en douceur, et comment recevoir ce que l’autre vous confiera en retour.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/parler-de-ses-fantasmes-comment-briser-la-glace-en-douceur/1200.jpg" alt="Dans une chambre à la lumière tamisée, des pieds nus dépassent d’une couette blanche froissée, au pied d’un grand lit."></p><p>Trois fois, vous avez ouvert la bouche. Trois fois, vous avez fini par parler du chauffe-eau. L’idée est pourtant là depuis des mois, parfois des années&nbsp;: une scène, une envie, un scénario qui revient quand vous fermez les yeux. Et la personne avec qui vous partagez votre lit, vos comptes et vos vacances n’en sait rien.</p>
<p>Ce silence est d’une banalité absolue. On parle volontiers de sexualité en général, avec des amies, au second degré. On parle très peu de la sienne à celle ou celui qui y participe. Par peur de choquer, de blesser, d’être regardée autrement le lendemain matin. Bonne nouvelle&nbsp;: cela s’apprend, et la première phrase est la plus difficile.</p>
<h2 id="un-fantasme-n-est-pas-un-programme">Un fantasme n’est pas un programme</h2>
<p>Commençons par dédramatiser. Le psychologue américain Justin Lehmiller, chercheur associé au Kinsey Institute, a interrogé plus de 4 000 Américains sur leurs fantasmes pour son livre <em>Tell Me What You Want</em> (2018). Ce qui frappe, à la lecture, c’est la ressemblance d’une personne à l’autre. Les mêmes grands thèmes reviennent&nbsp;: la nouveauté et l’aventure, le jeu avec la domination et l’abandon, la présence d’autres partenaires, la passion romantique, le tabou. Votre imagination est moins singulière que vous ne le craignez.</p>
<p>Autre enseignement, plus précieux encore&nbsp;: beaucoup de gens ne souhaitent pas réaliser leurs fantasmes. Le fantasme est un théâtre intérieur où l’on contrôle tout, le décor, les répliques, la fin. Le transposer dans la vraie vie, avec de vrais corps, des courbatures et un voisin qui fait des travaux, le change forcément.</p>
<p>D’où une première question à vous poser avant d’ouvrir la bouche. Voulez-vous simplement partager ce monde intérieur, pour le plaisir d’être connue tout entière&#8239;? Ou souhaitez-vous essayer quelque chose&#8239;? Les deux conversations ne se mènent pas de la même façon. La première est une confidence. La seconde, une proposition. Et il existe une troisième possibilité, parfaitement respectable&nbsp;: garder certains fantasmes pour vous. Personne ne doit à l’autre l’inventaire complet de sa vie imaginaire.</p>
<h2 id="briser-la-glace-le-moment-le-lieu-la-premiere-phrase">Briser la glace&nbsp;: le moment, le lieu, la première phrase</h2>
<p>Le pire moment, c’est souvent celui qui paraît logique&nbsp;: au lit, pendant ou juste après l’amour. Chaque mot y prend une résonance de bilan. «&nbsp;J’aimerais essayer autre chose&nbsp;» s’entend alors comme «&nbsp;ce qu’on vient de faire ne me suffisait pas&nbsp;». Préférez un moment neutre et détendu, où vous êtes côte à côte plutôt que face à face&nbsp;: une promenade, un trajet en voiture, un petit déjeuner qui traîne un dimanche. Ne pas se regarder dans les yeux aide beaucoup à dire les choses gênantes.</p>
<p>La première phrase peut tout simplement nommer la gêne. «&nbsp;J’ai envie de te parler d’un truc, et je suis un peu intimidée.&nbsp;» C’est honnête, cela désamorce, et l’autre comprend qu’il s’agit d’un cadeau, pas d’un reproche.</p>
<p>Si c’est encore trop direct, passez par un détour. Une scène de film, un roman, un épisode de série, un article lu quelque part&nbsp;: «&nbsp;Ça t’a fait quelque chose, à toi&#8239;?&nbsp;» Beaucoup de sexologues recommandent aussi la liste «&nbsp;oui, non, peut-être&nbsp;». Chacun, de son côté, coche une série de pratiques ou de situations selon qu’il en a envie, qu’il n’en veut pas, ou qu’il serait curieux d’en parler. Puis on compare. Le jeu a l’avantage d’être symétrique et de laisser la place au refus sans qu’il soit vécu comme un rejet.</p>
<p>Enfin, commencez petit. Ne livrez pas d’emblée le scénario le plus audacieux de votre répertoire. Une envie modeste, bien reçue, ouvre la porte aux suivantes.</p>
<blockquote>
<p>Un fantasme bien accueilli ouvre une porte&#8239;; un fantasme moqué la referme pour des années.</p>
</blockquote>
<h2 id="recevoir-le-fantasme-de-l-autre">Recevoir le fantasme de l’autre</h2>
<p>On parle beaucoup de la manière de dire. On oublie que la réaction de celle ou celui qui écoute compte davantage encore. Car la confidence circule dans les deux sens&nbsp;: si vous vous livrez, l’autre voudra peut-être en faire autant, et vous serez à votre tour la personne qui reçoit.</p>
<p>Trois réflexes à éviter. Le rire, même nerveux, qui dit «&nbsp;c’est ridicule&nbsp;». La blessure, qui dit «&nbsp;je ne te suffis donc pas&nbsp;». Et l’enthousiasme forcé, qui promet quelque chose qu’on n’a pas envie de tenir. À la place, remerciez. Posez des questions&nbsp;: qu’est-ce qui te plaît là-dedans, au juste&#8239;? C’est souvent la réponse la plus intéressante, parce que le fantasme parle rarement de ce qu’il montre. Une scène de domination peut parler d’un besoin de lâcher prise. Une scène d’inconnu, d’un besoin de nouveauté que le couple peut satisfaire autrement.</p>
<p>Et si cela ne vous dit rien, vous avez le droit de le dire, avec douceur&nbsp;: «&nbsp;Je suis contente que tu m’en parles. Ça, je ne crois pas que j’en aie envie. Mais j’aimerais comprendre ce que ça représente pour toi.&nbsp;»</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Pour commencer la conversation</p><ul>
<li>«&nbsp;Il y a un truc qui me trotte dans la tête, et j’ai un peu peur de te le dire.&nbsp;»</li>
<li>«&nbsp;Tu as déjà eu envie d’essayer quelque chose sans oser m’en parler&#8239;?&nbsp;»</li>
<li>«&nbsp;Dans ce film, la scène de l’autre soir, ça t’a fait quelque chose&#8239;?&nbsp;»</li>
<li>«&nbsp;On se fait chacun une liste oui, non, peut-être, et on compare&#8239;?&nbsp;»</li>
<li>«&nbsp;J’ai le droit de changer d’avis en route, et toi aussi.&nbsp;»</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="du-fantasme-a-l-essai-le-consentement-et-la-marche-arriere">Du fantasme à l’essai&nbsp;: le consentement, et la marche arrière</h2>
<p>Supposons que l’envie soit partagée. Avant de passer à l’acte, parlez des détails, même si cela semble briser la magie de l’improvisation. Ce que chacun imagine, ce qu’il ne veut surtout pas, le mot ou le geste qui arrête tout, immédiatement et sans discussion. Le consentement donné la veille ne vaut pas pour le lendemain, et celui donné au début peut être repris au milieu.</p>
<p>Prenez votre temps. Un fantasme attendu depuis des années n’a pas besoin d’être réalisé ce week-end. Et préparez-vous à ce que la réalité soit différente du film intérieur&nbsp;: plus maladroite, plus drôle, parfois décevante, parfois bien meilleure. Le lendemain, parlez-en. Qu’est-ce qui t’a plu, qu’est-ce que tu referais, qu’est-ce qu’on oublie&#8239;? Un essai raté dont on rit ensemble rapproche souvent davantage qu’un essai réussi dont on ne dit rien.</p>
<h2 id="quand-le-sujet-coince">Quand le sujet coince</h2>
<p>Il arrive que la conversation tourne mal. L’autre se ferme, se moque, ou au contraire insiste lourdement pour vous faire accepter ce qui ne vous tente pas. Dans le premier cas, laissez passer du temps&nbsp;: une confidence peut avoir besoin de mûrir avant d’être accueillie. Dans le second, souvenez-vous qu’un fantasme ne crée aucune obligation. Personne ne doit rien à personne au nom de «&nbsp;l’ouverture d’esprit&nbsp;». Nos collègues de la rubrique psycho ont écrit un bel article sur <a href="https://carnetdebal.fr/psycho/savoir-dire-non-sans-se-justifier/">l’art de dire non sans se justifier</a>.</p>
<p>Si certains fantasmes vous mettent mal à l’aise, s’ils vous envahissent ou se rattachent à une histoire douloureuse, un ou une sexologue peut vous aider à y voir clair, sans jugement. Et si votre désir, de façon plus générale, semble en sommeil, lisez notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/">le désir dans les couples qui durent</a>&nbsp;: on y parle de freins, d’accélérateurs, et de ce que l’imaginaire peut réveiller.</p>
<p>Parler de ses fantasmes, au fond, c’est montrer une pièce de la maison où l’on n’invite personne. On n’est pas obligée d’en ouvrir toutes les portes. Mais celle qu’on entrouvre, quand elle est bien reçue, rend la maison entière plus habitable.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/parler-de-ses-fantasmes-comment-briser-la-glace-en-douceur/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Communication dans le couple : se disputer mieux pour s’aimer longtemps</title><link>https://carnetdebal.fr/communication-dans-le-couple-lart-de-se-comprendre-en-saimant/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/communication-dans-le-couple-lart-de-se-comprendre-en-saimant/</guid><pubDate>Tue, 03 Dec 2024 16:38:45 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>On vous a dit que la communication était la clé du couple, sans vous donner le mode d’emploi. Les chercheurs qui observent les couples depuis des décennies en ont pourtant tiré des leçons très concrètes. L’art de se comprendre en s’aimant tient à quelques gestes, et à la manière de se disputer.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/communication-dans-le-couple-lart-de-se-comprendre-en-saimant/1200.jpg" alt="Au bord du Tage, à Lisbonne, une jeune femme et un jeune homme assis sur des marches blanches se penchent l’un vers l’autre pour se parler, devant deux colonnes plantées dans l’eau."></p><p>Il est 21 h 40, la vaisselle n’est pas faite, et la phrase est partie toute seule&nbsp;: «&nbsp;Évidemment, c’est encore moi qui…&nbsp;» Vingt minutes plus tard, vous vous disputez sur un week-end chez sa sœur en 2019, et plus personne ne se souvient de la vaisselle.</p>
<p>Tous les couples se disputent. Ceux qui durent heureux aussi. La différence ne tient pas au nombre de conflits, mais à leur forme. C’est l’une des conclusions les plus solides de la recherche sur le couple, et c’est une bonne nouvelle&nbsp;: la forme, cela se travaille.</p>
<h2 id="ce-que-les-chercheurs-ont-vu-en-observant-les-couples">Ce que les chercheurs ont vu en observant les couples</h2>
<p>Le psychologue américain John Gottman a passé une bonne partie de sa carrière, avec son collègue Robert Levenson, à filmer des couples en train de discuter, de se disputer, de passer un week-end ensemble dans un appartement aménagé en laboratoire à l’université de Washington, à Seattle. Il en a tiré des observations devenues classiques.</p>
<p>La plus connue&nbsp;: quatre comportements annoncent les naufrages, qu’il a baptisés les «&nbsp;quatre cavaliers&nbsp;». La critique, qui attaque la personne plutôt que le problème («&nbsp;tu es d’un égoïsme…&nbsp;»). Le mépris&nbsp;: sarcasme, yeux levés au ciel, moquerie. L’attitude défensive, qui renvoie la balle au lieu d’entendre. Et le mur de silence, quand l’un des deux se ferme et quitte la conversation sans quitter la pièce. Le mépris, selon Gottman, est le plus destructeur des quatre.</p>
<p>Autre observation, plus consolante&nbsp;: selon ses travaux, environ deux conflits sur trois dans un couple portent sur des désaccords qui ne se résoudront jamais vraiment. Elle est ordonnée, il est bordélique. Il veut voir sa famille tous les dimanches, elle une fois par mois. Les couples heureux ne règlent pas ces différends, ils apprennent à en parler sans se blesser, et parfois même à en rire.</p>
<h2 id="commencer-en-douceur-ou-comment-ne-pas-perdre-en-trois-minut">Commencer en douceur, ou comment ne pas perdre en trois minutes</h2>
<p>Gottman a remarqué que la manière dont une discussion démarre prédit très bien la manière dont elle finit. Une attaque d’entrée appelle une défense, et l’on part pour une heure de tranchées.</p>
<p>Le psychologue américain Marshall Rosenberg, fondateur de la communication non violente, propose une structure simple pour éviter cela, exposée dans <em>Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)</em>. Quatre temps&nbsp;: ce que j’observe, sans jugement&#8239;; ce que je ressens&#8239;; le besoin qui se cache derrière&#8239;; ce que je demande, concrètement.</p>
<p>Comparez. «&nbsp;Tu ne fais jamais rien dans cette maison.&nbsp;» Et&nbsp;: «&nbsp;Ce soir, la vaisselle était encore dans l’évier quand je suis rentrée. Je me suis sentie découragée, j’ai besoin de sentir qu’on porte la maison à deux. Est-ce qu’on peut décider ensemble qui s’en charge en semaine&#8239;?&nbsp;» La seconde version est plus longue, un peu scolaire au début, et l’on se sent bête la première fois. Elle a pourtant une immense qualité&nbsp;: elle laisse à l’autre une porte de sortie autre que la contre-attaque.</p>
<blockquote>
<p>Les couples heureux ne règlent pas tous leurs différends&nbsp;: ils apprennent à en parler sans se blesser.</p>
</blockquote>
<h2 id="ecouter-pour-comprendre-pas-pour-repondre">Écouter pour comprendre, pas pour répondre</h2>
<p>Pendant que l’autre parle, la plupart d’entre nous préparons notre réponse. On écoute juste assez pour repérer l’erreur, l’exagération, le point faible. C’est humain, et c’est ainsi que deux monologues se croisent sans jamais se rencontrer.</p>
<p>L’exercice le plus utile est aussi le plus simple&nbsp;: reformuler avant de répondre. «&nbsp;Si je comprends bien, ce qui t’a blessé, ce n’est pas que j’aie oublié, c’est que je n’aie rien dit après.&nbsp;» Si la reformulation est fausse, l’autre corrige, et vous gagnez dix minutes de malentendu. Si elle est juste, il se sent entendu, et la tension retombe d’un cran. Comprendre ne veut pas dire être d’accord. Cela veut dire qu’on discute enfin de la même chose.</p>
<p>Gottman décrit aussi ce qu’il appelle les «&nbsp;appels&nbsp;»&nbsp;: ces petites sollicitations de la vie quotidienne, un «&nbsp;regarde ce héron&#8239;!&nbsp;», un soupir, une main posée sur l’épaule. Dans les couples qui vont bien, on y répond, même brièvement, beaucoup plus souvent qu’on ne les ignore. La communication ne se joue pas seulement pendant les grandes explications, mais dans ces mille réponses minuscules.</p>
<h2 id="reparer-l-humour-la-pause-le-pardon">Réparer&nbsp;: l’humour, la pause, le pardon</h2>
<p>Certaines disputes dérapent quand même. Les couples qui tiennent savent alors faire ce que Gottman nomme des «&nbsp;tentatives de réparation&nbsp;»&nbsp;: une plaisanterie, une main tendue, un «&nbsp;attends, je recommence, c’était mal dit&nbsp;». L’important n’est pas que la tentative soit élégante, mais que l’autre l’accepte.</p>
<p>Quand la colère monte trop, faites une pause. Le cœur qui bat vite, le souffle court&nbsp;: dans cet état, personne ne réfléchit bien. Annoncez-la, pour qu’elle ne ressemble pas à une fuite («&nbsp;je fais le tour du pâté de maisons et on reprend dans une demi-heure&nbsp;»), et tenez parole.</p>
<p>Quant aux «&nbsp;langages de l’amour&nbsp;» popularisés par le pasteur américain Gary Chapman, paroles, temps partagé, cadeaux, services, toucher, prenez-les comme une invitation à la conversation plutôt que comme une science. Les chercheurs n’ont guère trouvé de preuve que chacun ait un langage unique. Mais se demander ce qui vous fait vous sentir aimée, et le dire, reste une excellente idée.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Le rendez-vous du dimanche</p><p>Une demi-heure par semaine, ou par mois, pour parler de vous deux hors de toute crise&nbsp;:</p>
<ul>
<li>ce qui s’est bien passé entre nous ces derniers temps&#8239;;</li>
<li>ce qui m’a pesé, en une phrase, sans procès&#8239;;</li>
<li>ce dont j’aurais besoin la semaine prochaine&#8239;;</li>
<li>une chose que j’aimerais qu’on fasse ensemble.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="quand-se-faire-aider">Quand se faire aider</h2>
<p>Si les mêmes disputes tournent en boucle depuis des mois, si l’un des deux s’est tu pour de bon, une thérapie de couple peut débloquer les choses. Il ne s’agit pas d’un tribunal&nbsp;: un tiers formé aide simplement à se parler autrement. On peut aussi y aller pour se séparer en bonne intelligence.</p>
<p>Une limite, enfin, qu’aucun conseil de communication ne franchit&nbsp;: si vous avez peur de la réaction de l’autre, si vous pesez chaque mot pour éviter l’explosion, ce n’est plus un problème de dialogue. Lisez notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/societe/violences-conjugales-les-signes-qui-doivent-alerter/">les signes qui doivent alerter</a>, et sachez que le 3919, gratuit et anonyme, répond jour et nuit.</p>
<p>Pour tous les autres, il reste ce constat simple et têtu&nbsp;: on ne se comprend pas parce qu’on s’aime. On se comprend parce qu’on s’y exerce, un soir de vaisselle après l’autre.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/communication-dans-le-couple-lart-de-se-comprendre-en-saimant/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>La check-list de l’homme parfait, revue et corrigée entre amies</title><link>https://carnetdebal.fr/la-check-list-de-lhomme-parfait/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/la-check-list-de-lhomme-parfait/</guid><pubDate>Tue, 07 Mar 2023 23:11:59 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>C’est un jeu de fin de dîner entre amies : dresser la check-list de l’homme parfait sur la nappe en papier. On rit beaucoup, puis on barre beaucoup. Ce qui reste quand on a fini de rire vaut pour un homme, pour une femme, pour quiconque partagera votre vie.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/la-check-list-de-lhomme-parfait/1200.jpg" alt="Assise dans un fauteuil à fleurs, une femme aux longs cheveux bouclés, en chemise blanche et jean déchiré, écrit au crayon dans un carnet ouvert sur ses genoux."></p><p>Le jeu se joue en fin de dîner, entre amies, quand il reste du vin et qu’un stylo traîne sur la nappe en papier. Quelqu’un lance&nbsp;: «&nbsp;Et si on écrivait l’homme parfait&#8239;?&nbsp;» En dix minutes, la liste compte trente lignes. Il doit être drôle mais pas clown, cultivé mais pas cuistre, sportif mais pas obsédé, attentionné mais pas collant, savoir cuisiner, aimer les chats, et ne jamais, au grand jamais, porter de sandales avec des chaussettes.</p>
<p>On rit beaucoup. Puis il y a toujours, autour de la table, celle qui vit avec le même homme depuis un quart de siècle. Elle prend le stylo et commence à barrer. Ce qu’elle laisse tient en quelques lignes, et c’est de ces lignes-là que nous voulons parler.</p>
<h2 id="pourquoi-la-liste-de-l-homme-parfait-ne-marche-pas">Pourquoi la liste de l’homme parfait ne marche pas</h2>
<p>Rassurez-vous, dresser des listes n’est pas une manie de midinette. En 1838, Charles Darwin, qui hésitait à se marier, a couché sur une feuille deux colonnes, «&nbsp;Marry&nbsp;» et «&nbsp;Not Marry&nbsp;». D’un côté, la compagnie et les enfants&#8239;; de l’autre, la liberté et le temps perdu en visites à la famille. Il a épousé sa cousine Emma Wedgwood l’année suivante.</p>
<p>Le problème, c’est que nous connaissons mal nos propres critères. En 2008, les psychologues américains Paul Eastwick et Eli Finkel ont demandé à des participants d’une séance de speed dating ce qu’ils recherchaient chez un partenaire, puis ont observé pour qui ils craquaient réellement. Les qualités déclarées avant la soirée prédisaient très mal les coups de cœur de la soirée. On croit chercher un ingénieur sportif, on tombe sous le charme d’un libraire qui fait rire.</p>
<p>Les applications de rencontre ont aggravé la tentation. Elles permettent de filtrer par taille, par âge, par diplôme, comme on trie des chaussures par pointure. On élimine ainsi, sans le savoir, la personne qui nous aurait plu. Si ces outils vous épuisent, nous en parlons longuement dans notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/amour/fatigue-des-applications-de-rencontre-comment-s-en-sortir/">la fatigue des applications de rencontre</a>.</p>
<h2 id="ce-qui-reste-sur-la-liste-quand-on-a-fini-de-rire">Ce qui reste sur la liste quand on a fini de rire</h2>
<p>Celle qui tient le stylo garde l’honnêteté. Pas la franchise brutale de celui qui «&nbsp;dit les choses&nbsp;», mais la cohérence entre ce qu’on dit et ce qu’on fait. Il annonce qu’il appellera, il appelle. Il dit qu’il n’est pas prêt pour une relation sérieuse, il ne l’est pas, et c’est une information à prendre au mot.</p>
<p>Elle garde l’humour, à condition qu’il sache rire de lui-même et pas seulement des autres. Elle garde la curiosité&nbsp;: quelqu’un qui pose des questions, qui retient les réponses, qui s’intéresse à votre travail même quand il n’y comprend rien.</p>
<p>Elle garde la capacité à s’excuser. C’est un critère sous-estimé, et pourtant décisif sur la durée. Tout le monde blesse un jour la personne qu’il aime. Ce qui compte, c’est de savoir dire «&nbsp;j’ai eu tort&nbsp;» sans l’assortir de trois «&nbsp;mais&nbsp;».</p>
<blockquote>
<p>On croit chercher un ingénieur sportif, on tombe sous le charme d’un libraire qui fait rire.</p>
</blockquote>
<p>Elle garde l’autonomie, qu’une phrase résume mieux qu’un long discours&nbsp;: «&nbsp;Je ne suis pas sa mère&#8239;!&nbsp;» Quelqu’un qui sait où sont rangés les draps, qui pense au rendez-vous chez le dentiste de sa fille, qui n’a pas besoin qu’on lui fasse une liste de courses. Les enquêtes de l’INSEE sur l’emploi du temps montrent, depuis des décennies, que les femmes en couple assurent l’essentiel des tâches domestiques. Le sujet est traité en détail dans notre enquête sur <a href="https://carnetdebal.fr/societe/charge-mentale-quarante-ans-apres-qui-porte-encore-la-maison/">la charge mentale</a>. Sur une liste de l’homme parfait, il mérite sa ligne.</p>
<p>Elle garde, enfin, le respect du «&nbsp;non&nbsp;». La façon dont quelqu’un réagit à un refus, un rendez-vous décliné, une envie qu’on ne partage pas, dit beaucoup de lui. La déception est normale. L’insistance, la bouderie ou la colère sont des signaux.</p>
<h2 id="le-critere-qu-on-oublie-toujours-vous">Le critère qu’on oublie toujours&nbsp;: vous</h2>
<p>Toutes ces listes décrivent l’autre. Aucune ne parle de nous. Or la question la plus fiable n’est pas «&nbsp;qui est-il&#8239;?&nbsp;» mais «&nbsp;qui suis-je avec lui&#8239;?&nbsp;». Plus drôle, plus calme, plus libre&#8239;? Ou plus petite, plus prudente, à surveiller vos phrases&#8239;?</p>
<p>Cette question vaut pour toutes. Remplacez «&nbsp;il&nbsp;» par «&nbsp;elle&nbsp;»&nbsp;: la liste de celles qui aiment les femmes tient dans les mêmes lignes, sandales comprises. Ce que l’on cherche, au fond, ce n’est pas un homme parfait mais une personne avec qui l’on se sente entière. Le pédiatre et psychanalyste britannique Donald Winnicott parlait de la «&nbsp;mère suffisamment bonne&nbsp;»&#8239;; on pourrait, sur le même modèle, chercher le partenaire suffisamment bon, celui dont les défauts sont supportables et les qualités, précieuses.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">La liste, version revue</p><ul>
<li>Ce qu’il dit et ce qu’il fait se ressemblent.</li>
<li>Il rit de lui-même, pas seulement des autres.</li>
<li>Il pose des questions et se souvient des réponses.</li>
<li>Il sait dire «&nbsp;j’ai eu tort&nbsp;», sans «&nbsp;mais&nbsp;».</li>
<li>Il porte sa part de la maison sans qu’on le lui demande.</li>
<li>Il accepte un refus sans bouder ni insister.</li>
<li>Avec lui, vous êtes plus vous-même, pas moins.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="ce-qu-on-raye-sans-regret">Ce qu’on raye sans regret</h2>
<p>La taille, d’abord, critère tyrannique et parfaitement inutile pour la vie commune. Le salaire, au-delà de la question de savoir si l’on partage les mêmes valeurs face à l’argent, qui elle compte beaucoup. «&nbsp;Il devinera ce que je veux&nbsp;»&nbsp;: personne ne devine, et l’attendre condamne à la déception. «&nbsp;Il ne changera jamais&nbsp;»&nbsp;: tout le monde change, et c’est heureux, sinon nous serions encore avec notre amour de seconde.</p>
<p>Et les sandales avec chaussettes&#8239;? C’est en général le moment où celle qui tient le stylo avoue que l’homme de sa vie en porte tous les étés, depuis le premier jour. Elle ajoute qu’il sait réparer un vélo, qu’il lui apporte le café au lit le dimanche, et qu’il ne l’a jamais fait se sentir bête. La ligne reste barrée.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/la-check-list-de-lhomme-parfait/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>40 questions à lui poser pour mieux le connaître, même après trente ans</title><link>https://carnetdebal.fr/40-questions-a-lui-poser-pour-mieux-le-connaitre/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/40-questions-a-lui-poser-pour-mieux-le-connaitre/</guid><pubDate>Tue, 28 Feb 2023 10:34:08 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Un premier rendez-vous qui piétine, un couple qui ne se parle plus que d’intendance : dans les deux cas, une bonne question change la soirée. Voici 40 questions à lui poser pour mieux le connaître, classées de la plus légère à la plus intime, et quelques règles pour que l’échange ne tourne pas à l’interrogatoire.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/40-questions-a-lui-poser-pour-mieux-le-connaitre/1200.jpg" alt="Une jeune femme aux cheveux courts et bouclés, en haut noir, rit les yeux plissés face à un homme en tee-shirt gris vu de dos, au premier plan."></p><p>En 1997, le psychologue américain Arthur Aron et ses collègues ont publié une expérience restée célèbre. Ils réunissaient deux inconnus, leur remettaient trente-six questions de plus en plus personnelles, et leur demandaient d’y répondre à tour de rôle pendant trois quarts d’heure. À la fin, les paires se sentaient nettement plus proches que celles qui avaient bavardé de sujets anodins. L’expérience a connu une seconde vie en 2015, quand l’écrivaine canadienne Mandy Len Catron a raconté, dans la chronique «&nbsp;Modern Love&nbsp;» du <em>New York Times</em>, avoir tenté l’exercice avec une connaissance. Ils sont tombés amoureux.</p>
<p>Il n’existe pas de formule pour faire naître l’amour. Mais l’expérience d’Aron dit quelque chose de juste&nbsp;: la proximité naît d’un dévoilement progressif et réciproque. Les questions qui suivent s’en inspirent. Elles valent pour un troisième rendez-vous comme pour un couple qui dîne ensemble depuis trente ans et croit tout savoir. Elles valent aussi, bien sûr, si «&nbsp;lui&nbsp;» est une «&nbsp;elle&nbsp;».</p>
<h2 id="comment-poser-ces-questions-sans-faire-passer-un-entretien-d">Comment poser ces questions sans faire passer un entretien d’embauche</h2>
<p>Première règle&nbsp;: répondez aussi. Une question posée sans contrepartie devient un interrogatoire. Dans l’expérience d’Aron, chacun répondait à chaque question, et c’est cet échange qui créait le lien.</p>
<p>Deuxième règle&nbsp;: ne les enchaînez pas. Trois ou quatre questions par soirée suffisent, à condition d’écouter les réponses et de rebondir. «&nbsp;Pourquoi&#8239;?&nbsp;» et «&nbsp;Raconte-moi&nbsp;» sont les deux relances les plus utiles de la langue française.</p>
<p>Troisième règle&nbsp;: allez du léger vers le profond, jamais l’inverse. Et laissez toujours la possibilité de passer son tour.</p>
<h2 id="pour-commencer-en-douceur">Pour commencer en douceur</h2>
<ol>
<li>À quoi ressemble, pour toi, une très bonne journée ordinaire&#8239;?</li>
<li>Quelle est la dernière chose qui t’a fait rire aux éclats&#8239;?</li>
<li>Si tu pouvais maîtriser parfaitement un savoir-faire du jour au lendemain, lequel choisirais-tu&#8239;?</li>
<li>Quel livre, film ou disque recommandes-tu à tout le monde, et pourquoi celui-là&#8239;?</li>
<li>Qu’est-ce que tu chantes quand tu crois que personne n’écoute&#8239;?</li>
<li>Plutôt programme minuté ou improvisation totale, en vacances&#8239;?</li>
<li>Quel endroit visité t’a le plus surpris&#8239;?</li>
<li>Quel est le meilleur cadeau qu’on t’ait fait&#8239;? Et celui que tu as offert&#8239;?</li>
</ol>
<h2 id="son-histoire">Son histoire</h2>
<ol start="9">
<li>Quel enfant étais-tu, à dix ans&#8239;?</li>
<li>Qui voulais-tu devenir, petit, et qu’en reste-t-il&#8239;?</li>
<li>Quelle place avais-tu dans ta fratrie, ou comment as-tu vécu le fait d’être enfant unique&#8239;?</li>
<li>Quelle tradition de ta famille aimerais-tu transmettre, et laquelle abandonnerais-tu volontiers&#8239;?</li>
<li>Quel est le meilleur conseil que t’ont donné tes parents ou tes grands-parents&#8239;?</li>
<li>Quel professeur, ou quel adulte, a compté pour toi quand tu étais jeune&#8239;?</li>
<li>Quelle journée de ta vie revivrais-tu volontiers&#8239;?</li>
<li>Qu’aimerais-tu dire à la personne que tu étais à vingt ans&#8239;?</li>
</ol>
<blockquote>
<p>Une question posée sans contrepartie devient un interrogatoire&#8239;; une question partagée devient une conversation.</p>
</blockquote>
<h2 id="sa-facon-d-aimer">Sa façon d’aimer</h2>
<ol start="17">
<li>Comment as-tu vu s’aimer les couples autour de toi, enfant&#8239;?</li>
<li>Qu’est-ce qui te fait te sentir aimé&nbsp;: un mot, un geste, du temps, une attention&#8239;?</li>
<li>Quel compliment te touche le plus, et lequel te met mal à l’aise&#8239;?</li>
<li>As-tu déjà eu un coup de foudre&#8239;? Qu’en penses-tu, aujourd’hui&#8239;?</li>
<li>Quel couple, réel ou de fiction, te semble réussi&#8239;?</li>
<li>Qu’as-tu appris de tes histoires passées sur toi-même&#8239;?</li>
<li>Quand tu es triste ou contrarié, de quoi as-tu besoin&nbsp;: qu’on te parle, ou qu’on te laisse tranquille&#8239;?</li>
<li>Qu’est-ce que tu n’oses pas demander, en amour&#8239;?</li>
</ol>
<h2 id="ce-qui-compte-vraiment-pour-lui">Ce qui compte vraiment pour lui</h2>
<ol start="25">
<li>De quoi es-tu le plus fier, sans fausse modestie&#8239;?</li>
<li>Qu’est-ce qui te met profondément en colère&#8239;?</li>
<li>Si l’argent n’était plus un sujet, quel travail ferais-tu&#8239;?</li>
<li>Que ferais-tu d’un héritage inattendu, et qu’est-ce qui ne changerait pas dans ta vie&#8239;?</li>
<li>Pour quelle cause serais-tu prêt à donner de ton temps&#8239;?</li>
<li>Sur quoi as-tu complètement changé d’avis ces dernières années&#8239;?</li>
<li>De quoi ne devrait-on jamais rire, selon toi&#8239;?</li>
<li>Quelle personne admires-tu, et pourquoi&#8239;?</li>
</ol>
<h2 id="pour-aller-plus-loin-quand-la-confiance-est-la">Pour aller plus loin, quand la confiance est là</h2>
<ol start="33">
<li>Quelle est ta plus grande peur, celle qu’on ne dit pas à un dîner&#8239;?</li>
<li>Quel souvenir t’émeut encore aujourd’hui&#8239;?</li>
<li>Qu’est-ce qu’on ignore de toi et que tu aimerais qu’on sache&#8239;?</li>
<li>Si tu apprenais qu’il te reste un an à vivre, que changerais-tu dès demain&#8239;?</li>
<li>Quand t’es-tu senti vraiment seul pour la dernière fois&#8239;?</li>
<li>Qu’est-ce que tu aimerais qu’on fasse ensemble et qu’on n’a jamais fait&#8239;?</li>
<li>Qu’est-ce que tu apprécies chez moi et que tu ne m’as jamais dit&#8239;?</li>
<li>Comment voudrais-tu qu’on soit, toi et moi, dans dix ans&#8239;?</li>
</ol>
<h2 id="ce-que-les-reponses-vous-apprennent-et-ce-qu-elles-ne-disent">Ce que les réponses vous apprennent, et ce qu’elles ne disent pas</h2>
<p>Ces questions ouvrent des portes, elles ne dressent pas un portrait. Une réponse brillante au premier rendez-vous ne garantit rien&#8239;; une hésitation n’est pas un aveu. Ce qui compte, c’est moins le contenu que la manière&nbsp;: est-il curieux en retour&#8239;? Écoute-t-il vos réponses, ou attend-il son tour&#8239;? Se souvient-il, une semaine plus tard, de ce que vous avez raconté sur votre grand-mère&#8239;?</p>
<p>Dans un couple installé, ces questions servent autrement. On croit connaître l’autre par cœur, et l’on découvre au détour de la question 34 un souvenir qu’il n’avait jamais raconté en vingt ans. Les gens changent&#8239;; il faut bien de temps en temps reprendre des nouvelles. Si le désir s’est un peu endormi en chemin, notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/">le désir dans les couples qui durent</a> prolonge la réflexion.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Trois façons de jouer</p><ul>
<li>Au restaurant&nbsp;: tirez chacun un numéro entre 1 et 40, à tour de rôle.</li>
<li>En voiture&nbsp;: une question par heure de route, réponses obligatoires pour les deux.</li>
<li>Le soir de l’anniversaire de votre rencontre&nbsp;: les huit dernières, et seulement celles-là.</li>
</ul>
</blockquote>
<p>Une dernière chose. Dans le récit de Mandy Len Catron, l’exercice se terminait par quatre minutes passées à se regarder dans les yeux, en silence. Personne ne vous oblige à aller jusque-là. Mais si la conversation s’arrête d’elle-même et que vous vous regardez sans rien dire, ne cherchez pas tout de suite la question suivante.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/40-questions-a-lui-poser-pour-mieux-le-connaitre/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Maintenir son intérêt sans jouer à cache-cache : quatre manières honnêtes</title><link>https://carnetdebal.fr/4-manieres-de-maintenir-son-interet-pour-toi/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/4-manieres-de-maintenir-son-interet-pour-toi/</guid><pubDate>Sat, 18 Feb 2023 23:29:49 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Les vieux conseils pour maintenir son intérêt ressemblent à un manuel de chasse : se faire désirer, rendre jaloux, se rendre rare. Ils fatiguent tout le monde et ne tiennent pas. Voici quatre manières plus honnêtes de rester intéressants l’un pour l’autre, au début comme après des années.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/4-manieres-de-maintenir-son-interet-pour-toi/1200.jpg" alt="Au coucher du soleil, sur un promontoire rocheux dominant une plaine, la silhouette d’un couple qui danse, une écharpe claire soulevée au-dessus de leurs têtes par le vent."></p><p>Pendant des décennies, les magazines féminins ont expliqué aux femmes comment «&nbsp;garder un homme&nbsp;». Le vocabulaire était celui de la chasse&nbsp;: il fallait l’appâter, puis se faire désirer, ne pas «&nbsp;tomber toute seule dans ses bras&nbsp;», réveiller son instinct de prédateur, voire le rendre un peu jaloux.</p>
<p>Ils ont un défaut majeur&nbsp;: ils transforment l’amour en partie d’échecs, où chacun calcule et personne ne se repose. Ils supposent aussi qu’un seul des deux doit faire des efforts pour retenir l’autre. Or l’intérêt qui dure est réciproque, et il se nourrit de choses beaucoup plus simples que la stratégie. Voici quatre manières de le maintenir, pour lui comme pour vous.</p>
<h2 id="1-garder-une-vie-a-soi-pour-de-vraies-raisons">1. Garder une vie à soi, pour de vraies raisons</h2>
<p>Le conseil classique disait&nbsp;: ne le surchargez pas de votre présence, sinon il se lassera. L’intuition n’est pas fausse, mais la raison invoquée l’est. Il ne s’agit pas de vous rendre rare pour qu’il vous «&nbsp;chasse&nbsp;». Il s’agit de rester quelqu’un de vivant, qui a des choses à raconter le soir.</p>
<p>La psychothérapeute Esther Perel l’explique dans <em>L’Intelligence érotique</em>&nbsp;: l’amour cherche la proximité, le désir a besoin d’un peu de distance. On désire difficilement quelqu’un qui n’existe plus qu’à travers le couple. Gardez vos amies, vos soirées, votre chorale, votre club de lecture, vos projets professionnels. Non pour le rendre jaloux&nbsp;: parce que c’est votre vie, et qu’elle vous rend intéressante à vos propres yeux d’abord.</p>
<p>Et attendez de lui la même chose. Un partenaire qui n’a plus d’autre centre d’intérêt que vous finit par peser, aussi charmant soit-il.</p>
<h2 id="2-ne-jamais-cesser-de-flirter">2. Ne jamais cesser de flirter</h2>
<p>Le flirt n’est pas réservé aux débuts. C’est même dans les couples installés qu’il devient le plus précieux, parce qu’il rappelle à l’autre qu’on le regarde encore comme quelqu’un de désirable, et pas seulement comme le coparent qui a oublié le pain.</p>
<p>Un compliment inattendu, sans arrière-pensée. Un message au milieu de la journée qui n’a rien à voir avec la liste de courses. Une main dans le dos au milieu d’un dîner entre amis. Rien de spectaculaire, et c’est le but&nbsp;: le flirt, c’est le désir qui circule à bas bruit.</p>
<p>Le psychologue américain Arthur Aron a montré dans une série d’expériences menées au tournant des années 2000 que les couples qui partagent des activités nouvelles et un peu stimulantes voient leur satisfaction augmenter. Dans l’une d’elles, des couples devaient traverser un parcours d’obstacles attachés l’un à l’autre par un velcro, en riant beaucoup. Une sortie inhabituelle, une randonnée inconnue, un cours de tango à deux&nbsp;: la nouveauté partagée fait une partie du travail que le flirt commence.</p>
<blockquote>
<p>L’intérêt qui dure ne se gagne pas par la stratégie&nbsp;: il se nourrit de curiosité, des deux côtés.</p>
</blockquote>
<h2 id="3-entrer-dans-son-monde-et-l-inviter-dans-le-votre">3. Entrer dans son monde, et l’inviter dans le vôtre</h2>
<p>Les vieux manuels de séduction recommandaient de se faire bien voir de ses amis pour qu’ils lui parlent de vous en votre absence, et qu’un «&nbsp;peu de jalousie&nbsp;» le travaille. Oublions la jalousie. Gardons l’idée qu’un couple se nourrit des autres.</p>
<p>Connaître ses amis, sa famille, ses collègues, c’est le voir évoluer dans des mondes où il est différent&nbsp;: plus drôle, plus sérieux, plus timide. Perel remarque que c’est souvent dans ces moments-là, quand on aperçoit l’autre de loin, dans son élément, que le désir se réveille. Allez au concert de son groupe, à son match du dimanche, à la fête de son bureau. Et emmenez-le dans vos mondes à vous.</p>
<p>Le psychologue John Gottman parle de «&nbsp;cartes de l’amour&nbsp;»&nbsp;: la connaissance détaillée qu’on a de la vie intérieure de l’autre, ses soucis du moment, ses rêves, le nom de son chef pénible. Les couples qui tiennent les mettent à jour régulièrement. Poser des questions, et se souvenir des réponses, reste l’une des formes les plus sûres d’attention.</p>
<h2 id="4-prendre-soin-de-soi-pour-soi">4. Prendre soin de soi, pour soi</h2>
<p>Les mêmes manuels finissaient sur une injonction&nbsp;: soyez irrésistible, ongles faits, intérieur rangé. Ils glissaient pourtant une phrase juste&nbsp;: concentrez-vous sur vous plutôt que sur lui.</p>
<p>Prendre soin de soi n’a rien à voir avec la manucure obligatoire. C’est dormir assez, bouger, porter ce qui vous plaît, avoir des projets, des colères, des enthousiasmes. C’est ne pas vous effacer. Le charme d’une personne tient beaucoup à son assurance tranquille, et l’assurance se nourrit de tout ce qu’on fait pour soi, pas pour plaire. Cela vaut à vingt ans comme à soixante-dix&#8239;; nous en parlons dans notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/amour/aimer-apres-cinquante-ans-ce-qui-change-et-ce-qui-ne-change-pas/">l’amour après cinquante ans</a>.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Ce qu’on oublie sans regret</p><ul>
<li>Rendre l’autre jaloux pour vérifier qu’il tient à vous.</li>
<li>Attendre trois jours avant de répondre à un message.</li>
<li>Feindre l’indifférence quand on a envie de le voir.</li>
<li>Faire tous les efforts seule.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="quand-il-faut-se-battre-pour-garder-son-attention">Quand il faut se battre pour garder son attention</h2>
<p>Un dernier mot, peut-être le plus important. Si vous avez l’impression de devoir déployer des trésors d’ingéniosité pour qu’il continue à s’intéresser à vous, la question n’est pas forcément votre technique. L’intérêt, dans un couple qui va bien, circule dans les deux sens. Il pose des questions, il propose des sorties, il flirte aussi. Si tout repose sur vous, parlez-en franchement, et demandez-vous si cette relation vous donne ce que vous y mettez.</p>
<p>L’intérêt de l’autre ne se garde pas comme on garde un trophée. Il se mérite, chaque jour, des deux côtés, à la manière d’une danse où l’on avance chacun son tour.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/4-manieres-de-maintenir-son-interet-pour-toi/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>L’origine de la Saint-Valentin : un martyr, un poète et beaucoup de légendes</title><link>https://carnetdebal.fr/lorigine-de-la-saint-valentin/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/lorigine-de-la-saint-valentin/</guid><pubDate>Tue, 14 Feb 2023 01:43:10 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>On raconte qu’un prêtre romain mariait les amoureux en cachette, au mépris de l’empereur. C’est une jolie histoire, et probablement une légende. L’origine réelle de la Saint-Valentin passe par les martyrologes, la poésie anglaise du XIVe siècle et les papetiers du XIXe.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/lorigine-de-la-saint-valentin/1200.jpg" alt="Fresque ancienne représentant saint Valentin en évêque, mitre dorée et auréole, vêtu d’une chape rouge brodée d’or, une crosse dans une main et un livre vert sous le bras, devant une arcade peinte sur fond bleu nuit."></p><p>Chaque 14 février, la même histoire circule. Au III<sup>e</sup> siècle, l’empereur Claude II, persuadé que les célibataires faisaient de meilleurs soldats, aurait interdit aux jeunes Romains de se marier. Un prêtre nommé Valentin aurait continué à unir les amoureux en secret, avant d’être arrêté et exécuté un 14 février. Une variante ajoute qu’en prison, il aurait guéri la fille aveugle de son geôlier et lui aurait laissé un billet signé «&nbsp;ton Valentin&nbsp;».</p>
<p>C’est une très belle histoire. Les historiens n’en trouvent aucune trace dans les sources anciennes. L’origine de la Saint-Valentin est plus embrouillée, plus tardive, et à vrai dire plus amusante.</p>
<h2 id="un-saint-ou-deux-ou-peut-etre-un-seul">Un saint, ou deux, ou peut-être un seul</h2>
<p>Les martyrologes de l’Église ancienne, ces listes de saints classés par jour, mentionnent au 14 février non pas un mais deux Valentin. Le premier, prêtre à Rome, aurait été martyrisé au III<sup>e</sup> siècle. Le second, évêque d’Interamna, l’actuelle Terni, en Ombrie, aurait connu le même sort à la même époque. Tous deux auraient été enterrés le long de la via Flaminia, la route qui relie Rome à l’Adriatique. Beaucoup d’historiens soupçonnent qu’il s’agit d’un seul et même homme, dont le souvenir s’est dédoublé.</p>
<p>Ce qu’on sait d’eux tient en quelques lignes, et rien, dans ces lignes, ne parle d’amour. Les récits de leur vie, rédigés bien plus tard, évoquent des guérisons et des conversions, pas des mariages clandestins. C’est d’ailleurs parce qu’on en savait si peu que l’Église catholique a retiré la fête de saint Valentin de son calendrier liturgique général lors de la réforme de 1969. Il reste un saint, mais sa fête n’est plus célébrée partout.</p>
<p>Ses reliques, elles, voyagent. Terni conserve une basilique qui lui est dédiée. À Rome, l’église Santa Maria in Cosmedin, celle de la Bouche de la Vérité, expose un crâne couronné de fleurs qu’on lui attribue. Et l’église des Carmes de Whitefriar Street, à Dublin, affirme abriter une partie de ses restes, offerts au XIX<sup>e</sup> siècle par le pape Grégoire XVI.</p>
<h2 id="les-lupercales-une-piste-qui-ne-mene-nulle-part">Les Lupercales, une piste qui ne mène nulle part</h2>
<p>On lit souvent que la Saint-Valentin aurait remplacé les Lupercales, une fête romaine de purification et de fertilité célébrée le 15 février. Le pape Gélase I<sup>er</sup>, à la fin du V<sup>e</sup> siècle, s’était effectivement opposé à leur célébration. Mais rien ne prouve qu’il ait placé saint Valentin à la date voisine pour les christianiser, et les Lupercales n’avaient rien d’une fête des amoureux. La coïncidence de calendrier a fait le reste.</p>
<blockquote>
<p>La fête des amoureux n’est pas née dans une prison romaine, mais sous la plume d’un poète anglais.</p>
</blockquote>
<h2 id="chaucer-les-oiseaux-et-la-naissance-d-une-fete">Chaucer, les oiseaux et la naissance d’une fête</h2>
<p>Le premier texte qui associe clairement saint Valentin à l’amour date de la fin du XIV<sup>e</sup> siècle. Dans <em>Le Parlement des oiseaux</em>, un long poème écrit vers 1380, l’Anglais Geoffrey Chaucer décrit une assemblée d’oiseaux réunis le jour de la Saint-Valentin pour choisir chacun son compagnon. L’historien américain Jack Oruch a soutenu en 1981 que Chaucer était sans doute l’inventeur de cette association, reprise ensuite par toute la poésie de cour.</p>
<p>Au même moment, le chevalier-poète savoyard Oton de Grandson, ami de Chaucer, écrit lui aussi sur la Saint-Valentin, en français. La tradition gagne les cours d’Angleterre et de France. Au début du XV<sup>e</sup> siècle, le prince-poète Charles d’Orléans, fait prisonnier à la bataille d’Azincourt en 1415 et retenu en Angleterre pendant un quart de siècle, compose plusieurs poèmes où il évoque ce jour des amoureux.</p>
<p>La plus ancienne lettre de Saint-Valentin conservée en anglais date de 1477. Une jeune femme du Norfolk, Margery Brews, y appelle son fiancé John Paston son «&nbsp;Valentin bien-aimé&nbsp;», et s’inquiète de la dot que sa famille pourra offrir. La lettre est aujourd’hui à la British Library. Il y a déjà là tout le mélange de la fête moderne&nbsp;: la tendresse, et l’argent.</p>
<h2 id="des-billets-doux-aux-cartes-imprimees">Des billets doux aux cartes imprimées</h2>
<p>Pendant des siècles, on échange au 14 février des billets écrits à la main, des petits poèmes, des gages. Tout change au XIX<sup>e</sup> siècle. En Grande-Bretagne, la réforme postale de 1840 instaure un tarif unique et bon marché pour les lettres&nbsp;: on peut désormais envoyer une carte à l’autre bout du pays pour un penny. Les imprimeurs se mettent à produire des cartes ornées de dentelle de papier, de cœurs et d’angelots. Aux États-Unis, Esther Howland, fille d’un papetier de Worcester, dans le Massachusetts, lance dans les années 1840 un commerce de cartes de Saint-Valentin qui lui vaut d’être surnommée la «&nbsp;mère de la valentine américaine&nbsp;».</p>
<p>Le XX<sup>e</sup> siècle fera le reste, avec les fleuristes, les chocolatiers et les restaurants qui affichent complet. En France, la petite commune de Saint-Valentin, dans l’Indre, a fini par faire de son nom une vocation&nbsp;: elle célèbre chaque février les amoureux qui viennent de loin.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Le vrai et le faux de la Saint-Valentin</p><ul>
<li>Vrai&nbsp;: deux saints Valentin sont honorés le 14 février dans les anciens martyrologes.</li>
<li>Faux, ou invérifiable&nbsp;: les mariages secrets défiant l’empereur Claude II.</li>
<li>Douteux&nbsp;: le lien avec les Lupercales romaines.</li>
<li>Vrai&nbsp;: Chaucer est le premier à associer ce jour à l’amour, vers 1380.</li>
<li>Vrai&nbsp;: la plus ancienne valentine connue en anglais date de 1477.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="que-feter-alors-le-14-fevrier">Que fêter, alors, le 14 février&#8239;?</h2>
<p>On peut trouver la fête commerciale, et elle l’est. On peut aussi la regarder comme ce qu’elle était chez Chaucer&nbsp;: un jour au cœur de l’hiver où l’on se rappelle que le printemps reviendra et que les oiseaux, déjà, cherchent leur compagnon. Le 14 février n’oblige personne à rien, ni à dîner aux chandelles ni à se sentir seule.</p>
<p>Mais si l’on cherche une manière de le célébrer qui soit fidèle à son histoire, il y en a une, qui ne coûte presque rien. Faire comme Margery Brews en 1477&nbsp;: prendre une feuille, un stylo, et écrire à quelqu’un ce qu’on n’ose pas toujours lui dire. Pour les couples qui se connaissent depuis longtemps, c’est parfois la déclaration la plus inattendue.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/lorigine-de-la-saint-valentin/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>4 attitudes qui feront fuir un homme, et à peu près n’importe qui</title><link>https://carnetdebal.fr/4-attitudes-qui-feront-fuir-un-homme/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/4-attitudes-qui-feront-fuir-un-homme/</guid><pubDate>Fri, 10 Feb 2023 16:14:40 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>On a longtemps expliqué aux femmes qu’il fallait être légère, pas trop maligne, jamais exigeante, pour ne pas faire fuir un homme. La recherche sur le couple raconte autre chose : les attitudes qui font fuir n’ont pas de sexe, et l’on peut les désapprendre.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/4-attitudes-qui-feront-fuir-un-homme/1200.jpg" alt="Dans une savane d’herbe dorée, deux rhinocéros blancs se tiennent côte à côte, l’un broutant tête baissée, l’autre lui tournant résolument le dos."></p><p>La version classique de cette liste, telle que la presse féminine l’a longtemps imprimée, tenait en quatre reproches adressés aux femmes&nbsp;: ne pas jouer sa mère, ne pas faire l’idiote, ne pas être arrogante, ne pas faire de drames. Tout n’y était pas faux. Mais l’angle l’était. Il supposait qu’un homme est une créature fragile qu’il faut ménager, et qu’une femme doit surveiller ses humeurs pour le garder.</p>
<p>Le psychologue américain John Gottman, qui a observé pendant des décennies des couples en train de se disputer dans son laboratoire de Seattle, a identifié les comportements qui annoncent le mieux les séparations. Aucun n’est féminin ni masculin. Nous avons repris les quatre attitudes de la vieille liste à la lumière de ce qu’on sait, et elles valent pour lui comme pour vous.</p>
<h2 id="1-devenir-la-mere-de-son-partenaire">1. Devenir la mère de son partenaire</h2>
<p>«&nbsp;N’oublie pas ton écharpe&nbsp;», «&nbsp;tu as appelé le plombier&#8239;?&nbsp;», «&nbsp;tu as encore laissé tes chaussettes là&nbsp;»&nbsp;: à force, l’un des deux se met à gérer l’autre comme un enfant. La relation glisse d’un couple vers un duo parent-enfant, et le désir n’y survit pas longtemps. On ne fait pas l’amour avec quelqu’un dont on surveille les devoirs.</p>
<p>La vieille liste en faisait un défaut de caractère féminin. C’est surtout le symptôme d’un déséquilibre. Si vous jouez la mère, c’est souvent parce que personne d’autre ne pense à l’écharpe, au plombier et aux chaussettes. La solution n’est donc pas de vous taire en espérant que tout se fasse seul, mais de redistribuer réellement les responsabilités&nbsp;: pas «&nbsp;aider&nbsp;», mais prendre en charge, de bout en bout, une partie de la maison. Notre enquête sur <a href="https://carnetdebal.fr/societe/charge-mentale-quarante-ans-apres-qui-porte-encore-la-maison/">la charge mentale</a> montre à quel point la question reste brûlante. L’inverse existe aussi, et fait fuir tout autant&nbsp;: le partenaire qui se pose en père, qui corrige, explique et décide.</p>
<h2 id="2-le-mepris-ce-poison-lent">2. Le mépris, ce poison lent</h2>
<p>La vieille liste parlait d’arrogance. Gottman parle de mépris, et il le place en tête des signes avant-coureurs de rupture. Le mépris, c’est le sarcasme qui humilie, les yeux levés au ciel, l’imitation moqueuse, la petite phrase devant les amis. C’est se placer au-dessus de l’autre.</p>
<p>Ce qui rend le mépris si toxique, c’est qu’il ne s’attaque plus au problème mais à la personne. On ne dit plus «&nbsp;tu as oublié&nbsp;», on dit «&nbsp;tu es incapable&nbsp;». L’antidote, selon Gottman, consiste à cultiver délibérément l’inverse&nbsp;: l’estime et la gratitude. Remarquer ce que l’autre fait bien, et le dire, y compris pour des choses minuscules. Cela paraît naïf. Dans les couples qu’il a suivis, c’est pourtant ce qui distinguait ceux qui tenaient.</p>
<blockquote>
<p>On ne fait pas l’amour avec quelqu’un dont on surveille les devoirs.</p>
</blockquote>
<h2 id="3-se-faire-plus-petite-qu-on-ne-l-est">3. Se faire plus petite qu’on ne l’est</h2>
<p>La vieille liste conseillait de ne pas «&nbsp;faire l’idiote&nbsp;», car un homme préférerait une femme avec qui discuter. Elle avait raison sur le fond, mais elle passait à côté du vrai sujet&nbsp;: beaucoup de femmes ont appris, au contraire, à cacher leur intelligence, leurs diplômes, leur salaire ou leur ambition pour ne pas effrayer.</p>
<p>Se faire plus petite qu’on ne l’est use tout le monde. Vous, d’abord, qui finissez par ne plus savoir qui vous êtes. L’autre ensuite, qui s’attache à un personnage et découvrira tôt ou tard la personne réelle. Si un homme fuit parce que vous êtes brillante, drôle ou mieux payée que lui, il ne fuit pas&nbsp;: il vous fait gagner du temps.</p>
<p>L’attitude inverse, l’arrogance qui se croit toujours plus fine que l’autre, fait fuir pour les mêmes raisons. Un couple tient quand chacun se sent à la hauteur de l’autre, ni écrasé ni écrasant.</p>
<h2 id="4-le-drame-permanent-ou-le-mur-de-silence">4. Le drame permanent, ou le mur de silence</h2>
<p>La vieille liste se moquait de la «&nbsp;drama queen&nbsp;», ses pleurs et ses bouderies. Exprimer une émotion n’a pourtant rien d’un caprice&nbsp;: pleurer, se fâcher, dire qu’on est blessée fait partie d’une relation vivante. Ce qui épuise, ce n’est pas l’émotion, c’est l’escalade&nbsp;: la dispute qui enfle à chaque phrase, les reproches qui ressortent de vieux tiroirs, le ton qui monte jusqu’à ce que plus personne n’écoute.</p>
<p>L’autre extrémité est tout aussi destructrice, et Gottman l’a nommée&nbsp;: le mur de silence. L’un des deux se ferme, regarde son téléphone, quitte la conversation sans quitter la pièce. Ses observations montrent que ce repli est souvent une réaction de débordement&nbsp;: le cœur s’emballe, on ne pense plus, on se protège en se coupant. D’où son conseil&nbsp;: quand l’un des deux sature, faire une vraie pause d’une vingtaine de minutes, annoncée comme telle, puis revenir. Nous détaillons ces techniques dans notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/communication-dans-le-couple-lart-de-se-comprendre-en-saimant/">la communication dans le couple</a>.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Ce qu’on peut faire à la place</p><ul>
<li>Plutôt que gérer l’autre&nbsp;: partager vraiment les responsabilités.</li>
<li>Plutôt que mépriser&nbsp;: dire merci, pour de petites choses, souvent.</li>
<li>Plutôt que se faire petite&nbsp;: être soi, et voir qui reste.</li>
<li>Plutôt qu’exploser ou se fermer&nbsp;: faire une pause, puis revenir.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="et-s-il-fuit-quand-meme">Et s’il fuit quand même&#8239;?</h2>
<p>Il arrive qu’un homme s’éloigne sans que vous ayez rien fait de tout cela. La peur de l’engagement, une histoire passée mal digérée, un moment de vie compliqué&nbsp;: les raisons de fuir ne vous appartiennent pas toujours. Nous en avons dressé la liste dans notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/9-peurs-plus-ou-moins-rationnelles-des-hommes-sur-les-relations-amoureuses/">les peurs des hommes face à l’amour</a>.</p>
<p>Et parfois, la fuite est une bonne nouvelle. Une relation où l’on doit sans cesse surveiller ce qu’on dit, ce qu’on montre et ce qu’on ressent n’est pas une relation qu’il faut retenir à tout prix. Le bon partenaire ne demande pas qu’on se rétrécisse pour lui. Il fait de la place.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/4-attitudes-qui-feront-fuir-un-homme/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>7 signes que ce mec vous va bien, même si ce n’est pas un feu d’artifice</title><link>https://carnetdebal.fr/7-signes-qui-tindiquent-que-ce-mec-te-va-bien/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/7-signes-qui-tindiquent-que-ce-mec-te-va-bien/</guid><pubDate>Mon, 06 Feb 2023 02:22:49 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>On attend de l’amour des papillons, des insomnies, des messages guettés. Quand une relation va bien, elle est souvent plus calme que cela, au point qu’on s’en inquiète. Voici sept signes qui vous indiquent que ce mec vous va bien, ou cette femme, et un faux signal à ne plus confondre avec la passion.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/7-signes-qui-tindiquent-que-ce-mec-te-va-bien/1200.jpg" alt="Au coucher du soleil, deux silhouettes se tiennent côte à côte au sommet d’une colline sombre, sous un grand ciel bleu traversé de nuages, la mer au loin."></p><p>Pendant des années, vous avez peut-être cru que l’amour se reconnaissait à ses symptômes&nbsp;: le cœur qui s’emballe en voyant son nom s’afficher, l’estomac noué avant chaque rendez-vous, les nuits blanches à relire ses messages. Et puis vous rencontrez quelqu’un avec qui rien de tout cela n’arrive. Vous dormez bien. Vous ne guettez pas votre téléphone. Et une petite voix demande&nbsp;: est-ce vraiment de l’amour, si c’est aussi simple&#8239;?</p>
<p>Souvent, oui. Voici sept signes qui ne trompent guère, et qui valent pour un homme comme pour une femme, à vingt ans comme à soixante.</p>
<h2 id="1-vous-pouvez-vous-taire-ensemble">1. Vous pouvez vous taire ensemble</h2>
<p>Un dîner où personne ne parle pendant cinq minutes, un trajet en voiture sans musique, un dimanche à lire chacun son livre sur le même canapé&nbsp;: avec la bonne personne, le silence n’est pas un trou à combler. Ce n’est pas que vous ne vous ennuyez jamais, c’est que l’ennui ne vous fait pas peur. Le confort tranquille est un signe, pas une menace.</p>
<h2 id="2-vous-n-avez-pas-besoin-de-jouer-un-role">2. Vous n’avez pas besoin de jouer un rôle</h2>
<p>Vous ne vous maquillez pas avant qu’il se réveille, vous avouez que vous n’avez rien compris au film, vous riez trop fort. Il vous a vue malade, de mauvaise humeur, en pyjama à carreaux, et il est resté. S’accepter ne veut pas dire que personne ne change&nbsp;: on évolue, on progresse, parfois grâce à l’autre. Mais personne ne cherche à refaire l’autre selon un plan.</p>
<h2 id="3-vous-regardez-dans-la-meme-direction">3. Vous regardez dans la même direction</h2>
<p>Inutile d’aimer les mêmes films ou de pratiquer les mêmes sports. Ce qui compte, ce sont les grandes lignes&nbsp;: l’envie ou non d’enfants, le rapport à l’argent, le lieu où l’on veut vivre, la place du travail, celle de la famille. Quand ces grandes questions sont abordées sans drame et qu’elles trouvent des réponses compatibles, le reste se négocie. Quand elles sont soigneusement évitées, l’accord n’est qu’apparent.</p>
<h2 id="4-vous-dites-nous-dans-les-difficultes">4. Vous dites «&nbsp;nous&nbsp;» dans les difficultés</h2>
<p>Un déménagement, un licenciement, un parent malade&nbsp;: c’est dans la tempête qu’on voit si l’on rame dans le même bateau. Les chercheurs de l’équipe du psychologue Robert Levenson, à Berkeley, ont remarqué que les conjoints qui emploient plus volontiers le «&nbsp;nous&nbsp;» quand ils discutent d’un désaccord s’y montrent plus chaleureux et moins tendus que ceux qui alignent les «&nbsp;tu&nbsp;» et les «&nbsp;je&nbsp;». Le pronom dit quelque chose&nbsp;: on affronte le problème ensemble, au lieu de s’affronter l’un l’autre.</p>
<blockquote>
<p>Une relation qui vous va bien ressemble moins à des montagnes russes qu’à un port où l’on rentre volontiers.</p>
</blockquote>
<h2 id="5-vos-desaccords-ne-vous-font-pas-peur">5. Vos désaccords ne vous font pas peur</h2>
<p>On entend souvent qu’avec la bonne personne, «&nbsp;tout est facile&nbsp;». Ce n’est pas tout à fait vrai. Les couples qui vont bien se disputent, parfois souvent. La différence, c’est que la dispute ne menace rien. On peut dire «&nbsp;je ne suis pas d’accord&nbsp;» sans craindre que l’autre parte, boude trois jours ou se mette en colère. Et l’on se réconcilie sans qu’il faille d’abord désigner un coupable. Si ce point vous intéresse, nous avons consacré un article entier à <a href="https://carnetdebal.fr/communication-dans-le-couple-lart-de-se-comprendre-en-saimant/">la communication dans le couple</a>.</p>
<h2 id="6-il-s-interesse-a-ce-que-vous-vivez">6. Il s’intéresse à ce que vous vivez</h2>
<p>Il sait comment s’appelle votre collègue insupportable, il vous demande comment s’est passé ce rendez-vous chez le médecin, il se réjouit sincèrement de vos réussites, même quand elles éclipsent les siennes. Le psychologue John Gottman a observé que les couples heureux répondent bien plus souvent qu’ils ne les ignorent aux petites sollicitations quotidiennes de l’autre&nbsp;: un «&nbsp;tu as vu ça&#8239;?&nbsp;», un soupir, une anecdote. Ce sont ces mille réponses minuscules, bien plus que les grandes déclarations, qui disent qu’on compte.</p>
<h2 id="7-vous-ne-pesez-pas-vos-mots">7. Vous ne pesez pas vos mots</h2>
<p>C’est sans doute le signe le plus important. Avec la bonne personne, vous parlez librement. Vous n’avez pas besoin de calculer l’effet de chaque phrase, de choisir le bon moment pour annoncer une mauvaise nouvelle, de répéter mentalement avant de dire que quelque chose vous a blessée. Vous savez que vous serez entendue, même quand ce que vous dites dérange.</p>
<p>Si, au contraire, vous marchez sur des œufs, si vous redoutez ses réactions au point d’adapter votre comportement pour les éviter, ce n’est pas une question de compatibilité. Lisez notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/societe/violences-conjugales-les-signes-qui-doivent-alerter/">les signes qui doivent alerter</a>, et sachez que le 3919 répond gratuitement, jour et nuit.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Le portrait, en sept lignes</p><ul>
<li>Le silence est confortable.</li>
<li>Vous êtes vous-même, pyjama compris.</li>
<li>Les grandes questions ont été posées.</li>
<li>Dans la tempête, vous dites «&nbsp;nous&nbsp;».</li>
<li>Les désaccords ne menacent pas le lien.</li>
<li>Il se souvient de ce que vous lui racontez.</li>
<li>Vous parlez sans calculer.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="le-faux-signal-qu-on-prend-pour-de-la-passion">Le faux signal qu’on prend pour de la passion</h2>
<p>Reste cette inquiétude&nbsp;: et si le calme voulait dire que l’amour manque&#8239;? Les spécialistes de l’attachement, une théorie née des travaux du psychiatre britannique John Bowlby et appliquée aux couples adultes à partir des années 1980, apportent un éclairage utile. Chez les personnes au style d’attachement anxieux, l’incertitude active tout le système d’alarme&nbsp;: on pense à l’autre sans arrêt, on guette, on s’angoisse. Cette agitation ressemble à de la passion. Elle est souvent le signe qu’on ne se sent pas en sécurité.</p>
<p>Une relation qui vous va bien éteint l’alarme. Ce n’est pas moins d’amour, c’est moins de peur. Le désir, lui, demande parfois un peu d’entretien quand la sécurité s’installe, et nous en parlons dans notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/">le désir dans les couples qui durent</a>. Mais entre l’angoisse délicieuse des débuts et la paix d’une histoire qui tient, la seconde a ses charmes, qu’on découvre souvent tard.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/7-signes-qui-tindiquent-que-ce-mec-te-va-bien/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Comment identifier un homme sain d’esprit, sans jouer les psychiatres</title><link>https://carnetdebal.fr/comment-identifier-un-homme-sain-desprit/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/comment-identifier-un-homme-sain-desprit/</guid><pubDate>Wed, 25 Jan 2023 16:29:16 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Vous avez l’impression d’attirer les hommes compliqués, instables ou franchement toxiques ? Personne ne peut poser de diagnostic au troisième rendez-vous, et ce n’est pas votre rôle. Mais on peut apprendre à identifier un homme sain d’esprit à quelques comportements très concrets, et repérer ceux qui doivent alerter.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/comment-identifier-un-homme-sain-desprit/1200.jpg" alt="Sous un grand ciel blanc, deux silhouettes marchent côte à côte au loin dans une prairie, non loin d’une éolienne et de pylônes électriques."></p><p>Le premier ne répondait plus pendant trois jours, puis revenait comme si de rien n’était. Le deuxième vous trouvait merveilleuse un mardi et insupportable le vendredi. Le troisième parlait de son ex avec une rancune qui faisait froid dans le dos. À force, vous vous demandez si vous avez un don pour attirer les hommes compliqués, et s’il existe un moyen de repérer, plus tôt, ceux qui sont simplement bien dans leur tête.</p>
<p>Il en existe, à condition de renoncer à une ambition&nbsp;: poser un diagnostic.</p>
<h2 id="ce-que-vous-ne-pouvez-pas-faire-diagnostiquer">Ce que vous ne pouvez pas faire&nbsp;: diagnostiquer</h2>
<p>Les étiquettes circulent beaucoup. «&nbsp;Sociopathe&nbsp;», «&nbsp;bipolaire&nbsp;», «&nbsp;pervers narcissique&nbsp;». La dernière est très française&nbsp;: la notion de perversion narcissique a été forgée par le psychanalyste Paul-Claude Racamier dans les années 1980, mais elle ne figure dans aucune classification internationale des troubles mentaux. Les diagnostics psychiatriques sont posés par des professionnels, au terme d’entretiens longs, et jamais à partir d’une conversation au café.</p>
<p>Il y a une autre raison de se méfier des étiquettes. Un trouble psychique n’empêche pas d’être un excellent compagnon. Un homme qui traverse une dépression, qui vit avec des troubles anxieux ou un trouble bipolaire, et qui se soigne, en parle, prend ses responsabilités, peut être bien plus «&nbsp;sain&nbsp;» dans une relation qu’un homme sans aucun diagnostic qui contrôle, ment et humilie. La question utile n’est donc pas «&nbsp;qu’est-ce qu’il a&#8239;?&nbsp;», mais «&nbsp;comment se comporte-t-il avec moi et avec les autres&#8239;?&nbsp;».</p>
<h2 id="le-test-de-l-attention-comment-il-recoit-ce-que-vous-donnez">Le test de l’attention&nbsp;: comment il reçoit ce que vous donnez</h2>
<p>Une méthode simple, et plus fiable qu’elle n’en a l’air, consiste à observer comment il réagit quand vous lui accordez de l’attention. Un compliment, un service rendu, une soirée organisée pour lui.</p>
<p>Certains reçoivent sans rien rendre, et demandent davantage. D’autres semblent soupçonner un piège, comme si l’on ne pouvait pas leur vouloir du bien sans arrière-pensée. D’autres encore s’accrochent, et vivent la moindre absence comme un abandon, avec reproches à la clé&nbsp;: «&nbsp;tu ne m’aimes plus&nbsp;». Ce ne sont pas des diagnostics. Ce sont des façons d’être en relation, que la théorie de l’attachement décrit assez bien, et qui peuvent évoluer avec le temps et le travail sur soi.</p>
<p>L’homme équilibré, lui, remercie, rend à sa manière, et ne fait pas de votre attention un dû. Quand vous êtes moins disponible une semaine, il le remarque, peut le regretter, mais ne vous en fait pas un procès. La relation est réciproque, et vous ne vous sentez ni exploitée ni surveillée.</p>
<h2 id="comment-il-reagit-a-un-non">Comment il réagit à un «&nbsp;non&nbsp;»</h2>
<p>C’est sans doute le test le plus révélateur, et il se présente vite. Un rendez-vous que vous déplacez, une proposition que vous déclinez, un baiser que vous n’avez pas envie de donner ce soir. La déception est normale. Ce qui compte, c’est ce qu’il en fait.</p>
<p>Un homme bien dans sa tête dit «&nbsp;dommage&nbsp;» et passe à autre chose. Il ne boude pas trois jours, n’insiste pas jusqu’à ce que vous cédiez, ne transforme pas votre refus en preuve que vous êtes «&nbsp;comme toutes les autres&nbsp;». La capacité à tolérer la frustration est l’un des marqueurs les plus fiables de maturité affective, à tout âge.</p>
<blockquote>
<p>La question utile n’est pas «&nbsp;qu’est-ce qu’il a&#8239;?&nbsp;», mais «&nbsp;comment se comporte-t-il avec moi, et avec les autres&#8239;?&nbsp;».</p>
</blockquote>
<h2 id="comment-il-parle-des-autres">Comment il parle des autres</h2>
<p>Écoutez la façon dont il évoque ses ex. Une histoire terminée peut laisser de la tristesse, de la colère même. Mais si toutes ses anciennes compagnes étaient «&nbsp;folles&nbsp;», «&nbsp;hystériques&nbsp;» ou «&nbsp;manipulatrices&nbsp;», la constante de l’équation, c’est lui.</p>
<p>Regardez aussi comment il traite le serveur qui se trompe de commande, sa mère au téléphone, l’automobiliste qui lui coupe la route. Et voyez s’il a des amis de longue date. Un homme entouré de gens qui le connaissent depuis vingt ans offre une garantie que nul discours ne remplace.</p>
<h2 id="ce-qui-doit-vous-alerter">Ce qui doit vous alerter</h2>
<p>Certains comportements ne relèvent plus de la personnalité compliquée mais du danger. Une intensité démesurée dès les premières semaines&nbsp;: déclarations, projets d’avenir, cadeaux, messages incessants. Une jalousie présentée comme une preuve d’amour. Le contrôle de vos sorties, de votre téléphone, de votre argent. L’éloignement progressif de vos amies et de votre famille. Les humiliations, même «&nbsp;pour rire&nbsp;». La peur que vous ressentez avant de lui annoncer quelque chose.</p>
<p>Lundy Bancroft, un conseiller américain qui a animé pendant des années des groupes pour hommes violents, l’a résumé dans <em>Why Does He Do That&#8239;?</em> (2002)&nbsp;: la violence dans le couple n’est pas une perte de contrôle, c’est une manière d’exercer le contrôle. Si ces signes vous parlent, lisez notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/societe/violences-conjugales-les-signes-qui-doivent-alerter/">les violences conjugales et les signes qui doivent alerter</a>.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Numéros utiles</p><ul>
<li>3919&nbsp;: Violences Femmes Info, gratuit et anonyme, jour et nuit.</li>
<li>17&nbsp;: police secours, en cas de danger immédiat.</li>
<li>114&nbsp;: par SMS, si vous ne pouvez pas parler.</li>
<li>3114&nbsp;: numéro national de prévention du suicide, pour vous ou pour lui.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="a-quoi-ressemble-un-homme-equilibre">À quoi ressemble un homme équilibré</h2>
<p>Rien de spectaculaire, et c’est bien le problème&nbsp;: l’équilibre se remarque moins que le chaos. Il fait ce qu’il dit. Il sait s’excuser. Il peut être triste, inquiet, en colère, sans vous en rendre responsable. Il a une vie, des amis, des centres d’intérêt qui ne dépendent pas de vous. Il accepte vos refus. Et s’il va mal, il demande de l’aide, à un ami, à un médecin, à un psychologue, ce qui est un excellent signe, pas un défaut.</p>
<p>Il ne vous fera pas perdre le sommeil. Si vous avez longtemps confondu l’amour avec l’adrénaline, cette tranquillité peut d’abord ressembler à de l’ennui. Nous en parlons dans notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/7-signes-qui-tindiquent-que-ce-mec-te-va-bien/">les signes que ce mec vous va bien</a>. Donnez-lui sa chance&nbsp;: la sérénité aussi a son charme.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/comment-identifier-un-homme-sain-desprit/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>10 trucs qui rendent les hommes dingues d’une femme (et les femmes aussi)</title><link>https://carnetdebal.fr/10-trucs-qui-rendent-les-hommes-dingues-dune-femme/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/10-trucs-qui-rendent-les-hommes-dingues-dune-femme/</guid><pubDate>Wed, 25 Jan 2023 15:55:02 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Les vieux articles promettaient des recettes pour rendre les hommes dingues d’une femme : se faire désirer, rendre jaloux, jouer les inaccessibles. La psychologie de l’attirance raconte une histoire plus simple et plus flatteuse. Ce qui fait craquer, c’est d’être pleinement quelqu’un, et cela vaut quel que soit l’être aimé.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/10-trucs-qui-rendent-les-hommes-dingues-dune-femme/1200.jpg" alt="Dans une prairie d’herbes sèches bordée d’arbres nus, une jeune femme rousse en veste en jean, debout, rit franchement face à l’objectif."></p><p>Le titre est un peu racoleur, avouons-le. Mais la question qu’il pose mérite une réponse honnête. Qu’est-ce qui fait qu’un homme, ou une femme, ou n’importe qui, tombe sous le charme de quelqu’un au point d’en perdre un peu la tête&#8239;?</p>
<p>Pas grand-chose de ce que promettaient les magazines d’autrefois. Les chercheurs qui étudient l’attirance depuis un demi-siècle ont trouvé des réponses plus intéressantes que la longueur de jupe idéale. Les voici, en dix points, avec une précision qui a son importance&nbsp;: rien de ce qui suit ne se joue. Tout se vit.</p>
<h2 id="1-elle-a-une-vie-a-elle">1. Elle a une vie à elle</h2>
<p>Une femme qui a des projets, des passions, un travail qui la tient éveillée, des amies avec qui elle part en week-end. Non parce que cela la rend «&nbsp;difficile à attraper&nbsp;», mais parce que cela la rend intéressante. On ne tombe pas amoureux d’une salle d’attente.</p>
<h2 id="2-elle-a-des-opinions-et-les-defend">2. Elle a des opinions, et les défend</h2>
<p>Être d’accord avec tout le monde pour éviter les vagues donne une impression étrange&nbsp;: on ne sait plus qui l’on a en face. Une femme qui dit «&nbsp;je ne suis pas d’accord, et voilà pourquoi&nbsp;» offre une conversation, une résistance, une surprise. La plupart des gens aiment être contredits avec esprit bien plus qu’on ne le croit.</p>
<h2 id="3-elle-rit-et-elle-fait-rire">3. Elle rit, et elle fait rire</h2>
<p>Le sens de l’humour figure presque toujours parmi les qualités les plus recherchées chez un partenaire, chez les hommes comme chez les femmes. Le rire partagé crée une complicité instantanée, désamorce les tensions et dit beaucoup d’une intelligence. Pas besoin d’être drôle comme une humoriste&nbsp;: savoir rire, y compris de soi, suffit largement.</p>
<h2 id="4-elle-s-interesse-vraiment">4. Elle s’intéresse vraiment</h2>
<p>C’est peut-être le résultat le plus solide de la recherche sur l’attirance. Le psychologue américain Harry Reis et ses collègues ont montré que ce qui rend quelqu’un désirable, c’est sa «&nbsp;réceptivité&nbsp;»&nbsp;: le sentiment, chez l’autre, d’être compris, pris au sérieux, regardé avec attention. On craque pour ceux devant qui l’on se sent intéressant.</p>
<h2 id="5-elle-choisit-et-cela-se-voit">5. Elle choisit, et cela se voit</h2>
<p>Le vieux conseil disait&nbsp;: dites non, les hommes n’oublient pas celles qui leur ont résisté. La réalité est plus subtile. Dès 1973, une équipe de psychologues américains menée par Elaine Walster a montré que la femme «&nbsp;difficile à obtenir&nbsp;» en général n’attirait pas davantage. Ce qui plaisait, c’était celle qui était difficile pour les autres, mais visiblement intéressée par la personne en face. Plus récemment, des chercheurs de Northwestern ont observé, lors de séances de speed dating, que les participants qui manifestaient un intérêt indifférencié pour tout le monde étaient moins désirés que ceux qui choisissaient. Être sélective n’est pas un jeu&nbsp;: c’est savoir ce qu’on veut.</p>
<blockquote>
<p>On ne tombe pas amoureux d’une salle d’attente.</p>
</blockquote>
<h2 id="6-elle-est-la-meme-avec-tout-le-monde">6. Elle est la même avec tout le monde</h2>
<p>Une femme qui parle de la même façon au serveur et au directeur, à sa grand-mère et à son rendez-vous, inspire confiance. La singularité qui séduit n’a rien à voir avec une couleur de cheveux originale. Elle tient à la cohérence&nbsp;: on a le sentiment de rencontrer une personne, pas un personnage.</p>
<h2 id="7-elle-habite-son-corps">7. Elle habite son corps</h2>
<p>Les canons de beauté changent avec les époques&#8239;; ce qui ne change pas, c’est le charme de quelqu’un qui se sent bien dans sa peau. Une femme qui danse sans se demander si on la regarde, qui rit la bouche grande ouverte, qui mange avec appétit. Cela n’a rien à voir avec la taille de son jean ni avec son âge. Notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/amour/aimer-apres-cinquante-ans-ce-qui-change-et-ce-qui-ne-change-pas/">l’amour après cinquante ans</a> en donne quelques jolies preuves.</p>
<h2 id="8-elle-aime-la-nouveaute">8. Elle aime la nouveauté</h2>
<p>Les manuels de séduction vantaient les femmes «&nbsp;spontanées, pas foldingues&nbsp;». Disons curieuses&nbsp;: qui proposent un restaurant inconnu, une randonnée improvisée, un film qu’on n’aurait jamais choisi. Les travaux du psychologue Arthur Aron montrent que les expériences nouvelles vécues à deux nourrissent l’attirance et la satisfaction du couple. La curiosité est contagieuse.</p>
<h2 id="9-elle-connait-sa-valeur">9. Elle connaît sa valeur</h2>
<p>Une femme qui ne se laisse pas maltraiter, qui pose ses limites calmement, qui part quand on lui manque de respect. Elle n’est ni arrogante ni froide&nbsp;: elle se respecte, et elle respecte les autres. C’est le contraire de l’attitude qui consiste à tout accepter pour être aimée. Nos collègues de la rubrique psycho expliquent comment <a href="https://carnetdebal.fr/psycho/savoir-dire-non-sans-se-justifier/">dire non sans se justifier</a>.</p>
<h2 id="10-elle-est-aimee-de-beaucoup-de-gens">10. Elle est aimée de beaucoup de gens</h2>
<p>On lit encore qu’un homme serait fier d’avoir conquis celle que ses amis convoitaient. Laissons les trophées aux étagères. Mais il est vrai qu’une femme entourée, appréciée de ses amies, de ses collègues, de sa famille, rassure. L’affection des autres sert de garantie&nbsp;: si tant de gens l’aiment, c’est qu’il y a de bonnes raisons.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Ce qui ne marche pas, contrairement à la légende</p><ul>
<li>Rendre l’autre jaloux pour qu’il se réveille.</li>
<li>Faire semblant de partir pour être retenue.</li>
<li>Cacher son intelligence pour ne pas effrayer.</li>
<li>Jouer les inaccessibles avec tout le monde, lui compris.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="et-pour-les-rendre-dingues-durablement">Et pour les rendre dingues durablement&#8239;?</h2>
<p>Relisez la liste en remplaçant «&nbsp;elle&nbsp;» par «&nbsp;il&nbsp;». Tout fonctionne, et c’est exactement ce que décrivent les chercheurs&nbsp;: les ressorts de l’attirance sont à peu près les mêmes, quel que soit le sexe de celui ou celle qui regarde. Rien de tout cela ne consiste à se transformer pour plaire. Il s’agit plutôt de devenir davantage soi-même, et de laisser venir ceux qui aiment ça.</p>
<p>Quant aux autres, ceux qui préfèrent une femme silencieuse, docile et toujours disponible, on peut leur appliquer une vieille formule, d’une grande sagesse&nbsp;: tous les hommes n’ont pas bon goût.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/10-trucs-qui-rendent-les-hommes-dingues-dune-femme/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>9 peurs des hommes face à l’amour, plus ou moins rationnelles</title><link>https://carnetdebal.fr/9-peurs-plus-ou-moins-rationnelles-des-hommes-sur-les-relations-amoureuses/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/9-peurs-plus-ou-moins-rationnelles-des-hommes-sur-les-relations-amoureuses/</guid><pubDate>Sun, 22 Jan 2023 23:41:52 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Ils hésitent à s’engager, se taisent quand il faudrait parler, s’éloignent quand tout va bien. Derrière ces comportements, il y a souvent des peurs, plus ou moins rationnelles, que l’éducation des garçons a appris à cacher. Neuf peurs des hommes sur les relations amoureuses, regardées en face et sans caricature.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/9-peurs-plus-ou-moins-rationnelles-des-hommes-sur-les-relations-amoureuses/1200.jpg" alt="Dans une pièce plongée dans l’ombre, un homme assis sur le rebord d’une grande baie vitrée se découpe en silhouette sur un ciel rose, au-dessus des immeubles d’une ville au bord de l’eau."></p><p>On les dit «&nbsp;incapables de s’engager&nbsp;», «&nbsp;fermés comme des huîtres&nbsp;», «&nbsp;allergiques aux conversations sérieuses&nbsp;». Les clichés sur les hommes en amour sont aussi tenaces que ceux sur les femmes, et pas plus justes. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que beaucoup d’hommes ont grandi avec une consigne implicite&nbsp;: on a le droit d’avoir peur, à condition que cela ne se voie pas.</p>
<p>L’écrivaine américaine bell hooks l’a décrit avec une grande finesse dans <em>La Volonté de changer</em> (2004), consacré aux hommes et à l’amour&nbsp;: on apprend aux garçons à taire toutes leurs émotions, sauf la colère. Le psychologue Ronald Levant parle, lui, d’«&nbsp;alexithymie masculine normative&nbsp;» pour désigner la difficulté, apprise et non innée, qu’ont beaucoup d’hommes à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent. Les peurs ne disparaissent pas pour autant. Elles se déguisent. Voici les plus fréquentes, que vous reconnaîtrez peut-être, chez lui, ou chez vous, car aucune n’est réservée à un sexe.</p>
<h2 id="les-peurs-de-perdre-quelque-chose">Les peurs de perdre quelque chose</h2>
<p><strong>1. La peur de manquer de temps.</strong> Le travail, le sport, les amis, les projets&nbsp;: il a l’impression qu’une relation va tout grignoter. Cette peur est souvent le signe d’une vie construite autour de la performance, où chaque heure doit servir à quelque chose. Une soirée à ne rien faire avec quelqu’un qu’on aime ne lui paraît pas «&nbsp;productive&nbsp;». Elle l’est pourtant, d’une autre manière.</p>
<p><strong>2. La peur de ne plus être lui-même.</strong> Il craint qu’à deux il ne puisse plus écouter sa musique, voir ses amis, garder ses manies. La peur paraît puérile&#8239;; elle ne l’est pas. Certains couples fusionnels effacent réellement les individus. La réponse tient dans un couple où chacun garde son territoire, ce que la psychothérapeute Esther Perel décrit comme une condition du désir.</p>
<p><strong>3. La peur de perdre ses amis.</strong> Beaucoup d’hommes ont peu d’amitiés intimes et se reposent sur un petit cercle, parfois sur un seul ami. Quand une relation commence, ils redoutent de perdre ce cercle, et parfois, faute d’entretien, ils le perdent vraiment. Encourager l’autre à garder ses amis n’est pas une concession&nbsp;: c’est une protection, pour lui comme pour le couple.</p>
<blockquote>
<p>On apprend aux garçons qu’ils ont le droit d’avoir peur, à condition que cela ne se voie pas.</p>
</blockquote>
<h2 id="les-peurs-de-ne-pas-etre-a-la-hauteur">Les peurs de ne pas être à la hauteur</h2>
<p><strong>4. La peur de ne pas savoir s’engager comme il faut.</strong> Il ne sait pas très bien ce qu’on attend de lui, ni comment montrer qu’il tient à quelqu’un. Faute de mode d’emploi, il préfère ne rien promettre plutôt que de décevoir. Souvent, une conversation claire sur ce que chacun espère suffit à dénouer la chose.</p>
<p><strong>5. La peur d’aller trop vite.</strong> Elle peut tourner à l’absurde&nbsp;: deux personnes qui rêvent secrètement de vivre ensemble et n’en parlent jamais, de peur que l’autre ne soit pas prêt. Les années passent. La solution est simple et intimidante&nbsp;: poser la question, sans ultimatum.</p>
<p><strong>6. La peur d’être nul au lit.</strong> Le fameux «&nbsp;alors, c’était bien&#8239;?&nbsp;» prête à sourire, mais il trahit une angoisse réelle, entretenue par une culture qui fait de l’homme le responsable du plaisir de sa partenaire. L’anxiété de performance est l’un des freins au désir les plus fréquents que décrivent les sexologues, et elle s’aggrave avec la peur de devenir ennuyeux au fil des années. Notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/">le désir dans les couples qui durent</a> montre que la sexualité se construit à deux, et qu’on n’attend de personne une performance.</p>
<h2 id="les-peurs-d-etre-blesse">Les peurs d’être blessé</h2>
<p><strong>7. La peur d’être trompé, encore.</strong> Un homme qui a été trahi peut mettre des années à refaire confiance. On lit parfois qu’il reviendrait à la nouvelle compagne de le «&nbsp;réparer&nbsp;». Non. Vous pouvez être patiente et compréhensive&#8239;; vous n’êtes ni son infirmière ni sa thérapeute. S’il projette sur vous les fautes d’une autre, en vous surveillant ou en vous soupçonnant, c’est à lui de faire ce travail, au besoin avec un professionnel.</p>
<p><strong>8. La peur de montrer sa vulnérabilité.</strong> C’est peut-être la plus profonde, et celle qui coûte le plus cher aux couples. Pleurer, avouer qu’il a peur, dire «&nbsp;j’ai besoin de toi&nbsp;»&nbsp;: beaucoup d’hommes ont appris que c’était déchoir. Alors ils se taisent, s’éloignent quand l’émotion devient trop forte, et sont parfois pris pour indifférents alors qu’ils sont submergés. Ce qui aide&nbsp;: accueillir sans moquerie la première confidence, ne jamais la ressortir dans une dispute, et montrer l’exemple.</p>
<p><strong>9. La peur d’être la raison de vivre de l’autre.</strong> Il ne veut pas porter le bonheur de quelqu’un sur ses seules épaules. C’est une peur saine, au fond&nbsp;: personne ne devrait occuper cette place. Elle devient un problème quand elle sert de prétexte pour ne jamais rien donner.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Ce qui l’aide, et ce qui ne l’aide pas</p><ul>
<li>Aide&nbsp;: poser les questions importantes calmement, sans ultimatum.</li>
<li>Aide&nbsp;: accueillir une confidence sans la commenter ni la ressortir plus tard.</li>
<li>Aide&nbsp;: laisser à chacun ses amis et son temps.</li>
<li>N’aide pas&nbsp;: deviner à sa place ce qu’il ressent.</li>
<li>N’aide pas&nbsp;: vous charger de le réparer.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="ce-que-vous-pouvez-faire-de-ses-peurs-et-des-votres">Ce que vous pouvez faire de ses peurs, et des vôtres</h2>
<p>Relisez la liste en pensant à vous. Vous y trouverez sans doute deux ou trois peurs familières. C’est le premier enseignement de cet inventaire&nbsp;: hommes et femmes ont à peu près les mêmes craintes face à l’amour. La différence tient surtout à ce qu’on leur a appris à en montrer.</p>
<p>Le second, c’est que les peurs reculent quand on les nomme. Vous ne pouvez pas parler à la place de l’autre, mais vous pouvez créer un climat où il ose le faire. Si ce dialogue reste impossible, ou si ses peurs se traduisent par du contrôle, de la jalousie ou des humiliations, ce n’est plus une question de pudeur. Notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/communication-dans-le-couple-lart-de-se-comprendre-en-saimant/">la communication dans le couple</a> donne des pistes pour la première situation. Pour la seconde, le 3919 répond gratuitement, jour et nuit.</p>
<p>Et s’il finit par vous dire, un soir, qu’il avait peur de tout ça, ne vous moquez pas. C’est sans doute l’une des choses les plus courageuses qu’il ait dites de sa vie.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/9-peurs-plus-ou-moins-rationnelles-des-hommes-sur-les-relations-amoureuses/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Balance et Balance : le couple le plus élégant du zodiaque, au lit aussi</title><link>https://carnetdebal.fr/compatibilite-sexuelle-balance-balance/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/compatibilite-sexuelle-balance-balance/</guid><pubDate>Tue, 17 Jan 2023 00:39:32 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Deux Balance qui s’aiment, c’est la promesse d’une vie de couple soignée, de dîners aux chandelles et de caresses sans hâte. C’est aussi le risque de se plaire si bien qu’on n’ose plus rien se demander. Compatibilité sexuelle Balance-Balance, mode d’emploi.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/compatibilite-sexuelle-balance-balance/1200.jpg" alt="En pleine nuit, au milieu d’une grande avenue illuminée de Buenos Aires, un couple de danseurs de tango vêtus de rouge se tient par la main dans une figure parfaitement symétrique, l’obélisque en arrière-plan."></p><p>Imaginez un appartement où les coussins sont assortis aux rideaux, où un bouquet frais trône chaque semaine sur la table et où personne n’élève jamais la voix. Vous êtes probablement chez deux Balance. Ils se sont rencontrés à un vernissage, ou à un mariage, et ont parlé toute la soirée sans voir l’heure passer. Depuis, ils ne se quittent plus, et leurs amis les citent en exemple.</p>
<p>L’astrologie, qu’on la lise comme une tradition symbolique ou comme un jeu de miroirs, a beaucoup à dire de ce duo. Elle n’annonce pas l’avenir d’un couple, elle offre une grille de lecture pour parler de ce qui le rapproche et de ce qui le menace. Prenons-la ainsi.</p>
<h2 id="deux-signes-d-air-gouvernes-par-venus">Deux signes d’Air gouvernés par Vénus</h2>
<p>La Balance, septième signe du zodiaque, couvre la période qui va de la fin septembre à la fin octobre, et commence avec l’équinoxe d’automne, lorsque le jour et la nuit sont d’égale longueur. C’est le seul signe représenté par un objet et non par un être vivant&nbsp;: deux plateaux suspendus, en équilibre. Signe d’Air, donc tourné vers les idées et l’échange, et signe cardinal, qui ouvre une saison, elle est gouvernée par Vénus, la planète de l’amour, de la beauté et du plaisir.</p>
<p>La tradition astrologique associe d’ailleurs la Balance à la septième maison, celle de l’union et du partenariat. Seule, elle se sent inachevée. Avec un autre, elle s’épanouit. Avec un autre qui lui ressemble, elle a parfois l’impression d’avoir trouvé son reflet. Pour le portrait complet de ce signe, lisez <a href="https://carnetdebal.fr/la-femme-balance/">notre portrait de la femme Balance</a> ou <a href="https://carnetdebal.fr/horoscope/balance/">la page Balance de notre horoscope</a>.</p>
<h2 id="compatibilite-sexuelle-balance-balance-la-volupte-du-raffine">Compatibilité sexuelle Balance-Balance&nbsp;: la volupté du raffinement</h2>
<p>Au lit, deux Balance partagent le même goût pour la mise en scène. La lumière tamisée, des draps choisis, une musique bien pensée&nbsp;: le décor compte, et ni l’un ni l’autre ne trouvera cela ridicule. Ils aiment les préliminaires longs, les massages, les caresses qui prennent leur temps, les mots doux murmurés à l’oreille. Pour ces deux enfants de Vénus, la sensualité est un art, pas une performance.</p>
<p>Ils ont aussi en commun un goût de la conversation qui déborde volontiers dans la chambre. Signe d’Air oblige, le désir passe chez eux par la tête autant que par le corps&nbsp;: une allusion pendant le dîner, un message un peu osé dans la journée, une lecture partagée. L’esprit les excite. La vulgarité, en revanche, les éteint aussi sûrement qu’une lumière crue.</p>
<blockquote>
<p>Le risque de ce couple n’est pas la dispute. C’est la politesse.</p>
</blockquote>
<p>Leur grande force est la courtoisie amoureuse. Chacun est attentif au plaisir de l’autre, soucieux de lui faire du bien, prompt à demander si tout va bien. Aucune brutalité à craindre entre eux, aucun égoïsme de l’amant pressé.</p>
<h2 id="le-piege-se-plaire-au-point-de-ne-plus-rien-se-demander">Le piège&nbsp;: se plaire au point de ne plus rien se demander</h2>
<p>Voici le revers de la médaille. La Balance déteste le conflit et cherche à plaire. Deux Balance ensemble peuvent donc passer des années à faire l’amour comme l’autre semble l’aimer, sans que personne ose dire qu’il aimerait autre chose. Chacun s’adapte à l’autre, qui s’adapte en retour, et le couple finit par tourner en rond autour d’une sexualité très agréable et un peu fade, que ni l’un ni l’autre n’a vraiment choisie.</p>
<p>L’indécision, autre trait célèbre du signe, n’arrange rien. «&nbsp;Qu’est-ce qui te ferait plaisir&#8239;?&nbsp;» «&nbsp;Ce qui te fait plaisir à toi.&nbsp;» Ce dialogue charmant peut durer longtemps. Le désir, lui, a besoin d’un peu d’initiative, parfois d’audace, de quelqu’un qui propose.</p>
<p>Enfin, la Balance accumule. Elle tait ses frustrations pour préserver l’harmonie, jusqu’au jour où tout sort d’un coup, pour une broutille. Deux Balance qui se taisent en même temps peuvent laisser s’installer un malentendu durable, sous des dehors impeccables.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Trois habitudes pour deux Balance</p><ul>
<li>Décider à tour de rôle&nbsp;: une semaine, c’est l’un qui choisit le programme, la suivante, l’autre.</li>
<li>Remplacer «&nbsp;comme tu veux&nbsp;» par une vraie préférence, même petite.</li>
<li>Se donner rendez-vous pour parler de sa vie intime, hors du lit, une fois par saison.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="ce-que-deux-balance-gagnent-a-apprendre">Ce que deux Balance gagnent à apprendre</h2>
<p>Leur meilleur allié, c’est leur talent pour la parole. Deux Balance savent discuter avec tact&nbsp;: qu’ils mettent ce talent au service de leur intimité. Dire «&nbsp;j’aimerais essayer&nbsp;» plutôt que d’attendre que l’autre devine. Accepter qu’un désaccord n’est pas une rupture d’harmonie. Nous avons écrit un guide pour <a href="https://carnetdebal.fr/et-si-on-parlait-sexe-avec-notre-partenaire/">parler de sexe avec son partenaire</a> qui leur ira comme un gant.</p>
<p>Ils gagneront aussi à cultiver chacun un territoire à soi. Deux personnes trop semblables finissent par se confondre, et le désir a besoin d’un peu d’altérité, comme le rappelle la psychothérapeute Esther Perel. Des amis différents, des passions séparées, des soirées chacun de son côté&nbsp;: de quoi se retrouver avec des yeux neufs.</p>
<p>Rappelons enfin qu’un thème astral ne se résume pas au signe solaire. La position de la Lune, de Vénus et de Mars, l’ascendant, nuancent beaucoup le tableau&nbsp;: deux Balance peuvent avoir des tempéraments très différents. Et l’astrologie, quelle que soit l’affection qu’on lui porte, ne remplacera jamais une conversation franche.</p>
<p>Deux Balance qui apprennent à se dire ce qu’elles veulent forment un couple rare, élégant jusque dans l’abandon, et qui dure. Il leur suffit de troquer, de temps en temps, la politesse contre la franchise.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/compatibilite-sexuelle-balance-balance/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>La check-list du couple : dix questions pour savoir où vous en êtes</title><link>https://carnetdebal.fr/la-check-list-du-couple-en-10-points/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/la-check-list-du-couple-en-10-points/</guid><pubDate>Mon, 16 Jan 2023 23:05:56 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Pas un test à score, pas un verdict : dix questions à vous poser, seule ou à deux, pour regarder votre couple en face. Une check-list du couple fondée sur ce que les chercheurs savent des relations qui tiennent, et de celles qui s’abîment.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/la-check-list-du-couple-en-10-points/1200.jpg" alt="Vus de dos, deux personnes en bonnet de laine et manteau sombre s’abritent sous un même grand parapluie noir, devant des sapins enneigés."></p><p>Il y a des soirs où l’on se demande. Pas forcément parce que ça va mal. Parce qu’un ami vient de divorcer, parce que les enfants sont partis, parce qu’on a eu une dispute stupide qui a laissé un goût amer, ou simplement parce qu’on a franchi une décennie. Et la question revient&nbsp;: est-ce que nous allons bien&#8239;?</p>
<p>Aucun questionnaire ne vous dira si votre couple va durer. Mais les chercheurs qui observent les couples depuis des décennies ont repéré des signes qui comptent plus que d’autres. Voici dix questions pour faire le bilan, à lire seule ou, mieux, à deux. Répondez honnêtement, sans compter les points.</p>
<h2 id="la-base-la-securite-et-le-respect">La base&nbsp;: la sécurité et le respect</h2>
<p><strong>1. Vous sentez-vous en sécurité avec l’autre&#8239;?</strong> C’est la question qui passe avant toutes les autres. En sécurité physiquement, bien sûr. Mais aussi émotionnellement&nbsp;: pouvez-vous dire ce que vous pensez sans craindre sa réaction, sans peser chaque mot&#8239;? Si la réponse est non, si vous avez peur, le reste de cette liste attendra. Lisez plutôt <a href="https://carnetdebal.fr/societe/violences-conjugales-les-signes-qui-doivent-alerter/">notre article sur les signes de violences conjugales</a>, et sachez que le 3919 répond jour et nuit, gratuitement et anonymement.</p>
<p><strong>2. Le mépris a-t-il fait son entrée&#8239;?</strong> Le psychologue américain John Gottman, qui a filmé et suivi des centaines de couples pendant des années, a identifié quatre comportements qui prédisent les ruptures&nbsp;: la critique de la personne plutôt que du comportement, la défensive systématique, le mur du silence et, le plus toxique de tous, le mépris. Les yeux levés au ciel, les sarcasmes, la moquerie devant les autres. Le mépris dit&nbsp;: je vaux mieux que toi. Il ronge tout.</p>
<p><strong>3. Pouvez-vous être vous-même&#8239;?</strong> Avec vos goûts, vos amis, vos humeurs, vos contradictions. Un couple sain laisse de la place à chacun. Si vous vous êtes peu à peu effacée, si vous avez renoncé à ce que vous aimiez pour éviter les histoires, prenez-le au sérieux.</p>
<h2 id="le-quotidien-les-petits-gestes-et-les-disputes">Le quotidien&nbsp;: les petits gestes et les disputes</h2>
<p><strong>4. Vous répondez-vous&#8239;?</strong> Gottman a observé un phénomène très simple. Toute la journée, nous lançons à notre partenaire de petites demandes d’attention&nbsp;: «&nbsp;Regarde ce bel oiseau&nbsp;», «&nbsp;Tu as vu ce qu’a dit ma sœur&#8239;?&nbsp;». Celui qui répond, même brièvement, nourrit le lien. Celui qui ignore l’abîme, un peu à chaque fois. Dans ses études, les couples restés ensemble répondaient bien plus souvent à ces sollicitations que ceux qui s’étaient séparés.</p>
<p><strong>5. Savez-vous vous réconcilier&#8239;?</strong> Tous les couples se disputent, et les couples heureux pas forcément moins que les autres. La différence tient à la réparation&nbsp;: un geste, une plaisanterie, un «&nbsp;je suis allé trop loin&nbsp;» qui désamorce la tension. Après une dispute, revenez-vous l’un vers l’autre&#8239;? Ou la rancune s’accumule-t-elle, sujet après sujet&#8239;?</p>
<p><strong>6. Comment l’autre accueille-t-il vos bonnes nouvelles&#8239;?</strong> La psychologue américaine Shelly Gable a montré que la façon dont un partenaire réagit aux bonnes nouvelles compte autant, sinon plus, que son soutien dans les difficultés. Se réjouir sincèrement, poser des questions, partager l’enthousiasme&nbsp;: c’est l’une des marques les plus fiables d’un couple qui va bien.</p>
<blockquote>
<p>Le mépris dit&nbsp;: je vaux mieux que toi. Il ronge tout.</p>
</blockquote>
<p><strong>7. La maison est-elle partagée&#8239;?</strong> Qui pense aux rendez-vous chez le dentiste, au cadeau d’anniversaire de la belle-mère, au lait qui manque&#8239;? Un déséquilibre durable dans les tâches et la charge mentale use l’amour plus sûrement qu’une grande crise. Nos collègues de la rubrique société y ont consacré <a href="https://carnetdebal.fr/societe/charge-mentale-quarante-ans-apres-qui-porte-encore-la-maison/">une enquête sur la charge mentale</a>.</p>
<h2 id="l-intimite-et-l-avenir">L’intimité et l’avenir</h2>
<p><strong>8. Y a-t-il encore de la tendresse, et du désir&#8239;?</strong> Pas besoin de comparer votre fréquence à celle des voisins&nbsp;: elle varie énormément d’un couple à l’autre, et au fil d’une vie. La vraie question est ailleurs. Vous touchez-vous encore&#8239;? Pouvez-vous parler de votre sexualité, de ce qui vous manque&#8239;? Si le désir s’est endormi, ce n’est pas une fatalité&nbsp;: nous l’expliquons dans <a href="https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/">notre article sur le désir dans les couples qui durent</a>.</p>
<p><strong>9. Rêvez-vous encore ensemble&#8239;?</strong> Un voyage, une maison, un potager, un projet de retraite, une langue à apprendre. Les couples qui tiennent ont souvent, au-delà des enfants et des factures, quelque chose qu’ils construisent à deux, et dont ils aiment parler.</p>
<p><strong>10. Le choisiriez-vous encore&#8239;?</strong> La question est vertigineuse, et c’est pour cela qu’elle est utile. Si vous le rencontriez aujourd’hui, tel qu’il est devenu, auriez-vous envie de le connaître&#8239;? La réponse n’a pas à être un oui enthousiaste. Elle peut être un oui fatigué, un oui tendre, un oui qui demande des changements. Mais elle vous dit beaucoup.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Comment utiliser cette check-list</p><ul>
<li>Répondez chacun de votre côté, puis comparez vos réponses, sans vous interrompre.</li>
<li>Choisissez un seul point à améliorer, pas dix&nbsp;: le plus concret possible.</li>
<li>Refaites l’exercice dans six mois.</li>
<li>Si plusieurs réponses vous inquiètent, une thérapie de couple peut aider, à condition qu’il n’y ait ni peur ni violence.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="et-maintenant">Et maintenant&#8239;?</h2>
<p>Si vous avez répondu oui à la plupart de ces questions, réjouissez-vous&nbsp;: votre couple a des fondations solides, même s’il traverse une période grise. Si plusieurs réponses vous ont serré le cœur, ce n’est pas une condamnation. C’est une information. Beaucoup de couples traversent des années difficiles et en sortent plus forts, à condition de se parler.</p>
<p>Et si, au terme de cette lecture, vous vous rendez compte que vous restez par peur, par habitude ou par devoir plutôt que par envie, vous avez le droit de vous poser la question de partir. À tout âge&nbsp;: nous l’avons vu dans <a href="https://carnetdebal.fr/amour/aimer-apres-cinquante-ans-ce-qui-change-et-ce-qui-ne-change-pas/">notre article sur l’amour après cinquante ans</a>, il n’est jamais trop tard pour aimer mieux.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/la-check-list-du-couple-en-10-points/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Et si on en parlait ? Oser parler de sexe avec son partenaire</title><link>https://carnetdebal.fr/et-si-on-parlait-sexe-avec-notre-partenaire/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/et-si-on-parlait-sexe-avec-notre-partenaire/</guid><pubDate>Sat, 14 Jan 2023 19:30:33 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>On peut partager un lit, des enfants et un crédit pendant vingt ans sans jamais avoir dit ce qui nous fait vraiment plaisir. Parler de sexe avec son partenaire s’apprend pourtant, à tout âge. Pourquoi c’est si difficile, et comment s’y prendre.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/et-si-on-parlait-sexe-avec-notre-partenaire/1200.jpg" alt="Vu d’en haut, un couple aux cheveux gris éclate de rire, allongé sur un canapé : lui tient un livre ouvert, elle serre contre elle un vieux téléphone rouge à cadran."></p><p>Vous savez qu’il préfère le café sans sucre, qu’il déteste les dimanches pluvieux et qu’il a peur des chiens depuis l’enfance. Vous savez beaucoup moins ce qu’il aime au lit, en dehors de ce que vous avez déduit. Et lui, de son côté, ignore sans doute que ce geste qu’il croit apprécié vous laisse de marbre depuis des années.</p>
<p>C’est le grand paradoxe de l’intimité&nbsp;: on se met nus l’un devant l’autre, mais on se tait. Parler de sexe avec son partenaire reste, pour beaucoup de couples, l’un des sujets les plus embarrassants qui soient. Et ce silence a un coût.</p>
<h2 id="pourquoi-parler-de-sexe-avec-son-partenaire-change-vraiment-">Pourquoi parler de sexe avec son partenaire change vraiment les choses</h2>
<p>Les chercheurs ont regardé la question de près. En 2019, une méta-analyse publiée dans la revue <em>Archives of Sexual Behavior</em>, qui reprenait des dizaines d’études, a confirmé un lien constant&nbsp;: plus un couple parle de sa sexualité, mieux elle se porte en moyenne, avec davantage de désir et d’excitation, des orgasmes plus fréquents et, chez les femmes, moins de douleurs. D’autres travaux relient aussi cette parole à la satisfaction dans le couple.</p>
<p>Rien de mystérieux à cela. Personne ne lit dans les pensées. Le désir et le plaisir changent avec l’âge, la fatigue, une grossesse, une maladie, la ménopause&nbsp;: ce qui marchait à vingt-cinq ans ne marche plus forcément à cinquante. Sans parole, chacun continue de jouer la partition d’hier.</p>
<h2 id="pourquoi-c-est-si-difficile">Pourquoi c’est si difficile</h2>
<p>D’abord, presque personne ne nous a appris. L’éducation sexuelle, quand elle a existé, parlait de contraception et d’infections, rarement de plaisir, et encore moins de la façon de le demander. Les mots manquent&nbsp;: entre le vocabulaire médical, qui refroidit, et le vocabulaire cru, qui gêne, il reste peu de place.</p>
<p>Ensuite, on a peur. Peur de blesser&nbsp;: dire «&nbsp;j’aimerais autre chose&nbsp;», c’est risquer d’entendre «&nbsp;tu n’aimes pas ce que je fais&nbsp;». Peur d’être jugée&nbsp;: avouer un fantasme, c’est se découvrir davantage qu’en se déshabillant. Peur, enfin, de réveiller une question qu’on préfère laisser dormir.</p>
<blockquote>
<p>On se met nus l’un devant l’autre, mais on se tait.</p>
</blockquote>
<p>Bonne nouvelle pour celles qui redoutent de passer pour bizarres&nbsp;: le psychologue américain Justin Lehmiller, chercheur associé au Kinsey Institute, a interrogé plus de 4 000 Américains sur leurs fantasmes pour son livre <em>Tell Me What You Want</em> (2018). Ses conclusions sont rassurantes. Les mêmes grands thèmes revenaient chez la plupart des participants, femmes comme hommes&nbsp;: la nouveauté, l’aventure, les jeux de pouvoir, la passion et la tendresse, les partenaires multiples. Ce que vous croyez honteusement singulier est, très probablement, partagé par vos voisins de palier.</p>
<h2 id="comment-s-y-prendre-choisir-le-moment-et-le-lieu">Comment s’y prendre&nbsp;: choisir le moment et le lieu</h2>
<p>Évitez le lit, juste avant ou juste après l’amour. Chaque phrase y prend des airs de critique, et l’on est trop vulnérable pour bien entendre. Préférez une promenade, un trajet en voiture, un verre en terrasse&nbsp;: côte à côte plutôt que face à face, on parle plus facilement.</p>
<p>Annoncez la couleur sans dramatiser. «&nbsp;J’ai envie qu’on parle de nous, de notre vie sexuelle, pas parce que ça va mal, mais parce que j’aimerais qu’elle soit encore meilleure.&nbsp;» Une phrase comme celle-là désamorce l’inquiétude.</p>
<h2 id="commencer-par-ce-qui-va-bien">Commencer par ce qui va bien</h2>
<p>Les thérapeutes de couple le répètent&nbsp;: on entend mieux une demande quand elle arrive après un compliment sincère. «&nbsp;J’adore quand tu prends ton temps.&nbsp;» «&nbsp;Ce matin de vacances, l’été dernier, c’était merveilleux.&nbsp;» Ensuite seulement, la demande, formulée à la première personne&nbsp;: «&nbsp;J’aimerais qu’on essaie…&nbsp;», «&nbsp;J’ai envie de…&nbsp;», plutôt que «&nbsp;Tu ne fais jamais…&nbsp;».</p>
<p>Et quand c’est l’autre qui se confie, accueillez. Même si ce qu’il dit vous surprend, même si vous n’avez aucune envie de le suivre. Un «&nbsp;merci de me le dire&nbsp;» vaut mieux qu’un haussement de sourcils. On peut refuser une proposition sans rejeter la personne.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Trois outils qui facilitent la conversation</p><ul>
<li>La liste oui, non, peut-être&nbsp;: chacun remplit de son côté une liste de pratiques et de gestes, puis on compare seulement les «&nbsp;oui&nbsp;» communs et les «&nbsp;peut-être&nbsp;».</li>
<li>Le livre à deux&nbsp;: lire ensemble un ouvrage de sexologie, par exemple <em>Come as You Are</em> d’Emily Nagoski, et en discuter chapitre par chapitre.</li>
<li>Le mot de passe&nbsp;: convenir d’un mot qui veut dire «&nbsp;on en reparle plus tard&nbsp;», pour pouvoir suspendre une discussion sans la fermer.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="parler-des-fantasmes-sans-se-sentir-obligee-de-les-vivre">Parler des fantasmes sans se sentir obligée de les vivre</h2>
<p>Partager un fantasme n’engage à rien. On peut le raconter, en rire, le garder pour l’imaginaire, en jouer un peu, ou décider de l’essayer. Toutes ces options se valent, du moment qu’elles sont choisies à deux. Nous avons consacré un article entier à cette question&nbsp;: <a href="https://carnetdebal.fr/les-couples-doivent-ils-realiser-leurs-fantasmes/">faut-il réaliser ses fantasmes&#8239;?</a></p>
<p>Retenez simplement que le consentement se discute avant, pendant et après, et qu’il se reprend à tout moment. Une envie exprimée n’est jamais une promesse.</p>
<h2 id="quand-la-parole-ne-suffit-pas">Quand la parole ne suffit pas</h2>
<p>Si la conversation tourne systématiquement au conflit, si l’un des deux souffre d’un manque de désir, de douleurs ou de difficultés à atteindre l’orgasme, il est temps de consulter. Un médecin, une sage-femme ou un gynécologue d’abord, pour écarter une cause physique. Un sexologue ou un thérapeute de couple ensuite, qui offre un cadre neutre où les mots viennent plus facilement.</p>
<p>Sur les écarts de désir dans les couples installés, lisez aussi <a href="https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/">notre article sur le désir qui dure</a>, et sur les changements de la cinquantaine, <a href="https://carnetdebal.fr/amour/menopause-et-sexualite-ce-que-personne-ne-vous-a-dit/">ce que personne ne vous a dit sur la ménopause et la sexualité</a>.</p>
<p>La première conversation est la plus dure. Les suivantes viennent plus facilement, et elles finissent souvent dans un fou rire. C’est un excellent début.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/et-si-on-parlait-sexe-avec-notre-partenaire/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Le cerveau amoureux : ce que les neurosciences ont vraiment observé</title><link>https://carnetdebal.fr/que-se-passe-t-il-vraiment-dans-le-cerveau-quand-on-est-amoureuse/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/que-se-passe-t-il-vraiment-dans-le-cerveau-quand-on-est-amoureuse/</guid><pubDate>Tue, 10 Jan 2023 00:59:10 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Les papillons dans le ventre ont une adresse : quelques régions du cerveau, que l’imagerie observe depuis vingt-cinq ans. Ce que les chercheurs ont vu chez les amoureux, des premiers mois aux couples de longue date, et ce que leurs scanners ne disent pas.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/que-se-passe-t-il-vraiment-dans-le-cerveau-quand-on-est-amoureuse/1200.jpg" alt="Sur un rocher au bord de la mer, la silhouette d’un couple qui s’embrasse se découpe à contre-jour, le soleil couchant glissé entre leurs deux visages."></p><p>Vous relisez son message pour la sixième fois. Vous avez oublié de déjeuner, vous dormez peu et vous n’êtes pas fatiguée. Votre meilleure amie vous parle de son travail et vous attendez poliment qu’elle ait fini pour reparler de lui. Toutes les amoureuses connaissent cet état, à quinze ans comme à soixante-dix. Il a quelque chose d’une petite folie, et les neurosciences, depuis une vingtaine d’années, ont commencé à en dessiner la carte.</p>
<p>Une carte encore grossière, disons-le d’emblée. Mais quelques résultats tiennent bien, ont été reproduits, et ils racontent une histoire plus intéressante que celle des «&nbsp;hormones de l’amour&nbsp;» qu’on lit partout.</p>
<h2 id="ce-qui-se-passe-dans-le-cerveau-amoureux-le-circuit-de-la-re">Ce qui se passe dans le cerveau amoureux&nbsp;: le circuit de la récompense</h2>
<p>La première expérience marquante date de 2000. À l’University College de Londres, Andreas Bartels et Semir Zeki placent dans un appareil d’IRM fonctionnelle des volontaires qui se disent «&nbsp;éperdument&nbsp;» amoureux, et leur montrent tour à tour la photo de l’être aimé et celle d’amis du même sexe et du même âge. Face au visage aimé, plusieurs régions s’activent davantage, dont le noyau caudé et le putamen, au cœur du cerveau, ainsi qu’une partie de l’insula et du cortex cingulaire antérieur.</p>
<p>En 2005, l’anthropologue Helen Fisher, le psychologue Arthur Aron et la neurologue Lucy Brown reprennent le protocole avec des personnes amoureuses depuis quelques mois seulement. Ils retrouvent le noyau caudé et surtout l’aire tegmentale ventrale, une petite région du tronc cérébral qui fabrique de la dopamine et l’envoie vers d’autres zones. C’est le circuit de la récompense&nbsp;: celui qui s’allume quand on a faim et qu’on voit un plat, quand on gagne de l’argent, et aussi quand on consomme certaines drogues.</p>
<blockquote>
<p>L’amour naissant ressemble moins à une émotion qu’à une motivation&nbsp;: le cerveau ne ressent pas seulement, il veut.</p>
</blockquote>
<p>D’où la conclusion de Helen Fisher, qui a fait couler beaucoup d’encre&nbsp;: l’amour naissant ressemblerait moins à une émotion, comme la joie ou la colère, qu’à une motivation, une pulsion dirigée vers un but, au même titre que la soif. Le manque, l’obsession, l’euphorie quand le téléphone vibre trouvent là une explication cohérente. Et la comparaison avec l’addiction, souvent reprise, n’est pas une image&nbsp;: ce sont en partie les mêmes circuits. En partie seulement.</p>
<h2 id="pourquoi-on-ne-voit-plus-ses-defauts">Pourquoi on ne voit plus ses défauts</h2>
<p>Bartels et Zeki ont observé autre chose, moins connu. Chez leurs amoureux, certaines régions sont au contraire moins actives face au visage aimé, notamment des zones associées au jugement social, à l’évaluation des intentions d’autrui et aux émotions négatives comme la peur. Les chercheurs y ont vu, prudemment, une piste pour comprendre le vieux proverbe&nbsp;: l’amour rend aveugle. Le cerveau, pour ainsi dire, baisserait la garde.</p>
<p>Les psychologues, de leur côté, ont décrit le phénomène sans scanner. Dans les années 1990, Sandra Murray et John Holmes ont montré que les personnes qui voient leur partenaire un peu plus beau, plus drôle, plus attentionné qu’il ne se voit lui-même sont en moyenne plus satisfaites de leur couple, et que ces couples tiennent mieux. Ils parlent d’«&nbsp;illusions positives&nbsp;». Il ne s’agit pas de ne voir aucun défaut, mais de les replacer dans une histoire où ils pèsent moins lourd.</p>
<p>Une nuance importante, que l’ancien discours sur le sujet escamotait souvent&nbsp;: cette indulgence protège les couples sains et peut piéger les autres. Ne plus voir qu’il oublie vos anniversaires est une chose. Ne plus voir qu’il vous rabaisse en est une autre. L’aveuglement amoureux est réel, il n’est pas une raison pour ignorer ce qui vous fait mal.</p>
<h2 id="serotonine-ocytocine-des-pistes-pas-des-certitudes">Sérotonine, ocytocine&nbsp;: des pistes, pas des certitudes</h2>
<p>Deux autres molécules reviennent sans cesse dans les articles grand public. Il faut les manier avec précaution.</p>
<p>La sérotonine, d’abord. En 1999, la psychiatre italienne Donatella Marazziti a mesuré un marqueur de cette molécule dans le sang d’une vingtaine de jeunes gens tombés amoureux depuis peu, et l’a trouvé abaissé, à un niveau proche de celui de patients souffrant de troubles obsessionnels compulsifs. Le résultat est séduisant, puisqu’il expliquerait les pensées qui tournent en boucle. Mais l’étude était petite, et la mesure se faisait dans le sang, pas dans le cerveau.</p>
<p>L’ocytocine et la vasopressine, ensuite. Leur réputation vient en grande partie d’un petit rongeur américain, le campagnol des prairies, qui forme des couples durables, contrairement à son cousin des montagnes. Les travaux de Sue Carter, Thomas Insel et Larry Young ont montré, dans les années 1990, que ces deux hormones jouent un rôle clé dans l’attachement de ce campagnol à sa partenaire. Chez l’être humain, l’ocytocine intervient dans l’accouchement, l’allaitement, et elle est libérée lors des caresses et de l’orgasme. Qu’elle soit «&nbsp;l’hormone de l’amour&nbsp;» qui ferait durer les couples reste une extrapolation que les chercheurs eux-mêmes jugent hâtive.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Ce que l’on sait, ce que l’on suppose</p><ul>
<li>Établi&nbsp;: l’amour naissant active le circuit de la récompense et ses neurones à dopamine.</li>
<li>Observé&nbsp;: regarder la photo de l’être aimé atténue la douleur ressentie lors d’expériences en laboratoire.</li>
<li>Plausible&nbsp;: une baisse d’activité des zones du jugement social participerait à l’idéalisation.</li>
<li>Fragile&nbsp;: le rôle exact de la sérotonine et de l’ocytocine dans l’amour humain.</li>
<li>Faux&nbsp;: l’idée qu’un scanner pourrait dire si vous êtes «&nbsp;vraiment&nbsp;» amoureuse.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="le-cerveau-d-un-amour-qui-dure">Le cerveau d’un amour qui dure</h2>
<p>On a longtemps cru que cette effervescence s’éteignait forcément après quelques années. En 2012, Bianca Acevedo, avec Arthur Aron, Helen Fisher et Lucy Brown, a tenté l’expérience inverse&nbsp;: passer au scanner des personnes mariées depuis une vingtaine d’années en moyenne, qui se déclaraient toujours intensément amoureuses de leur conjoint. Face à sa photo, leur aire tegmentale ventrale s’activait, comme chez les amoureux débutants. S’y ajoutaient des régions associées à l’attachement et à l’apaisement, tandis que les zones liées à l’anxiété et à l’obsession se faisaient plus discrètes.</p>
<p>L’échantillon était réduit, dix-sept personnes, et le résultat demande à être reproduit. Il dit pourtant quelque chose de réconfortant&nbsp;: l’amour de longue date n’est pas forcément une passion refroidie. Il peut garder l’élan des débuts en perdant l’angoisse qui va avec. Le désir, lui, obéit à d’autres règles, dont nous parlons dans <a href="https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/">notre article sur le désir dans les couples qui durent</a>.</p>
<p>Autre résultat solide, venu de l’université Stanford en 2010&nbsp;: des étudiants amoureux depuis peu, soumis à une chaleur douloureuse mais sans danger sur la main, ressentaient moins la douleur en regardant la photo de leur partenaire qu’en regardant celle d’une connaissance aussi séduisante. Le circuit de la récompense, là encore, était en jeu. Tenir la main de quelqu’un qu’on aime chez le dentiste n’est donc pas qu’une affaire de courage.</p>
<h2 id="ce-que-les-scanners-ne-disent-pas">Ce que les scanners ne disent pas</h2>
<p>Ces travaux ont des limites qu’il faut garder en tête. Les échantillons sont petits, quelques dizaines de personnes au mieux, souvent jeunes, occidentales et hétérosexuelles. L’IRM fonctionnelle mesure des variations de débit sanguin, pas des sentiments. Et une région qui s’allume n’explique rien à elle seule&nbsp;: le noyau caudé s’active aussi devant un gâteau au chocolat, et devant une paire de chaussures convoitée, sans doute.</p>
<p>Surtout, connaître la chimie de l’amour ne le rend pas moins réel ni moins mystérieux. Le cerveau dit comment l’on aime, pas qui, ni pourquoi celui-là plutôt qu’un autre. Cette part-là reste à vous, et c’est tant mieux.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/que-se-passe-t-il-vraiment-dans-le-cerveau-quand-on-est-amoureuse/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Narcissisme dans le couple : quatre signes qui doivent vous alerter</title><link>https://carnetdebal.fr/4-signes-qui-trahissent-les-narcissiques/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/4-signes-qui-trahissent-les-narcissiques/</guid><pubDate>Mon, 09 Jan 2023 01:09:42 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Le mot narcissique est partout, souvent à tort. Il existe pourtant des comportements qui, répétés, abîment celle qui les subit. Quatre signes qui trahissent les narcissiques dans le couple, ce que la psychologie en dit vraiment, et ce que vous pouvez faire.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/4-signes-qui-trahissent-les-narcissiques/1200.jpg" alt="Sur un désert de sel recouvert d’une fine pellicule d’eau, une silhouette solitaire se reflète à l’identique sous un ciel pastel, au pied de montagnes lointaines."></p><p>Dans les <em>Métamorphoses</em> d’Ovide, le jeune Narcisse est si beau que tout le monde l’aime, et il n’aime personne. La nymphe Écho, qui ne peut que répéter les derniers mots des autres, se consume pour lui jusqu’à n’être plus qu’une voix. Lui finit penché sur une source, épris de son propre reflet, incapable de s’en détacher. Le mythe a deux mille ans. Il décrit déjà l’essentiel&nbsp;: le problème du narcissique, ce sont aussi ceux qui l’aiment.</p>
<p>Le mot, lui, a fait du chemin. Freud lui a consacré en 1914 un essai fondateur, <em>Pour introduire le narcissisme</em>, et il est aujourd’hui partout, au point de servir à qualifier n’importe quel ex désagréable. Avant de chercher des signes, il faut donc savoir de quoi l’on parle.</p>
<h2 id="narcissisme-trait-de-caractere-ou-trouble-ce-que-dit-la-psyc">Narcissisme, trait de caractère ou trouble&nbsp;: ce que dit la psychologie</h2>
<p>Les psychologues distinguent deux choses. D’un côté, le narcissisme comme trait de personnalité, que nous possédons tous à des degrés divers&nbsp;: le besoin d’être admiré, le plaisir d’être au centre, une certaine idée de sa valeur. Un peu de narcissisme est sain, il aide à se défendre et à oser.</p>
<p>De l’autre, le trouble de la personnalité narcissique, décrit dans le DSM, le manuel de référence des psychiatres. Il suppose un fonctionnement durable et rigide, présent dans de nombreux domaines de la vie&nbsp;: sentiment grandiose de sa propre importance, besoin excessif d’admiration, impression que tout lui est dû, tendance à exploiter les autres, manque d’empathie, arrogance. Ce diagnostic ne se pose qu’après un examen par un professionnel, jamais à partir d’un article, et jamais sur quelqu’un qu’on n’a pas rencontré.</p>
<p>Les chercheurs décrivent aussi deux visages. Le narcissisme dit grandiose, le plus connu, est celui de l’homme sûr de lui, charmeur, dominateur. Le narcissisme dit vulnérable est plus discret&nbsp;: hypersensible à la critique, envieux, rongé de honte, il blesse par la rancune et la susceptibilité plutôt que par l’éclat.</p>
<p>Ce qui suit ne permet donc pas de poser une étiquette sur votre partenaire. Ces quatre signes décrivent des comportements, et c’est sur eux que vous pouvez agir.</p>
<h2 id="premier-signe-l-idylle-en-accelere">Premier signe&nbsp;: l’idylle en accéléré</h2>
<p>Au début, tout va très vite. Les messages du matin au soir, les compliments qui semblent écrits pour vous, les projets de voyage au troisième rendez-vous, le «&nbsp;je n’ai jamais ressenti ça&nbsp;». On appelle aujourd’hui ce déferlement <em>love bombing</em>. Le terme n’est pas un concept clinique, mais il désigne un schéma que les spécialistes de l’emprise connaissent bien.</p>
<p>L’intensité n’est pas un mauvais signe en soi&nbsp;: les débuts amoureux sont rarement mesurés, et le <a href="https://carnetdebal.fr/que-se-passe-t-il-vraiment-dans-le-cerveau-quand-on-est-amoureuse/">cerveau amoureux</a> est fait pour s’emballer. Ce qui doit alerter, c’est la pression. L’autre ne supporte pas que vous ralentissiez, prend mal un dîner prévu avec vos amies, veut un engagement avant de vous connaître. Une personne éprise vous laisse le temps de l’être aussi.</p>
<h2 id="deuxieme-signe-vous-doutez-de-ce-que-vous-avez-vu">Deuxième signe&nbsp;: vous doutez de ce que vous avez vu</h2>
<p>Il a dit quelque chose de blessant devant vos amis. Le lendemain, il ne l’a jamais dit, ou c’était une plaisanterie, ou vous êtes décidément trop sensible. Une fois, c’est un malentendu. Quand cela se répète, et que vous commencez à noter les conversations pour être sûre de ne pas devenir folle, c’est un signal.</p>
<p>Le phénomène porte le nom d’un film de George Cukor, <em>Gaslight</em> (1944), où Ingrid Bergman incarne une épouse que son mari pousse méthodiquement à douter de sa raison. Le <em>gaslighting</em> n’est pas propre aux narcissiques, mais il accompagne souvent ce besoin de toujours avoir raison et de ne jamais être pris en défaut.</p>
<blockquote>
<p>Une fois, c’est un malentendu. Quand vous commencez à noter les conversations pour être sûre de ne pas devenir folle, c’est un signal.</p>
</blockquote>
<h2 id="troisieme-signe-vos-limites-ne-tiennent-pas">Troisième signe&nbsp;: vos limites ne tiennent pas</h2>
<p>Vous avez dit que vous ne vouliez pas qu’il lise vos messages. Que vous aviez besoin d’une soirée seule. Que telle pratique sexuelle ne vous plaisait pas. Il recommence, insiste, contourne, ou vous fait payer votre refus par une bouderie de trois jours.</p>
<p>Toute relation connaît des frottements, et l’on n’a pas toujours les mêmes besoins. La différence tient à ce qui se passe quand vous posez une limite. Une personne attentive peut être déçue, discuter, négocier&#8239;; elle finit par respecter. Une personne centrée sur elle-même vit votre limite comme un affront, et cherche à la faire tomber. Si dire non vous coûte de plus en plus cher, notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/psycho/savoir-dire-non-sans-se-justifier/">l’art de dire non sans se justifier</a> peut vous aider à tenir.</p>
<h2 id="quatrieme-signe-la-colere-se-retourne-contre-vous">Quatrième signe&nbsp;: la colère se retourne contre vous</h2>
<p>Vous faites une remarque, calmement. Il explose, ou se fige dans un silence glacial. Puis la conversation glisse&nbsp;: c’est vous qui l’agressez, vous qui ne l’aimez pas assez, vous qui ne pensez qu’à vous. Une heure plus tard, vous êtes en train de vous excuser sans bien savoir de quoi.</p>
<p>La psychologue américaine Jennifer Freyd a donné un nom à cette séquence en 1997&nbsp;: DARVO, pour <em>deny, attack, reverse victim and offender</em>. Nier, attaquer, inverser les rôles de la victime et du fautif. Le schéma n’est pas réservé aux personnes narcissiques, mais il est typique de ceux qui ne supportent aucune critique, parce qu’une critique menace une image de soi plus fragile qu’elle n’en a l’air.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Avant de conclure quoi que ce soit</p><ul>
<li>Regardez la répétition plutôt que l’incident&nbsp;: tout le monde a de mauvais jours.</li>
<li>Écrivez ce qui se passe, avec les dates&nbsp;: la mémoire flanche quand on doute.</li>
<li>Parlez-en à une personne extérieure au couple, amie ou professionnelle.</li>
<li>Demandez-vous si vous avez peur de sa réaction. La peur est un signal en soi.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="ce-que-vous-pouvez-faire">Ce que vous pouvez faire</h2>
<p>Chercher à faire changer un partenaire narcissique est une entreprise épuisante et rarement couronnée de succès. Le changement est possible, mais il passe par une thérapie que la personne doit vouloir elle-même. Ce n’est pas votre rôle d’être sa thérapeute.</p>
<p>Votre rôle, c’est de vous protéger. Renouer avec les amies dont vous vous êtes éloignée. Consulter un psychologue pour vous, pas pour le couple&nbsp;: en France, une partie des séances chez un psychologue peut être remboursée par l’Assurance maladie, sur certaines conditions. Et si l’on vous menace, vous humilie, vous contrôle ou vous frappe, il ne s’agit plus de narcissisme mais de violences. Notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/societe/violences-conjugales-les-signes-qui-doivent-alerter/">les signes qui doivent alerter</a> détaille la marche à suivre, et la question des étiquettes est traitée plus longuement dans <a href="https://carnetdebal.fr/15-points-pour-identifier-un-pervers-narcissique/">notre article sur le pervers narcissique</a>.</p>
<p>Le 3919, Violences Femmes Info, répond gratuitement et anonymement jour et nuit, à vous comme à vos proches. En cas de danger immédiat, composez le 17, ou envoyez un SMS au 114 si vous ne pouvez pas parler. Et si vous en êtes à penser que vous n’en sortirez jamais, le 3114 répond à toute heure.</p>
<p>Écho, dans le mythe, n’avait plus que les mots des autres. Retrouver les vôtres, c’est déjà commencer à partir.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/4-signes-qui-trahissent-les-narcissiques/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Sept signes que vous avez peut-être trouvé l’Élu, ou presque</title><link>https://carnetdebal.fr/7-signes-qui-indiquent-que-vous-avez-peut-etre-trouve-mcdreamy/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/7-signes-qui-indiquent-que-vous-avez-peut-etre-trouve-mcdreamy/</guid><pubDate>Sat, 07 Jan 2023 00:53:08 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Dans les séries, on le reconnaît au premier regard. Dans la vie, l’Élu ressemble rarement à McDreamy et se reconnaît plutôt à des signes discrets. Sept indices d’une relation qui peut durer, et une bonne nouvelle : la perle rare se construit à deux.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/7-signes-qui-indiquent-que-vous-avez-peut-etre-trouve-mcdreamy/1200.jpg" alt="Sur une plage au pied d’une dune, deux silhouettes assises côte à côte regardent la lune se lever au-dessus de l’horizon, sous un ciel nocturne encore bleuté."></p><p>Dans <em>Grey’s Anatomy</em>, tout commence par une rencontre dans un bar, la veille du premier jour de Meredith à l’hôpital. Le neurochirurgien Derek Shepherd, que les internes surnomment McDreamy, a la mèche parfaite, le sourire en coin et une manière de dire les choses importantes au bon moment. Des millions de spectatrices ont rêvé d’en trouver un. La vie, elle, propose rarement des génériques de fin aussi nets.</p>
<p>Comment savoir, alors, si la personne avec qui vous partagez vos dimanches pourrait être celle avec qui vous partagerez beaucoup d’autres choses&#8239;? Pas de certitude possible. Mais certains signes, que la psychologie des couples a bien étudiés, ne trompent guère.</p>
<h2 id="trouver-l-elu-ou-le-construire">Trouver l’Élu ou le construire&#8239;?</h2>
<p>Une remarque, d’abord. Dans les années 1990, le psychologue américain Raymond Knee a distingué deux façons de voir l’amour. Les uns croient au destin&nbsp;: deux personnes sont faites l’une pour l’autre, ou pas, et cela se voit vite. Les autres croient à la croissance&nbsp;: une relation se construit, les difficultés se surmontent. Ses travaux suggèrent que les seconds gèrent mieux les conflits et persévèrent davantage, là où les premiers ont tendance à jeter l’éponge à la première crise, convaincus de s’être trompés de personne.</p>
<p>Les signes qui suivent ne désignent donc pas une âme sœur tombée du ciel. Ils indiquent un terrain sur lequel quelque chose de solide peut pousser. Ils valent pour un homme comme pour une femme, à vingt ans comme à soixante-dix.</p>
<h2 id="1-ses-proches-vous-ont-fait-une-place">1. Ses proches vous ont fait une place</h2>
<p>Vous connaissez ses amis, et ils vous accueillent comme l’une des leurs. Vous avez été présentée à sa famille, ou à ses enfants s’il en a, sans que cela ressemble à une audition. Une personne qui vous intègre dans son monde montre qu’elle vous imagine dans la durée. À l’inverse, celle qui vous cache, des mois durant, mérite qu’on s’interroge.</p>
<h2 id="2-le-silence-est-confortable">2. Le silence est confortable</h2>
<p>Un dimanche sans programme, chacun son livre sur le canapé, et pas une seconde d’ennui. Pas besoin de remplir les blancs, de sortir, de prouver qu’on s’amuse. Ce calme partagé est un signe d’intimité bien plus fiable que l’euphorie des premiers rendez-vous, qui doit beaucoup à <a href="https://carnetdebal.fr/que-se-passe-t-il-vraiment-dans-le-cerveau-quand-on-est-amoureuse/">la chimie du cerveau amoureux</a>.</p>
<h2 id="3-vous-devenez-une-meilleure-version-de-vous-meme">3. Vous devenez une meilleure version de vous-même</h2>
<p>Les psychologues ont un joli nom pour cela&nbsp;: le phénomène Michel-Ange. Décrit en 1999 par Stephen Drigotas et Caryl Rusbult, il désigne la manière dont un partenaire, par son regard et ses encouragements, aide l’autre à se rapprocher de la personne qu’il voudrait être, comme le sculpteur révèle la statue dans le bloc de marbre. Vous avez repris le piano, osé demander une augmentation, arrêté de vous excuser à tout bout de champ&#8239;? Regardez qui vous y a poussée.</p>
<h2 id="4-vous-pouvez-etre-vous-meme">4. Vous pouvez être vous-même</h2>
<p>Pas de rôle à tenir, pas de version idéalisée à entretenir. Vous pouvez être de mauvaise humeur, pas maquillée, en larmes devant un film, ridicule en chantant faux. Il vous voit telle que vous êtes, et il reste.</p>
<blockquote>
<p>Il vous voit telle que vous êtes, et il reste.</p>
</blockquote>
<h2 id="5-vos-projets-se-parlent">5. Vos projets se parlent</h2>
<p>Vous n’avez pas besoin d’aimer les mêmes choses&nbsp;: il peut adorer la randonnée et vous l’opéra. Mais vos grandes orientations sont compatibles. Le désir d’enfants ou non, la ville ou la campagne, la place du travail, l’argent. Et chacun garde son jardin secret, ses passions, ses amitiés, que l’autre encourage au lieu de les jalouser.</p>
<h2 id="6-vos-disputes-finissent-bien">6. Vos disputes finissent bien</h2>
<p>Tous les couples se disputent. Ce qui compte, c’est la manière. Vous pouvez être en désaccord sans vous humilier, vous fâcher sans vous menacer, et vous réconcilier sans que l’un des deux doive toujours céder. Après une dispute, vous vous comprenez un peu mieux. Si vous voulez faire le point sur ce terrain, <a href="https://carnetdebal.fr/la-check-list-du-couple-en-10-points/">notre check-list du couple en dix questions</a> vous y aidera.</p>
<h2 id="7-vous-vous-sentez-en-securite">7. Vous vous sentez en sécurité</h2>
<p>C’est le signe qui résume tous les autres. En 1987, les psychologues Cindy Hazan et Phillip Shaver ont appliqué aux amours adultes la théorie de l’attachement que John Bowlby avait élaborée pour les enfants. Une relation sûre fonctionne comme un port d’attache&nbsp;: on peut s’en éloigner pour explorer le monde, sûr de pouvoir y revenir. Vous n’avez pas peur qu’il disparaisse au premier défaut découvert. Vous pouvez montrer vos faiblesses. Vous dormez bien.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Les signaux qui, eux, doivent alerter</p><ul>
<li>Il veut tout, tout de suite&nbsp;: s’installer, s’engager, avant de vous connaître.</li>
<li>Il vous éloigne de vos amies ou de votre famille.</li>
<li>Vous avez peur de ses réactions et pesez vos mots.</li>
<li>Il vous rabaisse, même «&nbsp;pour rire&nbsp;».</li>
<li>Pour en savoir plus&nbsp;: <a href="https://carnetdebal.fr/4-signes-qui-trahissent-les-narcissiques/">quatre signes qui trahissent les narcissiques</a>.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="et-si-ce-n-est-pas-encore-lui">Et si ce n’est pas encore lui&#8239;?</h2>
<p>Si vous ne cochez pas toutes les cases, pas d’inquiétude. Ces signes se construisent avec le temps, et une relation de quelques semaines ne peut pas les réunir tous. Ce qui compte, c’est la direction. Et si vous cherchez encore, notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/amour/fatigue-des-applications-de-rencontre-comment-s-en-sortir/">la fatigue des applications de rencontre</a> propose d’autres chemins pour rencontrer quelqu’un.</p>
<p>McDreamy, rappelons-le, n’était pas un compagnon de tout repos&nbsp;: il avait omis de mentionner, au début de la série, qu’il était marié. Les élus de la vie réelle sont moins spectaculaires. Ils ont l’immense avantage d’être là le mardi matin.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/7-signes-qui-indiquent-que-vous-avez-peut-etre-trouve-mcdreamy/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Reproches, honte, perfectionnisme : trois manipulations nées d’un ego fragile</title><link>https://carnetdebal.fr/3-types-de-manipulations-utilises-par-un-homme-quand-il-a-une-faible-estime-de-soi/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/3-types-de-manipulations-utilises-par-un-homme-quand-il-a-une-faible-estime-de-soi/</guid><pubDate>Wed, 04 Jan 2023 03:38:35 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Il ne se fait pas confiance, alors c’est vous qui doutez. Trois types de manipulations qu’un homme à la faible estime de soi peut exercer dans le couple, ce que la psychologie en comprend, et comment ne pas porter à sa place ce qui ne vous appartient pas.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/3-types-de-manipulations-utilises-par-un-homme-quand-il-a-une-faible-estime-de-soi/1200.jpg" alt="Une forêt de troncs fins et nus disparaît dans un brouillard blanc, au-dessus d’un sol couvert de feuilles mortes rousses."></p><p>Vous rentrez avec une bonne nouvelle, une promotion, un compliment reçu, un projet qui avance. Il sourit à peine, puis trouve à redire&nbsp;: le dîner n’est pas prêt, vous avez encore oublié de rappeler sa mère, et cette promotion, vous croyez vraiment que vous allez tenir le rythme&#8239;? Vous allez vous coucher avec la sensation diffuse d’avoir mal fait quelque chose. Sans savoir quoi.</p>
<p>Ce scénario a mille variantes. Il arrive qu’il trouve sa source chez un partenaire qui se sent profondément insuffisant et qui, faute de pouvoir le regarder en face, le fait porter à l’autre. Nous parlons ici d’un homme, comme le titre. Les mêmes mécanismes existent, bien sûr, chez les femmes et dans les couples de même sexe.</p>
<h2 id="faible-estime-de-soi-ego-fragile-ce-que-dit-la-recherche">Faible estime de soi, ego fragile&nbsp;: ce que dit la recherche</h2>
<p>Une précision d’abord, car le sujet est plus subtil qu’il n’y paraît. Les psychologues discutent depuis longtemps du lien entre estime de soi et agressivité. En 1996, Roy Baumeister et ses collègues ont soutenu, dans une revue de travaux restée célèbre, que la violence naît moins d’une estime de soi basse que d’une image de soi gonflée mais instable, menacée par la moindre critique. D’autres recherches ont depuis montré qu’une estime de soi durablement faible peut, elle aussi, s’accompagner d’hostilité.</p>
<p>Retenons l’idée commune&nbsp;: ce qui rend dangereux, c’est un ego fragile, qui ne supporte pas d’être remis en cause. Et retenons surtout que cette fragilité explique certains comportements sans jamais les excuser. Avoir mal en soi ne donne aucun droit sur l’autre.</p>
<h2 id="premiere-manipulation-le-reproche-ou-la-faute-deplacee">Première manipulation&nbsp;: le reproche, ou la faute déplacée</h2>
<p>Il vous reproche ce que vous ne contrôlez pas&nbsp;: le retard du train, la pluie le jour du pique-nique, l’humeur de son chef. Ou ce qu’il fait lui-même&nbsp;: il vous accuse d’être distante alors qu’il ne vous parle plus, de dépenser trop quand c’est lui qui creuse le compte.</p>
<p>Les psychanalystes appellent cela la projection. Anna Freud l’a rangée en 1936 parmi les mécanismes de défense du moi&nbsp;: attribuer à l’autre ce qu’on ne supporte pas en soi. C’est souvent inconscient, ce qui ne le rend pas moins pénible. À force, vous finissez par douter de votre propre jugement, et par vous excuser de choses que vous n’avez pas faites.</p>
<p>Ce que vous pouvez faire&nbsp;: revenir aux faits, calmement, sans entrer dans la surenchère. «&nbsp;Le train avait du retard, je n’y suis pour rien.&nbsp;» Prendre du champ, aussi, et vérifier auprès d’une personne de confiance que votre perception tient debout. Un regard extérieur remet souvent les choses à leur place.</p>
<h2 id="deuxieme-manipulation-la-honte-qui-fait-taire">Deuxième manipulation&nbsp;: la honte, qui fait taire</h2>
<p>Le reproche vise ce que vous faites. La honte vise ce que vous êtes. «&nbsp;Tu es ridicule.&nbsp;» «&nbsp;Personne d’autre ne te supporterait.&nbsp;» «&nbsp;Avec ton passé, tu ferais mieux de te taire.&nbsp;» Parfois sans un mot&nbsp;: un regard levé au ciel quand vous parlez en public, un soupir quand vous vous habillez.</p>
<p>La psychologue américaine June Tangney a consacré une grande partie de ses recherches à distinguer ces deux sentiments. La culpabilité porte sur un acte, et pousse à le réparer. La honte porte sur la personne entière, et pousse à se cacher, à se faire petite. C’est exactement ce qui la rend efficace dans une relation d’emprise&nbsp;: une femme qui a honte d’elle-même n’ose plus parler, ni demander de l’aide, ni partir.</p>
<blockquote>
<p>Une femme qui a honte d’elle-même n’ose plus parler, ni demander de l’aide, ni partir.</p>
</blockquote>
<p>Ce que vous pouvez faire&nbsp;: nommer la chose. «&nbsp;Quand tu dis ça, tu m’humilies.&nbsp;» Et refuser la conversation tant que le ton reste celui-là. Si chaque discussion vous laisse diminuée, le problème ne se trouve pas dans votre sensibilité.</p>
<h2 id="troisieme-manipulation-le-perfectionnisme-impose-aux-autres">Troisième manipulation&nbsp;: le perfectionnisme imposé aux autres</h2>
<p>Il ne supporte pas l’échec, et surtout pas le sien. Alors il exige la perfection autour de lui&nbsp;: la maison, vos enfants, votre corps, votre façon de parler à ses amis. Rien n’est jamais assez bien, et vous courez après une approbation qui ne vient pas.</p>
<p>Les psychologues canadiens Paul Hewitt et Gordon Flett ont décrit dès 1991 plusieurs formes de perfectionnisme, dont l’une est tournée vers autrui&nbsp;: l’exigence de perfection imposée aux autres. Elle s’accompagne volontiers de critique, de mépris et de conflits. Pour celui qui l’exerce, elle a une fonction&nbsp;: tant que vous êtes en faute, il reste sur son piédestal.</p>
<p>Ce que vous pouvez faire&nbsp;: vous rappeler que sa tranquillité intérieure n’est pas de votre ressort. Vous ne réparerez pas son estime de soi en devenant irréprochable. Lui seul peut faire ce travail, avec un thérapeute s’il le souhaite.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Quand il faut demander de l’aide</p><ul>
<li>Vous avez peur de sa réaction, ou vous marchez sur des œufs en permanence.</li>
<li>Vous avez cessé de voir vos amies ou votre famille.</li>
<li>Il contrôle votre argent, votre téléphone ou vos sorties.</li>
<li>Il vous a menacée, poussée, frappée, ou forcée à un rapport sexuel.</li>
<li>3919&nbsp;: Violences Femmes Info, gratuit et anonyme, jour et nuit. 17 en cas de danger, 114 par SMS si vous ne pouvez pas parler.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="sortir-du-brouillard">Sortir du brouillard</h2>
<p>Ces trois manipulations ont un point commun&nbsp;: elles déplacent sur vous un poids qui ne vous appartient pas. Le premier pas consiste à le remarquer. Notez ce qui se passe, avec les dates&nbsp;: quand on doute de soi, l’écrit tient bon. Parlez-en à une amie, à votre médecin, à un psychologue. Ne comptez pas trop sur la thérapie de couple tant que ces mécanismes dominent&nbsp;: les spécialistes des violences la déconseillent en général lorsqu’il y a emprise, car la parole n’y est pas libre.</p>
<p>Si vous vous reconnaissez dans ces lignes au point d’avoir peur, lisez aussi <a href="https://carnetdebal.fr/15-points-pour-identifier-un-pervers-narcissique/">notre article sur les quinze signes d’emprise</a> et celui de nos collègues de la rubrique société sur <a href="https://carnetdebal.fr/societe/violences-conjugales-les-signes-qui-doivent-alerter/">les violences conjugales</a>. Et si vous avez du mal à tenir vos positions face à lui, <a href="https://carnetdebal.fr/psycho/savoir-dire-non-sans-se-justifier/">savoir dire non sans se justifier</a> s’apprend, à tout âge.</p>
<p>Un partenaire qui va mal mérite de la compassion. Il ne mérite pas que vous alliez mal à sa place.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/3-types-de-manipulations-utilises-par-un-homme-quand-il-a-une-faible-estime-de-soi/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Rêves érotiques : ce qu’ils disent de vous, et ce qu’ils ne disent pas</title><link>https://carnetdebal.fr/significations-cachees-des-reves-erotiques/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/significations-cachees-des-reves-erotiques/</guid><pubDate>Tue, 03 Jan 2023 19:49:00 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Vous vous êtes réveillée troublée par un rêve où figurait votre collègue de bureau, ou votre ex, ou un inconnu sans visage. Les significations cachées des rêves érotiques ne tiennent pas dans un dictionnaire, mais ils parlent bien de vous. Ce que la science du sommeil en sait.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/significations-cachees-des-reves-erotiques/1200.jpg" alt="Dans la pénombre d’une chambre, un lit défait aux draps gris froissés et aux deux oreillers, sous une fenêtre aux stores à lamelles qui laissent filtrer une lumière pâle."></p><p>Le réveil sonne, et vous restez un instant immobile, encore chaude d’un rêve dont vous n’êtes pas fière. L’homme qui vous embrassait avait le visage du comptable du troisième étage, celui que vous croisez à la machine à café sans lui accorder un regard. Ou celui de votre ex. Ou d’une amie. Toute la journée, vous éviterez de le croiser.</p>
<p>Rassurez-vous&nbsp;: vous n’êtes ni bizarre ni secrètement amoureuse. Les rêves érotiques sont parmi les plus banals qui soient, à tous les âges, et ils obéissent à une logique qu’on commence à mieux comprendre.</p>
<h2 id="pourquoi-le-sommeil-fabrique-des-reves-erotiques">Pourquoi le sommeil fabrique des rêves érotiques</h2>
<p>Les rêves les plus vifs, les plus narratifs, surviennent surtout pendant le sommeil paradoxal. Les Américains Eugene Aserinsky et Nathaniel Kleitman ont découvert en 1953 cette phase marquée par des mouvements rapides des yeux, et le neurobiologiste lyonnais Michel Jouvet lui a donné son nom français quelques années plus tard&nbsp;: paradoxal, parce que le cerveau s’y montre presque aussi actif qu’à l’éveil, alors que les muscles sont paralysés.</p>
<p>Or, pendant ce sommeil-là, le corps connaît une excitation génitale régulière, chez les femmes comme chez les hommes, quel que soit le contenu du rêve. Afflux de sang, gonflement, lubrification&nbsp;: c’est un phénomène physiologique, qui revient plusieurs fois par nuit. Il arrive qu’il nourrisse le rêve, ou que le rêve l’amplifie, jusqu’à l’orgasme parfois. Alfred Kinsey le signalait déjà, en 1953, dans son grand rapport sur la sexualité des femmes&nbsp;: l’orgasme pendant le sommeil n’est pas l’apanage des adolescents.</p>
<p>Le chercheur canadien Antonio Zadra, de l’Université de Montréal, qui a recueilli des milliers de récits de rêves, a observé que les rêves à contenu sexuel n’étaient ni rares ni réservés aux hommes, et que femmes et hommes en faisaient dans des proportions voisines.</p>
<h2 id="ce-que-la-recherche-sait-du-sens-des-reves">Ce que la recherche sait du sens des rêves</h2>
<p>Pour Freud, qui publie <em>L’Interprétation du rêve</em> en 1900, le rêve accomplit de manière déguisée un désir refoulé, et le travail de l’analyste consiste à lever le déguisement. Pour Jung, le rêve compense ce que la vie consciente néglige. Ces lectures ont nourri un siècle de dictionnaires des rêves, où le serpent signifie ceci et la chute cela.</p>
<p>La recherche contemporaine est plus modeste. Beaucoup de spécialistes défendent ce qu’on appelle l’hypothèse de continuité&nbsp;: nos rêves reprennent, en les mélangeant, nos préoccupations, nos émotions et nos souvenirs récents. D’autres insistent sur le rôle du rêve dans la digestion des émotions de la journée. Aucune de ces approches ne valide l’idée d’un code universel des symboles.</p>
<blockquote>
<p>Un rêve érotique ne dit pas qui vous désirez. Il dit plutôt de quoi vous avez faim.</p>
</blockquote>
<p>D’où une règle simple&nbsp;: un rêve se lit à la lumière de votre vie, pas d’une liste. Ce qui suit propose des pistes, à prendre comme des questions et non comme des verdicts.</p>
<h2 id="avec-un-collegue-une-amie-quelqu-un-qui-ne-vous-attire-pas">Avec un collègue, une amie, quelqu’un qui ne vous attire pas</h2>
<p>C’est le rêve qui gêne le plus au réveil. Il est aussi l’un des plus fréquents, pour une raison toute bête&nbsp;: le rêve puise dans les visages croisés récemment. Le comptable du troisième étage était peut-être là simplement parce que vous l’avez vu la veille.</p>
<p>Si le rêve insiste, demandez-vous ce que cette personne représente pour vous. Une assurance que vous aimeriez avoir, une liberté, une douceur. L’intimité du rêve dit parfois une envie de rapprochement qui n’a rien de sexuel, ou le désir de posséder une qualité de l’autre.</p>
<h2 id="avec-un-inconnu-sans-visage">Avec un inconnu sans visage</h2>
<p>Le partenaire flou, interchangeable, revient souvent. Il laisse toute la place à la sensation. On peut y lire une envie de plaisir sans enjeu, sans histoire à gérer, sans regard à soutenir&nbsp;: un repos, au fond, pour celles qui portent beaucoup de responsabilités. Ou la curiosité pour une sexualité que vous n’explorez pas éveillée.</p>
<h2 id="avec-votre-partenaire-ou-avec-votre-ex">Avec votre partenaire, ou avec votre ex</h2>
<p>Rêver de faire l’amour avec la personne qui dort à côté de vous est plutôt bon signe. Cela peut aussi pointer un manque&nbsp;: de temps ensemble, de tendresse, de nouveauté. Si vous en avez envie, racontez-le-lui&#8239;; c’est une manière légère d’ouvrir une conversation que vous n’oseriez peut-être pas engager autrement, et dont nous parlons dans <a href="https://carnetdebal.fr/et-si-on-parlait-sexe-avec-notre-partenaire/">notre article sur la façon d’aborder la sexualité à deux</a>.</p>
<p>L’ex qui revient la nuit ne signifie pas forcément que vous le regrettez. Il incarne souvent une époque, une version de vous-même, une intensité. Rêver de lui en pleine période de doute dit souvent plus de votre présent que de votre passé.</p>
<h2 id="avec-une-figure-d-autorite-ou-nue-en-public">Avec une figure d’autorité, ou nue en public</h2>
<p>Le patron, la professeure, le médecin&nbsp;: quand le rêve érotise une personne qui a le pouvoir de vous juger, il met souvent en scène votre rapport à l’autorité, au besoin d’être reconnue, ou à la peur d’être évaluée. Le rêve où l’on se retrouve nue devant tout le monde figure, lui, parmi les rêves typiques recensés par les chercheurs dans plusieurs pays. Il est rarement érotique et plus souvent anxieux&nbsp;: il parle d’exposition, de vulnérabilité, de la crainte d’être vue telle qu’on est.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Lire un rêve sans dictionnaire</p><ul>
<li>Notez-le au réveil, avant qu’il s’efface&nbsp;: les détails et l’émotion comptent plus que le scénario.</li>
<li>Demandez-vous ce que vous ressentiez&nbsp;: plaisir, gêne, puissance, abandon.</li>
<li>Cherchez le lien avec les jours précédents&nbsp;: une rencontre, une tension, un manque.</li>
<li>Ne prenez aucune décision sur la foi d’un rêve.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="quand-les-reves-deviennent-un-souci">Quand les rêves deviennent un souci</h2>
<p>Un rêve érotique, même dérangeant, n’est ni un aveu ni une faute. Rêver d’une pratique qui vous choque éveillée ne dit rien de ce que vous voudriez vivre, pas plus que rêver d’un meurtre ne fait de vous une criminelle. Les fantasmes de la nuit ont droit, comme ceux du jour, à rester des images&nbsp;: nous y revenons dans <a href="https://carnetdebal.fr/les-couples-doivent-ils-realiser-leurs-fantasmes/">notre article sur les fantasmes à réaliser, ou pas</a>.</p>
<p>Il en va autrement lorsque les rêves font revivre une violence subie, reviennent sous forme de cauchemars répétés ou abîment vos nuits. Parlez-en alors à votre médecin ou à un psychologue&nbsp;: des thérapies brèves soulagent bien les cauchemars à répétition. Et si vous dormez mal en général, notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/sante/sommeil-des-femmes-pourquoi-nous-dormons-moins-bien/">le sommeil des femmes</a> fait le point.</p>
<p>Pour le reste, laissez vos rêves vous surprendre. Ils ont l’avantage de tout permettre, sans conséquence, et ils disparaissent avec le café.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/significations-cachees-des-reves-erotiques/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Pervers narcissique : quinze signes d’emprise, et ce que le mot ne dit pas</title><link>https://carnetdebal.fr/15-points-pour-identifier-un-pervers-narcissique/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/15-points-pour-identifier-un-pervers-narcissique/</guid><pubDate>Wed, 21 Dec 2022 14:11:58 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>L’expression est française, née chez un psychanalyste dans les années 1980, et elle ne figure dans aucun manuel de psychiatrie. Ce qu’elle désigne existe pourtant : l’emprise. Quinze points pour identifier un pervers narcissique, ou plutôt ce qu’il fait, et les numéros à connaître.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/15-points-pour-identifier-un-pervers-narcissique/1200.jpg" alt="En noir et blanc, un masque blanc de carnaval vénitien, lisse et sans expression, aux yeux en amande, enveloppé d’un voile de tulle à pois."></p><p>Il était charmant. Tout le monde le disait, vos parents, vos amies, vos collègues, et c’est peut-être pour cela que vous avez mis si longtemps à comprendre. Le mot «&nbsp;pervers narcissique&nbsp;» vous est tombé dessus un soir, en lisant un forum, et il a eu l’effet d’une lumière qu’on allume. Enfin un nom.</p>
<p>Ce nom mérite pourtant qu’on s’y arrête, parce qu’il aide autant qu’il égare.</p>
<h2 id="d-ou-vient-l-expression-pervers-narcissique">D’où vient l’expression «&nbsp;pervers narcissique&nbsp;»</h2>
<p>L’expression est une invention française. On la doit au psychiatre et psychanalyste Paul-Claude Racamier, qui a décrit dans les années 1980 la «&nbsp;perversion narcissique&nbsp;»&nbsp;: une façon de se protéger de ses propres conflits intérieurs en les faisant porter par un autre, qu’on manipule et qu’on disqualifie. Le grand public l’a découverte en 1998, avec le livre de la psychiatre Marie-France Hirigoyen, <em>Le Harcèlement moral. La violence perverse au quotidien</em>, qui décrivait ces mécanismes au travail et dans le couple.</p>
<p>Le terme ne figure ni dans le DSM américain ni dans la classification internationale des maladies de l’OMS. Ce n’est donc pas un diagnostic. Les psychiatres parlent de troubles de la personnalité narcissique, antisociale ou borderline, qui se posent après un examen. Et beaucoup de spécialistes des violences conjugales préfèrent aujourd’hui un autre vocabulaire, centré sur ce qui se passe plutôt que sur ce que serait l’auteur&nbsp;: emprise, contrôle coercitif.</p>
<h2 id="pourquoi-l-etiquette-ne-suffit-pas">Pourquoi l’étiquette ne suffit pas</h2>
<p>Le sociologue américain Evan Stark a théorisé en 2007 le contrôle coercitif&nbsp;: un ensemble de comportements, isolement, surveillance, humiliations, menaces, contrôle de l’argent, qui privent peu à peu une personne de sa liberté. La notion est entrée dans la loi en Angleterre et au pays de Galles en 2015. Elle a un avantage sur l’étiquette de pervers narcissique&nbsp;: elle ne demande pas de deviner ce qui se passe dans la tête de l’autre. Elle regarde ce qu’il fait.</p>
<p>L’étiquette a aussi un défaut. À force d’être employée, elle sert à qualifier un ex simplement égoïste, une belle-mère pénible, un patron mal élevé. Et elle laisse croire qu’il existe un monstre d’un genre à part, reconnaissable de loin, alors que l’emprise s’installe souvent chez des gens ordinaires, sous des dehors très aimables.</p>
<blockquote>
<p>L’emprise ne se reconnaît pas à un seul geste. Elle se reconnaît à une pente&nbsp;: celle où vous vous sentez de plus en plus petite.</p>
</blockquote>
<p>Les quinze points qui suivent ne servent donc pas à diagnostiquer votre partenaire. Ils décrivent des comportements d’emprise, que l’on retrouve dans les témoignages recueillis par les associations et dans la littérature spécialisée. Un seul ne veut rien dire. Plusieurs, qui durent et s’aggravent, doivent vous alerter.</p>
<h2 id="les-debuts-la-seduction-qui-ferre">Les débuts&nbsp;: la séduction qui ferre</h2>
<ol>
<li><strong>Un charme irrésistible et pressé.</strong> Il vous idéalise, vous couvre d’attentions, veut s’installer, se fiancer, partir ensemble très vite.</li>
<li><strong>Une histoire où il est toujours la victime.</strong> Ses ex étaient folles, ses patrons injustes, sa famille ingrate. Vous serez la seule à le comprendre.</li>
<li><strong>Un double visage.</strong> Brillant en public, il devient froid, méprisant ou irritable à la maison, et personne autour de vous ne vous croirait.</li>
<li><strong>Des secrets et des mensonges.</strong> Petits d’abord, puis plus graves, et toujours niés quand vous les découvrez.</li>
<li><strong>L’art de vous rendre redevable.</strong> Il rend service, offre, avance de l’argent, et vous le rappelle.</li>
</ol>
<h2 id="l-installation-le-doute-et-la-culpabilite">L’installation&nbsp;: le doute et la culpabilité</h2>
<ol start="6">
<li><strong>Les critiques déguisées.</strong> Votre tenue, votre rire, votre façon de conduire&nbsp;: tout se commente, souvent sur le ton de la plaisanterie.</li>
<li><strong>La réalité réécrite.</strong> Il nie avoir dit ce qu’il a dit, et vous finissez par douter de votre mémoire.</li>
<li><strong>Le silence comme punition.</strong> Bouderies de plusieurs jours, refus de parler, sans que vous sachiez pourquoi.</li>
<li><strong>La culpabilité retournée.</strong> Chaque reproche que vous formulez se termine par vos excuses.</li>
<li><strong>Le chaud et le froid.</strong> Des périodes de tendresse intense alternent avec la distance ou la cruauté, si bien que vous attendez le retour des bons jours.</li>
</ol>
<h2 id="l-enfermement-l-isolement-et-la-peur">L’enfermement&nbsp;: l’isolement et la peur</h2>
<ol start="11">
<li><strong>Vos proches s’éloignent.</strong> Il critique vos amies, se montre désagréable avec votre famille, et vous finissez par les voir moins.</li>
<li><strong>La surveillance.</strong> Il veut savoir où vous êtes, lit votre téléphone, contrôle vos dépenses ou votre compte.</li>
<li><strong>Vos projets ne comptent plus.</strong> Votre travail, vos études, vos loisirs deviennent des sujets de conflit.</li>
<li><strong>La sexualité sous pression.</strong> Insistance, chantage, reproches&nbsp;: le consentement ne compte plus vraiment.</li>
<li><strong>La peur.</strong> Vous surveillez son humeur, pesez vos mots, avez peur de sa réaction. C’est le signe le plus important de tous.</li>
</ol>
<h2 id="ce-que-vous-pouvez-faire">Ce que vous pouvez faire</h2>
<p>Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces points, ce n’est pas votre faute, et ce n’est pas un manque d’intelligence. L’emprise fonctionne justement parce qu’elle s’installe par petites touches, sur une personne qui aime et qui veut que cela marche.</p>
<p>Commencez par en parler à quelqu’un. Une amie, une sœur, une médecin, une psychologue. Le Violentomètre, une réglette créée en 2018 par l’Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis, aide à situer une relation, de la plus saine à la plus dangereuse, en une vingtaine de comportements gradués. Vous le trouverez facilement en ligne.</p>
<p>Ne comptez pas sur une thérapie de couple pour régler le problème&nbsp;: les spécialistes des violences la déconseillent en général tant que l’emprise dure, car la parole n’y est pas libre. Et méfiez-vous du projet de le «&nbsp;démasquer&nbsp;» ou de le faire changer&nbsp;: il vous épuiserait.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Les numéros à connaître</p><ul>
<li>3919&nbsp;: Violences Femmes Info, gratuit et anonyme, 24 h/24 et 7 j/7. Vos proches peuvent appeler aussi.</li>
<li>17&nbsp;: police secours en cas de danger immédiat, ou 112 depuis un portable.</li>
<li>114&nbsp;: par SMS, si vous ne pouvez pas parler.</li>
<li>3114&nbsp;: prévention du suicide, si vous ne voyez plus d’issue.</li>
<li>arretonslesviolences.gouv.fr&nbsp;: pour signaler en ligne et trouver une association près de chez vous.</li>
</ul>
</blockquote>
<p>Pour aller plus loin sur les mécanismes, lisez notre article sur <a href="https://carnetdebal.fr/4-signes-qui-trahissent-les-narcissiques/">les quatre signes qui trahissent les narcissiques</a> et, côté démarches, <a href="https://carnetdebal.fr/societe/violences-conjugales-les-signes-qui-doivent-alerter/">notre enquête sur les violences conjugales</a>. Le mot que vous mettrez sur lui importe peu. Ce qui compte, c’est le nom que vous redonnerez à ce que vous vivez, et la sortie que vous vous accorderez.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/15-points-pour-identifier-un-pervers-narcissique/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item><item><title>Réaliser ses fantasmes à deux : une bonne idée, à certaines conditions</title><link>https://carnetdebal.fr/les-couples-doivent-ils-realiser-leurs-fantasmes/</link><guid isPermaLink="true">https://carnetdebal.fr/les-couples-doivent-ils-realiser-leurs-fantasmes/</guid><pubDate>Sun, 18 Dec 2022 02:21:53 GMT</pubDate><dc:creator>Irina Malkova</dc:creator><category>Amour &amp; sexo</category><description>Un fantasme n’est pas une commande passée à la réalité. Certains gagnent à être vécus, d’autres à rester dans l’imaginaire, et la plupart se situent entre les deux. Les couples doivent-ils réaliser leurs fantasmes ? Ce qu’en disent les sexologues, et comment en décider ensemble.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://img.carnetdebal.fr/les-couples-doivent-ils-realiser-leurs-fantasmes/1200.jpg" alt="Au fond d’un tunnel de haies taillé en forme de serrure, on aperçoit au loin, dans la lumière, la coupole d’une basilique au-dessus des toits de Rome."></p><p>Il y a, sur la colline de l’Aventin à Rome, une porte verte dont le trou de serrure est l’une des curiosités les plus courues de la ville. On y colle l’œil, et l’on voit, au bout d’une allée de haies taillées, la coupole de Saint-Pierre, minuscule et parfaite. Personne ne songe à entrer. Le plaisir est dans le regard.</p>
<p>Beaucoup de fantasmes fonctionnent ainsi. D’autres demandent qu’on pousse la porte. Toute la question est de savoir lesquels, et comment.</p>
<h2 id="fantasmer-n-est-pas-vouloir">Fantasmer n’est pas vouloir</h2>
<p>Commençons par ce que la recherche a établi. En 2015, le psychologue québécois Christian Joyal, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, a interrogé environ 1 500 adultes sur leurs fantasmes sexuels. Résultat&nbsp;: bien peu de fantasmes sont réellement rares, et la plupart de ceux qu’on croit honteux sont partagés par une large part de la population. Les sexologues insistent par ailleurs sur une distinction que leurs patientes connaissent bien&nbsp;: on peut séparer nettement ce qui excite en imagination de ce que l’on souhaiterait vivre.</p>
<p>Le fantasme de soumission en est l’exemple le plus connu. On peut l’aimer en pensée et n’avoir aucune envie d’être réellement dominée. L’imaginaire offre ce que la réalité ne permet pas&nbsp;: le contrôle total sur le scénario, l’absence de conséquences, la certitude que tout s’arrête quand on le décide.</p>
<blockquote>
<p>L’imaginaire offre ce que la réalité ne permet pas&nbsp;: le contrôle total sur le scénario.</p>
</blockquote>
<p>Les couples doivent-ils réaliser leurs fantasmes&#8239;? Non, pas forcément, et pas tous. Un fantasme gardé pour soi n’est pas une trahison ni un mensonge. Il fait partie de ce jardin intérieur que la psychothérapeute Esther Perel juge nécessaire au désir dans les couples installés&nbsp;: un peu d’altérité, un peu de mystère, quelque chose qui n’appartient qu’à soi.</p>
<h2 id="quatre-manieres-de-vivre-un-fantasme">Quatre manières de vivre un fantasme</h2>
<p>Entre le silence et le passage à l’acte, il existe toute une gamme. On peut&nbsp;:</p>
<p><strong>Le garder pour soi.</strong> Il nourrit l’excitation, en solitaire ou à deux, sans que l’autre en connaisse le contenu. C’est parfaitement légitime.</p>
<p><strong>Le raconter.</strong> Partager un fantasme, le décrire à voix basse, l’écrire, c’est déjà une forme d’intimité très forte. Certains couples s’en tiennent là, et cela leur suffit amplement.</p>
<p><strong>Le jouer.</strong> Un jeu de rôle, des mots, un décor, une mise en scène qui évoque sans reproduire. Le fantasme de l’inconnu peut devenir un rendez-vous dans un bar où l’on fait semblant de ne pas se connaître. Celui d’être attachée, un foulard noué sans serrer.</p>
<p><strong>Le vivre.</strong> Essayer pour de vrai, après en avoir parlé, avec des règles claires.</p>
<p>Le psychologue américain Justin Lehmiller, qui a interrogé plus de 4 000 personnes pour son livre <em>Tell Me What You Want</em> (2018), a observé que la plupart des participants qui avaient réalisé un fantasme en gardaient un bon souvenir. Les expériences décevantes existaient aussi, et c’est précisément pour les éviter que la préparation compte.</p>
<h2 id="avant-de-passer-a-l-acte-quelques-questions-a-se-poser">Avant de passer à l’acte, quelques questions à se poser</h2>
<p>Avant tout, pourquoi ce fantasme vous attire-t-il&#8239;? Ce qui excite n’est pas toujours la pratique en elle-même, mais ce qu’elle représente&nbsp;: se sentir irrésistible, lâcher prise, être enfin au centre, retrouver la nouveauté des débuts. Identifier ce besoin permet parfois de le satisfaire autrement, plus simplement.</p>
<p>Ensuite, l’autre en a-t-il vraiment envie&#8239;? Pas «&nbsp;est-il d’accord&nbsp;», mais «&nbsp;en a-t-il envie&nbsp;». Un consentement arraché à force d’insistance, ou donné pour faire plaisir, n’en est pas un. Et un refus doit pouvoir s’exprimer sans drame&nbsp;: on ne fait pas payer à l’autre un fantasme qu’il ne partage pas.</p>
<p>Enfin, que se passera-t-il après&#8239;? C’est la question qu’on oublie. Les fantasmes qui impliquent une troisième personne, l’échangisme ou l’ouverture du couple peuvent réveiller une jalousie que l’on n’avait pas prévue, chez soi autant que chez l’autre. Mieux vaut en parler longuement avant, et prévoir un temps pour en reparler après.</p>
<blockquote><p class="encadre__t">Les règles d’une expérience réussie</p><ul>
<li>Le consentement se donne avant, et se reprend à tout moment, sans justification.</li>
<li>Un mot d’arrêt, convenu à l’avance, met fin à tout immédiatement.</li>
<li>On commence petit&nbsp;: une évocation, un jeu, avant la version complète.</li>
<li>On se protège&nbsp;: préservatif avec tout nouveau partenaire, dépistage régulier.</li>
<li>On prend le temps d’en reparler le lendemain, à froid.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2 id="ce-que-l-on-risque-ce-que-l-on-gagne">Ce que l’on risque, ce que l’on gagne</h2>
<p>Le risque principal n’est pas la pratique elle-même. C’est l’écart entre le scénario parfait que l’on a en tête et la réalité, toujours un peu maladroite, un peu drôle, jamais exactement comme prévu. Mieux vaut le savoir&nbsp;: la première fois rate souvent son effet, et ce n’est pas grave. Le rire fait partie de l’expérience.</p>
<p>Le gain, lui, dépasse souvent l’expérience en question. Avoir osé dire, avoir été écoutée, avoir exploré ensemble crée une confiance qui rejaillit sur toute la relation. C’est ce que confirment les sexologues qui travaillent avec des couples installés&nbsp;: la nouveauté partagée réveille le désir, et dire ce que l’on veut est déjà une nouveauté. Nous en parlons plus longuement dans <a href="https://carnetdebal.fr/amour/le-desir-dans-les-couples-qui-durent/">notre article sur le désir qui dure</a>.</p>
<h2 id="pour-commencer">Pour commencer</h2>
<p>Si vous n’avez jamais abordé le sujet, ne commencez pas par le fantasme le plus audacieux. Commencez par en parler, tout simplement&nbsp;: <a href="https://carnetdebal.fr/et-si-on-parlait-sexe-avec-notre-partenaire/">notre guide pour parler de sexe avec son partenaire</a> propose des façons d’ouvrir la conversation sans gêne. Et si un fantasme vous inquiète, parce qu’il vous envahit ou qu’il vous fait honte, un sexologue saura vous écouter sans vous juger.</p>
<p>La porte de l’Aventin reste fermée, et c’est très bien ainsi. D’autres méritent qu’on les ouvre. À vous deux de choisir lesquelles.</p>
]]></content:encoded><media:content url="https://img.carnetdebal.fr/les-couples-doivent-ils-realiser-leurs-fantasmes/sd-169.jpg" medium="image" type="image/jpeg" width="1200" height="675"/></item></channel></rss>